Passionnée de football et fidèle supportrice de l’ASSE, Faustine intervient sur le site stéphanois EnvertEtContreTous, et participe à des débriefs sur la radio ligérienne Activ’. Retour avec elle, sur sa découverte du football, sa passion pour les verts et ses ambitions professionnels. 

DÉCOUVERTE DU FOOTBALL

Comment t’es venue le sport et l’intérêt du foot en particulier ?

En réalité, je ne sais pas vraiment. J’ai toujours baigné dans une famille de passionnés de football, notamment mes oncles, mais mon père n’a jamais été un fou furieux, abonné à l’ASSE ou à quelconque club. Toute petite, j’ai suivi le chemin de ma grande sœur qui a commencé le football à l’âge de cinq ans en faisant ensuite de même. Et puis, la passion s’est finalement décuplée, symbolisée par mon amour pour l’ASSE et cette envie d’en faire mon métier.

A quand remonte ton intérêt pour le football ?

Depuis toute petite. Comme expliqué précédemment, j’ai commencé la pratique du football à 5 ans. Dès cet âge-là, j’ai passé mes week-ends sur les terrains. Et puis ensuite, au-delà de l’amour du football et de sa pratique, j’ai été atteinte par le virus des tribunes.

Vous êtes supportrice de l’ASSE. Depuis combien de temps ?

J’ai toujours du mal à répondre à cette question. Pour moi, depuis ma naissance. J’ai été bercée dans la culture stéphanoise. Dans mon berceau, j’avais une écharpe des Verts. Mais bien sûr, à 4 ans, c’est difficile de se considérer comme supportrice. Alors, je pense pouvoir dire que ça fait environ sept ans que je vais suffisamment régulièrement au stade pour me considérer tel quelle.

Quels sont les joueurs qui t’ont particulièrement marqué ?

Je suis de la nouvelle génération de supporters des Verts, avec des souvenirs qui commencent réellement en 2007. Du coup, forcément, Loïc Perrin. Je grandis avec lui, encore aujourd’hui, même s’il arrive qu’il m’agace (rires). J’ai également énormément d’amour pour Stéphane Ruffier, qui est là depuis plus de sept ans maintenant. Loïc, comme Stéphane, sont deux joueurs qui symbolisent pour moi « mon »ASSE, même si je garde quand même quelques souvenirs émus de l’époque Julien Sablé et compagnie.

Saint-Etienne, c’est un club, un stade, une histoire. Comment définirais-tu l’âme verte ?

L’esprit de famille, les valeurs de solidarité, des mecs prêts à aller au combat. Pour moi, c’est Sainté au sens large : le club, mais aussi la ville et forcément son origine se trouve dans le passé du club et de Saint-Etienne avec le passé minier…Alors bien sûr, je fais régulièrement la critique de cette « âme verte », parce que parfois, ça nous empêche de prétendre à mieux sportivement, de grandir car on est trop souvent « trop bons, trop cons » Malgré tout, ça reste une fierté. C’est ce qui différenciera toujours l’ASSE des autres clubs français.

Loïc PERRIN et Stéphane RUFFIER – Source [3]

Comment cette histoire se perpétue de générations en générations ?

Parce que forcément, on a tous un grand-père, une tante, un cousin qui était en tribune lors de la belle époque et qui aime nous en parler lors d’un repas de famille avec des étoiles dans les yeux. Un jour où l’autre, ce phénomène finira par s’essouffler parce que dans trente ans, mes enfants m’écouteront parler d’Aubameyang, de Bayal Sall, de Galtier et pas de 76. Mais ce sera toujours dans l’ADN du club.

A Saint-Etienne, le mouvement ultra est très présent, avec ses avantages, ses ambiances… mais aussi l’utilisation des fumigènes qui coûtent des amendes et des huis clos. Qu’est-ce que tu penses du supporter Ultra ? 

J’ai un énorme respect pour ces mecs. Vraiment. Le travail qu’ils font avant, pendant et après les rencontres est colossal. On ne se rend jamais assez compte du sacrifice de ces types. Ils investissent temps et argent dans une tribune. Depuis plusieurs années, il y a une vraie volonté de dénigrer le supporter ultra… Quand je lis des gens qui s’auto-proclament « Supporter des Verts » et qui crachent sur nos groupes ultras, je grince des dents. Je me demande si ces gens réalisent que sans Magic, sans Green, l’ASSE n’existe pas, le Chaudron encore moins. C’est eux qui m’ont fait aimer ce club, qui font que l’ASSE n’est pas lambda.

