Pour notre dossier tribune, nous sommes allés à la rencontre de 4 supporters parisiens aux différents profils. Alexis75 est habitué des tribunes depuis une quinzaine années au Parc des Princes, Momo est ancien abonné en Auteuil Rouge dans les années 2000. Le MEX et Mathieu sont quant à eux supporters du PSG depuis les années 80. Tous les quatre nous livrent leur expérience des tribunes, leur vécu, leur regard sur le Plan Leproux, l’arrivée des Qataris, l’évolution du Parc des Princes.

Découverte d’un club

Vous avez fréquenté les tribunes du Parc des Princes pendant de longues années. Depuis quand exactement ?

Le MEX : J’ai commencé à aller au Parc des princes en 1977, pour un match PSG / Saint Etienne (Dahleb avait  mis 2 buts je crois) auquel le père de mon meilleur pote nous avait emmenés pour notre premier match de foot « en vrai ». Ce qui m’avait marqué, c’est la sortie des escaliers et l’entrée dans les gradins. J’ai eu l’impression que la lumière des spots me faisait sauter le vert de la pelouse aux yeux. Par la suite, les chants et le sol que tu sens trembler me sont restés en mémoire.

Mathieu : La première fois que j’ai été au stade, c’était en 1986, lors d’un PSG/OM. Par la suite, je suis allé au stade quasiment tous les ans mais je n’étais pas abonné.

Alexis75 : Pour ma part, mon premier match est un PSG/Bordeaux 1999. Mon second match doit être PSG/Troyes avec Perrin sur le banc et une victoire 1-0 avec le but de Laurent Robert sur coup franc. J’étais aussi au fameux match contre Gueugnon au stade de France. J’avais 12-13 ans. Je n’ai jamais été abonné, ni Ultra. Je n’ai jamais été là dedans, et je n’ai jamais rien revendiqué. Je suis un supporter occasionnel, qui va au Parc une dizaine de fois par an, pratiquant Auteuil et Boulogne. Ces tribunes, je les ai bien fréquentées et étudiées.

Momo : Je n’ai pas de souvenir précis puisque mon père m’a amené au stade en tribune Auteuil pour la première fois alors que je n’avais pas 4 ans, autour de 1992. Pendant des années j’ai fréquenté le Parc avec lui jusqu’à ce que je m’abonne seul lors de la saison 2003/2004 jusqu’à la saison 2009/2010. Je n’ai jamais fréquenté que la tribune Auteuil et la tribune G pendant un temps.

Justement, comment étaient le Parc des Princes à vos débuts ?

LE MEX : Cela ne date pas d’hier déjà hein. Même si j’ai une bonne mémoire, il faut relativiser car j’avais encore des yeux d’enfant à l’époque… Dans la fin des années 70, les places coutaient 10/20 balles dans les virages et derrière les buts, les latérales étaient pour les riches (50 francs peut être). Parfois, on ne rentrait qu’à la mi-temps seulement en filant 5 balles au stadier. Je ne me souviens très sincèrement pas d’insulte en particulier ou d’un climat hostile, voire de comportements spécialement belliqueux, en dehors de ces salauds de pigeons parisiens ayant la fâcheuse tendance au survol en rase mottes…Les problèmes de supporters sont venus bien plus tard dans les années 2000. Je n’ai jamais fait de mélange entre mon envie d’ambiance et les opinions politiques exprimées par certains dans la tribune Boulogne dans laquelle j’avais coutume de me rendre. Non, le désir partait d’un simple constat que j’allais dans la tribune qui correspondait à l’idée de ce que je me faisais d’un match, celle ou il y avait des chants, des cris, des drapeaux …de la vie tout simplement. Et à Auteuil, il n’y avait RIEN à cette époque. Auteuil s’est « rempli » avec Denisot.

