Après l’élimination en ligue des champions, la déception est grande du côté des supporters et de l’état major parisien, voire même chez beaucoup d’analystes du football français, au regard du sacro-saint indice UEFA. Autre personnage au cœur de l’actualité, Laurent Blanc. Responsable pour les uns, en apprentissage pour les autres, le statut de l’entraîneur parisien et sa côte auprès des différents acteurs du football français suscitent énormément  de débats.

Il ne s’agit pas  de remettre en cause le travail réalisé par Laurent Blanc (ou plutôt le ticket Blanc-Gasset). L’objectif est d’avoir une vue plus macroscopique sur la saison du PSG, avec un focus sur ce 1/4 de finale de la ligue des champions face à Chelsea. L’analyse d’une saison nécessite de prendre en compte le contexte, ne pas succomber à la surpuissance du résultat brut, remettre chaque évènement en perspective. A défaut, l’analyse même n’a pas grand intérêt  et s’en retrouvera faussée.

Un titre de champion logique 

Aujourd’hui, comment juger la saison du PSG ? Un titre de Champion de France de L1 pour la deuxième année consécutive, un 1/4 de finale de Ligue des champions pour la deuxième fois en deux ans et une finale de coupe de la Ligue à jouer contre Lyon. Ah j’oubliais, le trophée des champions qui reste un trophée qui compte selon les humeurs de certains. Pourquoi pas…D’un point de vue brut, le PSG réalise une bonne saison, qui en cas de victoire en coupe de la ligue pourrait devenir au yeux de certains observateurs une très bonne saisons avec 3 titres à la clé sur les 5 compétitions dans lesquelles était engagé le club. Permettez moi de ne pas être d’accord avec ce genre de propos.

Le PSG possède un effectif de plus grande qualité et joue dans 4 compétitions domestiques dont le niveau global a sérieusement baissé. En championnat, Blanc a fait le minimum de ce que l’on attendait de lui même si il peut y avoir débat sur la gestion de certaines rencontres (cf. Monaco, Lille). Le PSG a surtout construit son titre en écrasant les équipes faibles et moyennes de L1. Au regard du niveau du football français et de celui du PSG, le titre de champion de France est somme toute logique et on est en droit d’attendre que le club remporte une des deux coupes nationales. D’un point de vue du terrain, le jeu du PSG a évolué par rapport à l’année dernière et est plaisant. Mais quoi de plus normal étant donnés les investissements, les améliorations de l’effectif, et le fait que Motta joue enfin une saison complète sans pépin physique ?

Finalement , les hommes de Laurent Blanc réalisent une saison conforme à ce qu’on attendait d’eux. Un constat que beaucoup de personnes ne comprennent pas, et n’intègrent pas en se réfugiant derrière le fait que QSI est la depuis 3 ans uniquement. Un raisonnement qui pourrait se tenir en Espagne, en Allemagne, Angleterre où l’adversité est présente…Le problème, c’est que le PSG joue en France. Un grand club requiert de l’exigence. Était-ce excessif d’attendre plus de ce PSG cette année, et notamment le triplé national ?

La Ligue des Champions, le mètre étalon pour Laurent Blanc

En Europe, il est très difficile de juger une saison sans prendre en considération de tirage au sort et les équipes rencontrées (cf. le parcours de Manchester City). Il n’était pas évident de tomber dans un groupe plus facile que celui de l’année dernière. Et pourtant il a eu lieu, avec le Benfica diminué par des blessures en phase aller, l’Olympiakos et Anderlecht. Avec un calendrier favorable, le PSG finit premier du groupe, après avoir géré complètement la phase retour. Rien d’étonnant compte tenu du tirage au sort.

Viennent alors les huitièmes et la confrontation contre le Bayer Leverkusen, largement à la portée de l’effectif parisien. Après une démonstration impressionnante à la Bayer Arena, le PSG s’impose et file en 1/4 de finale contre Chelsea. Le club anglais est alors le premier adversaire de taille cette saison. Une double confrontation qui permettra d’évaluer le niveau du PSG, et à Laurent Blanc d’être jaugé.

Depuis le début de la saison, le PSG et Laurent Blanc ont bâti leur style sur une mode à la barcelonaise, à base de je de possession. Qu’a-t- on vu sur les deux rencontres contre Chelsea ? Un PSG craintif, qui a laissé le ballon à une équipe redoutée et redoutable en contre. Le PSG a eu peur. Si cela est compréhensible au match aller où finalement le score de 3-1 est assez miraculeux, cela l’est beaucoup moins au match retour. Pour avoir une chance de battre Chelsea, il fallait mettre beaucoup d’intensité, mettre de la vitesse et jouer juste entre les 30 et 50 mètres de leur cage, dans le but de contrecarrer leur pressing. L’autre système ou Chelsea a du mal, c’est ce que l’on appelle vulgairement l’autobus car les blues ont beaucoup de joueur d’espace. Laurent Blanc a eu les mêmes peurs que lors du 1/4 de finale de l’Euro 2012 (France / Espagne). Le PSG n’a pas joué, et a souhaité de manière simpliste mettre en place un système de contre attaque. Mais le bloc du PSG était trop bas, la circulation de balle beaucoup trop lente. Ibrahimovic absent, le PSG a manqué de ce joueur qui décroche, qui libère l’espace pour Verratti, Matuidi, Motta et de ce lien milieu/attaque capable de jouer vite et juste. Pastore aurait pu tenir ce rôle. Quand l’argentin est entré, le jeu a considérablement changé, le PSG s’est montré dangereux a eu des occasions de but.

Le manque d’expérience pour expliquer la défaite ?

On peut noter que la défense a pris deux buts ridicules, que Cavani a vendangé une énorme occasion. Ces fautes ne sont pas imputables à Laurent Blanc. Mais l’erreur majeur de ce dernier a été de de se renier tactiquement, avoir été naïf et simpliste dans la mise en place. Pour les londoniens, Pastore était le virus au sein de leur système immunitaire. Lucas n’est pas encore assez intelligent, Verratti bien jeune encore et Matuidi traversant ce 1/4 aller retour comme une âme en peine.

Laurent Blanc ressemble à Pellegrini : Un bon coach, intéressant et fan du « beau jeu » mais incroyablement bloqué devant un adversaire de renom, plus enclin à se protéger tactiquement que d’assumer sa vraie nature. On pourrait évoquer l’expérience pour expliquer l’élimination. Mais à partir du moment où le PSG a 2 buts d’avance, que l’adversaire est très amoindri (Ramires suspendu, Matic et Salah pas qualifiés, Hazard blessé), le vécu et le manque d’expérience deviennent des excuses. Avec deux buts d’avance et un contexte favorable, le PSG se devait, si ce n’est de passer ce tour, de jouer son jeu. Malheureusement, le PSG n’a pas retenu la leçon de l’année dernière et a trop recul et Laurent Blanc a échoué au moment où il pouvait changer la tournure de la saison parisienne

The Swindler & The Woflman