J’ai l’impression que c’est le sujet qui divise et que tout le monde reste sur ses positions… Le mouvement ultra sans fumigène, est-ce envisageable ?

Dans l’état, je ne pense pas. Au-delà de son utilisation « artistique », le fumigène est devenu un élément de contestation tellement fort pour les groupes ultras. Or, on n’avance pas dans le bon sens du côté de la gestion des supporters en France. Dans cette optique, et tant qu’on ne donnera pas la parole aux principaux acteurs du football français, je ne vois pas comment le fumigène peut disparaître des tribunes.

Un inventeur danois a mis au point une torche sans chaleur qui pourrait lever les préventions contre les engins pyrotechniques, interdits dans les stades européens. N’est-ce pas la solution pour contenter tout le monde ?

Je ne suis pas convaincue par ces fumigènes froids pour le moment. Visuellement, le rendu est très moyen puisque aucune fumée ne se dégage et la portée lumineuse est minime. Pour l’instant, ça ne semble pas être la solution qui conviendra à tout le monde.

On voit qu’en France, il est de plus en plus difficile aux supporters de se déplacer pour voir leur équipe…Sans vouloir rebondir sur ce qu’il se passe en France, j’ai l’impression que les supporters de foot ont expérimenté une politique sécuritaire qu’on retrouve aujourd’hui dans des mouvements sociaux. Comment te positionnes-tu ?

Clairement. Sans partir trop loin, car je ne m’estime pas légitime sur ce sujet, on constate bien trop souvent les libertés juridiques prises par les institutions concernant la gestion de supporters. Je pense qu’à Sainté, avec Evence Richard, ce très cher Préfet de la Loire, on est gâtés question répression abusive et arrêtés scandaleux. Le supporter est un « sous citoyen » en 2019, et ça n’a pas l’air de déranger qui que ce soit.

Revenons un peu au sportif… Le long travail de Christophe Galtier a permis au club de redevenir un club sain, bien structuré, et solide de ligue 1… Comment as-tu vécu ces 9 années ? Que représente Christophe Galtier aujourd’hui à tes yeux ?

Je ne retiens que du positif des années de Christophe Galtier. Alors certes, la dernière saison a été compliquée (et encore, on fait Manchester United en Europa League et on gagne le Derby dans le Chaudron), mais que dire de plus que merci ? La meilleure illustration du travail de Galtier à Sainté, c’est les mois qui ont précédé son départ. Là, on s’est rendu compte à quel point il avait tenu l’ASSE à bout de bras pendant plusieurs années et à tel point le désordre régnait dans ce club. J’ai un profond respect pour cet homme et une éternelle reconnaissance. Je lui souhaite le meilleur, mais pas cette année de préférence, Lille serait bien mieux derrière l’ASSE au classement.

La titre en coupe de la ligue en 2013, les succès dans le derby, le retour en coupe d’Europe… J’ai la sensation que l’ASSE a franchi un cap mental, a réussi à se détacher de son histoire passée et semble prête à écrire sa propre histoire. Qu’en penses-tu ?

Je pense aussi et j’en suis ravie. Souvent, je lis « oui mais les stéphanois vivent dans le passé », Je trouve ça totalement faux. Bien sûr que certains supporters sont nostalgiques de la belle époque, mais au stade désormais, c’est la nouvelle génération qui se fait une place dans les tribunes. La Coupe de la Ligue 2013 a été un tournant parce que les plus jeunes comme moi se sont dit : « ça y est, c’est notre moment », même si ce n’était qu’une Coupe de la Ligue. Et puis effectivement, les heures européennes, les Derbys… L’ASSE s’est refait un nom ces dernières années en termes de compétitivité sportive. Après il manque toujours ce petit quelque chose… Je pense à une qualification en Ligue des Champions. J’espère qu’on y goûtera un jour ou l’autre… Geoffroy-Guichard le mérite.

