Depuis longtemps, l’Allemagne était cochée dans les pays du football et des stades à visiter. Ce weekend m’a donné cette opportunité et je n’ai pas boudé mon plaisir. Première étape en direction Cologne pour un match de division 2.

Cologne 3 / 1 Sandhausen – Modeste, roi de Cologne

Avant de découvrir le Signal-Iduna Park, partons pour Cologne et la 2. Bundesliga. Arrivé à la gare, je n’ai pas le temps de flâner et visiter la cathédrale de Cologne et dois me presser pour me rendre au stade y retrouver mes potes qui m’attendent et commencent à s’impatienter. Après les avoir rejoint, direction le RheinEnergieStadion où le Köln FC, à la lutte avec Hambourg, l’Union Berlin ou encore Sankt Pauli pour la montée en Bundesliga, reçoit Sanhausen, avant dernier du classement.

 

Le match s’annonce déséquilibré, mais nous sommes là avant tout pour vivre un match de deuxième division avec un stade presque plein. Les accoutrements des supporters témoignent de l’arrivée très prochaine du carnaval de la ville. J’apprendrai plus tard qu’il en est de même pour le maillot utilisé par Cologne : Rayures horizontales très fines blanches et rouges, il est, selon ce qu’on m’a dit, sorti uniquement aux alentours du carnaval.

Le stade est grand, d’une capacité de plus de 50000 place et affiche presque complet (49 600 spectateurs). Même si on s’y attendait, c’est toujours étonnant de constater une telle affluence pour un tel match.

Sur la feuille de match, mise à part Jonas Hector et Vincent Koziello, difficile de citer de tête un des 22 joueurs titulaires. On se lance donc dans le match et, à notre grande surprise, ce sont les visiteurs qui entament parfaitement la rencontre. Une ouverture du score rapide puis une maîtrise globale d’une rencontre très pauvre techniquement. La tactique de Cologne se limite à balancer devant pour que Cordoba se débrouille au duel et en vitesse avec ses vis-à-vis : échec complet sur ce match.

En seconde période, Cologne est toujours aussi brouillon mais Sanhausen lève le pied. Sans dominer outrageusement, les locaux reviennent au score. Des bruits de bouc, mascotte du club et présente sur le logo du Köln FC se font entendre dans le stade. Plutôt original !

La qualité technique laisse toujours à désirer et nous sommes quelques peu déçus par l’ambiance générale du match. Evidemment les supporters chantent et encouragent leur équipe, mais ça reste assez timide et on ne sent pas le facteur 12ème homme qui pourrait pousser Cologne à aller chercher la victoire. Ce facteur supplémentaire, c’est Anthony Modeste qui va l’apporter. Dès son échauffement il est salué par la foule. Tout le monde l’attend, sait qu’il fera la différence. Entré à la 78ème minute, il finit homme du match avec deux buts au compteur. Cologne s’impose finalement 3-1 dans un match très pauvre et assure l’essentiel en revenant à portée de la première place occupée par Hambourg.

 

Avant de prendre la route pour manger à Essen et y dormir, nous nous rendons en centre ville, histoire visiter un peu Cologne et d’admirer sa cathédrale.

BVB 3 / 2 Bayer – Rythme, qualité technique, ambiance, le football comme on l’aime

C’est donc à Essen qu’on se réveille, impatient de découvrir l’atmosphère spéciale qu’offre le BVB. Direction Dortmund donc où nous arrivons suffisamment tôt pour imaginer visiter la ville. Finalement, sans plan, sans recherche préalable, nous ne voyons rien qu’y vaille le coup d’œil. L’élément le plus marquant étant qu’à plus de 5 heures du coup d’envoi, la ville vit déjà pour le match.

 

Les fans sont tout de jaune et noir vêtus et après avoir déjeuné, nous décidons de poursuivre notre chemin vers le stade en passant récupérer nos places dans un premier temps  A plus de trois heures du match, les parkings se remplissent, les alentours du stade regorgent de groupes de personnes, bière à la main, écharpe autour du coup, maillot sur les épaules, n’attendant qu’une chose : soutenir leur équipe et reprendre 3 points d’avance sur le Bayern.

Un peu moins de deux heures nous séparent du premier coup de sifflet, nous entrons dans le stade. Nos places sont situées en SüdTribune, soit en plein « mur jaune ». Le stade est grand, très grand, la tribune semble abrupte et contiendra, comme d’habitude, ses quelques 25 000 supporters. Petit à petit le stade se remplit, dans notre tribune, les places sont debout, les personnes s’entassent pour rester entre groupes d’amis. Dans notre rangée, on sera facilement deux fois plus de personnes que de places standards. Collés, serrés, c’est ainsi que nous vivrons le match à notre grand plaisir.

