Certains matchs permettent à un groupe de créer une équipe. A ce titre, la victoire 2-1 du PSG à Marseille alors mené 0-1 à 10 contre 11 a joué un tournant dans l’histoire récente du club et permis au club de s’affirmer comme le patron futur d’une L1 devenue secondaire depuis bien longtemps. En effet, l’Europe a toujours été considérée comme l’objectif numéro 1 des dirigeants qataris. Mais jusqu’alors, le club de la capitale n’a jamais passé l’obstacle du gros club et effectué une performance sportive lui donnant un crédit auprès du monde du football. Depuis 2 ans, le P.S.G. réalise des résultats cohérents mais jamais de surperformance. Ce mercredi 11 mars 2015, Paris avait donc rendez-vous avec son destin et l’occasion de valider son statut de grand d’Europe et candidat crédible au titre finale.

Après un arrêt au pub pour un classique Burger et un bon vieux Cranberry Juice, je prends la direction de Stamford Bridge. La file d’attente au tourniquet me fait rater les cinq première minutes mais me permet de prendre la température auprès des fans des Blues, globalement assez confiants mais sans pour autant être super relax.

Installé dans la partie West Stand Upper End pour les connaisseurs, le P.S.G a comme à son habitude, du mal à entrer dans la rencontre et subit une grosse pression des locaux. Peu à peu, les visiteurs commencent à équilibrer les débats, au moment où Ibrahimovic au duel se fait expulser pour un tacle, impressionnant à vitesse réelle, mais plus maladroit que dangereux. L’arbitre Kuipers certainement perturbé par le coup de pression de Mourinho « surpris par Paris, une équipe qui a des joueurs fantastiques a été celle qui a fait le plus de fautes, qui a stoppé irrégulièrement Hazard tout le temps » et l’attroupement des Blues, réduit le P.S.G à 10.

Attoupement autour de l'arbitre
Attoupement autour de l’arbitre

Si en ligue 1, les Parisiens peuvent discuter avec l’arbitre et mettre la pression, ils sont dans cette ligue des champions, les petits « Bleu » sur qui tombent ce genre de décision.

Ibra voit rouge – Premier coup de théâtre d’un opéra en 3 actes.

Neanmoins, nous allons assisté au remake de OM / PSG. A 10 contre 11, le P.S.G. ne faiblit pas et devient meilleur. Chelsea ne propose pas grand chose et ce n’est pas l’ambiance mi glaciale, mi neutre du stade londonien qui va réveiller les hommes de Mourinho. Stamford Bridge a même des tendances parisiennes, étant donné le bruit effectué par le parcage des away fans. Chelsea est à la peine, et le jeu est sans mouvement. Seul Hazard amène un peu de folie. Costa est solide, mais bien contenu par l’excentrique David Luiz, qui au fur et à mesure de la rencontre devient de plus en plus à l’aise et rassure son compatriote Silva, toujours fragile.

Le milieu parisen donne le tempo de la rencontre avec ses solistes Verratti et Pastore. Paris se crée deux ou trois occasions et on peine à deviner l’équipe qui joue à 10. La deuxieme mi-temps confirme ces impressions, l’ambiance au stade devient tendue avec les supporters parisiens, se faisant de plus en plus noisy. Et ce n’est pas l’attitude de leur équipe qui va les aider, toujours aussi peu dangereux malgré la préstation médiocre de Sirigu qui doit faire un des pires matchs de ligue des Champions de sa vie. Ceci dit, à l’image de Casillas très moyen face à Schalke 04, Sirigu sort deux arrêts très importants sur Willian et Ramires. Vient alors cette scène assez drôle en seconde mi-temps entre Silva et son gardien : Le défenseur demande à Sirigu de venir chercher le ballon. Ce dernier hésitant, le défenseur lui envoie une passe atroce, histoire de réveiller son coéquipier.

Comme attendu, le P.S.G a des occasion dont une énorme de Cavani, qui définit assez bien sa carrière : Bel appel, absence de justesse et maladresse. L’artiste Pastore est très bon, mais ne prend pas assez sa chance. Verratti est merveilleux à voir jouer, et avec Matuidi dans le rôle ingrat de besogneux récupérateur, il forme une paire très impressionnante. Mais celui qui me bluffe le plus est T. Motta. Jamais je n’aurai imaginer le voir à ce niveau, et aussi longtemps vu le contexte d’infériorité numérique. Les minutes avancent et Chelsea presse un peu plus. Sur un mauvais renvoi initial de T.Silva, le ballon navigue dans la surface de Sirigu scotché sur sa ligne et Cahill libre de tout marquage ouvre le score . Un but qui met Chelsea dans de bonnes conditions mais qui ne change en rien la contrainte parisienne : Marquer.

Le match devient très tres tendu. Les cartons jaune pleuvent. Blanc sort Matuidi et Verratti pour Lavezzi et Rabiot. Deux choix judicieux, car l’italien fatigué, est au bord du rouge et Rabiot amène un surplus technique, précieux à la récupération du ballon. Lavezzi dont l’attitude est assez douteuse, se crée une occasion de la tète. Sur un corner bêtement concédé par Courtois, David Luiz égalise d’une tête puissante sous la barre. Nous voilà en prolongations, avec l’entrée de Drogba qui force Costa à s’excentrer. Difficile de comprendre ce choix.