Comment analyses-tu l’après Galtier, et l’échec Oscar Garcia, une idée pourtant intéressante à première vue ?

Ça a été une erreur de casting pour les deux parties. Du côté de Garcia premièrement, car je reste persuadée que l’ASSE n’était pas un club pour lui. Il n’a pas compris ce que représentait l’ASSE et n’a pas réalisé où il mettait les pieds. Evidemment, la plus grosse responsabilité reste celle des dirigeants. Aller chercher un mec comme ça, c’est une bonne idée, mais si rien ne suit derrière, quel intérêt ? On s’est dit « Galtier travaillait comme ça, alors Garcia fera de même… ». Ce qui est totalement idiot. Le club était dans un état lamentable, avec des gens qui travaillaient mal à des postes clés, d’autres qui prenaient des libertés s’accordant le droit de donner leur avis sur les choix sportifs du club. Pourtant, on était prévenu après la fin de saison compliquée de Galtier, notamment « l’affaire Mounier ». Mais tout le monde a pensé que mettre un entraîneur espagnol avec une philosophie intéressante serait la solution. On a bien constaté que c’était une immense bêtise.

Après le débat d’Oscar Garcia, Julien Sablé a assuré l’intérim, avant que Roland Romeyer et Bernard Caiazzo n’opte pour Jean-Louis Gasset et Ghislain Printant… Quelle belle idée, et quel travail réalisé par les deux hommes, c’est assez fou non ? T’attendais-tu à une telle réussite ?

Pour être sincère, non. On partait de tellement loin. Je me souviens du match contre Metz début 2018. On pense que l’ASSE va mieux après deux victoires et bim, 3-0 chez la lanterne rouge. Là, je me dis, Jean-Louis Gasset n’est pas un magicien, si ça passe c’est un miracle, si ça casse, c’est logique. Au final, c’était les profils parfaits. Le duo fonctionnait, on le savait, mais personne ne pouvait deviner que ça marcherait aussi bien dans le Forez. Les deux ont suffisamment d’expérience, de charisme pour que tout le monde se taise et écoutent leurs demandes. C’est ce qu’il fallait : des mecs qui imposent leurs choix et qui forcent d’autres à se mettre en retrait. Et puis, le point fort des deux, c’est leur carnet d’adresse.

Les arrivées de Debuchy, M’vila, Subotic et N’tep ont permis au club de faire une deuxième partie de saison exceptionnelle, à deux doigts de participer à l’Europe… Comment expliques-tu ce revirement de situation ?

C’est évident, c’est beaucoup plus simple de jouer au football avec des joueurs de football. Jean-Louis Gasset a eu un rôle clé. Déjà en allant chercher ces joueurs, puis en remettant sur le droit chemin ceux qui étaient là. Jonathan Bamba, Stéphane Ruffier, Ole Selnaes, ont joué des rôles ultra importants dans cette fantastique remontée alors qu’ils étaient des fantômes deux mois plus tôt. Et puis il y a eu une vraie dynamique qui s’est créée. Faut reconnaître qu’on a gagné des matchs qu’on aurait probablement perdu assez largement en 2017, notamment à Strasbourg (1-0). Au final, c’est physiquement qu’on a pêché en fin de saison, face à Bordeaux puis Monaco. Mais je n’ai aucun regret, on aurait signé des deux mains pour une septième place en janvier 2018.

Qu’est ce qui a fondamentalement changé au sein du club selon toi ?

Chacun a retrouvé le poste qui était le sien. L’arrivée de Frédéric Paquet a été un tournant très positif pour l’organigramme du club. Pourtant, je reconnais que le CV de l’ancien lillois me laissait sceptique… Je pense qu’il a mis tout le monde d’accord. Je suis ravie de son travail. C’est un excellent communicant et surtout, il n’a pas d’intérêts à protéger dans le club. Avec tout le respect que j’ai pour Roland Romeyer, son côté familial a été la plaie de l’ASSE pendant trop longtemps. On ne construit pas un grand club en installant ses potes à des postes clés. J’espère qu’il l’a compris, même si tout n’est pas encore parfait.

