EspoirsduFootball – Source [1]

Créateur du site Espoirsdufootball, Laurent MOMMEJA est suivi sur Twitter par plus de 70 000 personnes pour son oeil avisé autour des jeunes joueurs. C’est avec un grand plaisir que nous avons échangé autour de son parcours, son approche de la détection, sa vision des jeunes, et abordé le livre « Je veux être footballeur professionnel » dont il est le co-auteur avec Matthieu BIDEAU, responsable de recrutement au FC Nantes.

LE COMPTE ESPOIRSDUFOOTBALL

Bonjour Laurent et merci d’avoir accepté notre invitation. Avant toute chose, pouvez-vous rapidement vous présenter ? Dans quel contexte avez-vous grandi et découvert du foot ?

Je suis originaire de la région parisienne. A la base, je ne suis pas un « footeux ». J’ai joué à un bon niveau au Basket jusqu’en championnat de France Minimes et Cadets, mais je n’ai pas joué à un haut niveau en football. Pour autant, il n’y a pas besoin d’avoir joué à haut niveau pour en parler.

Comment est née cette attirance pour les jeunes espoirs ?

J’ai grandi dans le Val d’Oise, à l’époque où il n’y avait pas internet. Aujourd’hui, tout parait facile pour regarder des matchs de football à la télé dans son canapé, apprécier un jeune joueur de 16 ans qui commence à faire parler de lui via une vidéo youtube. Mais à cette époque, le football se vivait beaucoup plus autour des terrains. Avec des copains de collège, nous avions pris l’habitude de nous déplacer sur la région parisienne, où regorgent de bons clubs formateurs comme l’Entente Sannois Saint-Gratien, Torcy, Bondy. C’est comme ça que j’ai pu découvrir Anelka, Domi et toute la génération du PSG quand ils étaient jeunes. J’allais les voir jouer en CFA qui à l’époque s’appelait déjà la National 2. L’INF Clairefontaine était beaucoup puissante qu’aujourd’hui et c’était un régal d’assister à ces rencontres. Quand Nicolas Anelka est entré pro à 16 ans au PSG, je l’avais déjà vu jouer pendant deux ans auparavant.

Nicolas Anelka
Nicolas Anelka – Source [2]

Comment est arrivé le site internet EspoirsduFootball ?

Disons que le site est le résultat d’un long cheminement. Au fur et à mesure des années, les joueurs de 13/14 ans que nous observions partaient en centre de formation et c’était grisant de se dire « tiens ce joueur, dans trois ou quatre ans, on va en entendre parler. » Internet n’étant pas développé comme aujourd’hui, les championnats des jeunes étaient moins médiatisés, il était complexe les parcours d’un jeune de 14 ans, repéré à Torcy et parti dans un centre de formation. On le savait par le bouche à oreille mais au quotidien, ce n’était pas simple à gérer et il nous arrivait de lire son nom, par hasard, lors de ses premières apparitions en réserve dans les pages de France Football. C’est pourquoi j’ai commencé à noter les joueurs observés et que je jugeais intéressants sur un cahier. 20 ans plus tard, avec les mêmes potes, on se remémore nos souvenirs.

Comment se concrétise alors ce projet de site ?

A l’époque, j’étais à la fac et je n’avais pas de connexion internet. Je notais les joueurs qui étaient intéressants sur mon cahier. Et le week-end, je profitais de la connexion internet chez mes parents pour archiver mes notes sur une espèce de « blog perso ». Je passais mon weekend la dessus à retranscrire mes observations. Ça ne s’appelait pas EspoirsduFootball, c’était un truc très personnel à la base, sans nom de domaine, sommaire, avec peu d’articles de fond, et une qualité qui laissait à désirer.

Je notais les joueurs qui étaient intéressants sur mon cahier. Et le week-end, je profitais de la connexion internet chez mes parents pour archiver mes notes sur une espèce de « blog perso ».

Et le succès est arrivé assez vite je crois ?

Oui, on était loin d’imaginer que les choses allaient marcher. C’était surtout un outil personnel, que je faisais avant tout pour moi. Et curieusement, je me suis rendu compte que le blog faisait des vues, que les gens se connectaient dessus et je me suis dit « Purée mais si les gens se connectent, c’est que ça doit leur plaire ». Les visiteurs faisaient des recherches sur les moteurs classiques et comme les joueurs étaient globalement inconnus du grand public, même un blog perso anonyme comme le mien ressortait dans les premières propositions des moteurs de recherche. Les gens m’ont alors découvert, non pas parce que j’étais quelqu’un de connu, mais parce que j’avais parlé de joueurs quelques années avant qu’ils ne commencent à faire parler d’eux. C’est ça qui m’a donné de la légitimité et en 2009, le site Espoirsdufootball est né, s’est structuré et « professionnalisé ».

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Source [3]

Vous considérez-vous comme un détecteur de talent ? Recruteur ?

En toute modestie, rien de tout ça. Beaucoup de noms de jeunes que j’ai notés n’ont jamais percé. Et si tu tapes leur nom aujourd’hui, tu vas tomber sur mon ancien blog parce que justement ceux-ci n’ont jamais franchi le cap. Aujourd’hui, quand je parle d’un jeune, il s’avère qu’il est presque en centre de formation, s’il ne l’est pas déjà. Par exemple, Mbappé j’ai dû en parler sur le site alors qu’il n’avait que 13/14 ans. Mais à cet âge-là, les joueurs ont déjà signé un accord de non sollicitation avec un club professionnel. Mon activité est de mettre juste le focus sur un jeune qui est peut-être encore dans son club amateur ou proche de rejoindre le centre de formation. Mais soyons clair, il est déjà connu de tout le monde dans le microcosme des recruteurs.

Je ne fais que mettre en lumière des joueurs qui ont déjà été repérés par des recruteurs de terrain. J’essaie de le dire le plus souvent possible et c’est quelque chose que j’estime important de répéter quand on me présente comme un « crack » qui a découvert tel ou tel talent.

Du coup, quelle place occupez-vous dans ce milieu foot ? Celui d’observateur ?

Je suis un passionné, rien de plus. Je n’ai aucune fonction dans le football et je ne cherche pas à en avoir d’ailleurs, même si on m’a proposé plusieurs fois. Mais j’ai toujours refusé. En connaissant ce milieu, ce n’est pas quelque chose qui m’intéresse.

Je suis suivi par des tonnes de conseillers, agents, qui m’ont proposé de l’argent pour que je fasse un petit message en vantant leur joueur, en offrant de la visibilité à leur poulain aux recruteur qui pourraient suivre notre site ou compte twitter. Mais si c’est pour faire ça, autant fermer le compte. Si je fais cette activité, c’est parce que je suis un passionné de football, qui aime parler des joueurs qu’il connait ou qu’il a pu voir. Je ne suis pas intéressé par l’appât du gain.

Je suis un passionné, rien de plus. Je n’ai aucune fonction dans le football et je ne cherche pas à en avoir d’ailleurs, même si on m’a proposé plusieurs fois.

Justement, comment travaillez-vous ?

Quand je présente un joueur que j’ai pu voir en finale de championnat de France U17, c’est assez simple de parler de ses qualités et de ses défauts. C’est de la vraie observation et j’ai une légitimité d’en parler puisque je l’ai vu jouer. L’honnêteté est ce qu’on doit au lecteur. Si l’objectif est de plus ou moins inventer des qualités d’un mec qu’on n’a jamais vu jouer, ça n’a pas de sens. Balancer des noms, ça n’a pas d’intérêt : N’importe qui demain peut aller sur le site de la Fédération prendre l’équipe de France U16 et dire « Les trois attaquants devant, ce sont des cracks, ils vont percer ». Mais quel intérêt ?

