L’analyse du football en ce début de saison est comme la dégustation d’un bon vin. Il faut parfois savoir le carafer, et être patient avant d’en apprécier le goût. Malheureusement, en cette fin de période estivale, le couperet est tombé après trois matchs de L1 et l’heure est déjà à la distribution des trophées : Première hype, premier bide… alors que le mois d’Août n’est même pas terminé.

Pire, alors que beaucoup d’observateurs prônent les avantages d’une politique de stabilité, cette même stabilité dont fait preuve le Paris-Saing-Germain inquiète. Pourquoi le club de la capitale est si peu actif ou réactif dans ce mercato ? On s’interroge même sur les futures prestations monégasques en Ligue des Champions. Tout ceci est assez déroutant.

Monaco, le PSG : La L1 et la ligue des champions

Le club princier a vécu un été assez mouvementé entre les problèmes personnels de son président oligarque, la vente du meilleur joueur/buteur de la coupe du monde 2010 James Rodriguez. Précisons quand même qu’il n’a été bon que sur 3/4 mois l’an dernier avec l’AS Monaco. Le manque d’ambition de l’AS Monaco est pointé du doigt, et la politique est qualifiée d’indigne d’un grand club. Mais qui peut refuser aujourd’hui de vendre un joueur 90 M€, surtout pour ce type de profil ? Qui plus est, quand on connait les difficultés du club à satisfaire les exigences du Fair Play Financier. La stratégie monégasque est, paraît-il, illisible.

Or, le directeur général du club Vadim Vasilyev a toujours très bien expliqué les choses, avec une période de gros investissement sur la première année afin de sécuriser la ligue des champions, et une période de capitalisation sur cet investissement pour les années futures. La vente du stratège colombien permet à son équipe d’être « auto-suffisante », laisse place à l’éclosion d’un joueur comme Ocampos par exemple et ouvre la porte au recrutement d’un milieu offensif talentueux à moindre coût. Il est vrai que ce groupe a besoin de recruter défensivement, mais pour juger le mercato de l’ASM, attendons la fin du marché. Quant à l’avenir en ligue des champions, il suffit de se rappeler ce qu’était Manchester City, qui a attendu deux saisons avant de sortir des poules après avoir lui aussi connu le chapeau 4. Patientons jusqu’au tirage. L’ASM aura peut-être un tirage que l’on va appeler « parisien »…

Sur ce début de saison, l’erreur classique est de se baser sur l’aspect comptable. La sacralisation du résultat de brut fait des ravages et a de beaux jours en France et en Europe. Les Rouge et Blanc ont 3 points sur 9, l’entraîneur Jardim est déjà critiqué, considéré comme un moins que rien, n’ayant rien fait dans sa carrière. On lui reproche même sa préparation physique, avec ballon. Est-ce sincèrement une raison qui explique le hold-up lorientais et les 4 buts grossiers encaissés en 45 minutes face à Bordeaux ? On se plaint du manque de culture foot en France, mais si les médias qui se clament être des relais ou leader d’opinion ne font qu’accumuler des non-sens…

Le PSG est l’autre club suscitant une légère excitation. Le « pauvre » club parisien ne peut recruter à cause du Fair Play Financier. Le problème parisien est dû au fait que la masse salariale est « capée » par l’UEFA. Mais le Fair Play Financier a permis au club de ne pas se faire « ouvrir » comme l’a été Manchester United à travers le cas Di Maria. L’argentin est un superbe joueur, mais le marché atteint des proportions qui me dépasse…

L'argentin Di Maria à Manchester United pour 75 M€ - Source [3]
L’argentin Di Maria à Manchester United pour 75 M€ – Source [3]

Globalement, l’effectif parisien semble plus solide, plus expérimenté et plus rapide. A l’image de beaucoup de clubs, le PSG a compensé les départs de joueurs importants par l’arrivée de joueurs confirmés et prometteurs via David Luiz et Serge Aurier (pour Alex et Jallet). Le départ de Ménez est compensé en interne par Bahebeck, et Chantôme est revenu de son prêt à Toulouse. On peut même ajouter David Luiz au milieu de terrain le cas échéant. Défensivement, Marquinhos va prendre du poids et de l’expérience supplémentaire.

