Le Zenit et les autres

Si au sommet de cette RPL, le Zenit règne sans conteste, la lutte pour l’Europe et pour le maintien bat son plein depuis le début de saison. Imprévisibles et acharnées, ces luttes nous réservent des rebondissements à chaque journée et nous promettent une deuxième partie de saison des plus indécises.

Zenit – 1er – 41 pts (17 matchs)

Deux énormes cartons pour commencer la saison, un jeu léché et agréable, 8 victoires consécutives, le Zenit avait décidé d’écraser le championnat dès le début. Difficile de résister à la machine créée par Villa Boas. Cependant, peu à peu, cette machine s’est enrayée. Les victoires sont devenues plus compliquées à obtenir, les performances en Ligue des Champions laissent à désirer et surtout le Zenit a fini par tomber en championnat. Une défaite surprenante à domicile face au Terek, puis une nouvelle défaite à Saransk, face au Mordovia. Mais après ces contre performances, le Zenit a toujours su rebondir.

A la trêve, les partenaires de Hulk comptent 7 points d’avance sur le CSKA, une avance confortable qu’un Zenit sérieux jusqu’au bout se doit de conserver. Pourtant, ces dernières saisons nous incitent à la méfiance.

Ezequiel Garay - Source [1]
Ezequiel Garay – Source [1]

Côté performances individuelles, Hulk a parfaitement digéré la Coupe du Monde, Garay fait beaucoup de bien en défense centrale, tout comme Javi Garcia au milieu.

Moscou : l’irrégularité à l’état pur

CSKA – 2ème – 34 pts (17 matchs)

Avec le CSKA, c’est tout ou rien. Avec un seul match nul au compteur, l’équipe de Slutsky ne fait pas dans la demi-mesure. Natkho et Eremenko, autrefois leaders du Rubin, démontrent à quel point il était fou de les voir débarquer gratuitement cet été. Au complet, avec Doumbia devant et Wernbloom au milieu, le CSKA se doit de mieux figurer en championnat. Cependant, les blessures rythment la vie du club de l’Armée et le bon parcours en LDC dans un groupe ultra relevé a certainement coûté quelques points en championnat.

Toujours est-il que, mis à part le Kuban et le Lokomotiv, le CSKA a échoué face à ses concurrents directs : Zenit, Dinamo, Krasnodar, Spartak. C’est dans ce genre de matchs que le CSKA devra faire la différence lors de la seconde phase. Il sera, en effet, bien difficile d’aller chercher le Zenit, voire de garder cette 2nde place, en ne battant que des équipes supposées inférieures.

Notons, cependant, que le CSKA nous a offert quelques vraies belles rencontres de foot, avec de beaux mouvements et avec des joueurs aussi classieux que Eremenko et Natkho.

Dinamo – 3ème – 32 pts (16 matchs)

Ayant un match en retard à jouer face à l’Amkar, le Dinamo est un potentiel second en puissance. Auteurs d’un parcours parfait jusqu’à présent en Europa League, les hommes de Cherchesov finissent parfaitement cette année 2014, profitant d’une rare homogénéité parmi tous les prétendants à l’Europe pour se relancer dans la course à la Ligue des Champions. Battu de justesse sur la pelouse du Zenit, le Dinamo ne semble pas encore assez à l’aise face aux autres gros pour pouvoir jouer le titre.

Cherchesov - Source [4]
Cherchesov – Source [4]

Comment expliquer, par exemple, cette défaite 4-2 face au Lokomotiv alors que les partenaires de Kokorin menaient 2-0 ? Cette irrégularité constante est d’autant plus frustrante que ce Dinamo nous apparaît bien plus séduisant que celui des années précédentes. Valbuena s’est parfaitement intégré et fait l’unanimité en Russie, Kokorin et Kurayni se partagent les buts, alors que Ionov commence à confirmer le potentiel perçu en lui. Notons également la très bonne première partie de saison de William Vainqueur qui doit faire face à une forte concurrence au milieu (Noboa, Denisov, Yusupov).

Reste à solidifier cette défense beaucoup trop lente et pataude, si bien incarnée par la charnière Samba-Douglas.

Lokomotiv – 5ème – 30 pts (17 matchs)

Miné par des problèmes de vestiaires, notamment entre Kuchuk et Boussoufa et Diarra, le Lokomotiv a connu un début de saison particulièrement compliqué.

Exit donc Leonid Kuchuk, celui-là même qui a emmené l’équipe aux portes du titre la saison dernière, c’est Bozovic qui reprend les rênes de l’équipe. Boussoufa réintègre l’équipe et se remet à gagner des matchs. S’appuyant sur une grosse solidité défensive, le Loko n’est pas des plus flamboyants à voir jouer. Kasaev, N’Doye, et Boussoufa voire Fernandes doivent se débrouiller pour marquer et faire gagner l’équipe. Mais la méthode rapporte des points et le Loko est aujourd’hui en plein cœur de cette lutte pour l’Europe.