Avec le temps, le site s’est étoffé, mon réseau aussi. Aujourd’hui, je n’ai plus la possibilité d’être sur les terrains tous les week-ends mais je fais beaucoup de synthèses des infos que je peux recevoir de personnes dignes de confiance. Sur EspoirsduFootball, je parle avec des personnes depuis plus de 10 ans un peu partout. Si ces personnes sont allés voir un match en région PACA ou Bretagne et me disent « ce joueur a telle et telle qualité », je vais lui faire confiance car on a le même œil.

Quelle est selon vous la définition de l’espoir dans le football ? A quel âge peut-on commencer à parler d’espoir ? A quel âge le terme espoir devient caduc ?

Si on est dans la logique pure d’une définition foot, un joueur peut être considéré comme espoir jusqu’en U21 voire U23, ce qui est quand même assez âgé. Mais la définition a beaucoup évolué ces dernières années. Il y a 10 ans, la trajectoire classique d’un espoir ressemblait à ce schéma : « Je joue en U16, je joue en U18, je fais un peu de temps en réserve et je débute en pro ». Mais je le vois avec l’évolution du site sur les 15 dernières années. Un jeune qui débutait à 20 ans, aujourd’hui débute à 17. Les clubs ont tendance à faire jouer les jeunes beaucoup plus tôt.

Mbappé
Mbappé et Monaco – Source []

En 2015, Mbappé a fait ses premiers matchs en U19, en claquant 10 buts sur les 5 premiers matchs, vers le mois d’octobre, il débute en CFA avec Monaco, puis en Ligue 1 en décembre. Boubacar Kamara a eu une trajectoire similaire avec des étapes franchies à vitesse grand V. Au final, cette notion d’âge n’est plus réellement un critère et il faut prendre aussi le parcours en compte. Un joueur comme Mbappé, qui a 20 ans, peut techniquement entrer dans la catégorie espoir en termes d’âge, mais ce n’est plus un espoir. C’est pareil pour Camavinga qui pourrait être considéré espoir encore pendant 5 ans avec ce critère d’âge, alors qu’il aura peut être joué 100 matchs de Ligue 1 à 18/19 ans.

Certains peuvent être considérés comme espoirs malgré un âge supérieur ?

A l’inverse, certains joueurs ne sont pas considérés comme espoirs, alors que dans les faits, ils le sont, malgré un âge supérieur au critère. Je m’intéresse beaucoup à la post-formation, voire post-post formation et aux parcours un peu atypique. Kader Bamba, aujourd’hui à Nantes à 25 ans n’est clairement plus un espoir, mais si on prend son parcours : Jusqu’à 18 ans, il joue à Toulouse, il redescend à un niveau inférieur (au Cosmo Taverny en PH), sort un peu des sentiers battus et arrive à Nantes. Personnellement, je le considère un peu comme un espoir. On peut prendre un autre exemple : Mais Arnaud Souquet, de mémoire, a été en équipe de France U16 à U18, a commencé à jouer 3 ou 4 matchs à Lille en milieu de terrain, puis a un peu stagné, n’avait pas forcément le physique. Il part au Paris FC, connait le chômage, Drancy, le Poirée sur Vie puis Nice. Quand il arrive chez les Aiglons en 2016, il a 24 ans, et est un peu un espoir. Tous les joueurs, qui sont espoirs à 16 ans, n’ont pas forcément la maturité pour commencer à percer à 18. C’est une histoire de maturité et de parcours.

Quelle est la première étape d’un processus de recrutement ?

Matthieu le dit dans le livre et c’est très vrai : Il y a une grosse confusion dans ces deux postes quand on aborde le recrutement et la détection. Le scout est celui qui a l’œil, qui va détecter et être la première personne en contact avec le jeune. C’est souvent quelqu’un qui n’est pas salarié d’un club pro, souvent un entraîneur de club amateur, qui peut avoir des affinités avec un club pro. Par exemple : L’entraîneur d’une équipe de Seine et Marne, en lien avec un club comme Sochaux… Si lors d’un match d’U14 avec son équipe, il aperçoit un jeune adversaire intéressant, il va le signaler à Sochaux. Son avis est essentiellement technique.

Quelle est la seconde phase de recrutement ?

La seconde phase intervient après plusieurs phases de discussion. Le recruteur en chef se déplace, conforte l’avis du scout initial. Pour schématiser, il y a trois grands types de fonctionnement de clubs : D’abord, les très grands centres de formation qui arrivent à rafler tout ce qu’ils veulent. Puis viennent les centres intermédiaires qui peuvent faire des bons coups mais n’arrivent pas à faire signer les premiers choix par manque de capacités financières. Enfin, les autres clubs qui prennent pour remplir les centres de formation, pour avoir des résultats. Le recruteur d’un club très moyen peut avoir un temps d’avance, mais comme les très très bons jeunes n’échappent pas au radar, il n’aura jamais le joueur en question.

Les critères de détection sont donc différents ?

Ce qui est beaucoup recherché par les recruteurs sont les compétences méthodologiques, comme prendre soins de son corps. C’est ce qu’on appelle l’entraînement invisible. Et tous les recruteurs de grands clubs, ils le voient. Dans un monde idéal, il entre dans une relation qui va au-delà du foot, il va regarder comment ça se passe sur le plan scolaire, appeler le CPE pour savoir si le jeune enfant dissipé ou à problèmes. Ca ce sont les clubs super bons qui ont le luxe de le faire car ils ont le temps de le faire, la capacité de le faire en étant plus exigeants en ne cherchant que la crème de la crème entre trois profils sportivement identiques.

Les grands clubs ont la capacité à se renseigner au maximum sur l’entraînement invisible. Ils quadrillent très bien le sportif et l’extra-sportif et minimisent les risques d’échec.

Des recruteurs de top niveau sont capables de voir qu’un jeune de 13/14 ans qui joue à un petit niveau, prend soin de son corps. On est donc sur un recrutement à plusieurs vitesses ?

Tout à fait. Les grands clubs ont la capacité à se renseigner au maximum sur l’entraînement invisible et ils ont la puissance de frappe de pouvoir le faire. Ils quadrillent très bien le sportif et l’extra-sportif et minimisent les risques d’échec. Pour les autres clubs, ils vont parfois devoir sacrifier un des aspects. Il ne faut pas oublier qu’un centre de formation accueille une soixantaine de jeunes. Tous les ans, ils doivent renouveler 20 joueurs. Les week-ends, tu n’en as pas tant que ça et tous les clubs de pros de Ligue 1 et Ligue 2 n’ont pas un grand réseau et une grande toile pour quadriller. On retrouve la même chose chez les pros, avec des cellules de recrutement insuffisantes. Au final, ils signent des joueurs, faute de mieux.

Quelles sont les qualités les plus faciles à détecter ?

Ce qu’on remarque assez vite des jeunes, ce sont leurs qualités athlétiques et physiques. C’est d’ailleurs ce qu’on reproche aux recruteurs français. Les bons recruteurs, et il y en a énormément en France contrairement à ce qu’on veut bien dire, repèrent beaucoup l’intelligence de jeu et la maturité technique. Ce sont les qualités que tu n’apprends pas tellement en centre de formation. Autant des pieds carrés et des bourrins, on peut les corriger un peu, autant l’intelligence de jeu, c’est difficile. On parlait de Camavinga tout à l’heure. Quand on regarde, il n’a pas un physique énorme, n’a pas des qualités athlétiques exceptionnelles. Mais il sait super bien se placer, apporter une sécurité à ses coéquipiers.