Ceci dit, comme l’an dernier, le grain de sable du PSG est ailleurs et surtout sur son banc. Protégé par la majeure partie des medias, Laurent Blanc perturbe encore. Apres une pré-saison réussie et deux matchs intéressants dans lesquels Pastore et Verratti ont brillé, le coach parisien a choisi de faire exploser son milieu face à Evian en changeant deux éléments : Matuidi (qui portait bizarrement le brassard) et Cabaye en position de 6 devant le défense. En conséquence, Pastore s’est retrouvé exilé et le jeu du PSG s’en est retrouvé perturbé. Je n’ai rien contre Cabaye mais Verratti et Motta lui sont supérieurs et il n’aura jamais le style et la vista de Pastore. C’est un poids mort protégé par les médias Francais à l’image des déclarations de Luis Fernandez ou Jean-Michel Larqué, préférant l’international français à Verratti.

Mais les deux ont été internationaux et ont donc par définition raison, parait-il. Mais revenons à Cabaye. L’arrivée de l’ancien joueur de Newcastle génère un coup non négligeable, provoque le problème Rabiot (qui recule dans la hiérarchie au milieu) et ennuie beaucoup Pastore et de ce fait, le jeu de l’équipe. Comme souligné la saison dernière, l’entraîneur parisien n’a jamais su optimiser les qualités de son groupe, notamment en ligue des champions. On le sait, c’est bien dans cette compétition qu’il sera jugé par la direction. Très heureux lors des deux derniers tirages de ligue des champions, la chance pourrait tourner…

Les clubs francais et les tours préliminaires de coupes d’europe

Apres une semaine difficile en termes de résultat (3 matchs, 3 défaites dont 1 aussi humiliante qu’honteuse), les fusils sont de sortie. Entre l’humour lourdingue des médias sur les noms des équipes étrangères et la fainéantise intellectuelle d’aller se renseigner sur l’évolution structurelle et économique de clubs turcs ou des championnats l’est européen, cette attitude méprisable est tout aussi navrante que les résultats sportifs. Quand on observe les effectifs et le niveau technique de Lyon et de Saint-Etienne, en quoi la condescendance peut-elle être justifiée ? Lyon n’a aucun top player dans son effectif, aucun leader technique, obligé de jouer avec des jeunes du centre. Selon le journaliste-chroniqueur Daniel Riolo, il suffit de lire les interviews du président Aulas pour comprendre la stratégie de l’OL, basée sur le stade (Pourquoi ne pas en avoir fait de même avec les interviews de Vadim Vasilyev ?). En 2017, avec le Stade des Lumières, l’OL redeviendrait donc très actif sur le marché des transferts. Mais pour quelles raisons ? Faut-il rappeler à ce dernier que le club rhodanien est côté en bourse et qu’il est important de rassurer les actionnaires et investisseurs ? Le marché devient très cher, la concurrence forte. Quand on observe ce qu’il en coûte à Manchester United par exemple pour compenser les erreurs de gestion (recrutement de Louis Van Gaal , 200 m€ de transferts). Ces sommes sont à pondérer avec la ligue 1. Néanmoins, les autres clubs ont le droit de se structurer, la France pourrait perdre une place en ligue des champions. Le club lyonnais va devoir dépenser une somme terrible pour revenir au top même en ligue 1.

Le stade des lumières, la base du projet de l'OL - Source [4]
Le stade des lumières, la base du projet de l’OL – Source [4]

Coté stéphanois, que dire ? La notion de groupe est importante mais le déficit technique offensif est criant. Malgré les arrivées de Monnet Paquet et Van Wolfswinkel, les verts ne se sont pas beaucoup renforcés au milieu de terrain et en attaque. L’ASSE n’a pas réussi à garder Trémoulinas, et avec le départ de Brandão, a, perdu de l’expérience, quoi qu’on pense du joueur. Cependant, les verts comme les Lyonnais peuvent s’en sortir et je reste persuadé que les deux clubs iront en phase de poule.

Enfin, le cas Lillois est assez différent. Les hommes de Girard affrontaient un gros nom européen, mais qui avait connu énormément de mouvements et une préparation moindre. J’imaginais que le profil lillois poserait des problèmes aux portugais. Mais les choix étranges de Girard, notamment au match aller, sont assez difficile à comprendre. Quoi qu’il en soit, le LOSC jouera l’Europa League, accompagné par l’ASSE et l’OL, espérons le.

Références

[1] – Photo du DG de l’ASM, Vadim Vasyliev

[2] – Photo d’Ocampos, joueur de l’ASM

[3] – Photo d’Angel Di Maria, joueur de Manchester United

[4] – Photo du futur Stade des Lumières 

The Swindler & The Wolfman