André CHABRET – Source [1]

Natif du Cantal, André CHABRET fait profiter de ses connaissances du football et de la région Auvergne et Limousin pour devenir détecteur de jeunes pour le milieu professionnel à Montpellier et l’AS Saint-Etienne. Aujourd’hui devenu délégué du Milan AC Junior Camp, André représente le Milan AC sur la France, et organise des stages sur la région Auvergne Rhône-Alpes. C’est avec plaisir que nous avons retracé son parcours auprès des jeunes et sa vision du métier de scout.

ENFANCE ET DÉCOUVERTE DU FOOTBALL

Avant d’évoquer avec vous votre carrière, pouvez-vous revenir sur votre enfance, le contexte dans lequel contexte vous avez grandi ?

Je suis originaire de Trizac, un petit village du CANTAL, où mes parents tenaient un commerce, le bar du village. Mon père était l’avant centre du club où il a évolué pendant près de 25 ans dans le club. Par la suite, il est devenu dirigeant du club, puis président.

J’ai grandi dans une famille nombreuse. Nous étions quatre garçons, et j’étais certainement le plus passionné par le foot. J’avais le soutien indéfectible de maman. Mes parents sont décédés aujourd’hui et j’ai une pensée pour eux. Mon épouse Brigitte sort également d’une famille de fouteux et croyez moi, ça aide beaucoup. Elle me soutient beaucoup.

Comment le sport est arrivé dans votre vie ?

Le football est entré tout naturellement en regardant la Télé. C’était le seul sport qui m’intéressait. J’ai commencé à taper dans le ballon dès que j’ai commencé à marcher.

Quels sont vos premiers souvenirs de football ?

J’ai en souvenirs les très nombreuses parties de foot avec mes copains dans mon village natal à Trizac. Puis vient ma première licence au Stade Riomois à l’age de 13 ans et mes premiers matchs en minime, puis mes sélections en minime, cadet, au niveau départemental et régional.

Aviez-vous des modèles ou des joueurs qui vous ont marqué dans le football ?

Mon modèle, très jeune, c’était Johan Cruyff avec l’Ajax. Quelle classe incroyable. Ensuite, forcément j’ai été marqué par les verts : Rocheteau, Curkovic, Piazza, Lopez… Enfin plus tard, sont venus Platini et bien sur le Brésil de Pelé.

Etiez-vous un supporter de foot ?

Tout à fait. Mon club de cœur est l’AS Saint-Etienne où je suis président des associés supporters de l’ASSE du Cantal depuis plus de 20 ans. L’ASSE, c’est une longue histoire… J’ai occupé plusieurs fonctions et n’oublierai pas la personne qui m’a mis le pied à l’étrier comme on dit. Il s’agit de Joannes Gignoux ancien président des associés supporters des verts, ainsi que son épouse Yvette, tous deux décédés aujourd’hui.

Quel poste occupiez-vous ?

A la demande de Joannes, j’ai été administrateur à la fédération des associés pendant 8 ans. Beaucoup de personnalités stéphanoises sont venues dans le Cantal. Roland Romeyer le président et ami, est venu trois fois. C’est un homme qui m’a beaucoup aidé dans ce milieu, ainsi que l’ancien international Georges Bereta, sans oublier Oswaldo Piazza, Gérard Soler.

Vous avez été joueur stagiaire pro à Limoges… Quel poste jouiez-vous ?

Tout à fait. Au début des années 80, je jouais au stade Riomois en division d’honneur. J’étais milieu de terrain, et jouait numéro 8 et parfois numéro 10. J’avais 16 ans lorsque mon entraîneur de l’époque, qui n’était autre que l’ancien lyonnais Robert Valette, m’avait recommandé pour que j’aille faire un essai à Limoges.

Qu’est ce qui vous a manqué pour devenir professionnel ?

Techniquement, je n’avais pas de souci. J’avais une technique individuelle au-dessus de la moyenne. En revanche, physiquement je ne travaillais pas assez et l’éloignement familial m’était difficile à accepter. Je n’ai pas assez fait de sacrifices pour franchir le palier pour faire une carrière professionnelle. C’est dommage car à 16 ans, j’évoluais déjà en division d’honneur. Mais c’est comme ça…il faut savoir saisir sa chance au bon moment. Je ne l’ai pas fait.

Rester dans le sport était une évidence… Quel est votre parcours de formation et vos diplômes ?

Oui, c’était une évidence. J’ai toujours entraîné sans diplôme. J’étais joueur/entraîneur chez moi dans le Cantal au niveau district. Je pensais le faire une saison ou deux, et puis résultat des courses, je l’ai fait presque 10 ans. On a eu des des bons résultats puisque j’ai obtenu avec trois clubs différents, trois montées et j’ai été vainqueur d’une coupe départementale.

