Outsider programmé d’un des groupes les plus faibles de cette compétition, la Russie avait pour ambition légitime de se qualifier au minimum pour les 8ème de finale. Deux matchs nuls (1-1) et une défaite 1-0 plus tard, l’équipe entraînée par Don Fabio quitte la compétition par la petite porte avec le titre d’équipe la plus insipide de cette Coupe du Monde et dans l’indifférence totale (et légitime) de la part des observateurs. En effet, comment s’enthousiasmer pour une équipe qui ne dégage rien, qui n’attire aucune sympathie et surtout qui propose un jeu aussi pauvre ?

A contre courant par rapport aux autres nations présentes au Brésil, la Russie n’a jamais cherché à créer et à mettre son adversaire à la faute. Cet attentisme est le fait, avant tout, d’un sélectionneur qui semble avoir perdu le mojo. Auréolé du titre de sélectionneur le mieux payé de cette CDM, Fabio Capello s’est couvert de ridicule au sortir du match nul face à l’Algérie, en se cherchant des excuses, notamment au niveau arbitral, et en glorifiant son bilan à la tête de l’équipe (première qualification russe à la CDM depuis 12 ans).

Aucune remise en question pour le sélectionneur italien qui compte bien poursuivre l’aventure avec la Sbornaya. jusqu’en 2018 si la Fédération ne décide pas de le renvoyer. Espérons pour la Russie, que les instances prennent leurs responsabilités et envoient Capello à la retraite.

Un plan de jeu mort-né, sans plan B

Quel était donc le plan de jeu de Capello pour cette Coupe du Monde ? Depuis 2 ans, l’ancien sélectionneur de l’Angleterre s’est attaché à créer son équipe autour d’un joueur : Roman Shirokov. Ce dernier étant blessé et forfait pour la Coupe du Monde, l’italien n’a jamais su réagir et proposer de vraies solutions. Pas fan de Dzagoev, Capello s’est ainsi privé du seul élément créatif de son groupe pendant la majeure partie de la compétition. En effet, le milieu de terrain du CSKA n’a joué que 61 minutes sur 3 matchs ! Quand on se souvient de sa performance à l’Euro 2012, et vu la qualité de jeu proposée par la Russie lors de ce mondial, cette décision est absolument incompréhensible et laissent quelques interrogations : Pourquoi Shatov a-t-il eu autant joué dans cette Coupe du Monde ? Pour quelles raisons Capello n’a pas jugé bon d’appeler Artem Dzyuba, un avant-centre au profil différent ?

Capello a perdu son duel face à Halilhodžić- Source [1]
Capello a perdu son face à face Soucrce [1]

Entre fébrilité et arrogance

Pour le dernier match contre l’Algérie, l’italien a enfin décidé de changer les choses, titularisant Kerzhakov aux côtés de Kokorin afin d’apporter un peu de poids à l’attaque russe. Un choix logique puisque Kokorin ne peut être valorisé qu’avec le soutien d’un vrai avant-centre avec lui. Malgré le but rapide de ce même Kokorin, on n’a jamais senti la Russie sereine. Fébriles face à de vifs Algériens, les défenseurs russes sont tous passés à côté de leur dernier match. Akinfeev a, quant à lui, raté sa Coupe du Monde. Erreurs techniques à foison, aucun liant, aucun plan de jeu, si ce n’est de rester solide et d’attendre un miracle, passes simples envoyées dans les pieds de l’adversaire, absences coupables sur les coups de pieds arrêtés… Et quand cette fébrilité est accompagnée de dilettantisme et teintée d’arrogance (cf. Fayzulin qui tente un petit pont alors qu’il peut ressortir tranquillement le ballon), le cocktail ne peut mener qu’à l’échec, sous forme de signal d’alarme à 4 ans du mondial à domicile.

Comment la Russie va-t-elle préparer son mondial ?

Qu’il est loin le temps où la Russie séduisait l’Europe face aux Pays-Bas en ¼ de finale de l’Euro. La Russie a débarqué au Brésil dans l’indifférence, on l’a voit partir dans la même indifférence et avec la satisfaction que l’absence d’ambition dans le jeu se paie cher. Aujourd’hui cette équipe est ennuyeuse et sans saveur. Capello en est en grande partie responsable, mais il ne faudrait pas passer sous silence certaines performances indignes d’une grande compétition internationale : Akinfeev ne m’a jamais semblé aussi fébrile que lors de ces 3 derniers matchs, aucun joueur n’est réellement parvenu à s’imposer au poste de latéral droit, Shatov a traversé la Coupe du Monde. La charnière, rare motif de satisfaction après les 2 premiers matchs, n’a pas tenu le choc face à l’Algérie. C’est dire tout le chantier qui attend la Russie pour se préparer pour la coupe du Monde en 2018.

Références

[1] – Site libération

Rusko & the Wolfman