PRO – Entretien avec Matthias REY, co-fondateur du journal PETIT PONT

Loïc Perirn et Petit pont - Source []
Matthias REYSource Linkedin

Utiliser le football comme vecteur d’éducation, tout en renforçant le goût pour la lecture, c’est le défi que s’est lancé Matthias Rey, co-fondateur du magazine papier hebdo PETIT PONT. Pour notre plus grand plaisir,  Matthias a accepté de revenir sur son parcours, la naissance de ce projet et aborde avec passion les ambitions de cet hebdomadaire pour enfants entre 6 et 13 ans.

ENFANCE ET FOOTBALL

Avant d’aborder votre activité avec le journal PETIT PONT, revenons quelques instants sur vous, pouvez-vous vous présenter et revenir sur le contexte dans lequel vous avez grandi ?

J’ai 45 ans, deux enfants et j’habite Paris. Professionnellement je suis co-fondateur du journal PETIT PONT avec Franck Paquet-Durand, mon ami d’enfance. Nous avons grandi à Paris, du côté de Belleville dans le 19ème arrondissement. Nous nous sommes rencontrés à l’âge de six ans autour d’un ballon de football dans la cours d’un HLM. Je dis toujours que le football a été pour nous l’école de la vie. Ça peut paraître naïf mais c’est vrai. Le football a fait partie de notre vie, notre apprentissage et a tout de suite été le moyen de se retrouver entre copains, de partager des moments, et de vivre quelque chose en commun. Nous avons eu des parcours de clubs quasi similaires. Le football ne nous a pas quittés, puisque on joue tous les vendredis en football loisir avec d’autres papas du club CAP Charenton, dans le 94.

Mais que ce soit en club ou en foot loisir, il nous a permis de faire énormément de rencontres et d’apprendre plein de choses. Au-delà d’être du sport et une activité physique, le foot nous a appris beaucoup de valeurs, d’esprit de solidarité, de collectif, d’engagement, d’inclusion, d’égalité, intrinsèques à un sport collectif. Ce sont ces valeurs que nous essayons de transmettre aujourd’hui dans le journal.

Le foot nous a appris beaucoup de valeurs, d’esprit de solidarité, de collectif, d’engagement, d’inclusion, d’égalité, intrinsèques à un sport collectif.

Quel est le premier souvenir de football que vous avez en mémoire ?

Je suis né en 1974. Mon premier souvenir de football est le France / RFA de 1982. C’est assez flou. Je n’ai aucune image exacte de la rencontre, aucun souvenir d’avoir vu du match à la télévision. Ce dont je me souviens, c’est une impression : Le bruit et l’importance qu’a pris le football à ce moment-là dans la vie des gens autour de moi et partout en France, dans ce scénario à la fois si beau et dramatique.

Mon premier souvenir de spectateur et supporter est véritablement l’équipe de France à la coupe du monde au Mexique en 1986. Je l’ai vécue les fenêtres ouvertes, avec les gens qui crient sur les buts, avec cette fin épique au penalty contre le Brésil. C’est le moment le plus marquant de ma jeunesse qui m’a fait comprendre le retentissement et la force de ce sport.

Le football est arrivé par la sélection nationale. Étiez-vous ou êtes-vous supporter d’un club ?

Etant parisien, j’ai fréquenté le Parc des Princes. J’ai été abonné une saison en tribune Auteuil. Mais aujourd’hui, je ne me positionne plus sur le soutien d’un club en particulier. Entre les engueulades entre potes et les gens qui considèrent le football comme la plus importante qu’il soit, je trouve que cela fait trop de dégâts.

Je ne me définirais pas comme un supporter de club ou de sélection, mais davantage comme un supporter du football. Après, je ne vous cache pas qu’il y a des rencontres que je regarde et d’autres que je ne suis pas.

Quel est votre parcours de formation ? Pouvez-vous retracer votre parcours professionnel avant la création du journal ?

