Je l’accorde : Aller au Parc un 5 novembre, dans le froid pour un match aussi peu sexy sur le papier, relève du courage ou du moins d’une passion féroce. Mais il paraît que «quand on aime, on ne compte pas ». En foot, c’est un peu la même chose. Peu importe l’affiche, le supporter se doit d’être toujours présent. A première vue, Nicosie sonne mieux à l’oreille pour ces soirées enflammées en été que pour son équipe de foot. Mais comme nous l’avons constaté au match aller (victoire 1/0 du PSG dans la douleur), Nicosie a une équipe de foot ennuyante à jouer. Avec son jeu en bloc, bien organisée et compacte, elle ne ferait pas tâche dans notre si beau championnat de ligue 1.

 

Planté au milieu du périphérique parisien entre Porte d’Auteuil et Saint-Cloud, ce stade est toujours aussi beau. Il a certes besoin d’un bon coup de rafraîchissement. Mais l’Euro 2016 pointe le bout de son nez et les travaux ont déjà commencé. Me voilà donc aux abords du Parc des Princes. Quelque soit la rencontre, l’atmosphère dégagée par l’enceinte provoque toujours une sensation spéciale. En revanche, je suis toujours impressionné par le service de sécurité déployé en masse et payé grassement par le contribuable. Tout cela est-il réellement nécessaire ? Toujours est-il que la situation jure avec ce que j’ai pu vivre sous le soleil de Madrid le week-end dernier lors de la rencontre entre l’Atlético et Córdoba. Je vous invite à lire notre article à ce sujet. Mais à Paris, l’hiver est bien la et il faut avoue que ce PSG/Nicosie est loin de faire lever les foules à l’entrée des joueurs en dépit d’un stade plein. Certains diront « A une époque … » mais nous connaissons tous la fin de l’histoire et il s’agit d’un autre débat. Revenons au match. Privé de Verratti et Ibra, le PSG affiche son 11 « type ». On joue à peine une minute lorsque Cavani, auteur d’un joli geste délivre le Parc, bien aidé par une boulette du portier chypriote. El Matador en profite pour inscrire son 8ème but de la saison et le but le plus rapide de l’histoire du PSG en ligue des champions.

Le scénario semble alors écrit et on imagine le PSG tranquillement dérouler la rencontre. Oui mais voilà, ce PSG avec ou sans Zlatan, n’est plus du tout le même que celui de la saison passée. Je reste persuadé que le PSG aurait mené 2/0 à la mi-temp l’année dernière. Mais cette saison, les hommes de Laurent Blanc ne parviennent pas à faire le break malgré quelques actions splendides à l’image de celle orchestrée par le duo Pastore-Lucas et conclue par une tête croisée de Cavani sur le poteau. Paris a les opportunités de plier la rencontre mais tâtonne et vendange à l’image d’un Cavani brouillon. Paris laisse alors toujours l’adervsaire dans la rencontre et donne une sensation de vulnérabilité. Mené au score, Nicosie garde son plan de jeu et profite de la moindre occases sur coups de pied arrêtés. Sur corner, Sirigu détourne une tête dans les pieds d’un chypriote qui rate le cadre à un mètre des buts.

La seconde mi-temps sera un monologue parisien, jamais mis en difficultés. Les plus dangereux à Nicosie sont les 3/4 ultras au sang manifestement très chaud et à qui il faut reconnaître le talent de faire chanter toute une tribune. Le PSG l’emporte 1/0 et assure la qualification pour les 8ème de finale de ligue des champions. Certains grands clubs d’Europe aimeraient dire la même chose. Mais comment situer le club sur le plan européen ? Le club est toujours invaincu en Europe. Sa star Ibrahimovic est blessée, la charnière centrale Silva-Luiz monte en puissance. Il est intéressant de noter que le retour des victoires du PSG coïncide avec le retour de Silva sur la pelouse. Au milieu de terrain, l’absence de Verratti se fait toujours sentir et est incontestablement le maillon fort au milieu. Hasard ou non, en l’absence du prodige italien, Matuidi n’a pas été très bon hier soir. Mon gros bémol est pour Motta, rès loin de son meilleur niveau depuis le début de saison. Pastore apparaît de plus en plus indispensable. En attaque, Lavezzi semble hors de forme, Lucas alterne le bon et le moins bon, enchaîne les exploits individuels et les mauvais choix. Enfin, Cavani reste conforme à son début de saison, généreux et maladroit. Avec cette qualification, Laurent Blanc peut enfin souffler, après quelques semaines plutôt agitées. Mais son PSG est dans les temps de passage d’une très bonne saison en dépit d’un retard de 4 point sur l’OM en ligue 1.

Un mot sur l’ambiance : J’étais comme d’habitude en bas de la tribune Boulogne. Si la première mi-temps était plutôt pas mal, le niveau de l’ambiance fut médiocre en seconde mi-temps à l’exception des chants d’amabilité à l’égard du rival marseillais. Visiblement, le conflit persiste entre les « anciens » ou  les quelques « indépendants » comme ils sont appelés, qui malgré le plan Leproux continuent d’aller au stade et la « nouvelle génération » qui veut organiser et lancer les chants. En vain, ces derniers ne parviennentt pas à enflammer les foules par manque d’expérience et d’influence. Résultat, l’ambiance apparaît désordonnée, notamment pour ce type d’affiche.

Cela tombe bien, le match que tout le monde attend chaque saison contre l’OM a lieu dimanche. Le genre de rencontre où le Parc sort ses habits de lumière et son ambiance des grands soirs. A n’en pas douter, le Parc des Princes sera bouillant et il ne tient qu’à l’équipe de finir le travail. Quoi de mieux pour définitivement lancer (relancer) sa saison que de battre le leader marseillais et de revenir à 1 point de l’adversaire du soir ? Rendez-vous dimanche.

KarimJ (@Alexis7511) & The Wolfman

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