Mathieu : A l’époque, le Parc apparaissait beaucoup plus béton et brut avec beaucoup de pubs sur la bande de béton délimitant l’étage bas de celui du dessus. Mais il n’y avait pas beaucoup de monde, et il était possible parfois de rentrer gratuitement. L’ambiance était bizarre parce qu’il y  avait davantage de spectateurs que de fans. Les choses ont changé avec l’arrivée de Canal +, la création d’Auteuil et les différentes rénovations du stade.

Alexis75 : Quand j’ai commencé à aller au Parc dans les années 2000, Auteuil et Boulogne se toléraient et la coutume était même de s’applaudir réciproquement lors du fameux « Auteuil est magique, Boulogne est magique ». Auteuil était composé majoritairement des personnes de banlieue, mais pas uniquement. Il y avait également beaucoup d’anarchistes, assez proches de l’extrême gauche. La tribune Boulogne était politisée et orientée extrême droite, avec de vieux supporters dans laquelle les personnes de couleurs n’étaient pas représentées. Ca pouvait mal se passer entre les deux virages et j’en ai déjà été témoin.

Momo : La composition d’Auteuil était complexe. Beaucoup de supporter des associations Lutèce Falco et de Supras de la première heure étaient d’anciens de Boulogne. Au sein des Supras, il y avait des sections comme la K-Soces ou les Microbes qui étaient un peu des électrons libres (parfois en lutte avec certains du KOB). La composition banlieue était plus dans le groupe dont j’ai fait parti (TM93) en Auteuil Rouge, et qui a été réellement impliquée dans les gros incidents avec Boulogne à partir de 2004 2005 jusqu’à notre autodissolution en 2006 pour éviter qu’ils ne prennent de plus grandes proportions.

Francis Borelli embrasse la pelouse du Parc des Princes après sa victoire en coupe de France face à Nantes (3-2)
Francis Borelli au Parc des Princes après sa victoire en coupe de France face à Nantes (3-2) – Source [1]

Le MEX et Mathieu, vous avez connu l’ère Borelli. Quelle image retenez-vous de cette période ?

Le MEX : Ce que je retiens ? Un mec qui avait quinze fois plus de ronds que moi pouvait vibrer et pleurer comme un gosse sur un but du club qu’il supportait. Comme moi, finalement…

Mathieu : Borelli, je l’ai rencontré et il m’a fait la bise. J’étais assez jeune à l’époque mais l’image que j’en ai est une personne ultra respectée par les supporters parisiens et qui aimait le club à mort. C’est aussi la période des premiers titres, (j’ai vécu surtout celui de 86) et des grands joueurs, une sorte de Paris « bling-bling » mais avec également un côté « club à papa ».

Effectivement, Le PSG est par nature un club « bling-bling », le Parc « The Place to Be » avec les « Gang des chemises Roses », Daniel Hechter et sa conférence de presse « Chez Edgar » dans le VIIIème. En aviez-vous conscience ?

Le MEX : Je ne sais pas. Cette description ne correspond en rien au club que je supportais à l’époque. Alors oui par la suite, il est inscrit dans l’ADN du club que la proximité de la capitale a forcément impacté le club. Les lumières du club ont elles aussi attiré les abeilles du « who’s who » parisien. Mais moi je suis un banlieusard de l’est parisien et je répète donc que ne me reconnaissant pas la dedans, il m’est délicat de juger les « manières » des autres, qu’ils fussent de l’Est ou du Sud-Est Parisien.

Mathieu : Moi j’en ai pris conscience dans les années 90 quand j’ai réellement commencé à m’intéresser à l’histoire du club. Avec les nombreuses retransmissions TV, les réalisateurs ne perdaient jamais l’occasion de montrer les VIP. Mais je ne crois pas que les supporters avaient cette image. Pour beaucoup, le club était assez populaire (notamment pour ceux d’Auteuil) et longtemps les supporters ne voyaient pas le club comme « bling-bling », en particulier, ceux qui l’ont suivi à partir des années 2000. Maintenant, je pense que tous les réels supporters qui se sont intéressés au PSG et son histoire sont conscients de ça et le mettent même en avant sans gène, surtout depuis le déferlement de démagogie contre la richesse du club version QSI (valeurs, opposition argent/passion).