Les répétitions de chants s’effectuent avant la fin de l’échauffement. Peu avant l’entrée des joueurs, le « Never walk alone » retentit. Loin d’être fan de ce chant dans un stade allemand, j’écoute mais attends surtout la suite des événements. Les joueurs entrent sur la pelouse, tous les supporters font tourner leurs écharpes et reprennent, surtout, le refrain d’un chant.

C’est parti pour 90 minutes de pur bonheur. Outre l’ambiance qui sera excellente pendant toute la rencontre, c’est la qualité du match, la qualité technique des deux équipes qui je retiendrai avant tout.

Le Bayer débute parfaitement le match. Gros pressing, peu de perte de balle, le BVB est acculé et n’arrive pas à sortir de son camp. Le jeune Havertz montre ses qualités balles au pied mais c’est principalement Julian Brandt qui m’impressionne. Tout ce qu’il fait est juste : prises de balle, contrôles orientés, passes, orientation, la parfaite panoplie du milieu offensif. Seul bémol : malgré un très nette domination, Bürki n’est que très peu mis en danger. Et dans ces cas-là, l’adversaire en profite. Sur le premier temps fort du Borussia, Zagadou ouvre le score sur corner. Cruel pour Leverkusen, cruel pour nos vêtements qui sont arrosés de bières que les supporters font tombés en exultant.

Quelques minutes plus tard, Volland récompense enfin le travail de son équipe et permet au Bayer d’égaliser, suite à une bonne passe de Kai Havertz. Dans la minute qui suite, Sancho reprend magnifiquement de volée un centre de Diallo : un superbe but, symbole de la qualité technique supérieure de (presque) tous les acteurs. Le contraste avec la veille ne fait que décupler notre sentiment de plénitude technique. La deuxième période sera beaucoup plus équilibrée. Le Bayer baisse le pied et Dortmund en profite pour mettre le pied sur le ballon. Les combinaisons sont excellentes et lorsque Sancho fait son appel vers l’axe, Hakimi se retrouve lancé, seul, a le temps de trouver Götze en retrait pour le 3-1.

Fatigué, Leverkusen n’abdique pas. On est en Bundesliga, deux buts de retard ce n’est pas rédhibitoire. Mais, les boulevards laissés en défense sont des offrandes que le BVB se doit de concrétiser. Sur une action technique proche de la perfection, le BVB pense avoir tué le match. C’est sans compter sur la VAR qui annule le but et remballe la joie collective qui s’était emparée des tribunes.

 

Le stade, presque tout le stade, chante, encourage les siens dans l’adversité. Contrairement à la veille, les supporters sont acteurs du match, sentent les moments forts/faibles et réagissent en fonction des besoins de l’équipe. Le Bayer est vraiment bon et Tah vient instiguer le doute dans les têtes locales lorsqu’il permet à son équipe de revenir à 2-3. Malgré un second acte plus équilibré, Bürki est bien plus sollicité et sauvera les siens à plusieurs reprises, préservant ainsi une précieuse victoire acquise dans la douleur.

Fin du match, toute l’équipe se congratule et vient remercier la SüdTribune, tout comme ils l’avaient saluée avant le coup d’envoi. En ligne, les joueurs attendent le feu vert pour sauter en rythme avec toute la tribune. C’est terminé, le BVB est toujours premier, mais aura fort à faire pour résister au retour du Bayern.

Le Bayer, de son côté, repart avec une défaite très sévère, mais avec beaucoup de certitudes dans le jeu. Vous l’aurez compris, mon coup de cœur sur ce match va pour un vaincu qui aura éclaboussé la rencontre par sa classe : Julian Brandt. Mais c’est presque toute l’équipe du Bayer qu’il faudrait mettre en avant, avec une autre mention spéciale pour Baumgartlinger et une petite déception pour Charles Aranguiz dont j’attendais beaucoup.

Côté BVB, Guerreiro, Götze m’ont déçu, Weigl a été assez inégal alors que les fulgurances de Sancho ont fait très mal au Bayer. Il est temps de quitter Dortmund et de courir pour rater mon bus direction Cologne. Je prendrai finalement le train pendant que mes potes prennent la route pour la France.

 

Ce périple allemand a parfaitement confirmé mes impressions. L’Allemagne est un grand pays de foot. Ce sport n’est pas réservé à une catégorie de la population. Tout le monde va au stade : hommes, femmes, enfants (même à 7-8 ans dans la SüdTribune), soit en famille, soit en groupe d’amis, tout type d’âge est représenté. Les couleurs de l’équipes sont portées fièrement le jour du match, la ville vit pour son équipe. Une bien belle expérience vécue qui ne demande qu’à être renouvelée dans le futur et qu’on conseille à tout amateur de Foot.

RuskoSP & The Wolfman