J’ai d’abord fait un BTS puis une école de commerce pendant trois ans à Tours. Après avoir été longtemps parisien, cette expérience m’a permis de m’extirper de la vision de Paris et la Capitale. C’est important de voir qu’il se passe des choses en dehors de Paris. Après mon école de commerce, j’ai travaillé pendant plus de 15 ans : Je débute d’abord dans événementiel, puis ensuite la communication orientée client (marketing client, marketing relationnel) et puis les dix dernières années, dans la publicité : conseil en stratégie de communication à la télévision, à la radio, en affichage, dans la presse.

Vous avez travaillé dans le milieu du football notamment pour la FFF et le PSG je crois. Vous confirmez ?

Oui, effectivement, j’ai travaillé pour le PSG et pour la Fédération Française de Football jusqu’en 2009. J’ai adoré travailler pour la FFF, je trouvais ça génial. Mais j’avais cette vision angélique, que le football n’était pas nécessairement un business. Le football business ne date pas de 2009, mais je ne mesurais pas complètement cette approche à cette époque. On pourrait résumer vulgairement ma vision en disant que pour moi, le football, ce n’est pas « vendre des maillots ». Je ne dis pas du tout que c’est LE but de la FFF, mais c’est devenu une partie aussi importante du travail surtout depuis 2010, on sait comment a fini l’image de l’équipe de France en Afrique du Sud.

Le marketing a un peu changé à partir de cette période et il s’est beaucoup impliqué dans la gestion de l’équipe de France, de l’équipe Espoir et des féminines. Aujourd’hui la FFF fait énormément de travail sur la partie amateur, et elle attache beaucoup d’importance à l’image des bleus, au sens large que ce soient les A, les espoirs ou les féminines. Il est important de mettre en évidence la tête de ponts des équipes de France pour attirer les enfants dans les écoles de football. J’ai adoré mon expérience avec la FFF.

CRÉATION DU JOURNAL PETIT PONT

Comment naît l’idée de faire un journal papier pour enfants sur le thème du football ?

En 2016, j’ai vécu ce qui arrive à beaucoup d’entre nous, surtout les hommes, autour de la quarantaine. Je me suis interrogé sur le sens que je donne à ce que je fais au quotidien ? Est-ce j’ai envie de le raconter à mes enfant ou pas ? Qu’est-ce que je vais faire de mon temps, de mon intellect sur le temps qu’il me reste ? Que pourrais-je faire qui soit complètement passionnel, dont mes enfants pourraient être fiers, qui puisse rejoindre mes valeurs, de transmission, de partage, d’échange ? Bref, je travaille sur moi, cherche les passions qui m’animent et qui peuvent me donner suffisamment d’énergie, de motivation afin de lancer ma propre expérience. De là, est née instinctivement, l’idée de faire un journal pour les enfants, à propos d’un sujet qui me passionne personnellement, mais aussi Franck, mon ami d’enfance et associé.

Quel est le profil de Franck Paquet-Durand, co-fondateur du journal ?

Franck est passionné de football depuis le plus jeune âge. Il est devenu journaliste très jeune, puis après 10 ans, a arrêté sa carrière. En évoquant mon idée, je lui ai tendu la perche. Par ailleurs, il a deux enfants du même âge que les miens. Ils jouent tous dans le même club de football. Tout ça est très réfléchi, mais il y a aussi quelque chose de très instinctif qui fait que les planètes s’alignent et puis on se dit « On y va »

Se lancer dans la création d’un hebdomadaire papier, c’est plutôt osé. Qu’est ce qui a motivé l’option du papier, plutôt que celle d’internet ?

En fait, on fait les deux, mais le symbole de notre travail est le papier. Nous ne sommes pas contre le numérique, bien au contraire, mais l’approche papier et numérique est différente et peut être complémentaire.