Alexis75 : Le PSG est un club de stars, a toujours été un endroit où il fallait être effectivement. Je l’ai toujours ressenti comme tel.

Momo : C’est vrai que le PSG à cette image « bling-bling » depuis l’époque Hechter. D’une certaine manière, cette image a contribué au rayonnement du PSG. Mais il y a toujours eu un sacré contraste entre les habitués de la corbeille du Parc et ceux des virages. C’est d’ailleurs toujours le cas aujourd’hui même sans les assocs. Malgré tout, on ne peut pas remplir un stade que par des gens qui présentent bien et qui gagne 70K€/an minimum. Aujourd’hui comme hier, ce contraste entre le public « bling-bling » et le public normal existera.

Rivalité, supporterisme et plan Leproux

Comment avez-vous vécu l’arrivée de Canal + et la montée de la rivalité avec l’OM ? 

LE MEX : Comme une injustice…à eux la ferveur et à nous la suffisance. Voilà comment les scénaristes Denisot et Tapie ont fait le casting en se foutant bien de l’amour du football. Pour des gens de médias et de cinéma remarquez, se soucier plus des entrées en salle que de la qualité du produit n’est pas une surprise en soi. Mais le faire en tirant sur des vieilles recettes de rivalité de clocher n’a pas rendu service à ce sport…et plus généralement à la façon dont un supporter de foot sera longtemps considéré par la suite par le reste du public…mais on en reparlera peut être plus tard.

Mathieu : A l’époque, j’ai eu du mal à comprendre les raisons de cette haine avec les marseillais alors que mon premier match en 1986 était justement un PSG/OM sans réel problème. Mais en grandissant, elle s’est emparée de moi à travers les matchs et la violence sur le terrain.

En 2008, la Finale de la coupe de la ligue entre Lens et le PSG a créé la polémique avec la fameuse banderole sur les « Chtis ». Comment avez-vous réagi face à cet incident ?

LE MEX : Pour ma part très bien…sans honte ni fierté particulière de supporter le même club que les auteurs de cette banderole, sans cautionner non plus. Mais qui n’a jamais fait de faute de goût en matière d’humour ? Coluche a fait rire une bonne partie de la France avec un sketch sur le viol (toutes les filles prénommées Monique continuent de l’en remercier d’ailleurs) et dans le même temps, il était capable de créer les restos du cœur…cela fait-il de lui plus un con ou un mec bien, je ne sais pas mais a minima, je ne retire à personne le droit d’être un peu con de temps en temps.

Banderole PSG / LENS - Coupe de France 2008 - Source [2]
Banderole Lens / PSG lors de la Coupe de France 2008 – Source [2]

Mathieu : Je l’ai assez mal vécue. Tout cela m’a semblé beaucoup de bruit (dissolution des Boulogne Boys, les menaces sur le club, les politiques et supporters des autres clubs qui jouent les démagos) pour une simple banderole débile comme on en voit dans tous les stades. Après, c’est assez bas de plafond. Mais dans ce climat autour du film de Dany Boon, il ne fallait pas dire du mal des chtis.

Momo : Elle serait passée plus inaperçue si elle avait été déployée au Parc. Là c’est une finale de coupe au Stade de France en présence des plus hautes autorités de la politique et du sport. C’est diffusé en clair avec le contexte du succès en salle du film « Bienvenue chez les ch’tis ». Contexte explosif ! Dans la foulée, les politiques se sont saisis de l’’affaire, ont accentué l’émoi et visé une frange des supporters même s’il est avéré que cette banderole n’était pas du fait des Boulogne Boys, mais plus isolée. Et puis c’était aussi l’opposition des « gentils » supporters lensois face aux horribles racailles et fachos du PSG. Dans les faits, on sait que ce n’est pas aussi simple.