PARCOURS DE SCOUT POUR CLUBS PROFESSIONNELS

Vous débutez votre carrière de scout à Montpellier. Comment s’est présentée cette opportunité ?

J’avais parlé de mon projet de détection de jeunes pour les clubs professionnel avec Alain Marleix, un élu cantalien. Il était ami de Loulou Nicollin. Un jour, Jacques Bonnet, le directeur du centre de formation, m’a appelé pour que je lui envoie mon CV. C’est comme ça que tout a commencé.

Le bilan du travail réalisé est très positif puisque nous avons créé de nouveaux partenariats avec des clubs amateurs tels que l’ES Brive, un gros club amateur à l’époque.

Dans quelles circonstances devenez-vous scout pour l’AS Saint-Etienne ?

Après le travail réalisé avec le Montpellier Hérault, j’ai demandé à Roland Romeyer, président du club, s’il était intéressé par mes services. J’ai alors été reçu par le Luc Bruder le directeur du centre de formation. Je lui ai proposé de faire de la détection de jeunes talents sur les régions Auvergne et Limousin que je connais bien. Je suivais des rencontres de ligue ou nationale en cadets et juniors. Une fois repéré, le club dépêchait un recruteur pour voir sur place la qualité du joueur en question. Ça a été un bon apprentissage et c’était un plaisir de le faire pour ce club, si particulier.

Avec quelles personnes au sein du club étiez-vous en contact ?

J’étais en contact avec deux personnes : Luc Bruder, le directeur du centre de formation et Claude Robin, le responsable de l’équipe réserve de l’ASSE. Deux grands formateurs, deux personnes de grande qualité, qui m’ont beaucoup appris par leur professionnalisme et compétences.

Quelles sont les qualités requises pour être scout pour un club professionnel ?

Il faut tout d’abord avoir un réseau important dans le milieu footballistique amateur et professionnel, que ce soient des entraîneurs, dirigeants ou autres acteurs du football. Il faut également des informateurs de confiance.

Ensuite, il faut être mobile, se déplacer et appréhender de ses propres yeux les joueurs en question. Si le jeune a les qualités nécessaires recherchées, il faut établir le contact avec les responsables du club du jeune…Enfin l’étape très importante : la rencontre tous ensemble avec l’entourage familial afin de trouver la meilleure solution pour le jeune talent.

Quels sont les critères sur lesquels s’appuie un scout ?

Au delà du sportif, l’aspect scolaire est très important. Les études sont essentielles car arriver dans un centre de formation ne signifie pas devenir professionnel. Quand on connait le très faible pourcentage de réussite, il faut privilégier les études en premier.

Quel est le poste le profil ou le poste le plus difficile à traiter ?

C’est peut être le poste d’attaquant. La détection est très difficile car il est compliqué d’évaluer avec certitude la marge de progression du jeune joueur, tant sur le plan technique, mais surtout sur le plan physique

Au delà du sportif, l’aspect scolaire est très important. Les études sont essentielles car arriver dans un centre de formation ne signifie pas devenir professionnel.

Quels sont les joueurs que vous aviez repéré qui vous ont marqué ?

Celui qui m’a marqué est Vincent Di Bartolomeo Je l’avais repéré à Montluçon alors qu’il jouait en équipe B. Alors parti à Montpellier, le club ne l’a pas gardé et il est devenu professionnel à La Berrichonne de Châteauroux. Autre joueur, repéré à l’ES Brives, il s’agit de Milos Dimitrijevic, alors en U15. Il a préféré rejoindre le FC Nantes, où il est devenu professionnel.

Définiriez-vous votre activité comme partie intégrante du football amateur ou est-elle déjà dans une démarche pré-professionnelle ?

Je dirais entre les deux. Il faut être très prudent dans l’approche de cette fonction

Comment convaincre un jeune très sollicité de rejoindre un club plus qu’un autre ? Qu’est ce qui fait la différence et sur quoi insistez-vous ?

On insiste sur la qualité du centre de formation et le politique du club, le parcours scolaire, le palmarès du club…A l’ASSE, ça aide. Mais la décision appartient à la famille et au jeune bien sûr.

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André CHABRET et l’ASSE

Les centres de formation de Montpellier Saint-Étienne ont fourni de belles générations très récemment… Quels sont les secrets de leur réussite ?