Eduardo Camavinga
Eduardo Camavinga – Source [7]

C’est la fameuse critique des pieds carrés en Ligue 1…

Les qualités physiques ne durent qu’un temps et les bourrins ne font pas carrière 15 ans à un très haut niveau. Ceux qu’on pourrait mettre dans cette catégorie… Mapou par exemple, assez bourrin, au final sur le long terme ça bloque. Sakho qui était bourrin, même s’il a plein d’autres qualités, a signé à Crystal Palace à 27 ans. Là, on prend le cas des défenseurs. Mais les attaquants qui n’ont que la vitesse comme seule qualité ne vont pas loin. Il faut avoir aussi la maturité de pouvoir évoluer, se fondre dans un collectif. Et ça peut mettre du temps.

Vous avez des exemples ?

Récemment, je parlais d’Mbaye Niang, qui a débuté pro à Caen à 16 ans. Il était en avance sur tous les plans. Sa première saison il a mis 3 / 4 buts en Ligue 1. Mais il lui a manqué la maturité. Aujourd’hui il en a 25. La maturité a mis 9 ans à venir.

Quel est le poste le plus difficile à détecter ?

A mon sens, il y a deux postes : Gardien de but, et milieu de terrain défensif, qui sont les deux postes les plus à risques et très exposés.

Pour le gardien de but, on ne peut pas lancer un gamin de 16 ans, dans l’absolu, même s’il a toujours des exceptions comme Mickaël Landreau. Illan Meslier qui jouait à Lorient a fait 4/5 bourdes et est parti à Leeds. Paul Nardi qui était très bon et lancé assez tôt a 25 ans maintenant et joue à Lorient. Areola qui a signé pro à 16 ans à Paris et mis du temps à sortir au PSG a commencé en pro à Lens à 19/20 ans… Des vrais cracks au poste de gardien, précoces et capables de garder les buts à très haut niveau, il y en a peu. Donnarumma éventuellement. Simone Scuffet, très jeune joueur de l’Udinese lancé très tôt joue la Speia maintenant.

L’autre poste le plus compliqué est le milieu de terrain, relayeur. C’est surtout la capacité à s’assurer d’une transition vers le monde professionnel qui est assez complexe. Un attaquant ou un défenseur, on peut les imaginer vers le monde professionnel. Demain, on lance un jeune attaquant, il ne va pas jouer beaucoup de ballon, et il suffit de pas grand-chose pour réussir sa prestation. On l’a vu avec l’enflammade sur Isaac Lihadji sur son match de Naples, il a enthousiasmé tout le monde parce qu’il a mis deux dribbles et beaucoup se sont dit « punaise c’est un joueur technique, vif, percutant ». Sauf que je ne suis pas sûr qu’il soit en capacité de le tenir sur un match complet à l’heure actuelle, mais ses qualités, sur un match pro, il pourrait les exprimer à petite dose.

Quid des défenseurs ?

Un défenseur central pareil, même s’il faut faire attention car c’est un poste exposé. Mbe Soh a débuté contre Angers avec le PSG mais il était bien entouré. Saliba a l’ASSE a été lancé très tôt aussi mais autour de joueurs expérimentés : Debuchy, Kolodjeziak, Subotic, Perrin, Mvila. Ses éventuelles erreurs seront rattrapées.

Qu’est ce qui fait la spécificité du milieu ?

Avec un jeune milieu défensif, même bien entouré, l’équipe peut vite être mise en danger. C’est à la fois un poste clé en phase défensive, et offensive, qui touche un nombre incalculable de ballons Avoir l’intelligence de descendre entre les deux centraux, savoir sur un seul pas te rendre disponible, c’est une maturité qui est difficile à percevoir. En jeune, s’il fait le petit pas de côté ou pas, j’ai envie de dire « peu importe, parce que s’il est bon, il s’en sortira. En pro, avec des adversaires vicieux qui mettent la pression, l’équipe peut exploser. C’est parce qu’il est beaucoup exposé qu’il faut être apte à anticiper, même à un niveau moindre, sa capacité à réussir à adapter son jeu au niveau supérieur.

Le poste de milieu, c’est parce qu’il est beaucoup exposé qu’il faut être apte à anticiper, même à un niveau moindre, sa capacité à réussir à adapter son jeu au niveau supérieur.

C’est à ce titre que Camavinga est un ovni à cet âge et ce poste ?

Oui, à cet âge tu en vois très peu. Sa trajectoire me rappelle un peu celle d’Mvila à Rennes. Quand Antonetti avait dit qu’il pouvait être milieu défensif du Barca, bon ça lui a un peu flingué sa carrière, mais ce n’était pas totalement faux. Quand il est arrivé en pro après 10/15 matchs, il a été directement en Equipe de France. C’était juste totalement fou à cet âge, d’être le taulier d’une équipe de Ligue 1 et d’une sélection nationale.

Quelle place accordez-vous à des compétitions comme la gambardella ou aux compétitions internationales ? Les meilleurs espoirs sont-ils forcément en finale ?

Clairement non. Les champions U17, U19 et les vainqueurs de Gambardella ne présagent de rien de la suite d’une carrière. Pour plusieurs raisons : Tout d’abord, il y a des clubs qui jouent la gambardella, pour la gagner et ceux qui ne la jouent pas. Je pense que l’exemple le plus frappant : OL / TFC lors de la finale de la gambardella en 2005 où l’OL perd 6/2 contre Toulouse. L’attaque de l’OL était Benzema, Ben Arfa et Mounier et ils ont pris 6/2 par le TFC, qui n’ont envoyé quasiment aucun joueur en pro, à part Kevin Dupuis, et Xavier Pentecôte, qui n’ont pas fait de carrière géniale.

TFC, vainqueur de la Gambardella en 2005
TFC, vainqueur de la Gambardella en 2005 – Source [11]

U17, U19 c’est pareil. Tu as des clubs qui ont été champions de France U17, U19 qui ont signé un jeune en pro dans la génération. Ces titres sont significatifs de la qualité du travail collectif réalisé par le centre de formation avec la qualité dont il dispose. Après, pour signer pro, c’est autre chose.

Et au niveau international ?

Au niveau international, ça commence à être significatif à partir des espoirs. En analysant les équipes espoirs, il y a souvent de bons joueurs

Chez les U17, ce n’est absolument pas significatif. Il y a toujours des joueurs qui sortent du lot, comme Tony Kroos qui a fini meilleur joueur en Euro des jeunes. Mais beaucoup ne signent pas pro. Je me souviens de Samed Yesil, allemand avec également la nationalité turque. Il avait été super bon à cette compétition et avait signé à Liverpool juste après, mais il n’a jamais confirmé et est dans des clubs de secondes zones. La suisse a gagné l’Euro U17 en 2009 avec une attaque Severovic (Benfica) et Nassim Ben Khalifa qui jouait à Grasshopers. Mais il s’agissait de la victoire d’un collectif et de nombreux jeunes qui n’étaient pas à cet Euro U17 ont fait de super carrière.

Cette année, l’Ukraine a été championne du monde U20. On ne sait pas combien de joueurs vont percer. En France, quand elle a été championne du monde U20, c’était significatif avec Pogba, Areola, Umtiti, Digne, Sabally, Zouma, Kondogbia, Veretout, Thauvin.

