Au Portugal depuis moins de 48h, je ne connais encore rien de Lisbonne, mais je sais une chose : Le Benfica reçoit Porto pour un match retour de Taça de Portugal qui promet.

Hier, à peine installé dans le quartier de Benfica, je prends la direction du Estádio da Luz afin de récupérer le billet déjà acheté sur internet et en profiter pour acheter ma place pour Benfica / Juventus. Avant d’arriver au stade, je passe sous un pont et découvre de fort jolies fresques à la gloire du club. Près du stade, une statue de Eusebio est protégée par un enclos de verre, rempli d’écharpes de Benfica.

Le lendemain, billet en poche, je me dirige assez tardivement vers le stade. Du moins, c’est ce que je pensais. Un premier contrôle de billet, un deuxième plus officiel et m voilà déjà à l’intérieur de l’enceinte benfiquiste. Le match est dans un peu moins d’une demi-heure, le stade commence à se remplir et les joueurs sont à l’échauffement. Bien qu’assez loin d’afficher guichet fermé (65000 places), le stade se remplit à la dernière minute. Au final, nous serons un peu plus de 45 000 personnes pour cette affiche.

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A ma droite, le parcage des supporters des Dragons fait du bruit. Côté locaux, c’est pour l’instant assez calme. L’entrée des joueurs sous l’hymne du club va changer la donne. Les benfiquistes sont chauds, le match peut commencer.

Très vite, Benfica prend les choses en main. Porto n’existe pas et ne peut sortir de son camp. Quaresma se fait huer à chaque ballon qu’il touche. Je ne comprends pas encore le portugais, mais les insultes à son égard restent très perceptibles. Peu après le premier quart d’heure, Salvio fait exploser le stade une première fois en reprenant de la tête un centre venu de la gauche. Benfica prend logiquement l’avantage et remet les deux équipes à égalité sur l’ensemble des deux matchs.

On voit mal Porto s’en sortir tant la différence entre les deux formations semble énorme. C’était sans compter sur Siqueira. Le milieu brésilien récolte deux cartons jaunes en 3 minutes et laisse ses partenaires à 10 alors qu’il reste plus d’une heure à jouer. Le match change de physionomie. Psychologiquement, Benfica est touché alors que Porto se met enfin à aligner quelques passes consécutives, sans pour autant se montrer très dangereux. 1-0 à la mi-temps, tout reste à faire.

Le début de seconde période est relativement équilibré, même si on sent que Porto profite de sa supériorité numérique pour contrôler le match. Alors que Benfica pousse et que les supporters invitent leur équipe à « faire un but » (Faz um gol en VO), Silvestre Varela vient se jouer de la défense benfiquiste et trompe Artur. Le silence benfiquiste contraste avec la joie du parcage de Porto. Sonnés, les supporters reprennent leurs esprits et les chants qui vont avec. A 10 contre 11, Benfica doit désormais marquer 2 buts pour se qualifier. Mission impossible ? Pas vraiment. Porto semble assez fébrile en défense et très vite, Benfica obtient un penalty que Perez se charge de transformer. Le stade est en joie et pousse son équipe à tout donner. Rodrigo est très remuant devant et fait passer un frisson dans la défense de Porto, bien heureuse de le voir glisser. Le chrono défile, l’ambiance est électrique, chaque faute est contestée, les joueurs se jettent par terre à la moindre occasion et les supporters encouragent, insultent, réclament les cartons.

Toujours est-il que ces derniers y croient dur comme fer. On joue la 80ème minute, André Gomes reçoit le ballon au coin de la surface, contrôle poitrine, coup du sombrero, frappe et BUT ! Le stade est en fusion, les supporters tentent d’envahir le terrain et sont repoussés tant bien que mal par les stadiers avant que les forces de l’ordre ne viennent les aider. Il reste un peu plus de 10 minutes à jouer, tout le stade est debout et chante, pousse son équipe à tenir, siffle copieusement toutes les phases de possession de Porto. Le jeu est haché, les coups pleuvent, tour à tour, les deux entraîneurs sont exclus, tout comme Quaresma, la cible préférée de tous les supporters de Benfica. Sur les 6 minutes d’arrêts de jeu, le temps de jeu effectif doit être infime, tant Benfica aura cherché à casser le rythme. Mais l’essentiel est ailleurs, Benfica remporte ce match 3-1 et se qualifie pour la finale de la Coupe du Portugal. Un an après avoir tout perdu, Benfica peut-il tout gagner ? Le titre semble déjà joué et pourrait même être officialisé dès ce weekend. Il restera alors à Benfica, l’Europa League et cette Coupe du Portugal pour combler ses nombreux supporters.

Un dernier mot sur ces supporters. Si l’avant match m’a paru bien calme, le match m’a rappelé à quel point le football se vit avec passion. Les chants ne sont pas l’apanage de quelques supporters situés derrière les buts. Ici, toutes les tribunes chantent à la gloire du SLB. Je quitte le stade sous les derniers chants de ces supporters et retourne tranquillement chez moi. J’ai déjà hâte de revenir pour Benfica-Juventus.

Rusko & The Wolfman