Jeudi soir, Lisbonne, quartier de Belem, quelques allemands et suédois sont plus que des touristes habituels. En effet, c’est donc un jeudi soir à 19h30 heure locale et dans un Estádio do Restelo partiellement rempli (officiellement, un peu plus de 11 000 spectateurs pour un stade de 19 000 places environ) que se déroule la finale de la Ligue des Champions. Quelques locaux essayent de se faire de l’argent sur les billets, mais au final, les prix sont les mêmes pour tous : 10€ pour la place la moins chère. Une fois le billet récupéré, je m’installe tranquillement dans ce stade qui, accueille habituellement Belenenses.

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Passons sur la petite cérémonie d’ouverture kitsch et assez grotesque, le tout agrémenté de musique assourdissante, et passons au match. Je ne vais pas vous mentir, je ne connaissais pas grand chose de ces deux équipes. Tyresö ayant éliminé le PSG dans cette compétition, j’avais bien quelques souvenirs de joueuses qui m’avaient marqué : Christen Press, l’avant centre et meilleur buteuse du championnat suédois en 2013.

Verónica Boquete au milieu, sans oublier Marta qu’on ne présente plus. Côté Wolfsburg, la capitaine me dit vaguement quelque chose. Il s’agit de Nadine Keßler que j’avais déja vu jouer.

Le match commence et les suédoises prennent le jeu à leur compte en mettant la pression sur les buts allemands. Le jeu est assez brouillon et imprécis, mais la volonté de ne pas laisser de répit à son adversaire est bien là. Marta montre ses talents balle au pied et je m’aperçois qu’une bonne partie du stade est là aussi pour la voir jouer. Les débats s’équilibrent, et je dirais même que Wolsfburg semble plus proche du but que l’inverse. Mais, Marta va passer par là, enrhumant son adversaire avant de tromper Schult du droit. Deux minutes plus tard, en contre, Press réalise un boulot énorme, conservant le ballon, élimine son adversaire sur le côté de la surface avant d’offrir le but à Boquete.

Verónica Boquete - Source [5]
Verónica Boquete – Source [3]

Les supporters suédois sont en fête, une ola est lancée dans les travées du stade de Restelo. Malgré quelques frayeurs devant les buts suédois, le score en reste là, 2-0 à la mi-temps.

La 2ème période sera tout autre. Tyresö manque complètement son entame de seconde mi-temps. La défense semble encore aux vestiaires quand Popp réduit l’écart de la tête. Les actions s’enchainent, Söberg a beaucoup de travail et s’en sort très bien. Du mois, jusqu’à ce que Müller ne vienne se présenter seule face à elle et égaliser. 53ème minute, deux buts partout. Le match est vivant, rythmé et riche en spectacle. A peine 3 minutes plus tard, Marta réalise un enchainement crochet puis frappe enroulé du droit et redonne l’avantage à son équipe. Il est intéressant de noter que Marta a inscrit ses deux buts du droit, alors qu’elle ne joue presque que du pied gauche.

Nadine Keßler - Wolfsburg - Source [3]
Nadine Keßler – Wolfsburg – Source [4]

Mais il était écrit que cette finale verrait des buts, beaucoup de buts. Klingenberg blessée est sur le bord du terrain, les suédoises se replacent mal. On voit venir le but à des kilomètres et il arrive. Le décalage vers Faißt est évident et logique. L’Allemande ne se manque pas et égalise. Clairement, Wolfsburg a pris les choses en main. Supérieures physiquement, les allemandes ont la maitrise du match. Seule Marta semble encore faire office de danger pour l’arrière garde du WFL. Boquete, très bonne en première période, a disparu, et Press a du mal à se montrer. Côté Wolfsburg, c’est tout le contraire. Déjà une des meilleures joueuses sur le terrain dans le premier acte, Keßler a pris le jeu à son compte. La capitaine allemande est excellente et c’est d’elle que viendra le salut. Un petit festival sur le côté droit de la surface, bien aidé quand même par une défense apathique, et Keßler envoie Müller offrir la victoire aux siennes.

Il reste alors 10 minutes à jouer. Physiquement, le match est dur, les organismes sont fatigués, surtout côté suédois. Une fatigue rédhibitoire pour aller chercher une égalisation dans les derniers instants. Mené 2-0 à la mi-temps, Wolfsburg l’emporte donc 4-3 dans un match au scenario fou et aux multiples rebondissements.

UEFA Women's Champions League 2013/2014
UEFA Women’s Champions League 2013/2014 – Source [5]

En écrasant son adversaire en deuxième période, Wolsburg conserve donc son titre. Si techniquement, Tyresö a montré de belles choses, les suédoises n’ont pas été en mesure de rivaliser physiquement jusqu’au bout du match et ont très vite semblé s’essouffler en deuxième période. La faute à une débauche trop importante en première mi-temps ? Toujours est-il que c’est bien à Nadine Keßler, élue meilleure joueurs de cette finale, à juste titre même si Marta l’aurait eu haut la main si Tyresö avait gagné, que Michel Platini remet le trophée de la Ligue des Champions. Une deuxième victoire consécutive pour le club allemand qui a droit à son hymne à fond dans les enceintes.

J’ai passé un bon moment. L’ambiance était très moyenne, mais très bon enfant. Ce match était l’occasion de découvrir le football féminin pour beaucoup de spectateurs présents au stade, sans parler de ceux qui étaient déjà là pour le concert post match auquel je n’ai pas assisté. Sur le plan du jeu, je reste quand même un peu sur ma faim. J’ai vu des erreurs techniques assez grossières, beaucoup de jeu long et direct avec pour seule intention de se débarrasser du ballon. Mais je retiendrai surtout les performances individuelles de Marta et Nadine Keßler, la première période très intéressante de Boquete et les belles parades de Söberg dans les buts suédois.

Références

[1] – Site footdelles

[2] – Site voxstadium

[3] – Site futboldiario

[4] – Site VLF

[5] – Site UEFA

Rusko & The Woflman