Et plus jeune, avec la génération 87 ou 84 ?

Faudrait voir combien signent réellement pro en. Et quelles sont les carrières aussi ? Un joueur pro est quelqu’un qui vit du foot, mais sans dénigrer, ce n’est pas jouer en deuxième division roumaine. Pour beaucoup de jeunes, ces titres sont les sommets de leur carrière. Prenons la génération 87 en France qui a été championne d’Europe U17 en 2004 : Thicot, et El Mourabet étaient super bons à l’époque, et pourtant. Dans la génération 87, il y avait Stéphane Marseille, qui n’a jamais rien fait. Ça ne veut pas dire qu’il n’était pas bon, mais il a peut-être raté un truc à un moment.

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Les U17, champions d’europe en 2004 – Source [12]

Quand on voit « A la Clairefontaine », Sébastien Bassong, finalement même en étant viré de l’INF à 14/15 ans, il a fait une carrière, a joué à Tottenham. Maintenant il doit être en D3 anglaise.

Jacques Faty, champion du monde U17 en 2001 il a fait une carrière, pas à la hauteur de ce qu’on imaginait. Il n’a pas fait une carrière de défenseur de Manchester. Mais il a fait une carrière.

En pourcentage, le pourcentage qui parcours tous les paliers pour l’équipe de France est super faible…

Oui, on imagine toujours que le top joueur en U16 va gravir les échelons jusqu’au A. Quand un joueur est en équipe de France A, souvent le joueur est passé par l’équipe de France jeune. En revanche, la génération avec laquelle Mbappé (surclassé) a gagné l’Euro U19, très peu avaient débuté en équipe de France U16 et une poignée a réussi à passer chez les U17.

Si tu comptes les U16, U17, U18, U19, il y a 5 équipes de France jeunes pour aller en espoirs. Mais tous les joueurs français peuvent être sélectionnés en A, entre 20 et 35 ans…l’entonnoir est super restreint et le brassage est énorme. Je me rappelle d’un jeune du PSG, Tom Flamant, sélection en U16, qui n’a pas été conservé en contrat aspirant.

Utilisez-vous des outils ou jeu comme Football Manager par exemple ? Outils de statistiques ?

Championship Manager et Football Manager, j’ai été un fan absolu. Les versions 99, 2000 et 2001, j’ai dû y passer 10 heures par jour au lycée. C’était des vraies bases de données. On commençait à découvrir Van der Vaart, Van Persie, Robben et Sneijder. Forcément, ça te donne un œil et aujourd’hui c’est une vraie base de données.

Dario Maresic, qui vient de signer à Reims, je l’ai découvert parce que je regarde pas mal le football autrichien, et il a commencé à 16 ans et accumulait 80/90 matchs à Sturm Graz à 19 ans. Quand j’en ai parlé, certains commentaires posaient la question « Mais en fait, Reims recrute avec football manager ? ». Personnellement je ne sais pas si le recruteur de Reims a repéré Maresic parce qu’il est bon, ou s’il a été attentif au jeu vidéo, ça lui a donné une idée et il s’est dit « Tiens on va aller voir ce qu’il donne ? ».

Galtier expliquait récemment que pour remplacer les départs des joueurs, le LOSC était capable de proposer 100 noms pour chaque poste.

Ça serait quand même étonnant ?

Il ne faut pas imaginer que ce sont les jeux vidéo qui permettent de recruter. Que certains qui bossent dans le football, soient passionnés de jeux vidéo est possible. Peut-être. Dans l’absolu, rien ne vaut de voir un match au stade ou sur un grand écran. Mais pour les équipes qui ont peu de moyens, comme Nîmes, avec un réseau peu développé, n’ayant pas la capacité de s’offrir des scouts dans toutes la France, ça peut valoir le coup de prendre une licence sur ses outils professionnels, avec une banque de données beaucoup plus poussée, qui offrent aux clubs abonnés des résumés de matchs, compte rendus de matchs, des séquences, qui vont bien au-delà de Football Manager. Les crocos travaillent un peu « à la débrouille » et ont fait des supers coups.

Galtier expliquait récemment que pour remplacer les départs des joueurs, le LOSC était capable de proposer 100 noms pour chaque poste. Le LOSC et Campos travaillent avec un logiciel propre, avec 12000 recruteurs qui observent je ne sais combien de joueurs un peu partout. On est loin des outils classiques. Se reposer sur Football Manager serait flippant. Mais qu’il puisse donner des idées, ce n’est pas exclu.

Quels sont les meilleurs pays formateurs de joueurs professionnels ? Comment se positionne la France et sa politique de formation ?

Il y a pas mal d’idées répandues sur la qualité des formateurs français, qui ne serait pas bonne. Daniel Riolo et d’autres journalistes sont beaucoup dans cette critique de formation. Mais la vraie question est plutôt : « Qu’est-ce qu’on veut faire de notre formation ? ». Si la politique fédérale est de gagner des titres chez les jeunes, c’est plutôt réussi. Si on regarde depuis 98, la France gagne pas mal de titres. Et au-delà de la politique fédérale, quelle est la politique de formation des clubs ?

Champions du Monde U20
Champions du Monde U20 – Source [13]

L’idée est de former des jeunes au plus haut niveau… j’imagine. Après, en profiter est autre chose.

Oui, et contrairement à l’idée reçue, le Français est capable de s’exporter en comparaison de tous les autres pays européens. Est-ce que tu connais beaucoup de joueurs Anglais qui s’exportent ? Les italiens qui partent, tous se ratent ou presque. En Espagne, exceptés, Pique et Fabregas, combien d’espagnols réussissent à l’étranger ? L’île de France est la région la plus observée en Europe et la France exporte le plus de joueur.

Le nouvel eldorado des joueurs français est l’Allemagne. Leipzig, avec des moyens, a investi sur Upamecano Mukiele, Konaté, Nkunku et Augustin. Francfort a recruté Ndika en D2 à Auxerre, Touré. Dortmund a acheté Zagadou et Mönchengladbach recruté Pléa et Thuram.

L’île de France est la région la plus observée en Europe et la France exporte le plus de joueur. L’herbe n’est pas plus verte ailleurs, et on a toujours l’impression qu’il faut s’auto-flageller.

Ceci dit, on a vu les limites de la France face à l’Espagne récemment… Et les espoirs sont aussi absents des grandes compétitions.

La politique de formation a, quoi qu’on veuille en dire, des résultats, malgré les absences des Espoirs comme tu dis. Mais il faut les gagner les titres, mêmes chez les jeunes, et ce n’est pas forcément simple avec la densité de bons joueurs. L’herbe n’est pas plus verte ailleurs, et on a toujours l’impression qu’il faut s’auto-flageller en France. Après, quand la France est battue par l’Espagne, ça me rend dingue. Parfois tu peux être frustré. On voit bien les carences d’un point de vue collectif, elle ne joue pas bien. Mais est-ce qu’elle joue mal parce qu’on les fait pas bien ou parce que les joueurs ne savent pas jouer. Il y a plusieurs raisons à cela. Les entraîneurs des jeunes sont-ils les meilleurs en sélection ? Je ne suis pas sûr, et au-delà de ça, les compétitions se jouent en mai, sans préparation.

On pourrait avoir de meilleurs résultats et performances collectives, mais au niveau des individualités, la formation est plutôt bonne et très structurée. On critique le modèle français mais les pays étrangers viennent toujours chercher nos talents. Après Il ne faut pas se voiler la face, tout n’est pas parfait, mais il ne faut pas surfer sur le pessimisme des joueurs bourrins et joueurs médiocres.

