Présentée comme l’une des plus grandes réformes dans l’arbitrage français depuis de longues années, attendue avec impatience par beaucoup d’acteurs du football en France, la LFP via son président Frédéric Thiriez, vient d’annoncer officiellement la mise en place de la fameuse « Goal Line Technology » la saison prochaine en Ligue 1. L’installation de la technologie coûtera entre 200 000 à 300 000 euros par stade et sera financée par la Ligue 1 et supervisée par la ligue. Un investissement non négligeable de la part de la LFP, apparaissant comme une réelle avancée pour le football professionnel. Mais qu’en est-il en détail ?

La Goal Line Technology, une technologie « quasi » infaillible

La Goal Line Technology est un outil qui permet de savoir de manière précise la position du ballon par rapport à la ligne de but, et donc de valider ou non le franchissement de celui. Deux technologies distinctes permettent

  • Le Hawk-Eyed basé sur l’utilisation d’un ensemble de caméras

Le Hawk-Eye est déja bien connue pour son utilisation dans le Tennis et permet de calculer le placement du ballon grâce à des caméras haute définition. Chaque cage est couverte à 360° par sept caméras à haute vitesse (500 images/seconde), placées aussi haut que la structure le permet, reliées par fibre optique à des ordinateurs. Les logiciels identifient et éliminent de l’image tous les éléments autres que le ballon. La multiplicité des points de vue permet de générer un modèle 3D de la zone du but et de déterminer si le ballon a franchi la ligne de but dans sa totalité ou non

  • Le GoalRef basé sur l’utilisation de champs magnétiques

Un système de câbles placés en sous-sol autour du but crée des champs magnétiques. L’interaction de ces champs magnétiques avec les récepteurs, placé dans le ballon, permettent de calculer la position exacte du ballon et de valider ou non le but.

L’objectif dans le football étant de marquer des buts, la Goal Line Technology semble dans l’absolu une valeur ajoutée et un moyen de gommer les erreurs d’arbitrages, à l’image du but de Lampard, injustement refusé avec l’Angleterre contre l’Allemagne en 1/8 de finale la coupe du monde 2010

Toutefois, ces deux technologies présentent des inconvénients considérables. Si le Hawk-Eyed, a l’avantage de proposer un ralenti contrairement au Goal Ref, son fonctionnement reposant sur la triangulation des caméras pourrait s’avérer inefficace si le ballon est couvert par un joueur. Par ailleurs, ces deux outils technologies restent à la disposition des télévisions, qui n’hésiteront pas à vendre le produit et le mettre en avant, même quand il n’y en a pas besoin (cf. le vérificateur d’Hors Jeu)

Une modification de notre football et de notre arbitrage

Le plus grand reproche que nous faisons à cette technologie est qu’elle modifie considérablement l’idéologie de l’arbitrage humain. La fameuse expression « l’erreur d’arbitrage fait partie du football » n’existe à partir du moment où nous identifions un fait de jeu précis sur lequel l’arbitre ne peut se tromper. On voit alors poindre le danger de cet outil, et la hiérarchisation des erreurs. Pourquoi privilégierait-on un franchissement de ligne de but plutôt qu’un franchissement de ligne de touche, un ligne de corner, une faute dans la surface, un hors-jeu sifflé injustement et dont l’incidence pourrait être tout aussi importante. Que penserait-on de l’utilisation du Hawk-Eyed au Tennis uniquement sur les lignes de fond et non sur les lignes de couloir ? En voulant rétablir une certaine injustice (Cf. but de Lampard injustement refusé), la Goal Line Technology accentue en réalité l’injustice dans notre sport. En effet, elle aurait certainement validé le but d’Ocampos lors du match Marseille / Lyon de la 29ème journée de championnat, en faisant fi de la faute du joueur olympien sur le portier lyonnais Anthony Lopes.

Avec cet outil, le but de l’Ukraine contre l’Angleterre à l’Euro 2012 aurait été validé en oubliant la position de hors jeu au tout départ de l’action. En quoi cet outil offre-t-il un football plus juste ? Nous considérons le foot comme un film dans lequel chaque séquence se succède et joue un rôle sur la suivante. Or la GLT agit sur un élément de cette séquence, en bout de chaîne en déconnectant les séquences précédentes.

L’entrée en vigeur de la Goal Line Technology est le premier pas vers un football de plus en plus technologique. On pourrait alors imaginer la Touch Line Technology, l’Offside Line Technology. Est-ce le football que le public et les amateurs de foot souhaitent ?

The Wolfman