Le mercato estival a été particulièrement réussi, avec les prolongations de Debuchy, M’Vila, l’arrivée en prêt de Kolodjeziak et Salibur, la signature de Cabella et Khazri… La qualité individuelle a considérablement progressé, à l’image d’Hamouma qui était un des meilleurs joueurs de l’équipe quelques années auparavant, et qui est devenu un joker de luxe aujourd’hui. Comment le club a-t-il fait pour assurer ce changement de politique de transferts et de salaire? 

Est-ce que le club a vraiment assurer ce changement de politique ? Je n’en suis pas certaine. Je pense qu’il y a eu une vraie prise de risques, en corrélation avec la revalorisation des droits télés dans les mois à venir. Cet investissement repose aussi sur une réussite sportive. Pour l’instant, tout roule. Mais on sait que les dirigeants ont tablé sur des objectifs élevés pour répondre à cette sortie d’argent. Il faudra faire les comptes à la fin. C’est trop tôt pour le moment.

Wahbi Khazri, auteur d’un doublé contre l’OM dans un stade Geoffroy Guichard complètement fou … Est-ce un des joueurs les plus sous-côté en ligue 1 ? 

Oui, et tant mieux. Si ce n’était pas le cas, tout le monde sait qu’on ne le verrait pas porter les couleurs de l’AS Saint-Etienne. C’est un super joueur qui est probablement dans la meilleure forme de sa carrière à un poste qui n’est pourtant pas le sien de base. Ça fait quand même vingt-ans que Sainté n’avait pas eu un attaquant à plus de dix buts à la mi-saison… Comme si ça ne suffisait pas, c’est quelqu’un de très bien et qui colle parfaitement aux valeurs de l’ASSE. La cellule de recrutement a été très inspirée concernant son recrutement, pour lequel Jean-Louis Gasset a évidemment joué un rôle déterminant. Good job.

Gasset et Printant – Source [7]

Au delà de la qualité individuelle, on sent un groupe très sain…avec des joueurs comme Monnet Paquet (que Gasset a voulu prolonger cet été), Jessy Moulin très important au club, répondant toujours présents quand on fait appel à eux… C’est aussi ça le foot et la patte Gasset ?

On sait très bien qu’au-delà du très bon tacticien, Jean-Louis Gasset est un homme proche de ses joueurs. Ce sont « ses fils » et ça se voit. L’ambiance dans son effectif rappelle les plus belles heures de l’ASSE. On voit des mecs qui ne jouent pas, participer sourire aux lèvres aux cris de la victoire, je pense notamment à Jessy Moulin, mais aussi à Assane Diousse qui bénéficie pourtant d’un temps de jeu inexistant pour le moment. Ça change de ce qu’on avait il y a encore quelques mois et bordel, ça fait plaisir.

Roland Romeyer a pris un peu de recul au sein du club, au profit de Frédéric Paquet L’ASSE était très proche d’être acheté par des investisseurs cet été… Doucement mais sûrement, on progresse. Comment serait pris l’idée d’un investisseur du côté des supporters ?

Je ne suis personne pour prendre la parole au nom du Peuple Vert. Après, en 2019, tout le monde a conscience que résultats sportifs sont synonymes d’investissements financiers importants. Je pense que comme dans chaque club, il y a deux écoles : ceux qui veulent vivre de grandes émotions et sont prêts à accueillir un investisseur probablement étranger, et ceux qui ont trop peur de voir leur club perdre son âme pour accepter quelconque intrusion. Je pense que les deux opinions se respectent. Mais personnellement, je fais partie de ceux favorables à une entrée d’argent venue de l’extérieur.

A titre indicatif, combien coûte un abonnement en tribune populaire à Sainté ? Quelle est la politique tarifaire de l’ASSE aujourd’hui ?

A Sainté, on peut vraiment s’estimer très heureux du côté des tarifs pratiqués. Certes, cette année, les prix ont légèrement augmenté pour répondre aux investissements sportifs. Mais ça reste très très abordable. Pour information, mon abonnement en Kop Nord me coûte actuellement 140€ pour la saison. Une place en Nord ou Sud pour un Derby, c’est désormais 20€. On ne peut pas se plaindre quand on se compare aux autres, je pense notamment à Nantes par exemple.