Dans quelle mesure a-t-elle joué un rôle sur la vision du supporterisme en France et sur les Parisiens en particulier ?

LE MEX : Pour moi aucun. Le supporter de foot passait déjà pour un con pas très évolué et celui de Paris pour un fachos Au fait je me demandais d’un coup, Henin Beaumont c’est plus proche de Lens ou de Paris ? Je suis nul en géo…

Mathieu : Elle a surtout pointé la différence de traitement entre les supporters parisiens et les autres, créé un sentiment d’injustice pour beaucoup et renforcé à mon sens l’idée du « seul contre tous ».

Momo : Elle a eu un impact sur la vision du supporterisme certainement, mais elle était déjà mauvaise depuis longtemps. Pour ceux qui suivent le football de loin, les supporters ont l’image de beauf, qui ne connaissent rien à part le foot et la bière. Les supporters du PSG avaient également mauvaise réputation depuis longtemps et elle n’a fait que confirmer ce que pensaient les gens. De mon point de vue, c’était surtout l’occasion de frapper un grand coup (le premier en vue de l’euro 2016 selon moi) avec la dissolution des Boulogne Boys. Une grave erreur pour les pouvoirs publics qui ont perdu à cette occasion des interlocuteurs sérieux et crédibles.

La culture supporter et ultra fait souvent l’objet de banderole à l’humour de mauvais goût. Cet épisode n’était-il pas l’occasion de lever le voile sur ce milieu assez méconnu du grand public ?

LE MEX : Je n’ai jamais prétendu avoir été assez proche du milieu ultra pour le juger correctement. Maintenant pour répondre à votre question, j’ai envie de faire mon rabbi Jacob en vous demandant : « A-t-on vraiment jamais eu envie de le lever ce voile ? »

Mathieu : C’était peut être l’occasion, mais ça ne s’est pas fait. Il n’est resté qu’une énorme vague d’indignation et des amalgames entre Hooligans et Ultras.

Momo : La culture ultra ne se résume pas aux banderoles bien heureusement même si c’est un aspect essentiel. Dans le cas de cette banderole, elle m’avait fait rire et elle me fait encore rire. Et puis sérieusement, elle n’était pas aussi violente que certains chants que nous avions l’habitude d’adresser aux lensois et inversement d’ailleurs. Je ne sais pas si cet évènement en particulier a levé le voile, même si beaucoup d’articles (pas forcément bien renseigné) ont été consacré dans la presse. Le milieu du supporterisme reste toujours sujet à pas mal de fantasmes.

Venons en alors aux problèmes entre supporters Parisiens. A partir de quand les choses se sont-elles envenimées ?

Alexis75 : Tout a commencé quand les leaders dont Pereira (Boulogne) et Amar (pour Auteuil) n’ont plus tenu les petits nouveaux, en particulier les jeunes des cités qui ne respectaient plus rien. Il y a eu cet épisode de vol de banderole, en particulier à Nantes il me semble. A partir de là, l’ambiance a changé. Boulogne sifflait Auteuil et réciproquement, jusqu’à ce que Yann se fasse tabasser à l’entrée d’Auteuil lors de ce match PSG/OM.