La conception de Petit Pont s’est basée sur nos observations de vie, notamment de nos enfants et de nos entourages. Il est très facile et stimulant pour les enfants d’aller sur un écran de nos jours. Nous les adultes, sommes les premiers à les utiliser et trouvons très pratique de lire sur des tablettes ou smartphones. Nous ne voulons pas aller contre, mais il faut savoir gérer.

C’est-à-dire ?

Internet peut être complémentaire de la version papier. On peut y trouver la définition d’un mot ou d’une explication. Nous le concevons comme un formidable complément au support lecture, qui reste indispensable. S’enfermer dans son bouquin, sa revue, son journal est important à nos yeux. La lecture et l’image renvoyée est différente entre le papier et le numérique.

S’enfermer dans son bouquin, sa revue, son journal est important à nos yeux.

Pouvez-vous développer ?

On prend souvent l’exemple : Dans le métro, on peut tout à fait envisager d’interrompre un usager utilisant son smartphone. En revanche, s’il est en train de lire un journal, ça semble plus délicat. L’intimité entre une revue ou un roman et son lecteur, est beaucoup plus respectée que celle entre le smartphone et son utilisateur.

Et puis nous tenions au papier. On apprécie les choses concrètes, l’objet comme symbole visible et palpable de notre travail. C’est peut être une spécificité très française d’être attaché à nos auteurs, à notre langue, aux mots, à la Pléiade. On a un rapport à l’écrit peut être unique au monde et ça nous plaisait de modestement participer à cela.

Comment expliquez-vous que vous soyez le seul hebdomadaire papier, qui traite du football pour les enfants, dans un pays qui compte 2.2 millions de licenciés ?

Effectivement, la FFF compte 2,2 millions de licenciés, dont 500 000 licenciés dans ce qu’on appelle l’école de Football, dans la tranche d’âge de PETIT PONT (entre 6 et 13 ans). Là, on évoque les enfants qui pratiquent le football, mais n’oublions pas les près de 5 millions d’enfants qui sont entre 6 et 13 ans en France, qui sont tous scolarisés. Ça représente un potentiel énorme de lecteurs.

Pour répondre à votre question sur l’absence d’hebdomadaire football pour les enfants, on ne se l’explique pas, si ce n’est la raison très rationnelle : Se lancer dans la presse aujourd’hui, ce n’est pas un pari qu’on donnerait gagnant d’entrée. Ceux qui ont la capacité de le faire, ont peut-être essayé… Mais il y a une concentration des médias telle que tout est rationalisé. La plupart des médias est principalement la propriété de quelques grands groupes, qui ont certainement un besoin d’immédiateté, de rentabilité quasi instantanée. Or, les frais de structures sont chères, certaines activités mettent du temps à se développer et nécessitent de la patience avant d’être rentables. De ce fait, ils ne s’autorisent pas ce genre de projets. C’est la seule raison que je vois.

Vikash Dhorasoo et Petit Pont Source [5]

Comment faites-vous justement ? Comment êtes-vous financé ?

On a une structure légère, nous sommes propriétaires du journal. Si nous ne sommes pas rentables immédiatement, c’est nous que ça regarde, parce que c’est notre projet. Nous sommes prêts à l’accepter et encaisser le risque financier, parce qu’on sait que ce sera rentable plus tard.

Combien de personnes travaillent pour le journal ?

Nous sommes six personnes à plein temps. Nous avons quitté volontairement nos boulots respectifs, c’est une chose qui est importante. C’est un vrai choix, que nous n’avons pas subi d’un malaise ou d’un mal être professionnel. Par ailleurs, nous avons temporairement le renfort de pigistes, de personnes qui viennent nous aider sur le développement ou la partie administrative.

Entre l’idée et la réalisation du premier journal, j’imagine une longue phase de réflexion, de validation du projet ?