Est-ce que la limite n’est pas justement le passage de la formation au monde pro ?

Dans le monde professionnel français peut être… A l’étranger, ça se passe plutôt bien et les joueurs ne font pas parler d’eux en mal. Mais en France, il y a des difficultés, peut-être par manque de projet. Les clubs sont en instabilités permanentes, les entraîneurs sautent tous les quatre matins et les jeunes ne sont pas forcément lancés dans les meilleures conditions. Je ne suis pas en train de trouver des excuses…

Quelles seraient vos critiques sur le niveau de la formation française ?

Si j’avais une critique, ce serait sur l’incapacité de notre formation à faire passer des caps. On parvient à faire éclore des joueurs qui sont très bons. Mais quand il s’agit d’amener des joueurs à un autre niveau, c’est plus difficile. En Espagne, les joueurs apprennent à jouer collectivement, à avoir des réflexes d’équipe… c’est pour ça qu’on se fait toujours battre par les Espagnols. Cette année, l’Ajax est revenu sur le devant de la scène avec cette génération, mais il ne faut pas oublier qu’elle n’a rien fait pendant 10 ans. Ce super club a aussi connu des creux. Peut-être que certains clubs, pour justifier de la qualité de son centre, sont obligés d’axer la formation sur les résultats. Et on en revient à la discussion tout à l’heure sur les clubs qui jouent la Gambardella. Collectivement, il n’y a rien de développé et les joueurs stagnent.

A titre personnel, quels sont les joueurs que vous avez détectés très tôt, qui ont réussi ? Et ceux qui n’ont pas évolué comme vous l’imaginiez ?

Généralement, je parle toujours des jeunes quand ils ont 15/16 ans, avant c’est trop tôt. Mais dans les réussites, Mbappé, mais c’est trop facile. Certes, il peut toujours se passer des choses mais Il était inimaginable qu’il ne réussisse pas. C’était tellement évident, c’est comme Lebron James. Aouar, j’en ai parlé très tôt aussi et Ousmane Dembélé, on l’a évoqué rapidement, bien avant qu’il ne s’illustre avec la réserve à Rennes. Quand Pogba est parti de Torcy au Havre, c’était évident.

Et dans les déceptions ?

Dans les échecs ou les plus gros regrets, je mets Ongenda. Lui je le voyais en équipe de France. Tous les gens qui suivent le PSG étaient unanimes. Il était haut dessus… En U13, il fait un tournoi en Espagne, il avait mis 18 buts de son équipe sur 25. Après, il a eu des problèmes d’hygiène de vie, il a commencé à régressé en centre de formation à Paris et à Bastia, ça s’est mal passé. Pour le coup, il avait un niveau énormissime en jeune. Certaines personnes se déplacent pour voir jouer les jeunes. Mbappé c’était ça, et Ongenda, on n’était pas loin.

(Il réfléchit). Il y a un joueur peu connu, qui était très bon en jeune. Darnel Situ, génération 92, qui jouait à Lens, et qui était capitaine de l’équipe de France U17 qui a participé à l’Euro U17 remporté par la Suisse en 2009. Je ne connais pas les raisons de son « échecs » mais je n’ai rien compris à sa carrière. Il est parti très tôt à Swansea, puis en Norvège, en D2 Slovène… Aujourd’hui il est à Istres je crois.

Imbula, à 15 ans, il était énorme. Avec Bielsa, il était aussi très bon. Il est repassé à Toulouse, et il était moyen. Mais on l’a vu tellement bon jeune, que bon…Quelque part, c’est ça le foot, ce n’est pas une science exacte.

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Hervin Ongenda – Source [17]

Vous êtes sur la région de Toulouse, club qui a sorti de bons joueurs de son centre de formation : Barthez, Sassus, Candela, Despeyroux, Arribagé, Capoue, Sissoko, Debève, Tabanou, Battles… Comment fonctionne ce club d’un point de vue de la formation ?

Toulouse est un bon centre de formation et ils ont réalisé le fantasme de pas mal de supporters, qui se disent souvent que si c’est pour avoir une équipe moyenne ou médiocre, autant que ce soit une équipe issue du centre de formation. Toulouse l’a fait à l’époque des Pitchouns au tout début des années 2000. Heureusement que ça a marché. C’est la génération Taïder, Ebondo, Lucien Aubey, Achile Emana. Le début de Sadran correspond à ça et a il développé le centre de formation sur un mixe de Toulousains ou de la région toulousaines comme Congré, et des Parisiens avec Moussa Sissoko et des Toulousains comme Congré et des parisiens. Moussa Sissoko, Tabanou, Ben Yedder qu’ils sont allés chercher en post-formation à Alfortville.

Il y a eu un trou de générations entre celle de 89/90 et la génération 96/97. Issa Diop a été vendu assez cher. Depuis 2 ou 3 ans, certains joueurs pointent le bout de leur nez avec Diakité, Gonçalves et Amian ou même Sangaré. Après je ne suis pas sûr que Casanova soit le meilleur pour bien les lancer. A l’époque des Pitchouns, Revault, Plumier et Lièvre encadraient les jeunes. Aujourd’hui, il manque des tauliers très certainement.

Vous pointez le choix de recrutement chez les pros ?

Toulouse est un club entre la 8ème et la 14ème place. Mais le club fonctionne mieux chez les jeunes que chez les pros. Toulouse a été capable d’aller chercher Elmander et Gignac, mais il y a aussi beaucoup d’échecs, avec un nombre de choix exotiques qui fonctionnent un coup sur 10. Ils ont recruté un joueur en Roumanie, qui n’avait pas le niveau CFA2.

Au quotidien, supporter Toulouse est assez difficile à vivre, notamment avec le rugby qui prend le dessus. Le club recycle tous les anciens joueurs ce qui peut parfois être insupportable. Sont-ils légitimes, je n’en sais rien… Mais au milieu de tout ça, et même si ça commence à dater, il y a eu quelques fulgurances, avec la ligue des champions et cette défaite contre Liverpool. Aujourd’hui, on souffre. Quand Toulouse s’est maintenu contre Angers, les gens étaient heureux, c’était leur « ligue des champions », c’était génial et les gens ont vécu des émotions. C’est ça être supporter de Toulouse depuis pas mal d’années L’habitude à souffrir. Le club devrait miser sur une coupe, comme l’a fait Rennes. Ils se sont casser les dents pendant 40 ans, et puis cette coupe a amené un vrai élan de fraicheur.

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Denis Bouanga – Source [18]

La région île de France regorge de joueurs de talents. j’imagine que le réseau de recruteur est maillé et que le risque de ratés comme Valbuena, Carrière, Corgnet, Giroud, Bammou, (cas beaucoup médiatisés) est faible… ?

Dans les quelques noms cités, aucun ne sont passés en Ile de France. A partir des matchs de 10 ans, il y a des recruteurs et il est impossible de rater des joueurs dans l’ile de France. C’est une région super bien maillée. Tous les clubs d’envergure ont des recruteurs en Ile de France ou presque.

Dans d’autres régions, c’est possible d’avoir des joueurs qui passent au travers. Valbuena et Ribéry ont été détectés mais pas conservés. Giroud est l’exemple le plus frappant. En Ligue 1, il y a Philippoteaux, Bouanga.

LE LIVRE « JE VEUX DEVENIR FOOTBALLEUR PROFESSIONNEL »

Vous êtes l’auteur avec Matthieu BIDEAU du livre JVDFP, que j’ai pris beaucoup de plaisir à le lire. Comment est née l’idée d’une telle collaboration et d’un tel ouvrage ?