Momo : Les raisons de l’opposition sont nombreuses, souvent futiles. Nous étions la première association d’Auteuil à être totalement indépendante, les autres nous ont emboité le pas. Nous étions un des principaux moteurs de l’ambiance avec de grosses animations (craquage de fumigènes etc…) et pour finir beaucoup parmi nous avaient un esprit antifa en opposition au fafs1 qui pouvaient côtoyer la tribune Boulogne. Avec le recul, antifa et fafs ont le même combat. Les idéologies sont différentes, mais les méthodes et l’esprit qui se développent sont souvent très proches. Il est alors né une grosse rivalité avec le KOB avec des affrontements sporadiques jusqu’aux gros incidents tout au long de l’année 2005 notamment, ce qui nous a valu aussi une marginalisation au sein de notre propre tribune. Certains du virage de Boulogne étaient politisés. Dans les années 90, le JNR2 de Ayoub qui a essayé vainement de s’installer, derrière les identitaires du BI et JI se sont mieux intégrés et notamment chez les indépendants. Les tribunes sont aussi un bon moyen de trouver de nouveaux adhérents. C’est ce qui explique qu’à Auteuil, des groupes d’extrême gauche notamment ont essayé de s’implanter mais pas avec le même succès (relatif) qu’à Boulogne. Pereira et Amar sont des gens biens et très censés. Ils n’ont franchement rien à voir dans ce qui a pu se passer. Dans leurs associations respectives, ils n’ont jamais été dépassés puisque les Lutèces Falco en particulier sont plus ou moins toujours restés loin des problèmes.

Vous étiez présent le fameux match PSG/OM du 28 Février 2010. Pouvez-vous nous en dire plus ?

Alexis75 : Oui, j’étais au stade ce soir la en tribune Auteuil. C’est le seul match où je suis rentré sans composter mon billet. En effet, les mecs de Boulogne voulaient se venger et ont balancé tout ce qu’ils pouvaient. Il régnait une ambiance de mort à ce match. L’OM gagne 3-0 mais le résultat est anecdotique. La suite, on la connait, jusqu’à la fin de saison et ce match face à Montpellier avec les fumigènes balancés partout sur la pelouse.

Momo : Le soir de la mort de Yann, les choses sont complexes. Les problèmes ont concerné des indépendants qui n’ont jamais été cartés en Boulogne. Les personnes d’Auteuil impliquées sont des supporters d’Auteuil retardataires (je faisais parmi de ces retardataires avec mon frère âgé de 15 ans à l’époque) qui ont été surpris par une attaque qui n’était pas « prévue ». La gestion de cette soirée me laisse perplexe. Le groupe d’indépendants repéré par les ex Renseignements Généraux ont pu circuler tranquillement jusqu’au niveau de la tribune G (de l’époque puisque aujourd’hui les lettres ont changé) alors que 3000 policiers étaient déployés. Le match de Montpellier en 2010 est un clap de fin. Nous savions que c’était fini pour nous : Craquage massif, refus de sortir du Parc jusqu’à ce que l’on soit délogé par les CRS. Triste soirée.

Le plan Leproux se mets alors en place. Quel regard portez-vous sur cette initiative ?

LE MEX : Je pense qu’en France on a la mémoire courte. Ce plan a été rendu nécessaire autant par le décès de deux personnes que par la répétition d’exactions hors enceinte du Parc, dans lesquels les supporters des deux côtés ont été  impliqués. C’est ça (eux ?) qui a signé un blanc sein à la mise en place de cette politique d’abonnement. Mauvais ou pas, c’était probablement la seule façon de pouvoir espérer, dans un premier temps, l’amélioration de l’image du Parc et du club par ricochet…mais surtout de permettre d’attirer des investisseurs du golf ou d’ailleurs. A titre plus personnel, le fait de pouvoir revenir avec un gamin en n’ayant juste qu’a lui boucher les oreilles pour certaines insultes me sied plus que d’avoir à lui masquer les yeux, surtout si c’est pour lui éviter d’en perdre un.

