Depuis quelques jours, nous entendons par-ci par là, de nombreux débats sur le mode de management et la méthode de l’argentin à l’OM. En réalité, les débats ont déjà été abordés avant même que celui ci n’arrive en Ligue 1. D’un côté, les grands noms du football mondial comme Guardiola, Simeone, Völler ou Sampaoli ne tarissent pas d’éloges et le considèrent comme l’un des meilleurs entraîneurs de la planète.

Et de l’autre, nos grands noms du foot français s’interrogent sur El Loco. Le fonctionnement de l’argentin bouscule le cercle très fermé de notre championnat, et n’échappe pas aux critiques qu’a connues le Grand Ancelotti au P.S.G. Quelques entraîneurs comme Christophe Galtier ou Alain Casanova dérogent néanmoins à la règle, le premier se félicitant de l’apport de méthodes étrangères : « Ce n’est pas pour prendre sa défense, mais pour dire la vérité, Monsieur Bielsa vient parler avec l’entraîneur adverse une demi-heure avant le coup d’envoi. On se sert la main, mais on s’est dit beaucoup de choses avant. Et ça se fait beaucoup à l’étranger. C’est comme ça que ça se passe. De quoi on discute ? Du match, du travail, de la relation que l’on a avec les uns et les autres du métier, parce qu’on a jamais l’occasion de se rencontre »1. Le technicien de Toulouse parle de lui comme « un des grands entraîneurs actuels du football mondial. Ce n’est pas un hasard si ses anciens joueurs devenus entraîneurs, comme Pochettino, l’ont érigé en référence, en mentor, même. Il impacte les gens par sa grande connaissance du football, son analyse de l’adversaire et sa méthode »2. Mais ces interventions ne sont que des éclaircies dans la grisaille quotidienne de notre football, où tout est prétexte pour parler de l’OM.

La relation Bielsa/Labrune est commentée par Bernard Tapie, ou des confrères comme Jean-Michel Aulas, réclamant « une sanction lourde »après une conférence de presse musclée du coach marseillais. Cette semaine, c’est l’absence de Gignac à l’entraînement qui a alimenté les débats dans la presse, évoquant un possible pétage de plomb entre les deux hommes. L’attaquant marseillais avait juste rendez-vous chez le dentiste. Au delà de cette anecdote ridicule, le coach marseillais est loin de faire l’unanimité et n’échappe pas à la critique, à l’image des propos de Rolland Courbis

Les médias ne cessent de répéter que les exigences du coach olympien sont trop élevées, que l’entraîneur use les joueurs. Et ces mêmes joueurs lisent les journaux, écoutent les grands consultants du foot français et sont même parfois très proches de journalistes français. Il apparaît donc évident que les joueurs n’allaient pas tenir leur bonnes intentions.

Ces spécialistes ont donc vu juste. Ainsi, s’élèvent aujourd’hui, quelques voix dans le vestiaire de l’OM relayant que les joueurs sont pour la grande partie usés, fatigués et las de la « méthode Bielsa ». Rien d’extraordinaire. La capacité physique et mentale bien plus que limitées de la plupart des joueurs de ligue 1 n’étonne personne. Mais j’aimerais comprendre le timing et les raisons de ces plaintes. Ces mêmes joueurs qui au début de saison louaient les changements initiés par l’argentin et prenaient du plaisir avec la révolution au club à tous les niveaux, malgré des exigences physiques élevées. A mi saison, les joueurs seraient désormais « mentalement » à bout. Que cela veut-il dire ? Ils n’arrivent plus à suivre le rythme effréné des séances vidéo ou des entraînements ? Je peux le concevoir après avoir passé un saison au club med à faire des tennis ballons ou des toros ave les plus grands techniciens comme José Anigo ou Elie Baup, aujourd’hui consultants. Que les principes de l’entraîneur argentin soient rigides et incompatibles avec le très long terme est une chose. Mais que le rythme soit impossible à maintenir sur une saison en est une autre, surtout avec les « très grands futurs espoirs français » chers à Vincent Labrune.

Ce constat pointe surtout les carences des joueurs de cet effectif mais plus globalement de beaucoup de joueurs de Ligue 1, conditionnés aux papouilles des coachs pour jouer à un petit niveau. Cette réalité traduit une incapacité à être impliqué mentalement à raison d’un match par semaine dans une saison sans coupe d’Europe, coupe de la ligue et coupe de France. Il apparaît difficile pour cet effectif de passer outre et prendre la mesure de ce que pourrait être la fin de saison. Dans les intérêts des joueurs, plus que dans celui du coach qui n’aura de mal à retrouver une porte de sortie, cette fin de saison pourrait leur offrir de belles perspectives, avec un podium et peut être le titre. Rappelons qu’après six défaites et autant de mauvais matchs, l’OM est à seulement 2 points du leader qui aborde un mois de compétition relevé. Dans un autre championnat un minimum plus rude, cette même équipe serait aujourd’hui en train de se battre pour accrocher une 7ème place.

En attendant, les marseillais attendent que les joueur terminent sur une bonne note avant de rejoindre pour la plupart un club étranger, ou bien évidemment, les exigences seront beaucoup moins élevées…

Rérérences

[1] – Site RmcSport .

[2] – Site Goal

[3] – Site Sofoot

[4] – Site Lemonde

[5] – Site Europsort

Najet & The Wolfman