Hasard du calendrier, ce week-end sportif mettait en scène l’équipe de France de Handball et de Football à une heure d’intervalle. Les premiers à entrer dans l’arène étaient les champions du Monde, sacrés au Qatar en 2015 et emmenés par le n°13, néo champion d’Europe avec Barcelone. La bande à Karabatic avaient rendez-vous avec la Suisse, pour un match de qualification pour l’Euro, aux allures de match amical, les bleus étant déjà qualifiés depuis le 3 Mai et leur victoire à Toulouse contre la Macédoine. Quelques jours après un succès contre la République Tchèque (34-24) à Brno, les Bleus se sont ainsi imposés face à la Suisse (31-23), devant un public auvergnat conquis, et terminent ainsi la saison sur un succès : Le vingtième matches sans défaite depuis près de 14 mois, la dernière déconvenue tricolore remontant à Avril 2014 face au Danemark.

Les footeux avaient, quant à eux, un déplacement en Albanie, une semaine après celle concédée au Stade de France contre la Belgique (4/3). Constamment en difficulté durant la rencontre, et malmenée par des Albanais plus intelligents et inspirés, la France s’incline sur un coup franc de Kace, logé en pleine lucarne de Lloris.

Une défaite qui fait tâche, mais qui s’explique par le peu d’engouement suscité par ce genre de rencontres. C’est du moins le refrain qu’on entend dans les médias. Les matches amicaux n’ont pas d’intérêts et sont mal placés : En Août, c’est trop tôt, en Septembre c’est la ligue des champions, en Janvier c’est la trêve, et en juin les joueurs sont fatigués et peu motivés pour des rencontres peu sexy à Tirana. Comment font les handballeurs, après une saison bien remplie, une coupe du monde et une ligue des champions dans les jambes ? Pourquoi les handballeurs ne se plaignent-ils pas d’une saison bien remplie, marquée par une coupe du monde et des compétitions nationales et européennes à rallonges ? Le meilleur joueur de l’année 2014 répond à la question.

Oui, aussi surprenant que cela puisse paraître, les handballeurs se retrouvent en Juin pour travailler et mettre à profit le peu de temps qu’ils bénéficient en sélection pour répéter les gammes et les petits détails techniques et tactiques. C’est fou non ? Mais dans le monde du ballon tricolore, tout est prétexte à l’alibi : La coupe d’Europe, la fatigue, la température, l’altitude, l’heure du match ou la taille du gazon… La boîte à excuse est ouverte et entre dans la tête des amateurs de foot. J’aimerais faire un aparté : Lors de ce match, Kondogbia portait le n°10, Sakho le n°5 et Varane le n°4. Les numéros des joueurs sont-ils distribués au hasard, joués au Poker ou à une partie de FIFA ? Parenthèse refermée.

Dans cette parodie de football, il suffit alors d’une action individuelle pour sortir du lot, se faire remarquer et se voir attribuer les bons points. Mais au delà des débats individuels autour de Giroud/Benzema qui n’ont pas de réel sens, cette équipe n’a pas d’idée de jeu, de tactique pour jouer au foot et toujours les mêmes carences. Comment aligner Sissoko, Cabaye et Maduidi et espérer avoir la main mise sur le jeu ? Comment espérer voir l’avant centre briller ? Raymond Domenech aurait été « brûlé en place publique » pour de telles compositions.

Après avoir autant encensé Bielsa cette saison en ligue 1, le jeu proposé par Deschamps n’est plus acceptable. Le non-jeu devrait-on dire, celui des « petites » sélections des années 80/90 qui proposaient l’agressivité, le pressing et le combat face aux équipes joueuses. Mais cette époque est terminée et beaucoup de ces sélections jouent désormais au football et font le jeu contre l’équipe de France à l’image du Nigéria où de l’Albanie.

Est-ce la jurisprudence Jacquet qui incite les gens à la clémence avec Deschamps, de peur de devenir ceux qui n’ont pas cru, comme en 1998 ? Et si Didier, qui aime à rappeler que les joueurs français ne travaillent pas assez. faisait bosser son équipe et nous parlait de jeu ?

The Wolfman