Mathieu : Cette saison, j’ai senti une montée de la haine entre les deux tribunes au Parc. Ma position est que le plan Leproux était nécessaire à l’époque et qu’il fallait en passer par là. Pourrait-on ouvrir le dialogue et envisager un retour aux associations aujourd’hui ? Ca fait 4 ans que les choses ont eu lieu… pourquoi pas, avec une surveillance drastique. Mais je ne crois pas que ce soit dans l’intérêt du club d’avoir une sorte de contre pouvoir qui pourrait à terme nuire à l’image que veulent véhiculer les propriétaires

Alexis75 : Le plan Leproux a été un changement complet et radical. Les anciens abonnés ont boycottés le Parc au départ. Je me souviens d’un match PSG/Dortmund en Europa League où j’avais eu des places une heure avant le match à 10 euros. Les places étaient gratuites pour les femmes et enfants et malgré cela, Leproux n’a jamais réussi à remplir le Parc même la dernière année avant l’arrivée des qataris lorsqu’on termine 4ème. La seule fois où j’ai revu les tribunes telles que je les connaissais, c’était lors de la finale de coupe de France perdue contre Lille au Stade de France.

Momo : Un plan, nécessaire certainement mais déjà bien avant d’en arriver à des points de tensions tels. Mais peut être pas dans cette mesure. Les personnes susceptibles de créer du trouble étaient identifiées A plusieurs reprises, il y a eu la possibilité de les écarter mais cela n’a pas été fait. On a souvent reproché aux associations de ne pas faire de nettoyage mais la plupart des gars ultra violents n’étaient pas cartés. De plus, radier un membre ne l’empêche pas de venir en tribune. La solution ne pouvait donc venir que des pouvoirs publics et de la direction. Dans, l’opinion publique cette initiative a été vue dans un premier temps comme une action très positive et à ce moment, nous avons certainement eu un déficit dans la communication, d’autant que les médias avaient un avis très tranché et que nous avions du mal à véhiculer notre point de vue. Au sein même des Ultras, nous avions des avis partagés sur le boycott. Certains ont relevé ses limites. Tout cela a marché dans un premier temps et puis avec l’arrivée des qataris, le parc est de nouveaux rempli et nous avons petit à petit disparu du paysage.

Des négociations avec le club ont-elles été envisagées pour un retour aux abonnements ?

Alexis75 : Les négociations, les promesses je n’en sais rien. Les qataris n’ont jamais rien promis eux. Et ils n’avaient aucune raison de le faire.

Momo : J’ai suivi que de loin toutes les tractations qu’il y a pu avoir après le plan dit Leproux notamment avec Amar des Lutèce Falco, qui avait apporté des propositions pour la saison 2010-2011. Une sorte de système de mise à l’épreuve avait été proposée avec comme condition qu’au moindre dérapage, tout le monde saute. Cette proposition était peut être arrivée un peu vite puisque dans la foulée de la saison 2009-2010. Elle aura au moins eu le mérite d’exister. Durant la même saison, il y a eu plusieurs contacts avec la direction mais de manière très informelle et peu de choses ont filtré. Leproux à l’époque a fait un « mea culpa » et avait pris des engagements sur un retour des abonnements avant de se retirer. A sa décharge il avait beaucoup de pression niveau politique et il était bien mal entouré Skropeta, Boindrieux, D’Hallivillée. Et puis le rachat a fini par enterré plus ou moins la chose. On a cru un moment que Jean-Claude blanc déverrouillerait le sujet. Ca n’a pas été le cas notamment avec d’Hallivillée qui est resté aux affaires et qui a fait en sorte que les choses ne bougent pas. Une chose est sûre : Le Parc est bien verrouillé et aucune possibilité n’est laissée à un retour d’une ambiance organisée. La direction a eu la brillante idée de laisser pendant un temps l’usage d’une sono à SOS racisme et UEJF (un comble quand on sait qu’un des arguments utilisés contre les tribunes à l’époque était la politisation et le communautarisme). On peut aussi noter le fait que pendant une période, ceux qui avaient les micros ont subi des pressions par certains ultras. Tout ça a donné aussi de l’eau au moulin de la direction.

1 – Fasciste

2 – Jeunesses Nationalistes Révolutionnaires

Références

[1] – Site leparisien

[2] – Site Lepoint

[3] – Site Football365

[4] – Site 20minutes

Dans la seconde partie, nos 4 supporters reviendront sur leur vision du Parc des Princes aujourd’hui

The Wolfman

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