Trois jours après le rocambolesque PSG/Caen qui avait vu le PSG perdre 4 joueurs sur blessure, terminer à 9 et être remonté de 2 buts dans les 4 dernières minutes, les hommes de Laurent Blanc accueillaient Chelsea en 8ème de Ligue des champions. Allait-on retrouver un PSG traumatisé pour cette revanche de la saison passée contre Chelsea ? Le Parc critiqué à juste titre pour dormir toute la saison en championnat allait-il répondre présent? Rappelons que les dirigeants et joueurs ont dû communiquer avant ce « choc » pour mobiliser le public et s’assurer de son soutien…

Une fois n’est pas coutume, je suis à la station porte de Saint-Cloud et non porte d’auteuil comme j’en ai pourtant l’habitude. Ma première impression est celle des grands matchs : Rames de métro et sorties autour du Parc bondées, très loin du calme olympien des matchs de championnats. Le chemin pour atteindre la tribune Boulogne voit le retour de nombreux cars de CRS, qui eux aussi avaient dernièrement désertés le Parc ces dernières semaines.

En passant devant la station service en face du Parc et à proximité de la tribune Boulogne, des CRS barrent la route. J’appris plus tard que les « supporters » de Chelsea avaient eu la bonne idée de balancer des barrières en leur direction quelques minutes auparavant. Comme d’habitude, c’est le marathon pour avoir accès à la tribune Boulogne. Combien de contrôle ? 2, 3, 4 ? A chaque match, c’est la même rengaine. Ajoutons à cela, le fait qu’on nous oblige à passer par une petite ruelle, afin d’éviter l’accès par la grande avenue du Stade Jean Bouin… Quelle galère !

Manifestement, beaucoup de supporters ont retrouvé leur abonnement. Il n’est que 20h15, et les allées du stade sont déjà plus remplies qu’à l’accoutumée. Et surtout, on entend déjà plus de chants que durant tout le match contre le FC Nantes. C’était difficile de ne pas faire mieux … Certes !

Enfin dans la tribune, le speaker annonce la double surprise : Alors qu’il était annoncé blessé un mois par les médias sportif lundi soir (RMC et l’Equipe), Marquinhos est bel et bien sur le terrain. Et puis, surtout le MIRACLE : Ce que de nombreux supporters du PSG réclamaient depuis des mois, David Luiz, joue enfin à son poste au milieu, là ou il brillait à Chelsea, mais nous y reviendrons. Pour l’équipe de Mourinho, Courtois est préféré à Cech et Oscar est sur le banc. On sent le parc chaud. Ça faisait longtemps et des têtes « connues » des tribunes sont enfin revenues. Le parc chante et est impatient.

Dès les premières minutes, le PSG a l’air de vouloir laisser le ballon à Chelsea, mais les londoniens ne savent qu’en faire. Hazard tricote, Fabregas et Diego sont invisibles et le PSG, timoré, semble trop respectueux ou prudent. Malgré ce, c’est le PSG qui est le plus dangereux, sur deux coups de tête signés Matuidi et Ibra. Le show Courtois peut alors commencer. Mais comme souvent pour les équipes de Mourinho, elles subissent, endorment l’adversaire, et une occasion suffit pour piquer l’adversaire. C’est exactement ce qui va se passer. Alors que Chelsea n’a pas tiré au but en 30 minutes, Terry récupère un ballon côté gauche. Le centre tendu du capitaine des Blues prolongé du talon par Cahill, trouve la tête d’Ivanovic qui trompe Sirigu de la tête. Le scenario apparaît cruel pour Paris, d’autant plus qu’une minute avant l’ouverture du score, Courtois sauve les siens sur une tête de Cavani. Mais certains diront que la force des grandes équipes est son réalisme offensif et défensif. La mi-temps est sifflée dans un Parc un peu abattu, il faut l’avouer.