L’investisseur, pour diversifier ses recettes, pourrait envisager une augmentation du prix des places…Les supporters sont-ils prêts à payer ce prix pour avoir une grande équipe ?

Sincèrement, c’est une stratégie qui ne fonctionnera jamais à Sainté. Investisseur ou pas, l’ASSE doit garder son âme populaire pour continuer d’exister. Arriver et vouloir tout repenser, à la manière de QSI au PSG, c’est impossible à envisager dans le Forez. Ce n’est pas dans les gênes stéphanoises que d’imaginer un jour dépenser 80€ pour un match de L1.

Les supporters dénoncent souvent le football « business » et parallèlement le manque d’investissement des dirigeants. Le supporter est-il par définition incohérent ?

Pour moi, les deux ne sont pas incompatibles. Ma vision du football business, c’est des places hors de prix, des spectacles d’avant-match à l’américaine, des horaires farfelus pour faire plaisir à la Chine ou aux USA, des rencontres délocalisées à l’étranger… Demander à ses dirigeants des investissements à la hauteur des ambitions de son club de cœur, c’est légitime pour un passionné qui ne demande qu’à vibrer.

L’ASSE pointe à la 4ème place… Commence-t-on à rêver d’une place en ligue des champions du côté des verts ?

Ce serait idiot de dire non lorsqu’on pointe à la troisième ou quatrième place du classement à mi-parcours. Quand ça fait plus de trente ans que la petite musique de la Ligue des Champions n’a pas résonné à Geoffroy-Guichard, forcément, ça relève du rêve pour des milliers de supporters. Est-ce qu’on a un effectif à la hauteur de nos prétentions ? Oui. Maintenant, la saison est encore très longue. L’objectif c’est l’Europa League. S’il y a plus au bout, alors tant mieux.

Explique-nous un peu ce que peut représenter le derby ASSE / OL ? C’est quelque chose qui dépasse clairement le terrain et le foot ?

Est-ce que je peux vraiment l’expliquer sans passer pour une folle furieuse (rires) ? Comme beaucoup de choses dans le monde du ballon rond, ça doit être vécu pour être compris. Clairement, ça dépasse le football. C’est une opposition entre deux écoles, entre la grande métropole et la ville moyenne, entre la ferveur et le business… Les écarts sportifs sont très importants, même s’ils se réduisent d’année en année depuis une décennie. J’aime le Derby parce que systématiquement, il intervient comme une piqûre de rappel pour me dire « tu vois Faustine, t’as vraiment choisis le bon club.. », et à la fois, ça reste deux rencontres par saison difficiles à vivre… Je vous assure que la boule au ventre est bien présente avant chaque Derby. Mais ça en vaut la peine lorsque le résultat est au rendez-vous.

ACTIVITÉ MÉDIAS

Tu interviens sur le site EnvertEtContreTous (EVECT), qui traite de l’actualité de l’AS Saint-Etienne. Comment s’est présentée cette opportunité ?

J’avais la chance de connaître les créateurs. De fil en aiguille, j’ai eu l’opportunité de pouvoir écrire sur le site.

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Faustine – Source twitter

Quelles sont tes fonctions et activités ?

Nous sommes plusieurs à nous impliquer pour EVECT, dont trois dans la rédaction au quotidien. Il n’y a pas vraiment de rôles définis. Je fais un peu de tout : de la brève, mais aussi des choses plus poussées comme des portraits de jeunes du contre de formation. Je m’occupe également systématiquement de l’actualité qui entoure les féminines. Et puis nous avons depuis plus d’un an un partenariat avec la radio ligérienne Activ. Dans ce cadre, nous animons après chaque rencontre un debrief d’un peu plus d’une heure.

Est-il facile de critiquer le club sur un média voué à relayer l’actu de l’ASSE ?

Je pars du principe que lorsque l’on aime un club, on est toujours plus sévère avec lui. Selon moi, il n’y a pas plus objectif qu’un supporter. Après il faut avoir les bons mots, savoir se distancer un peu de son statut de « passionné » pour adopter un regard plus « journalistique » même si nous ne sommes pas des journalistes. Mais ça reste un site de supporters pour les supporters, forcément ça se ressent.

Comment tes critiques sont perçues par les supporters ? Et le club ?