Les choses se sont faites en trois phases. Matthieu, que je ne connaissais pas, m’a contacté sur internet. Il trouvait mon site sympa et on a sympathisé. J’avais en tête de faire des articles, ou des chroniques afin de donner des conseils à des jeunes joueurs sur un milieu que je connais bien. Matthieu se retrouvait dans la même situation, dans la mesure où il recevait, dans le cadre de son poste au FC Nantes, pleins de CV jeunes joueurs et était embêté parce qu’il en était presque à faire des réponses automatiques de refus. On a donc convergé sur l’idée de faire des chroniques ensemble sur des thèmes précis et variés.

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Impression du livre – Source [19]

Le premier était « Qu’est-ce qu’un contrat », parce que globalement, beaucoup étaient perdus. On a ensuite diversifié les chroniques en abordant ce qu’étaient des scouts, des recruteurs, des agents, des conseillers. Comme les chroniques fonctionnaient bien et qu’elles répondaient aux attentes des jeunes et des moins jeunes, on a opté pour publier les questions que nous recevions et les réponses que nous apportions, sous la forme d’un fichier PDF disponible sur le site, avec plein de clés pour comprendre le monde du football des jeunes qui est particulièrement opaque.

A quel moment, le livre est apparu ?

On s’est aperçu que le fichier PDF avait été téléchargé 50 000 fois même si ca ne signifie pas forcément 50 000 lecteurs. On a ensuite été contacté par un éditeur. Et on était un peu mal à l’aise avec ça, parce qu’on a toujours insisté sur l’idée que ce soit gratuit. Un éditeur, ça sous-entend quelque chose de payant, et on était réticent car on avait l’impression de trahir la démarche initiale.

On a donc demandé aux gens via les réseaux sociaux, pour savoir si la démarche de payer un livre les choquait Je ne voulais pas passer pour un connard qui veut gagner du fric en vendant des livres. L’idée m’aurait gêné que ça puisse être pris comme ça.

Du coup, êtes-vous un connard (rires) ? Combien vous rapporte le livre ?

Avec Matthieu, on en rigole. A tous les deux, on gagne 10% du prix du livre. Le livre a été vendu 20€, soit 1€ chacun et on a dû en vendre 6000. On n’a donc pas fait fortune. L’objectif n’était pas de faire de la réédition. On a donc insisté pour faire un manuel complet, très développé et densifié par rapport à la version gratuite, à destination des enfants mais aussi et surtout des parents. Le manuel est « Je veux devenir footballeur professionnel », un mix où Matthieu apporte son témoignage de jeune joueur, qui est passé par la Jonelière et a connu l’échec, et un guide pour les parents qui peuvent aller au chapitre 6 ou 14 quand il veut. On a ajouté des témoignages à la fin de joueurs.

Trois ans plus tard, il n’y a quasi rien à changer.

On a donc insisté pour faire un manuel complet, très développé et densifié par rapport à la version gratuite, à destination des enfants mais aussi et surtout des parents.

Ce livre est-il présent dans tous les centres de formation en France ?

Franchement, je n’en ai aucune idée. Quand le livre est sorti, beaucoup de retours de jeunes et de parents nous ont fait ce constat, qu’il devait être présent dans tous les centres de formation. Mais à ma connaissance, ni Matthieu ni moi n’avons été contacté par les centres de formation. L’éditeur non plus.

En revanche, que certains formateurs à titre individuel, l’ont relayé dans leur centre de formation, mais ça ne relevait pas d’une politique de club. Mais peut être que la cible de diffusion est à un niveau en dessous, au niveau amateur, au moment où le joueur est détecté par un scout. Une fois intégré dans le centre de formation, seuls 50% du livre sont utiles, notamment la gestion de l’échec et la manière de rebondir.

Quels sont les retours trois ans après ?

Des joueurs pros l’ont lu, l’ont acheté pour le donner à leur club amateur. Bammou qui a fait la préface, a beaucoup diffusé le livre. Je trouve ça génial. Nous avions des témoignages et Matthieu encore plus, nous félicitant du travail réalisé et de la nécessité de diffuser le livre. On a reçu les félicitations du secrétaire d’état de la Fédération. J’aurais même voulu que le livre soit diffusé dans les pôles espoirs de la fédération par exemple.

Ghislain Correa, entraîneur adjoint des U17 et U15 de Balma, un club à côté de chez moi, veut que je vienne présenter le livre. C’est avec grand plaisir.

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Félicitaions – Source [19]

Vous revenez avec lucidité et recul sur la difficulté de devenir joueur professionnel… Environ 20% deviennent professionnel. Est-ce une manière de réhabiliter le footballeur ?

Oui, il est vrai que l’image du footballeur, et même dû supporter est négative. Dès qu’on s’éloigne de la filière des amateurs de foot, le mec qui aime le foot est vu comme un boulet, gros beauf bien bourrin, débile mental et homophobe, avec toutes les polémiques actuelles L’intelligence est confondue avec la culture et l’éducation. Il y a des footeux qui ne sont pas malins, je ne dis pas le contraire. Mais ce n’est pas parce qu’ils sont footeux qu’ils sont bêtes, et dans leur activité de tous les jours, ils utilisent une forme d’intelligence, utile à son sport, à travers un angle de passe, une vision spatiale qui font d’eux une forme d’élite. Je pense à Kevin De Bruyne par exemple.

Je prends l’exemple dans le livre du joueur que Matthieu a fait venir à Nantes, qui était dans une famille à problèmes, chez qui ça se passait super mal, destiné à travailler en SEGPA. L’échec est le fait de ne pas devenir professionnel. Mais n’a-t-il pas réussi autre chose ? Le joueur a pu bénéficier pendant 3 ans d’un environnement favorable et d’une formation, sans être 35 par classe, dans un contexte positif. On parlait tout à l’heure des vainqueurs de l’Euro U17, mais il y en a combien peuvent se targuer d’avoir ce titre ? 50 Personnes… qui ont voyagé, découvert des pays étrangers. L’échec footballistique est possible, mais beaucoup restent dans le sport. C’est déjà pas mal et même s’il n’y a pas carrière professionnelle derrière. Je suis admiratif des joueurs qui ont fait des sacrifices, en partant souvent jeunes de chez leurs parents, sans avoir eu de jeunesse, avec un milieu très concurrentiel et un taux d’échec énorme. Matthieu en est l’exemple, il a échoué dans sa quête de devenir footballeur professionnel mais est devenu responsable du centre de formation de Nantes.

Les gros médias ont vendu le manuel parfait pour devenir joueur de football professionnel. Mais pour nous, ça a toujours été l’inverse dans notre tête. C’est un livre qui explique au jeune qu’à 95%, il ne va pas réussir sa carrière de footballeur pro, mais qu’il va rebondir après l’échec et réussir sa vie.

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J’ai en tête, un couple de parents complètement désarmés dont les fils ont été sollicités par des recruteurs pour intégrer les centres de formation… Ce livre s’adresse également aux parents, qui parfois ne connaissent rien au football. Etes-vous contacté par des parents perdus ?

Oui avant le livre, c’est ce qui nous a amené à l’écrire. Mais surtout après le livre, avec des parents qui expliquent leur situation personnelle. Et je me fais toujours un point d’honneur à répondre.

