Après plusieurs semaines d’interrogations et de polémiques, Nabil Fekir a fini par trancher. Le joueur de l’Olympique Lyonnais, auteur d’une belle saison (11 buts, 7 passes décisives) a opté pour la France et met fin à plusieurs semaines de tractations. C’est du moins ce que Bernard Lacombe, le conseiller du président Aulas a déclaré1, au sortir de la Mosson, après la victoire des siens contre Montpellier (1-5). Le binational avait le choix entre la France et l’Algérie. Alors que son père déclarait vouloir le voir porter le maillot des « verts »2, alors que lui même avouait en 2014 à une télévision algérienne son « rêve » de jouer pour les Fennecs, après avoir appelé3 Christian Gourcuff pour lui signifier son choix de jouer pour l’Algérie, l’attaquant a subitement fait volte face.

Ce qu’on nous présente aujourd’hui comme un changement d’avis après mûre réflexion, ne serait en réalité que le travail de longue haleine de la part de conseillers, agents et présidents du joueur. Ce dernier, potentiel international français, a une meilleure côte et visibilité sur le marché des transferts en cas de sélection. De quoi ravir le joueur, le président Aulas, et son nouvel agent.

Le football de club à un niveau mondial

Le football international est devenu sans frontière, où manifestement l’attachement au pays n’est qu’une donnée accessoire, la nation du « business » étant toujours plus forte que celle du « coeur ». Une situation qui n’est pas sans rappeler celle de Benzema, qui déclarait que « L’Algérie c’est mon pays, et la France c’est le Sportif », au grand dam de supporters, algériens ou français, attachés à l’amour du pays.

Ces romantiques de la dernière heure, voient les méthodes des clubs rattraper les sélections nationales : Primes pour les joueurs optant pour la sélection, primes en cas de qualification…Les sélections jouent avec les règles de la FIFA et les joueurs trouvent toujours un quelconque lien de parenté pour participer à un championnat d’Europe ou un mondial. Ainsi, Obraniak et Perquis ont opté pour la sélection Polonaise en 2009, de manière à jouer l’Euro 2012 à « domicile »4. Raymond Domenech a tenté de convaincre Higuain, l’argentin né à Brest, de jouer avec les Bleus. Néné, ancien joueur du Paris-Saint-Germain, a quant à lui, profité d’un catalogue de passeports, pour tenter de jouer la coupe du Monde : Exit le Brésil, c’est avec la l’Espagne5, puis la France6 qu’il a coup sur coup, espéré goûter aux joies internationales. Enfin récemment, Diego Costa, brésilien, a choisi la sélection Espagnole…

Le football, vers le rugby, l’Athlétisme ou le Hand ?

Le football suit logiquement la mondialisation, mais échappe pour le moment à la folie d’autres sports, beaucoup plus laxistes sur les règlements. Merlene Ottey, triple championne du monde Jamaïcaine, a été naturalisée Slovène en 2002 pour continuer la compétition à l’âge de 42 ans. Au Rugby, un joueur non international, résidant trois ans dans un pays peut prétendre à une sélection. Ainsi, Benazzi, Melville, Van Heerden, De Villiers, Matiu, Marsh, Hall, Liebenberg, Claassen ou plus récemment Spedding, Uini Atonio et Kockott ont tous portés le maillot bleu.

Enfin, le dernier championnat du monde de Handball, a vu l’équipe de France l’emporter en finale contre l’hôte de la compétition, une sélection mondiale du Qatar, composée de 5 qataris  et réprésentée par plus de huit sélections. En 2022, le Qatar organise la coupe du monde et pourrait rééditer cette politique de naturalisation de masse.

Sélection du Qatar - Source [14]
Sélection du Qatar – Source [14]

Mais quel sens peut-on donner à une coupe du monde, quand les nationalités s’échangent, comme les maillots à la fin d’une rencontre ?

The Wolfman

Références

[1] – Site FranceFootball

[2] – Site Francefootball

[3] – Site 20minutes

[4 ] – Site 20minutes

[5] – Site 20minutes 

[6] – Site 20minutes

[7] – Site PlanetePSG

[8] – Site Eurosport

[9] – Site Metronews

[10] – Site The Guardian

[11] – Site Telegraph

[12] – Site Le Monde

[13] – Site Sud Ouest

[14] – Site Libération