Une fois l’idée du projet, l’objectif était de comprendre les mécanismes de la lecture chez l’enfant. Nous nous sommes imprégnés de la littérature, avons beaucoup étudiés les sujets autour de la jeunesse via des manuels scolaires ou pédagogiques. L’objectif était de déceler les clés qui font qu’un enfant va s’intéresser à la lecture, et non l’abandonner après quelques lignes de lecture.

Par ailleurs, j’ai été bénévole au Secours Populaire en alphabétisation pour des primo-arrivants. Pendant deux ans, j’ai essayé d’apprendre les rudiments de la langue française à des sans-papiers. Cette expérience m’a donné les clefs de compréhension de l’enseignement en inculquant la langue française à des adultes, tâches plus ardue que pour des enfants.

Enfin, nous avons collaboré avec un groupe d’une cinquantaine d’enfants d’une école élémentaire. Les rendez-vous périodiques étaient l’occasion de présenter notre maquette du journal, avoir un regard critique sur le contenu, déchiffrer ce qui pouvait les intéresser et apprendre la manière de les captiver.

Qu’est ce qui est ressorti de cette phase d’étude et de maturation du projet ?

Nous avons retenu ce qui pour moi fait que le journal PETIT PONT peut être crédible : L’enfant, s’il n’est pas sollicité, ne rentre pas dans la lecture. Si le livre a une approche magistrale qui ne fait pas appel, soit à son intelligence, soit à son vécu, soit son imaginaire, l’enfant passe à côté de la lecture.

Justement, quelle est la spécificité du journal, et comment a –t-il été pensé ?

On a essayé de faire en sorte que le journal soit le leur. Il est construit d’abord pour eux, et on essaie autant que possible de les faire participer.

Comment faites-vous ?

La rubrique « A chacun son histoire » permet aux enfants de s’investir et de témoigner, dans un face à face virtuel avec un joueur ou une joueuse pro. D’un côté, « un jour je serais grand » est le témoignage d’un enfant qui raconte une histoire de vie autour du football : Ceci peut être un match avec son équipe, l’anniversaire avec un copain autour d’un gâteau en forme de ballon, une visite d’un stade, un tournoi à l’étranger avec leur équipe, un match délicat le weekend passé… De l’autre côté, « quand j’étais petit » est le témoignage d’un joueur ou une joueuse pro qui nous retrace un souvenir de son enfance. Qui plus est, nous proposons au lecteur qu’il devienne « un journaliste en herbe » et fasse sa propre interview d’un joueur ou une joueuse. Par la suite, nous organisons la rencontre avec le joueur ou la joueuse.

Concrètement, comment les enfants peuvent vous contacter et faire l’entretien du joueur ou de la joueuse de son choix ?

Dès qu’ils sont abonnés, ils ont accès à leur espace en ligne dans lequel se trouve un formulaire qui permet de poser la question au joueur. On recueille les questions et ensuite on organise le rendez-vous, on accompagne l’enfant sur l’entretien. Très peu de fois, nous avons eu à modifier ou optimiser les questions. L’enfant est beaucoup plus intelligent et judicieux qu’on peut penser. Il a sa manière de penser, sa vision, ses propres réflexions. Nous faisons appel à cette intelligence et nous ne sommes pas déçus et les sportifs non plus.

L’enfant est beaucoup plus intelligent et judicieux qu’on peut penser. Il a sa manière de penser, sa vision, ses propres réflexions et nous faisons appel à cette intelligence. 

Les joueurs professionnels sont plutôt réceptifs à l’idée de participer ? Comment les contactez-vous ?

Les enfants et les professionnels s’enrichissent mutuellement et nous offrent des moments extrêmement intenses. En tant que journalistes, nous suivons le schéma traditionnel en passant par le circuit des services de presse, qui accueillent super bien le journal Petit Pont. Le premier que nous avons sollicité est Loïc Perrin. On a eu également Mathieu Debuchy de l’AS Saint-Etienne. Nous faisons majoritairement des rencontres physiques entre les joueurs et les enfants. Et quand ce n’est pas possible, on échange par mail. C’était le cas avec Hugo Lloris, qui était en préparation à Clairefontaine et a répondu la veille du départ en Russie, par l’intermédiaire de Philippe Tournon.

