Benfica – Juve, le nouveau champion portugais contre le présent et futur champion italien, bien plus qu’un choc de demi-finale d’Europa League, cette rencontre est également primordiale pour la Liga Sagres et la Serie A. En effet, au classement du coefficient UEFA, l’Italie se trouve menacée par le Portugal. Même si cela ne changerait rien en termes de places attribuées en Coupe d’Europe, se faire dépasser par le Portugal serait relativement inquiétant pour un calcio que l’on dit en renouveau.

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Après Benfica-Porto, j’ai donc la confirmation que les portugais arrivent tard au stade, voire au dernier moment. L’aigle fait son petit effet avant que l’hymne du club ne retentisse et lance véritablement le match.

Pas vraiment le temps de se chauffer la voix que le stade explose une première fois lorsque Garay reprend victorieusement un corner de Sulejmani. On joue à peine depuis 2 minutes et Benfica prend déjà les devants.

Un coup de massue qui assomme quelque peu les hommes d’Antonio Conte, positionnés assez bas, notamment les deux latéraux, laissant ainsi apparaître un 5-3-2 plutôt qu’un 3-5-2. Petit à petit la Juve entre dans son match, resserre les lignes et empêche Benfica de jouer. La Vieille Dame s’attache à ne laisser aucun espace à son adversaire. Si cet aspect du jeu bianconeri fonctionne à merveille, il en est tout autre dans la création. Stéréotypée, l’animation offensive de la Juve se repose essentiellement sur un coup de patte de Pirlo ou sur de long ballon de Bonucci. 1-0 à la mi-temps, le score semble logique.

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Le match est intense mais les occasions sont rares. La mi-temps va endormir tout le monde, à commencer par les supporters. Seuls quelques résistants continuent à chanter, mais globalement la tension gagne les tribunes. Même le parcage de la Juve, jusque là animé, reste silencieux. Le match est tendu, la Juve maitrise son adversaire, ne laisse jamais Benfica faire la différence et l’empêche de s’installer dans son camp, mais balle au pied, ça manque de vitesse et de créativité côté italien. Difficile de dire comment le match va tourner, mais on sent le 1-1 plus proche que le 2-0. Impression confirmée à la 73ème minute lorsque Tevez réaliste un petit numéro dans la surface benfiquiste et réveille le parcage italien. Benfica et l’Estadio da Luz sont assommés et il leurs faudra quelques minutes pour se remettre de ce but. Devant, Lima a remplacé un Cardozo peu en vue, bien pris par la charnière italienne et pas suffisamment soutenu. Plus remuant, le brésilien amène un profil différent qui fait du bien à son équipe dans cette fin de match. Et c’est sur une des rares actions menées à son terme par les locaux en seconde période, que Lima crucifie Buffon d’une frappe puissante à l’entrée de la surface. Le stade explose littéralement et ne va plus s’arrêter. Ces 10 dernières minutes vont offrir un peu plus d’émotion encore. Tout le stade est debout et pousse son équipe à aller chercher le 3ème but. L’ambiance est magnifique, l’équilibre est oublié et tour à tour chaque équipe aura l’occasion de marquer un nouveau but.

On en reste donc sur cette victoire 2-1 de Benfica. Une belle victoire, pas illogique sur l’ensemble du match, qui offre au portugais un léger avantage avant le match retour. Côté Juve, si la réduction des espaces et le pressing imposé m’ont impressionné, il faudra se montrer plus créatif pour pouvoir faire la différence. L’apport d’un Vidal ne pourrait qu’être bénéfique.

J’ai assisté à un vrai bon match de football, mais je comprends pourquoi ces deux équipes n’ont pas joué mardi ou mercredi. Un choc d’Europa League, ni plus, ni moins. Autour du stade, l’ambiance est bon enfant, les supporters profitant pour relancer quelques chant en passant dans le tunnel peint de magnifiques fresques.

PS : Un grand merci à Ingo pour les photos et vidéos

Rusko & The Wolfman