Profitant d’un week-end à Milan, je note dans mon agenda la rencontre du week-end. Ce sera Inter / Lazio, respectivement 3ème et 6ème du Calcio et l’occasion pour moi de découvrir San Siro. Si vous n’êtes jamais allé à San Siro, il vous reste probablement entre deux et trois ans pour découvrir cette enceinte. En effet, les deux clubs de la ville (AC Milan et l’Inter) ont trouvé un accord pour le détruire, avec un projet de reconstruction d’un nouveau stade et des infrastructures plus modernes et adéquates au football actuel. C’est en substance ce qu’a annoncé la La Gazzetta dello Sport en Mars dernier. Petite précision de langage : Les deux clubs de la ville évoluant dans la même enceinte, il est évoqué le stade San Siro lorsque l’AC Milan reçoit, et le stade Giuseppe Meazza quand les Nerazzurri jouent à domicile. Mais dans les faits, cette distinction n’existe pas ou plus en Italie, et la plupart des gens parlent de San Siro. Du moins, c’est mon impression.

Après une journée à Côme la veille, nous passons la journée dans la ville de Milan, avec une balade dans la ville et une visite du musée des nouvelles technologies. Puis nous prenons la direction du Stade, pour 45 minutes de métro. Nous mettons 15 minutes pour prendre des tickets de métro (je n’ai jamais vu de distributeur aussi lent) ce qui réduit notre marge de manœuvre en termes de timing.

Les maillots de l’Inter pleuvent, la météo est estivale et l’ambiance commencent à monter. Sortis du métro, nous apercevons l’enceinte atypique, avec ses 4 tours. Entre la foule et la fouille… Rajoutons à cela mon billet électronique sur mon téléphone qui n’est pas reconnu par le lecteur automatique… Je reste donc coincé 5 minutes au guichet, essayant de faire comprendre au stadier que la machine ne lit pas le QR code…La tension monte, l’heure tourne, et les supporters italiens s’agacent derrière moi à l’idée de rater le début du match… Je ne parle pas italien mais comprends aisément que je me fais copieusement insulter. Fort heureusement, la personne qui m’accompagne a les billets sur son téléphone, visiblement plus compatible avec le lecteur. Nous parvenons à passer les portiques et prenons place en tribunes.

 

Avant la trêve internationale, l’Inter s’étaient imposé dans le derby sur le terrain de leur rival lombard au terme d’un match fou, ce qui leur avait permis de doubler le Milan. La Lazio, quant à elle, avait remporté son derby face à la Roma, avant de faire un nul à la Fiorentina. Le stade est impressionnant, très haut, abrupte et très bruyant avec plus de 56000 personnes. Le coup d’envoi peut enfin retentir. L’inter démarre le match dans un 4-2-3-1, Luciano Spalletti étant privé de Martinez, Vrij, Vrsalijko et n’a pas convoqué Icardi. C’est Keita qui prend l’axe avec derrière lui, un trio Perisic, Vecino et Politano. Son homologue romain, Simone Inzaghi opte pour un 3-5-2, avec Lulic / Milinkovic-Savic / Lucas Leiva/ Luis Alberto / Rômulo au milieu et devant Correa en soutient d’Immobile.

L’inter essaie de mettre la pression rapidement, Perisic accélère et frappe croisé du pied gauche à ras de terre. Le portier romain repousse, Venico reprend devant le gardien sans cadrer. Quelques minutes plus tard, Perisic reprend un corner sur la gauche et oblige Straskosha à la parade. L’inter ne le sait pas encore mais ils viennent de se créer leurs meilleures occasions. La Lazio recule, défend bas, mais semble dangereux à la récupération. Sur un ballon gratté à l’angle de la surface milanaise, Luis Alberto temporise devant D’Ambrosio puis enroule un centre du pied droit. Au deuxième poteau, Milinkovic-Savic parvient à devancer le porter milanais pour placer une tête puissante. La Lazio ouvre le score sur sa première occasion.

L’inter est brouillon et semble pouvoir jouer longtemps sans parvenir à être dangereux, à l’image de Keita, intéressant dos au but mais trop maladroit. A chaque perte de balle, les milanais sont en danger. A quelques minutes de la mi-temps, la Lazio est à deux doigts de breaker. Sur un coup franc de Luiz Alberto, le ballon est repris par Bastos d’une tête puissante mais Handanovic est à la parade et sauve son équipe. Quelques seconde plus tard, c’est encore Handanovic qui s’envole pour repousser une frappe de Luiz Alberto. La mi-temps arrive à point nommé pour les locaux, malmenés par la Lazio, solide et inspirée offensivement.

La mi-temps repart sur les mêmes bases que la première. L’inter pousse mais n’arrive pas à se montrer dangereuse. Le jeu des locaux manque cruellement de vitesse et de créativité (à l’exception de Valero, le seul capable de créativité). Le flanc gauche de l’Inter est affreux, à l’image de Perisic, optant toujours pour l’exploit individuel au détriment du collectif. Les visiteurs reculent, défendent en maîtrisant et contrent. Immobile dos au but lance Caicedo qui prend Skriniar de vitesse et se présente devant Handanovic. L’attaquant italien perd son face à face.

San Siro gronde, les supporters milanais sont furieux du niveau de prestation de leur équipe et de nombreux supporters quittent les tribunes avant la fin du match. Ceux qui restent sifflent ou insultent, à l’image de ce supporter proche de nous, hurlant à plusieurs reprises des « Porca Madonna », insulte grave en Italie, qui avait valu au joueur de l’Udinese, Rolando Mandragora, une suspension pour propos blasphématoire.

Solide, la Lazio joue s’impose à l’Inter grâce au but de Milinkovic-Savic, face à un adversaire, qui a peiné à exister offensivement et sauvé par Handanovic, évitant un score plus large. Nous quittons San Siro, rejoignons le métro en sécurité (avec un compteur de personnes, qui limite le nombre de personnes dans le métro en même temps) au terme d’un bon moment entre passionnés et de supporters.

The Wolfman