Certains sont complètement désarçonnés, ne connaissent rien du milieu, et avaient inscrit leur gosses au foot à leur demande. Et parfois, ils en sont à nous demander s’il faut que leur petit aille à Brest ou à Strasbourg. On a parfois l’impression de faire de l’ingérence dans la vie des gens mais ils ont tellement d’informations à digérer, qu’ils sont totalement démunis. Tout le monde n’a pas la chance d’avoir les parents de Mbappé, papa éducateur et maman handballeuse professionnelle et qui savent de quoi ils parlent.

Dans le livre, vous insistez sur les parents qui ne doivent pas être les enfants de vos enfants. Pouvez-vous revenir sur ça ?

Si on fait un calcul basique. Un couple de parents qui gagne 2000 euros mensuel, et sur un an 25000 euros. En 40 ans de carrière, ils auront gagné un million d’euro. Combien de jeunes de 14 ans ont des primes à la signature qui flirte avec le million ? Il y en a de plus en plus. Sur des premiers contrats pro, les jeunes gagnent en trois ans ce que leurs parents auront gagné sur toute une vie, ou un tiers de vie. Certains joueurs touchent 50 000 euros par mois sur trois ans, l’équivalent de trois carrières avec un SMIC. En trois ans ! C’est affolant.

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Le livre JVDFP – Source [19]

Justement, l’approche financière arrive de plus en plus tôt, certains joueurs n’hésitant pas à quitter leur centre de formation libre. Qu’est-ce que ça vous inspire ?

Dans un monde idéal, j’aimerais que le joueur formé dans un centre de formation signe pro et joue pour son club. Mais on n’est plus dans une époque où le jeune aime son club formateur et font des carrières à la Maldini ou Totti. C’est con mais c’est comme ça.

Le supporter pense que Saliba ou un autre, qui signe à 17 ans va rester. Il y a une part de romantisme dans le supporter de foot…

Oui, c’est triste mais ça ne veut pas dire que le joueur ne donnera pas tout pour son club formateur au moment où il joue. Mais il faut intégrer que le jeune fait le choix qui apparaît le plus favorable pour lui. Il est dans une discussion business.

Mais il ne faut pas oublier que les clubs sont aussi dans une discussion business et ne font pas de cadeau aux joueurs. Marseille récemment a viré Rami, après avoir viré Bedimo, Evra, leur responsable médical. Le supporter a tendance à considérer le joueur comme un salaud qui part ailleurs, mais le club est parfois un salaud aussi. Il n’y a pas de cadeau. Si demain, j’ai 16 ans. Je suis dans mon club formateur, tout se passe bien. Si un club m’offre un salaire 5 fois plus important, le romantisme voudrait que je reste dans mon club formateur… Mais tu peux aussi t’interroger sur le fait de partir. Le foot est cynique, les joueurs gèrent leur carrière, et les supporters aiment leurs clubs.

L’amour du maillot n’existe plus c’est sur

Oui, c’est sûr. On entend certains journalistes regretter « l’amour du maillot ». Mais ces mêmes journalistes ont parfois fait trois radios différentes, sont passés par l’équipe TV ou autres médias. Dans nos vies personnelles, nous sommes capables parfois de changer de travail pour 200 euros. Pourquoi le joueur ferait différemment ? Si le joueur a trois possibilités de transfert : Une proposition financière, une proposition intéressante sportivement, et une offre qui lui propose les deux. Quel que soit l’amour qu’il a pour son club formateur, il prendra la troisième. Quand Pogba était passé du Havre à Manchester, le Havre avait hurlé en disant qu’il s’était fait voler Pogba… Mais Pogba ne sortait pas du Havre mais de Torcy. Probablement que Torcy aurait aimé le garder jusqu’à 15/16 ans. Pareil pour Rennes avec Dembélé qui a été acheté à Evreux.

Finalement, les clubs reprochent aux gros clubs de pratiquer des méthodes qu’eux-mêmes pratiquent sur des clubs inférieurs.

Les clubs reprochent aux gros clubs de pratiquer des méthodes qu’eux-mêmes pratiquent sur des clubs inférieurs.

Il m’est arrivé d’être contacté par des joueurs en Afrique, désireux accomplir leur rêve et devenir professionnel. J’imagine que vous êtes aussi énormément sollicité ? Comment gérez-vous cette situation ?

Parfois je réponds, parfois je ne réponds pas. J’ai un texte qui est prêt et que j’envoie en copier/coller. Ça m’embête parce qu’il n’y a pas de personnalisation. C’est super triste de voir des jeunes joueurs capables de te donner leur potentielle prime, lancer des bouteilles à la mer, en espérant que ça va marcher. On est sur un sujet presque géopolitique. Mais quand ils vont tomber sur quelqu’un, ce sera un escroc. On parle souvent de l’argent que génère le foot, mais là on touche la misère du monde.

Vous estimez que trop de joueurs se perdent à s’accrocher à leur rêve en partant faire des essais à droite à gauche et surtout en délaissant l’école. Parfois, il faut savoir reculer pour mieux rebondir ?

Oui. Quand le couperet tombe et qu’il faut quitter le centre de formation, c’est un échec sur le moment, le monde s’écroule pour le jeune et la descente peut être difficile. Mais vouloir s’exprimer sportivement quand tu vis une situation d’échec, c’est le meilleur moyen pour être nul sur le terrain. Redescendre à un niveau CFA, CFA2, c’est une solution possible pour retrouver le plaisir de jouer. A ce niveau, il y a des recruteurs autour des terrains, tu joues contre des réserves de clubs pro. Parfois, tu peux découvrir que tu aimes le foot entre potes mais ne pas vouloir en faire une carrière. Sofoot a fait une super interview d’Eddy Lecygne, jeune joueur qui est passé par Guingamp, Stoke City. Et il a vécu l’échec, est devenu électricien, joue aujourd’hui en Bretagne. Et il dit que le monde pro n’était pas fait pour lui.

C’est la raison pour laquelle vous insistez sur le rôle numéro 1 que doit avoir l’école dans le parcours.

Oui. Etre professionnel est une élite. En Ligue 1, il doit y avoir 500 pros. Mais le foot offre d’autres possibilités, à un niveau inférieur. Quelqu’un que je connais très bien s’occupe aujourd’hui de la communication de son club en ligue 2, il est encore dans le milieu du foot. Il n’est pas devenu professionnel, mais il a fait des études et est resté dans le milieu.

Votre ouvrage revient également sur les attendus des recruteurs en centre de formation… J’aime beaucoup la notion de joueur fiable. Peut-être que Pastore, non retenu à l’ASSE, ne remplissait pas ce critère…

Pastore avait été super bien recommandé. Sainté l’a mis à l’essai, mais ils ne l’ont pas pris. Firmino a fait un essai à Marseille et n’a pas été conservé. Aujourd’hui, on a la tentation de dire « mais quelle bande de fous ? ». Mais l’échec n’est pas forcément lié qu’aux recruteurs et sur le cas Pastore, quand on voit sa carrière, on a presque envie de dire que Sainté, qui avait détectée sa fragilité musculaire l’époque, a presque eue raison. Mais peut être aussi qu’il a raté son essai. Ce n’est pas parce que Pastore a éclaté à 20 ans à Palerme, qu’il était au-dessus du lot à Saint-Etienne à 16 ans. Est-ce qu’un argentin va s’adapter à la vie, à la ville ? Il y a une multitude de facteurs qui peuvent expliquer qu’un joueur n’est pas considéré comme fiable à l’instant T. Tous leurs clubs ont leur lot de joueurs, ayant fait un essai, non conservés et qui ont explosé plus tard. Peut-être que toutes les conditions n’étaient pas réunies pour le conserver. Le jugement a posteriori est facile.