Il faudrait leur demander… (rires). Plus sérieusement, chaque critique est accueillie de façon différente. C’est aussi ce que j’adore sur Twitter, on peut débattre à l’infini sur une multitude de sujets, être d’accord un jour et se brancher gentiment et dans le respect le lendemain. Après clairement, j’assume d’être critique avec mon club et mes joueurs. Mais pour moi, on ne fait pas avancer les choses en étant continuellement dans le positif. J’aime bien voir le verre toujours à moitié vide, c’est mon côté meuf chiante.

As-tu des liens avec le club ? Certains joueurs ?

J’ai beaucoup d’amour pour nos joueurs, mais l’inverse n’est pas valable.

Tu es parallèlement étudiante en journalisme. Qu’est-ce qui t’attire dans ce métier ?

Mon envie de faire du journalisme fait écho à ma passion pour le football. Ce que je veux, c’est partager ma passion. Techniquement, c’est quelque chose qu’on peut faire avec un compte Twitter par exemple, mais être journaliste, c’est porter des responsabilités, pouvoir aller au bout des choses dans son travail et c’est surtout informer les gens. J’ai envie d’être en capacité d’apporter cette plus-value.

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Alessandra BIANCHI – Source [8]

As-tu des modèles, ou des personnes qui t’inspirent dans ce milieu ?

Forcément, dans ce milieu, j’ai envie de m’identifier à une femme. Là tout de suite, j’ai deux noms qui me viennent en tête : Nathalie Iannetta et Alessandra Bianchi (repose en paix L’Equipe du Dimanche). Sinon, hors football, j’aime beaucoup Clémentine Sarlat.

Quels sont les médias sportifs que tu écoutes ou lis en France ?

Il y a quelques années, je m’endormais avec l’After sur RMC. J’avoue que je me suis un peu détachée de cette émission maintenant, mais RMC garde une place importante dans mon cœur, notamment grâce à Jano Rességuié qui est la voix du football en France. Question lecture, j’apprécie So Foot mais à petites doses et le très bon qui émane encore de L’Equipe. Pour ce qui est de la télévision, je ne jure plus que par le Late Football Club. 

As-tu des livres à nous conseiller sur le football ?

J’aime bien le travail de Romain Molina, d’ailleurs j’ai la biographie d’Edinson Cavani juste à côté de mon lit.

Nathalie IANNETTA nous disait « Aujourd’hui, les étudiants se spécialisent dès l’école, non seulement sur leur domaine, mais aussi sur le support. C’est une aberration. ». Tu confirmes ?

Pour ce qui est du domaine, je n’ai jamais compris pourquoi on rabâchait aux étudiants qu’il ne faut pas trop se spécialiser. Si tu peux te construire un CV dès tes débuts, pourquoi s’en priver et vouloir toucher à tout ? J’estime qu’il vaut mieux être très bon quelque part que moyen partout. Pour ce qui est du support, bien sûr que c’est une aberration, mais j’ai quand même l’impression que les écoles ont changé leurs méthodes et sont désormais hyper axées sur le plurimédias.

Quelles sont les qualités principales pour un journaliste et les grandes règles sur lesquelles on ne peut transiger ? Et tes aspirations pour le futur ?

L’éthique. C’est le mot que je retiendrais. Je trouve que c’est un métier gangrené par le copinage, encore plus dans le monde du football. C’est bête, mais ça ferait du bien de lire des journalistes sans a priori. Mes aspirations ? Je veux juste que la petite fille que j’étais encore hier réalise son rêve. On verra si j’y arrive.

Un grand merci à Faustine pour sa gentillesse, sac disponibilité et son franc parler. N’hésitez pas à suivre ses activités Twitter (twitter.com/Faus4ine), également sur le site EnversEtContreTous (twitter.com/Site-Evect), sans oublier les débriefs sur Activ Radio (twitter.com/ActivRadio).

Propos recueillis par The Woflman

Sources / Références

[1] – Site EVECT

[2] – Site EVECT

[3] – Site Butfootballclub

[4] – Site EVECT

[5] – Site EVECT

[6] – Site EVECT

[7] – Site LEQUIPE

[8] – Site Sofoot

[9] – Site LEQUIPE

[10] – Site LEQUIPE