Après des débuts parfaitement réussis en coupe d’Europe à Groningen jeudi soir (victoire 3/0), l’Olympique de Marseille recevait l’Olympique Lyonnais pour le premier gros choc de la saison. Aux alentours du stade, la pression monte et le rond point du Prado est déjà bouillant. A une heure du coup d’envoi, j’en profite pour échanger avec quelques supporters au sujet de Valbuena, qui manifestement va recevoir un traitement particulier.

Visiblement, beaucoup de supporters n’ont pas digéré la dernière conférence de presse du « Petit Vélo », qui non-content d’attaquer son ancien club devant les tribunaux au sujet du licenciement (568 000€) son ancien agent Christophe Hutteau, s’est exprimé sur son retour, et les possibles sifflets à son encontre. Exits ses huit saisons sous le maillot olympien : Le virage Sud va même jusqu’à pendre une figurine de l’ex marseillais. Le bon goût est de mise …

Le début de match commence dans un climat électrique. L’ambiance est intense et les joueurs marseillais répondent présents. Un peu trop côté phocéen …Après un bon premier 1/4 d’heure marseillais, les contacts deviennent de plus en plus rudes et les lyonnais restent au sol, à l’image de Valbuena bousculé par Rekik, qui prend un carton jaune orangé. Morel remplace Bedimo, blessé, sous les sifflets du Vélodrome. On joue la 24ème minute lorsque Lacazette, bien lancé dans le dos des défenseurs centraux, s’écroule dans la surface. Monsieur Buquet désigne le point de pénalty, alors que Mandanda avait pourtant retiré ses mains et que le ballon était injouable pour l’attaquant lyonnais. Contrairement à Vincent Enyeama à Rennes, expulsé sur une action similaire avec un « non contact »avec Sio, Steve Mandanda évite le carton rouge. Lacazette transforme le pénalty et donne l’avantage aux lyonnais.

Les hommes de Michel peinent à retrouver leur esprit. Lacazette, bien servi par Beauvue, manque le break et envoie le ballon sur le poteau droit de Mandanda. L’OM, tout proche du KO, doit réagir. Sur une action anodine, Cabella récupère un bon ballon et est fauché par Lopes. Dans la logique de l’homme en noir du soir, l’OM aurait dû/pu obtenir un pénalty… Il n’en est rien. On se dirige vers la mi-temps lorsqu’Alessandrini quitte ses partenaires pour un tacle par derrière aussi dangereux qu’inutile sur Valbuena. Menés 1/0, à 10 contre 11, la situation se complique pour l’OM, qui semble tombé dans le piège de cette atmosphère hostile.

Michel opte pour un changement tactique : En 4-4-1, avec N’Koudou à la place de Cabella. Les marseillais semblent revenus avec des intentions de jeu. Lyon, attend en contre la moindre brindille pour doubler la mise. Batshuayi parvient à trouver Barrada qui se défait de trois Lyonnais avant de lancer Mendy à gauche. Le latéral s’effondre suite au tacle de Bisevac, mais l’arbitre siffle simulation et carton jaune pour le latéral gauche ciel et blanc. Il n’en fallait pas moins pour frustrer les supporters et faire basculer cette rencontre dans la bêtise, avec des jets de projectiles et bouteilles de verre sur la pelouse. L’arbitre est obligé d’interrompre la rencontre pendant 20 minutes. Le public marseillais en profitera pour montrer l’étendu de son talent, quand il se décide à chanter pour son équipe.

Quel impact aurait cette coupure sur la rencontre ? Des tribunes, l’OM apparait être bien mieux revenue dans cette deuxième partie de match que son adversaire. En infériorité numérique, les hommes de Michel prennent le jeu à leur compte, avec Diarra intraitable à la récupération. Dos au but, Batshuayi lance N’Koudou, mais le portier gagne son duel et se blesse. Sur le corner qui suit, Rekik reprend le centre de Barrada et fait exploser le Vélodrome. Il reste 20 minutes à jouer, et aucune des deux équipes ne semblent se contenter de ce nul, qui n’arrange personne. Batshuayi hérite d’un ballon dans la surface mais ne parvient pas à trouver le cade. L’OL répond par Jallet qui perd un face à face avec Mandanda et Valbuena fait passer un grand frisson dans les travées du stade. Avec courage et solidarité, l’OM s’accroche à ce point, qui compte tenu du scénario est un bon résultat. L’OL perd quant à elle, deux points précieux, et se voit rejoindre pour la deuxième fois de la semaine en supériorité numérique.

Côté marseillais, il est à noter la performance de Rekik, N’koulou et Mendy. Lassana Diarra, omniprésent tout au long de la soirée, termine sa performance avec une conférence de presse pleine de classe, d’intelligence et de mesure qui devraient inspirer les deux présidents Labrune et Aulas. Les débordements qui ont lieu en tribunes sont assez incompréhensibles. inacceptables et il faut bien évidemment les condamner. En effet, l’Olympique de Marseille et l’Olympique Lyonnais ne sont en aucun cas des rivaux historiques, mais plutôt des rivaux sportifs, de circonstances, bien aidé par certains médias qui surjouent l’enjeu de la rencontre et vendent l’affiche comme un derby entre deux olympiques (Olympico). Jean-Michel Aulas qui rêvait de s’immiscer dans le choc OM/PSG doit paradoxalement se satisfaire de la tournure des événements…

The Wolfman