Dans cette deuxième semaine de février à trois matchs, les Parisiens recevaient le LOSC au Parc des Princes, après le succès des Monégasques à Montpellier quelques heures plus tôt. Ce succès 2/1 à la Mosson, loin du « tarif syndical Monégasque », permet aux hommes de Jardim de mettre la pression sur le PSG. Autant dire que le faux pas est interdit pour le PSG. Verratti, Pastore et Trapp absents, Emery aborde le match en 4-2-3-1. Kimpembe occupe l’axe avec Thiago Silva, Motta et Matuidi font la paire devant la défense. Niveau offensif, Ben Arfa, auteur d’une bonne rentrée à Dijon, est titularisé aux côtés de Draxler à gauche, Di Maria à droite. Cavani prend la pointe de l’attaque.

Le match démarre sur un rythme plutôt agréable et le PSG prend la possession comme à son habitude. Le LOSC est venu pour subir, jouer à 3 derrière, en réduisant au maximum les espaces. Et ça suffit pour rendre le PSG relativement stérile, la faute à un jeu prévisible : Jeu de possession, balle à l’aile, notamment sur l’aile droite, où Di Maria fait beaucoup de mauvais choix, et Aurier accumule les centres en première intention, facile pour la défense Lilloise. Encore faut-il regarder si un coéquipier est susceptible de jouer le ballon avant de centrer… 

Dans cette première mi-temps, seul Draxler et Ben Arfa parviennent à sortir leur épingle du jeu, mettre un peu de changement de rythme, de la verticalité. Ben Arfa, auteur d’une bonne frappe à la 30ème, fait passer un gros frisson au gardien lillois, qui semblait battu. Cinq minutes avant la pause, les lillois répliquent sur corner, et obligent Areola à se coucher au premier poteau.

Interrogé à la pause, Aurier a paru satisfait de cette première mi-temps satisfait de cette première mi-temps. J’avoue que l’analyse du latéral droit parisien m’a laissé dubitatif. Cavani est apparu introuvable dans cette première mi-temps. Matuidi n’est jamais aussi bon que quand il peut jouer haut et se projeter, en avalant les kilomètres. Dans ce dispositif en 4-2-3-1, et avec tel adversaire, on peut s’interroger de l’intérêt de la titularisation du n°14 parisien.

Et ce n’est pas le début de la seconde mi-temps qui m’incite à changer d’avis. Ce PSG dégage le sentiment de pouvoir jouer des heures sans trouver la solution. Le PSG utilise la solution de loin à l’image de cette frappe de Ben Arfa, bien captée par Enyeama. A l’heure de jeu, Emery décide de basculer en 4-3-3, avec la rentrée de Rabiot au dépend de Ben Arfa. Le changement tactique est payant et l’effet est immédiat. Le PSG semble plus haut, étouffe Lille qui peine à ressortir et à garder la balle. Di Maria, profite d’un bon travail de Draxler pour envoyer une frappe puissante, mais bien sortie par une manchette d’Enyeama, qui  a du faire plaisir aux Handballeurs Parisiens présents au Parc.

handballeurs

Le PSG alterne le moyen, le très moyen à l’image de Di Maria, qu’on retrouve à la 70ème. L’argentin rate son coup franc, le ballon est dévié par El-Ghazi, qui lobe sa défense pour trouver Cavani. Le numéro 9 parisien manque sa tête et ouvre le score de l’épaule.

Le PSG a fait le plus dur et se voit gérer tranquillement le 1/0 jusqu’à la fin … du moins jusqu’à la 87ème minute. C’était sans compter sur Areola. Fébrile depuis le début de saison, le gardien n°3 français va se manquer, en ratant son contrôle devant Bauthéac. Gêné par ce dernier, Areola envoie son dégagement sur De Préville, qui égalise dans le but vide. 1-1 … Enorme stupeur.

Il reste alors au PSG quelques minutes pour rattraper le tir. Cette fin de match ne ressemble à pas grand-chose, mais le public pousse et soutient son équipe. Matuidi, beaucoup plus haut dans le système en 4-3-3, hérite d’un ballon. Sa frappe contrée, trouve Cavani qui déclenche un tir, repoussé par le portier Lillois. Lucas, hors jeu, au moment de la frappe de Cavani, s’empresse de pousser le ballon dans le but vide, alors que Di Maria, non hors jeu, était à même de conclure. L’arbitre valide le but, au grand soulagement de tous et permet au PSG de revenir dans la roue de Monaco. L’essentiel est bien là.

Canal + : Réalisation et polémique sur le Hors-Jeu

J’aimerais revenir sur les équipes de Canal+ et dans un premier temps, sur la réalisation au Parc des Princes. Comment est-ce possible de suivre un match de football, avec de tel angle de vue et une telle qualité d’image ?

Autre point : Pourquoi le consultant terrain, en interview avec Lucas, n’est pas en mesure d’affirmer à Lucas qu’il y a hors-jeu ? S’il n’a pas accès aux images, quid des commentateurs en tribunes, et des règles visiblement assez mal connues.

La bourde d’Areola, le coût du titre ? 

Mais revenons sur l’imbroglio autour d’Areola. Depuis le début de saison, il apparaît fragile, peu sur. Rappelons quand même le contexte : Areola a 23 ans. Quel gardien s’est imposé au PSG à cet âge ?

Effectivement, son début de saison laisse à désirer. Il a coûté des points, très certainement. Comment peut-on désigner un joueur comme responsable d’une perte de 2, 4, 6 points dans un sport collectif ? Ce poste est-il propice à ce genre de raisonnement ? Comment quantifier ces points et pourquoi réécrire l’histoire ? Quid des penaltys ratés par les attaquants, des défenses mal alignées, des cartons rouges ? Ce genre de raisonnement individuel dans un sport collectif apparaît alors absurde, comme la rancune tenace de Gérard Houllier envers Ginola, LE responsable du but de Kostadinov contre la Bulgarie en 1993.

Selon certains consultants et supporters, Areola aurait fait perdre le titre si Lucas n’avait pas égalisé. Aurait-on pointé du doigt ce même Lucas (en ne laissant pas le ballon à Di Maria, ce dernier non hors-jeu), si M. Letexier n’avait pas validé à tort le second but Parisien ? La base du sport collectif n’est-il pas de s’affranchir des erreurs individuelles de toute nature (expulsion, csc, erreur d’arbitrage, défaillance individuelle) ? Si l’équipe-PSG ne s’était pas arrêtée de jouer à 1/0, si elle n’était pas tombée dans un jeu ronronnant, dans lequel certaines individualités jouent pour leur statistiques …le but à la 87ème minute aurait été un but gag, mais surtout un épiphénomène et une banale erreur individuelle.

En parlant d’erreur individuelle, Monsieur Letexier est venu s’excuser auprès des Lillois après la rencontre. Peut-être le plus beau geste de la rencontre…

Wolfman

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