Souvent délocalisé en province, le Portugal avait cette fois l’occasion de contenter sa population lisboète en recevant la Serbie pour le compte des éliminatoires de l’Euro 2016. Devant plus de 58 000 spectateurs à l’Estádio da Luz, le Portugal n’a pas brillé mais a assuré l’essentiel avec une victoire 2-1 dans un match assez étrange à analyser.

D’ailleurs, en sortant du stade, je n’étais pas le seul à me poser des questions quant au rythme du match. Ce n’était pas donc de l’exigence mal placée de ma part, mais bien une sensation partagée : le match s’est joué dans une sorte de faux rythme, lent qui ressemblait presque à un match amical par moment. Le Portugal se devait de gagner cette rencontre et les Serbes ont facilité la tâche de leur hôte. Un corner ridicule concédé par Basta, une défense apathique qui laisse Danny et Coentrão combiner, un Carvalho seul et le Portugal ouvre la marque.

Ce but a le mérite de réveiller un peu les Serbes qui se mettent alors à sortir et à jouer notamment côté gauche entre Tadić, Ljajić et Kolarov. Les Serbes jouent d’ailleurs plutôt pas mal, le ballon circule bien, mais c’est beaucoup trop lent pour espérer pouvoir inquiéter Rui Patrício. Au milieu, Tiago fait la loi et comble toutes les brèches dans lesquelles tentent de s’engouffrer Marković et Ljajić. On sent également que la défense est prête à bondir au moindre contre portugais. Cristiano Ronaldo est, évidemment, l’objet de toutes les attentions, il s’agit de ne surtout pas le laisser prendre de la vitesse.

Rien ne change en seconde période. La Serbie continue de me paraître plus cohérente dans le jeu collectif offensif, mais pêche par manque de vitesse dans les mouvements. On a du mal à trouver Mitrović et la défense portugaise est plutôt tranquille. C’est le moment que choisi Matić pour doucher le stade de la Luz. Laissé seul au second poteau sur un corner, le milieu de Chelsea arme un ciseau acrobatique victorieux. L’ancien joueur de Benfica vient de faire taire l’Estádio da Luz. Les quelques supporters serbes en parcage et disséminés dans le stade exultent.

Leur joie ne sera que de courte durée. Deux minutes plus tard, la défense serbe est prise à revers par une simple passe bien donnée dans l’intervalle, Moutinho centre, Coentrão reprend et délivre tout le stade. La fin de match n’apportera pas de grandes sensations. La Serbie continue son jeu sans jamais parvenir à se montrer dangereuse. Le score n’évoluera plus. La sélection de Ćurčić repart donc de Lisbonne avec une défaite largement évitable. Au classement, les Serbes ne décollent pas et voient la France s’éloigner un peu plus encore avec cette défaite.

Côté serbe, j’ai beaucoup aimé le match de Kolarov. Matić m’a également laissé une bonne impression. Ljajić s’est démené alors que Marković n’a pas su tirer profit des quelques percées et différences qu’il a su créer. De mon point de vue, il manque à la Serbie un vrai bon gardien et un meilleur attaquant. Notons également qu’à droite de la défense, Basta ne m’inspire pas confiance du tout.

Côté portugais, Tiago a régné sur la première mi-temps et João Moutinho s’est chargé de la seconde partie et notamment de la fin de match où on ne voyait plus que lui. Cristiano Ronalo, moins obsédé par le but qu’à l’accoutumée, a eu un rôle de remiseur et a constamment cherché à faire jouer ses coéquipiers. En fin de match, ses courses folles pour presser les défenseurs serbes et les empêcher de relancer proprement ont fait beaucoup de bien à son équipe. Que penser de la performance de Nani ? je préfère ne rien dire …

Enfin, niveau tribune, pas grand chose à signaler. Il s’agit d’un public de sélection d’un pays ouest européen. Les supporters viennent en famille faire voir les Cristiano et autres Nani aux enfants et espèrent la victoire du pays. Notons l’hymne serbe parfaitement respecté et applaudi et l’hymne portugais a Portuguesa entonné par tout le stade.

Côté chant, quelques « Portugal ! Portugal » et frappes dans les mains venaient nous réveiller, alors que les supporters étaient ravis des différentes « Ola » lancées à de trop nombreuses reprises selon moi. En même temps, une « ola », n’est-ce pas déjà une de trop ?

Rusko & The Wolfman