En revanche, je suis moins tolérant avec des joueurs qui sont passés dans un centre de formation et qu’on a laissé partir. Sous tes yeux pendant 3 ans, mais là c’est un ECHEC.

 

Le livre JVDVP
Le livre JVDVP – Source [19]

Que vous inspire la politique des jeunes au PSG ?

Paris ne fait que des conneries avec les jeunes. Ils n’ont jamais eu autant de bons jeunes et ont une gestion cataclysmique. En voulant éviter un nouvel épisode Coman, le club fait signer une multitude de jeunes joueurs pros, mais certains joueurs n’ont pas le niveau et ne devrait pas signer pro. Le PSG a supprimé la réserve, veut une équipe 3 qui joue en Nationale 3 100% amateur. Mais le PSG se retrouve donc avec des joueurs pros qui sont trop vieux pour jouer en U19, pas assez amateur pour jouer en N3, et pas assez bons pour jouer en Ligue 1. Certains ont des salaires énormes, quasiment au niveau pro des autres clubs de Ligue 1, donc les jeunes sont impossibles à prêter.

Paris ne fait que des conneries avec les jeunes. Ils n’ont jamais eu autant de bons jeunes et ont une gestion cataclysmique.

Quelle est la politique du club ?

C’est une politique de l’empilement, sans ligne directrice, qui explique le départ de Motta. Le PSG a des joueurs dont il ne sait pas quoi faire, résilie des contrats, ou alors les vend avec un pourcentage à la revente. Arnaud Luzayadio a signé professionnel, alors que c’est un joueur qui n’avait pas vocation à évoluer en pro avec le PSG. Et une semaine plus tard, le club l’a vendu à Orléans. C’est l’illustration même d’une gestion qui n’est pas concertée, qui reflète parfaitement les problèmes internes du PSG avec Antero Henrique qui avait ramené plein de proches au centre de formation.

Pourtant le vivier est bon ?

Paris a beaucoup de jeunes qui sont en équipe de France. On parlait tout à l’heure de Saliba. En équipe de France, il y a Badiashile de Monaco, Mbe Soh au PSG et Saliba à l’ASSE. Saliba est passé par Bondy et Montfermeil, et a été vendu 30m€. Mbe Soh était l’un des leaders de cette équipe. Je ne dis pas que Mbe Soh est meilleur que Saliba ou Badiashile. Mais qu’est ce qui a freiné la progression de Mbe Soh par rapport aux deux autres, si ce n’est le contexte, l’effectif et la difficulté de prendre la place de Thiago Silva ou Marquinhos.

C’est difficile de percer en jeune au PSG ?

Demain, tu me dis « Tu signes à Paris ou à Saint-Etienne en jeune ? ». Si je veux faire une carrière professionnelle, je vais à Saint-Etienne, même si les conditions financières seraient plus avantageuses à Paris, avec des meilleurs éducateurs. Mais la capacité à sortir est difficile à Paris.

L’ASSOCIATION LES PETITES BOSSES

On ne pouvait pas terminer cet entretien sans en parler. EspoirsduFootball, ce n’est pas que du football puisque vous participez à une belle association Les Petites Bosses. Quelle est l’origine de cette association ?

Pour placer l’historique, J’ai une amie de lycée, dont la fille est atteinte d’une maladie orpheline, assez grave, la maladie de Rett, avec espérance de vie limitée. En 2017, un pote du lycée me dit un jour que cette petite a besoin d’un équipement, ils avaient créé une association spécifiquement pour elle, qui organisait des tombolas, des kermesses. Il essayait de bouger les choses à sa manière et j’ai emboîté le pas.

A ce moment-là, le compte EspoirsduFoot avait prospéré, de nombreux joueurs de football me suivaient. Et je me suis dit de manière très cynique « Pour faire bouger quelque chose, et si on allait taper dans le portefeuille des footballeurs ? ». Il fallait 8000 euros pour cette jeune fille. J’ai fait un appel au don via le compte, et en 24h on a eu 1000€. Un footballeur est venu me voir et m’a donné 7000 euros pour compléter.

Les Petites Bosses
Les Petites Bosses – Source [20]

Ah oui, les choses ont été très rapides.

Oui et j’ai percuté l’importance et la force de frappe que pouvait avoir le compte. On a donc été plus loin, on s’est structuré au mois de Mars et on a créé l’association Les Petites Bosses. L’idée est donc de bénéficier de maillots de sportifs à vendre aux enchères pour dégager de l’argent et venir en aide aux enfants en difficultés et leurs parents, afin d’améliorer le quotidien à la fois des enfants à travers l’achat d’équipements qui ne sont pas pris en compte par la sécurité sociale, mais aussi celui des parents. On ne souhaite pas venir en aide à un maximum de personnes en offrant peu d’argent, mais plutôt de prendre en charge moins de personnes mais de A à Z. Ca nous semble plus utile d’apporter beaucoup à quelqu’un que très peu à beaucoup de personnes.

Pour la fille de mon amie en question, il s’agissait d’une commande optique. On s’est dit que l’association allait participer à la prise en charge d’achats de matériels onéreux, un fauteuil, une barre de douche pour handicapé. L’association peut également prendre en charge les maisons de repos pour que les parents puissent avoir un peu de répits et être soulagés des à-côtés de la maladie.

Où en est l’association aujourd’hui ?

Au départ, on a eu peur parce qu’on pensait avoir pas mal de demandes d’aides matériels et on avait la pression pour récolter un maximum d’argent. Mais c’est effrayant parce que c’est l’inverse. On a récupéré pas mal de maillots de footballeurs. On a vendu le maillot de Kylian Mbappé, Rudy Gobert, on va vendre des maillots de l’OM et du PSG signés par l’ensemble des joueurs. On a également eu plein de dons en direct et je remercie toutes les personnes qui ont donné de l’argent. Mais aujourd’hui, nous sommes dans une déception globale parce qu’on a fait le plein d’argent et on n’a pas assez de demande d’aides.

Les demandes tardent à venir mais l’appel à projets a été lancé le 1er Juillet, en plein été. Est- ce qu’on a mal communiqué, est ce qu’on n’a mal ciblé ? L’association a néanmoins été relayée par des personnalités du sport et du football comme Kylian Mbappé, Grégoire Margotton, Abdou Diallo, Sébastien Haller qui a fait un gros don également.

Toujours est-il qu’au-delà des maillots, et de l’argent, pleins de footballeurs avec qui nous sommes en contact sont d’accord pour prendre en charge un dossier en particulier, les soins. L’association ne serait donc « qu’entremetteuse » de bonnes actions. Tout le monde est potentiellement éligible, et il ne faut pas croire que c’est pour les autres.

Un grand merci à Laurent pour sa participation à notre entretien et nous lui souhaitons une bonne continuation dans la suite de ses projets sportif et caritatif.

Propos recueillis par The Wolfman

Source et références

[1] – Site Twitter

[2] -Site HistoireduPSG

[3] – Site EspoirsduFootball

[4] – Site Eurosport

[5] – Site Madeinfoot

[6] – Site 20minutes

[7] – Site Football365

[8] – Site abc

[9] – Site Mercato365

[10] – Site Transfertmarkt

[11] – Site Ladepeche

[12] – Site Asnl

[13] – Site Eurosport

[14] – Site Eurosport

[15] – Site Youtube

[16] – Site Sofoot

[17] – Site 20minutes

[18] – Site Francebleu

[19] – Site Twitter

[20] – Site Twitter