Kasaev - Source [3]
Kasaev – Source [7]

Notons également les bonnes performances du jeune Aleksey Miranchuk qui grapille du temps de jeu et se montre à son aise.

Spartak – 6ème – 29 pts (17 matchs)

Si le mot irrégularité pouvait être définie par une équipe, ça serait sans aucun doute le Spartak. Irrégularité au cours de la saison, mais irrégularité au cours d’un même match. Où est donc passé Dzyuba, l’homme fort du début de saison ? Que devient Shirokov ? Blessé ? D’aprè lui, non. Beaucoup de zones d’ombres rodent autour de ce Spartak. Yakin veut démontrer son autorité, n’accepte pas les écarts de comportement, à juste titre. Mais qu’il est difficile de gérer cette équipe du Spartak. Capables de superbes séquences de jeu, de battre CSKA et Dinamo, le Spartak peut aussi se tourner au ridicule et perdre face à l’Amkar et l’Ural.

Shirokov - Source [4]
Shirokov – Source [8]

Bocchetti, si important avant sa blessure la saison dernière, ne joue presque plus, Yakin lui préférant Tasci, Ozbiliz est miné par sa blessure, Mosvisyan a du mal à revenir de blessure également. Au complet, ce Spartak peut faire très mal, mais il faudrait pour cela ranger les égos et tous tirer dans le même sens et ne pas gâcher une n-ième saison.

Quincy Promes - Source [4]
Quincy Promes – Source [9]

Et puisque tout n’est jamais noir, la première partie de saison de Quincy Promes est particulièrement intéressante.

Torpedo – 12ème – 14 pts (17 matchs)

Longtemps relégable et ridicule, le 5ème club de Moscou a su refaire surface juste avant la trêve. En mettant fin à une série de 9 matchs sans victoire, le Torpedo a non seulement enfoncé un peu plus Rostov, mais s’est surtout remis dans le bon chemin. Ainsi, le Torpedo termine 2014 avec une belle série de 4 matchs sans défaite et 8 points pris. Bilyaletdinov se réveille et Putilo joue enfin et marque. Avec cet état esprit retrouvé, le Torpedo aura des arguments à faire valoir dans la lutte pour le maintien.

Krasnodar – Nouvelle place forte du foot russe ?

Krasnodar – 4ème – 31 pts (17 matchs)

Un parcours honorable pour une première participation à l’Europa League et une place de 4ème à la trêve. Le club de Sergey Galitsky confirme tout le bien qu’on en pense. Le savant mélange de glace et de feu concocté par le maitre Kononov nous ravit tout particulièrement : derrière, la froideur nordique des Grandvist et Sigurdsson, devant la chaleur brésilienne d’Ari, Wanderson ou Joãozinho, le tout saupoudré de Gazinski de plus en plus intéressant, ou encore de Pereyra et Laborde.

Ari – Source [10]

Krasnodar est le rayon de soleil de cette saison de RPL. Certes parfois les taureaux voient rouge et se brûlent de façon inattendue (Ufa, Mordovia), mais globalement Krasnodar offre une parfaite résistance à la meute moscovite lancée à la poursuite du Zenit.

Kuban – 8ème – 26 pts (17 matchs)

Le Kuban, quant à lui, est moins flamboyant que son rival local. Pour faire parler de lui, le club décide donc de se séparer de Goncharenko. Une décision absolument incompréhensible, justifiée par un soi-disant manque de contrôle sur l’équipe. Depuis, Kuchuk est revenu, mais surtout l’équipe n’a plus gagné et reste donc sur 4 matchs sans victoire, dont 2 défaites face au CSKA et face au Zenit. Si le Kuban gagne trop peu pour pouvoir prétendre à mieux, il suffirait d’un déclic offensif pour se lancer dans la course à l’Europe et rivaliser avec Krasnodar et Moscou.

Leonid Kuchuk - Source []
Leonid Kuchuk – Source [11]

En tout cas, les cheerleaders du Kuban que nous avons rencontrées y croient et, comme elles, nous pensons que c’est Popov qui doit mener son équipe vers ces places européennes.

Rubin et Terek à l’affut

Rubin Kazan – 7ème – 27 pts (17 matchs)

En reconstruction depuis plus d’un an, le Rubin revient peu à peu occuper une place qui était sienne lors des années précédentes, à savoir une place dans la lutte pour l’Europe. Evidemment, le Rubin s’appuie toujours sur une défense solide, mais l’arrivée de Georgiev, le retour de Carlos Eduardo et les bonnes performances de Portnyagin (qui a fait oublier Devic) témoignent d’un certain renouveau opéré par Bilyaletdinov.

Carlos Eduardo - Source [8]
Carlos Eduardo – Source [12]

Un renouveau qui porte ses fruits puisque le Rubin n’a concédé que 4 défaites (Spartak, Kuban, Krasnodar, Zenit) et a su écarter CSKA et Dinamo de son chemin.

A la trêve, le Rubin est placé, à l’affut du moindre faux pas adverse.