La seconde mi-temps débute avec un changement d’approche côté Chelsea, qui donne l’impression de vouloir prendre les choses en main, jouer plus haut, comme si Mourinho avait compris que plus Chelsea jouerait haut moins le PSG serait dangereux. Mais cette situation ne va pas durer longtemps. Sur un bon décalage de Maxwell, Matuidi centre parfaitement pour Cavani dont la tête piquée trompe le portier belge. L’égalisation est logique et le Parc explose.

La suite sera une domination écrasante du PSG. Chelsea prend l’eau mais Courtois repousse tout et confirme qu’il est l’un des meilleurs gardiens du monde. Des tribnes, Mourinho est exaspéré par ses joueurs, qui semblent dépassés. Et quand ce n’est pas Courtois, c’est un mollet d’un défenseur de Chelsea qui empêche Lavezzi, probablement le moins bon joueur du PSG avec Van Der Wiel durant cette rencontre, de prendre l’avantage au score.

Le parc est bouillant, chaud, ça faisait longtemps qu’on n’avait pas vu un tel match et une telle ambiance. Depuis le PSG/Barca du 30 septembre ? La fin de match baisse logiquement en intensité. e PSG se fatigue et Mourinho casse le rytme en changeant toute son armada offensive, et miser sur un contre assassin

Blanc riposte et réveille le parc en faisant enfin entrer l’idole Pastore à la place d’un Lavezzi cuit depuis son occasion de l’heure de jeu. Cavani, auteur d’un match proche de la perfection et à l’image de ce PSG très critiqué cette saison, est tout près de s’offrir un incroyable doublé, mais son pointu longe le but de Courtois. Les gens commencent à partir (mauvaise habitude) et alors que tout le Parc demande à la défense de « balancer dans la boîte », le PSG enchaîne les passes, jusqu’à un centre parfait qui trouve la tête d’Ibra. Tout le Parc croit au but… C’était sans compter sur le MUR belge du soir, qui aura écœuré les attaques parisiennes et probablement offert une future qualification en quart pour Chelsea.

Le parc chante, remercie son équipe, fier du match de ses protégés. Le PSG a tout tenté et méritait certainement de gagner ce match, avec une seconde mi-temps incroyable d’intensité et de très beau jeu collectif. La différence dans le très haut niveau se situe sur le dernier geste. Il n’aura fallu qu’une occasion au Blues pour marquer et se reposer sur son grand gardien pour rapporter un résultat qui qualifiera très certainement Chelsea. Blanc a été a l’image du PSG et enfin à la hauteur. Mais pourquoi avoir attendu d’être les deux pieds dans le bourbier pour mettre Luiz au milieu ? Pourquoi avoir attendu la blessure de Motta, et de Cabaye, pourtant très moyens, pour tenter l’expérience ? La présence de Luiz au cœur du jeu, protège énormément ses deux coéquipiers du milieu, Matuidi très bon, et Verratti au sommet de son art. Enfin, le PSG a affiché une paire Silva-Marquinhos très solide.

Paradoxalement, le PSG a réalisé une meilleure performance que l’an passé, mais se retrouve dans une situation moins confortable, avec un match nul 1-1 qui laisse les londoniens dans une situation favorable. Mourinho a voulu calculé et géré le math nul, mais a fini par trembler en seconde période. Ce sera sûrement une autre histoire à Londres. Comment imaginer le PSG gagner à Chelsea ou faire match nul avec plus d’un but ? Mais qualification compromise ou non, les supporters du Parc et le public ont fêté « son PSG ». Cela faisait longtemps et ça fait du bien ! Le PSG a ce soir enlevé le jogging et les chaussons affichés en L1 pour sortir le costume trois pièces de circonstance. Si seulement le PSG, Cavani et son public n’avaient eu q’un brin de cette attitude en championnat, on ne se retrouverait pas 3ème après 25 journées…

KarimJ (@Alexis75) & The Wolfman