Le Montpellier Hérault et l’AS Saint-Etienne sont deux clubs formateurs, très sollicités et qui attirent des jeunes talents. Leur centre de formation respectifs travaillent bien avec des formateurs, et entraîneurs de grande qualité. Ils possèdent également des partenariats importants avec des clubs amateurs de qualité de la région.

Êtes-vous encore en contact avec certains joueurs ?

J’ai surtout gardé contact avec des anciens verts, comme Patrick Revelles, ou Gérard Soler.

DÉLÉGUÉ DU MILAN AC JUNIOR CAMP

Aujourd’hui vous avez créé le MILAN AC Junior Camp sur la Région Auvergne Rhône-Alpes. Comment est née l’idée d’un tel projet ? Pourquoi une telle initiative et pourquoi ce lien avec le Milan AC ?

Cette idée fait suite à ma rencontre à Saint-Étienne avec Françis Caliaro délégué du Milan AC France. Je l’avais eu auparavant au téléphone et lui ai suggéré qu’on se rencontre à l’Etrat. Nous avons déjeuné au centre de formation des verts avec le toujours très disponible et sympathique président Roland Romeyer et Dominique Rocheteau.

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André CHABRET et l’ASSE

Suite à cette rencontre, Francis Caliaro m’a proposé de travailler ensemble. Je lui ai suggéré d’organiser le premier Stage du MILAN AC Junior Camp chez moi dans le Cantal. J’étais très heureux de faire venir un tel club chez moi dans une zone rurale.

Combien de personnes travaillent pour cette activité ?

Le Milan AC Junior camp est une grande machine puisque plus de 200 intervenants professionnels animent les stages dans le monde entier, et dans plus de 50 pays. Le Milan AC effectue des stages de jeunes joueurs et prodigue la méthode italienne de formation.

Le Milan AC Junior camp est une grande machine puisque plus de 200 intervenants professionnels animent les stages dans le monde entier, et dans plus de 50 pays. 

Comment définiriez-vous la « méthode italienne » ?

Sur plus de 180 stagiaires, les jeunes sont unanimes. La méthode et approche du Milan ac junior Camp est très professionnelle, avec des entraîneur de très haute qualité qui inculquent très tôt la gagne, le goût à l’effort, le fait de ne jamais renoncer, avec des exercices et spécifiques pour tous les postes ou presque.

Quelles sont les personnes avec lesquelles vous êtes en relation au Milan AC ?

Excepté Françis Caliaro je suis en relation avec Daniele Paccagnan le président des Milan AC Juniors Camps, ainsi que Giorgi Beltrami, responsable technique.

Comment s’organise ces stages de jeunes joueurs ?

Les stages organisés dans le Canal se font généralement sur trois jours, même si parfois ils peuvent aller au-delà. avec des activités annexes et deux entraînements par jour (un le matin, un l’après midi). Le matin est focalisé sur beaucoup d’exercices techniques et spécifiques des postes (notamment le poste de gardien de but). L’entraînement de l’après-midi est davantage orienté sur le jeu avec ballons et frappes.

J’imagine que ces stages doivent être l’objet de beaucoup de demandes annexes ?

Oui, les demandes sont diverses, et varient beaucoup. On nous demande avec Françis, des maillots, des produits dérivés… des demandes de parrainages pour des tournois. Certains entraîneurs souhaitent rencontrer le staff du Milan AC pour échanger et obtenir des conseils afin d’améliorer les méthodes d’entraînements. C’est avec plaisir que tout le staff technique, Francis et moi-même, répondons à leurs demandes. Nous sommes toujours très disponibles pour échanger et faire bénéficier nos compétences.

Aujourd’hui, en parallèle de votre activité avec le Milan AC Junior camp, vous occupez une nouvelle fonction à partir de la saison 2019/2020. Pouvez-vous nous en dire plus ?

Oui, je vais rejoindre l’Agence Sportive Frères de Terrain à Pau, dirigée par Guy Nocella. J’ai un contrat afin de dénicher de jeunes talents. Cette agence a une solide réputation, unique en Europe, puisqu’elle a la particularité d’être multi sports. Elle gère actuellement plus de 50 Joueurs professionnels de Football, de Rugby et bien d’autres sports. Je suis très heureux de travailler avec Guy Nocella, un grand passionné de sport.

Nous tenons à remercier chaleureusement André pour sa disponibilité et sa gentillesse et lui souhaitons bonne continuation dans la suite de ses différents projets.

Propos recueillis par The Wolfman

Sources et références

[1] – Site Lamontagne

[2] – Site Lequipe

[3] – Site Sofoot

[4] – Site Fifa

[5] – Site Sportshouse

[6] – Site Sectionjoannesgignoux

[7] – Site Associes-supporters

[8] – Site Lamontagne