Terek Grozny – 9ème – 25 pts (17 matchs)

Longtemps resté invaincue à domicile, l’équipe de Rakhimov a craqué à l’approche de la trêve. Avec 1 point pris sur les 4 derniers matchs, le Terek se retrouve au bord de la rupture, s’accrochant à la roue de la dernière équipe du peloton.

Rashid Rakhimov - Source [9]
Rashid Rakhimov – Source [13]

Cependant, cette mauvaise série ne doit pas occulter le bon travail des coéquipiers d’Ailton. Première équipe à faire tomber le Zenit en championnat, le Terek sait profiter des rencontres face aux plus faibles pour engranger les points et ensuite défendre ses positions face aux concurrents pour l’Europe. Cette stratégie a des limites mais cette saison le Terek fait honneur à Grozny et à la Tchétchénie. Mise à part une défaite face au Torpedo, le Terek ne s’est jamais incliné face à plus faible que lui. L’Europe semble difficile à aller chercher mais chaque équipe sait très bien que les 3 points face au Terek sont loin, très loin d’être assurés.

Amkar et Rostov en perdition

Amkar – 14ème – 12 pts (16 matchs)

L’Amkar ne s’est donc jamais remis du départ de Cherchesov au printemps dernier. Après une fin d’exercice 2013-2014 proche du néant, le club de Perm a repris le chemin des terrains sans redresser la barre. L’Amkar a toutes les peines du monde à marquer et aura fort à faire pour s’en sortir cette saison.

Rostov – 16ème – 11 pts (17 matchs)

Européen en début de saison, Rostov est aujourd’hui bon dernier de RPL. En proie à des difficultés financières, les joueurs ne sont plus payés et tentent, tant bien que mal, de garder la tête haute et d’espérer de meilleurs lendemains.

Kalachev - Source [9]
Kalachev – Source [14]

Comme à son habitude, Kalachev se démène pour sortir son équipe de trou, mais la réussite qui habitait Kanga, Milic et Pletikosa la saison dernière, a quitté les rives du Don.

La résistance des promus

Torpedo (cf ci dessus)

Mordovia – 10ème – 20 pts (17 matchs)

Promu le mieux classé, le club de Damien Le Tallec a bien compris l’intérêt de la victoire à 3 points et ne s’embarrasse pas trop avec les matchs nuls (2 en 17 matchs). Capable de coup d’éclat face au Zenit et Krasnodar, l’équipe de Saransk marque peu mais marque utile. A la trêve, le Mordovia semble, en tout cas, à l’abri de la relégation.

Ufa – 11ème – 18 pts (17 matchs)

Ufa a la particularité de n’avoir gagné qu’à l’extérieur, et ceci n’a rien à voir avec le fait de jouer à Perm plutôt qu’à Ufa. Mise à part la sévère défaite 5-0 face au CSKA, Ufa n’a pas sombré lors de cette première partie de saison. A ce titre, il faut souligner les bonnes performances de Yurchenko dans les buts.

David Yurchenko - Source [11]
David Yurchenko – Source [15]

Qu’on se le dise, jouer face à Ufa peut sembler être gagné d’avance, il n’en est rien. Les hommes de Kolyvanov arrivent régulièrement à poser des problèmes à leurs adversaires. Devant, Handzic a rapporté quelques points précieux, tout comme le milieu brésilien Marcinho. A l’instar du Mordovia, Ufa est pour l’instant à l’abri, mais doit rester vigilant et garder cette solidarité et cette maîtrise collective qui fait sa force.

Arsenal – 15ème – 11 pts (17 matchs)

Longtemps à la rue, l’Arsenal Tula a du attendre la 12ème journée avant de connaître sa première victoire en RPL. Une véritable libération pour les hommes d’Alenichev qui étaient alors enfin récompensés de leur bon travail.

Dmitri Alenichev - Source [12]
Dmitri Alenichev – Source [16]

En effet, si Arsenal est faible dans les deux surfaces de vérité, le travail autour, l’animation souhaitée, le projet porté par Alenichev est louable. Avec sa victoire à Rostov, Arsenal quitte la dernière place au meilleur des moments, mais surtout l’équipe de Tula se relance complètement dans la course au maintien et a de quoi passer des fêtes bien plus agréables qu’espérées.

Classement Russe - Source [13]
Classement Russe – Source [17]

Références

[1] – Image issue du site Foxsports

[2] – Image issue du site Davai

[3] – Image issue du site Worldsoccertalk

[4] – Image issue du site RG

[5] – Image issue du site R Sport

[6] – Image issue du site Zimbio

[7] – Image issue du site FC Loko 

[8] – Image issue du site zimbio

[9] – Image issue du site UEFA

[10] – Image issue du site Fc Krasnodar

[11] – Image issue du site Fc Kuban

[12] – Image issue du site Sport kazan

[13] – Image issue du site Fc Terek

[14] – Image issue du site Fc Rostov

[15] – Image issue du site FC UFA 

[16] – Image issue du site Gazeta

[17] – Image issue du site Soccerway

Rusko & The Wolfman