Petit Pont a également eu Lucas Tousart, Benjamin Pavard, Mamadou Sakho, Moussa Sissoko, Eliaquim Mangala, Wendy Renard, Kadidiatou Diani. L’attitude des professionnels est remarquable, en étant toujours très disponibles. Le service de presse essaie de faire tenir les interviews en 20 minutes, mais il n’est pas rare que le joueur ou la joueuse nous dise « Non on n’a pas fini les questions, donc on continue ». C’est marrant de voir la presse sortir de son carcan.

Petit Pont Source Petit Pont

Écrire pour des enfants, ce n’est pas une tâche facile. Comment vous adaptez-vous à ce lectorat ?

Dans les écrits, Franck a une manière très romanesque d’écrire. Il écrit comme si il parlait avec ses enfants, qui sont précisément dans la tranche d’âge du journal. Ce style lui permet d’avoir une histoire de vie appropriée aux enfants, qu’il s’agisse d’un sujet autour d’une légende du football, d’un fait culturel ou d’un chiffre clé. Mais au-delà du style d’écriture, on aide les enfants dans la lecture et on les intéresse en ayant des repères visuels. L’organisation du journal est toujours la même, les codes couleurs et les rubriques sont identiques d’un numéro à l’autre. On est actuellement au 62ème numéro de Petit Pont et tous les journaux se ressemblent.

Vous utilisez également l’illustration ?

Oui, il est très important d’illustrer l’histoire afin de rendre le contenu dynamique. Si nous racontons la légende Diego Maradona, il est indispensable d’utiliser le drapeau de l’argentine, de mettre une Mappemonde sur laquelle les enfants pourront situer où est l’argentine sur le globe. Ceci apporte de l’animation et a une vertu pédagogique. Les images, photos, iconographie, issues de l’agence presse sport du journal LEQUIPE, permettent d’illustrer nos articles. Enfin, notre dessinateur  Boubou fait une BD originale toute les semaines.

La BD de Boubou Source Petit Pont

On sent une volonté du journal, d’utiliser le football comme vecteur d’éducation et redorer l’image du sport. Comment expliquez-vous l’image négative du sport et du football en France ?

Je vais reprendre l’exemple de l’entretien de Didier Drogba que j’ai vu hier, où il répondait à une question sur les raisons de son éclosion tardive au très haut niveau. Il a répondu, que jusqu’à l’âge de 26 ans, le football était un jeu et un plaisir. Ce n’était pas un métier et encore moins un business. Je crois que ça résume notre parcours, et c’est ce qui nous a animé et nous anime encore : Grandir dans le football, en profiter, sans que ce soit monétisé, sans chercher l’argent, la gloire, ou la reconnaissance. C’était le football pour le football, pour ce qu’il a de collectif et vertueux. Néanmoins, nous ne sommes pas militants contre le « football des grands » pour autant. Neymar, Mbappé, Benedetto… sont des joueurs qui nous fascinent aussi, nous les adultes. Mais les adultes peuvent prendre du recul, et déchiffrer le football actuel parce qu’ils ont les codes, le bagage et l’intellect en eux. Mais les enfants non.

Quelle est votre crainte ?