Alors qu’on sent le PSG en contrôle, c’est finalement T.Silva, qui de manière stupide, concède un pénalty logique permettant à Chelsea de prendre l’avantage. Je m’attendais alors à ce que le CFC tente de se mettre l’abri. Il n’en fut rien. Mieux, c’est le P.S.G. qui se procure les occasions, par Silva, sauvé par le génial Courtois. Sur le corner qui suit, c’est le même Silva qui reprend un corner assez mal tiré, sur lequel gardien belge ne sort pas. La tête du capitaine brésilien lobe le gardien, finit dans la lucarne droite du portier des Blues, qui n’avait pas placé de joueurs aux poteaux. Un but qui ne va certainement pas faire plaisir à Christophe Lollichon. A noter, le comportement tragi-comique de Terry et Cahill qui s’agrippe comme si il jouait l’un contre l’autre.

2-2 score final, la qualification méritee sur l’ensemble des 2 matchs et Chelsea prend la porte au plus grand désarroi des supporters locaux

Je voudrais désormais m’attarder sur deux ou trois points qui m’apparaîssent importants

Laurent Blanc, un cas qui divise

Si vous nous suivez, vous connaissez certaines de nos positions. Personnellement, j’ai mis de l’eau dans mon vin après le match Toulouse vs PSG. Je pense toujours qu’il partira en fin de saison sauf s’il montre une grosse évolution de son côté en termes de management et de tactique. Depuis 1 mois et plus encore après le match aller, le coach parisien est loué pour sa gestion d’effectif. Il fait les bons choix, le P.S.G. joue beaucoup mieux et parfois même de facon brillante. Permettre au PSG d’être au printemps dans toute les compétitions est quand même à souligner sans pour autant être sacralisé : Finale de coupe de la ligue, demi finale de coupe de France, deuxième de L1 à 1 point du leader, quoi de plus normal ? Etre en quart de LDC est assez logique même si éliminer Chelsea et Mourinho est la première grosse perf’ du PSG version QSI. Pour Blanc et le P.S.G, le plus dur commence. Il faudra justifier et assumer en Europe et en L1. Laurent Blanc récupère ses cadres, d’autres joueurs, et il va devoir faire des choix, se poser les bonnes questions. Marquinhos, Aurier ou Van Der Wiel ? Lucas, Pastore ou Lavezzi ? Je ne parle même pas du cas Lucas Digne qui n’a pas le niveau de ce PSG et devra sans doute quitter le club cet été (Monaco ?)

Eliminer Chelsea est-il un exploit ?

Je suis interloqué par l’emphase médiatique autour de la performance parisienne. Bien sûr, il s’agit d’une super nouvelle mais c’est typique du petit pays de foot qu’est la France, au succès européen famélique. Il s’agit du P.S.G, les 14 joueurs sur la pelouse sont d’un niveau très élevé et où la difference avec son homologue anglais est assez faible. Si éliminer Chelsea est un exploit, quid du Real Madrid, Barcelone ou Bayern ?.

Il en est de même de la soi-disante gestion du match de Mourinho ? Comment parler de contrôle quand le gardien est l’homme du match à l’aller, que sur 180 ou 210 minutes, Chelsea ne se crée pas 5/6 occasions franches et incapable de mettre à mal une équipe à 10 ? La vérité des médias français (je ne parle même pas des anglais pour qui l’étranger est une sorte d’amazone footballistique) survalorisent tout ce qui vient d’ailleurs et d’Angleterre. Pire, ils sous-évaluent les équipes comme le P.S.G ou Monaco. La réalité est que Paris est plus fort que Chelsea et que Mourinho n’a pas sû faire face à son adversaire et qu’il a eu peur. Peut-on le dire ?

Des médias difficiles à suivre

Par ailleurs, certains ont du mal à accepter que Laurent Blanc ait été bon et regrettent la sortie de Verratti et Matuidi. Est-ce une question pertinente étant donné le scenario, l’obligation de marquer et Verratti au bord du rouge ? Il a même été dit que Paris n’a pas de référence cette saison. Doit-on passer sous silence la prestation à Barcelone, certes en poule de ligue des champions ? Quid des performances de Chelsea cette année, hormis un bon match contre Liverpool et les Spurs en debut de saison ? Quels sont les matchs référents de Chelsea en Europe ? Il en est de même de Monaco et Arsenal. Quels sont les points forts et faibles d’Arsenal, et la manière de jouer de Monaco ?

Aujourd hui, l’analyse football est assez pauvre et triste. Gignac vaudrait donc mieux que Dinamo Moscou et pourrait jouer aux Spurs, à Southampton, Fiorentina ou Inter Milan ! L’occasion de rappeler que Chamack et Gomis ex-star de L1 ont disparu sportivement de l’autre côté de la manche …

The Swindler & The Wolfman