Quand on a des enfants dans son entourage, ou qu’on les côtoie dans les écoles de football, on est confronté à des discussions ou réflexions comme :

– Papa ! Mbappé, c’est le meilleur

– Ah bon, pourquoi tu dis ça

– Tu as vu combien il a été transféré

C’est très schématique, mais on a été sensibilisé par ces discussions. Les enfants ne doivent pas penser que c’est parce qu’Mbappé vaut 180 millions d’euros en transfert que c’est le meilleur joueur du monde. Ce n’est pas la valeur marchande du joueur qui fait qu’il est le meilleur. Sa valeur marchande est une conséquence. Ce qui en fait le meilleur, c’est qu’il est animé par l’envie de jouer, de se faire plaisir, de partager, de progresser, même s’il s’agit peut-être de faire progresser ses statistiques personnelles. Il est animé d’abord par ça. Et l’argent est un autre moteur et une conséquence de sa priorité première. Or, certains enfants aujourd’hui et leur environnement, essaient de se motiver par le fait que le football peut être un ascenseur social, un métier qui rapporte beaucoup d’argent. C’est dangereux. Nous ne sommes pas contre le football professionnel mais il faut que les enfants puissent acquérir d’abord la culture et les valeurs du football, avant même d’envisager d’être le plus gros transfert de l’histoire du football.

MbappéSource La Provence

Ainsi, LE PETIT PONT s’adresse aux enfants, mais aussi à leurs parents, n’est-ce pas ?

Nous n’avons pas envie d’infantiliser les enfants et nous ne nous interdisons pas de temps en temps, d’évoquer dans les légendes du football des joueurs un peu moins connus, de mettre des mots de vocabulaire un peu plus adulte. PETIT PONT s’adresse aux gens de 7 à 77 ans. Et effectivement, nous avons des retours dans ce sens, de parents qui lisaient PETIT PONT aussi. La curiosité des enfants et leur soif d’apprendre est dingue. En tant que parents, nous sommes souvent sollicités par nos enfants dans leur processus de lecture. Que certains parents puissent être interpellés en lisant PETIT PONT « Papa, tu savais que Basile Boli en 93… » par leurs enfants,  comme ça pourrait être le cas sur une lecture de roman ou d’une une BD de Lucky Luke, c’est une grande fierté. Si le journal est un moyen d’échange et de transmission entre parents et enfants, c’est une très bonne chose..

Quel est le profil de vos abonnés et les perspectives de développement ?

Le cœur de nos abonnés concerne les particuliers. On a également des clubs de football. Actuellement, notre activité de développement concerne les bibliothèques, des médiathèques et ce qu’on appelle des BCP, bibliothèques de centre élémentaire. De plus en plus de bibliothèques s’abonnent car un constat est édifiant : Beaucoup de gens ont un problème avec la lecture, de nombreux d’enfants n’arrivent pas à trouver leur rendez-vous avec une revue, avec un auteur ou un journal. La lecture est souvent imposée par les parents ou l’environnement scolaire.

Le pari qu’on a envie de faire est de donner la possibilité aux enfants de lire par passion. Il y a des enfants qui sont passionnés par le football, et il faut une réponse à cette passion. Si on peut les amener à mieux comprendre le football, et en plus à lire de manière régulière, c’est parfait.

L’échec de PETIT PONT serait qu’il soit réservé à des gens qui sont dans un environnement où culturellement, la lecture est présente et importante. Il y a une grande partie de la population pour qui la préoccupation principale est essayer d’acheter à manger, plutôt qu’acheter des bouquins. En conséquence, beaucoup d’enfants sont laissés de côté et ne grandissent pas avec l’importance de l’écrit.

Petit PontSource Twitter

C’est donc un journal pour toute la famille. Une bonne idée de cadeau à l’approche des fêtes. Quel est le prix d’un abonnement mensuel ou annuel ?

Il existe plusieurs abonnements :

  • Abonnement annuel : 42 numéros livrés à domicile pour 79€.
  • Abonnement 6 mois pour 49€ (20 numéros)
  • 1 mois pour 12€ (4 numéros)
  • Formule 100% numérique pour 49 € (42 numéros)

Ça peut paraître un petit peu cher, mais je tiens à rappeler que nous sommes un journal indépendant et on refuse la présence de publicités sous le nez de nos enfants.

Nous tenons à remercier chaleureusement Matthias pour sa disponibilité et souhaitons une longue vie au journal.

JM

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