En clôture de la 31èmejournée, l’A.S.S.E se déplaçait à Lyon, pour un derby sous haute tension qui avait rarement proposé autant d’intérêt sportif. « Malheur au vaincu », cette formule résume assez bien la situation. Avec 3 points d’avance sur l’OL, les Verts pouvaient en cas de victoire distancer leur adversaire du soir dans la course à la 4ème place. A l’inverse, une victoire des hommes de Remi Garde pouvait relancer le suspens…L’enjeu était donc de taille.

Les supporters influents malgré l’interdiction de déplacement

A l’image des décisions préfectorales prises au match aller, les supporters visiteurs ont été priés de rester chez eux. Cette décision n’a pas empêché les supporters de jouer leur rôle. Ainsi, de nombreux supporters verts sont venus accompagnés le départ du bus de l’A.S.S.E et rappeler ce qu’attendent les supporters.

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A Lyon, les joueurs ont également eu droit au soutien des supporters Lyonnais à Tola Vologe durant la semaine et à un bel accueil à Gerland.

Une partie d’échec

Le décor est planté. Côté terrain, les lyonnais sont privés de nombreux joueurs (Dabo, Bisevac, Lopes, Grenier, Fofana et Umtiti) et doivent faire face à la suspension de Benzia. Garde conserve sont 4-4-2 en losange et fait descendre Gonalons en défense centrale au côté de Koné. Ferri, Malbranque et Mvuemba accompagnent Gourcuff au milieu de terrain, juste derrière le tandem Gomis/Lacazette.

Les verts doivent quant à eux se passer d’Hamouma et Corgnet blessés. La pression est bet bien du côté stéphanois qui se doit de profiter des absences lyonnaises pour chercher un bon résultat. Comment Galtier allait gérer le match et la pression ? Telle était la question. L’entraîneur opte pour un 5-3-2, avec un milieu Guilavogui, Cohade, Lemoine, et le duo Brandao/Erding. Un choix peu utilisé et qui suscite l’interrogation et la critique des consultants et journalistes qui auraient imaginé davantage d’audace.

Dans la pratique, le jeu des Verts s’apparente à un 3-5-2 en phase offensive, avec des latéraux qui jouent très haut, notamment Trémoulinas. Galtier confirmera l’idée d’aller chercher très haut les couloirs, l’un des points forts lyonnais, et avoir de la profondeur avec le duo d’attaque Brandão/Erding. Les lyonnais peinent à mettre leur jeu en place, et c’est l’A.S.S.E qui rentre en action. Sur un centre de Trémoulinas, le ballon revient sur Clerc mais la frappe de l’ancien lyonnais est détournée par Lopes.

Quelque minutes plus tard, le portier lyonnais est de nouveau mis à contribution sur une frappe de Brandão, déviée par Bedimo. Le ballon est relâché par Lopes mais Erding ne peut en profiter. La troisième occasion sera la bonne. Sur un très bon centre de Trémoulinas, Brandão dévie le ballon de la tête pour Erding. L’attaquant turc prend le meilleur sur Lopes et ouvre le score, inscrivant son 8ème but de la saison en 16 titularisations. L’ancien rennais confirme qu’il est beaucoup plus à l’aise dans une attaque à deux attaquants, profitant à l’image de Remy ou Niang, du bon travail de Brandão sur le front de l’attaque.

Il reste 10 minutes avant la pause et l’OL commence à sortir le bout de son nez. Sur un corner rentrant de Gourcuff, Lacazette dévie le ballon au premier poteau mais Gomis ne peut reprendre. Sur l’action qui suit, nous retrouvons Gomis au départ de l’action. L’ancien vert profite d’un contre favorable dans son duel avec Perrin, élimine Bayal Sall d’un grand pont et adresse un centre lobé parfait vers Lacazette, qui reprend d’une volée du gauche. Une égalisation de très grande classe…La mi-temps s’achève sur le score de 1-1.

Blessé à la cheville sur un tacle de Cohade, Gourcuff est remplacé par Briand. Les lyonnais reviennent avec la possession du ballon sans pour autant se montrer dangereux. Le match est âpre, les duels engagés et on sent que le match peut basculer sur un détail.  A 20 minutes du terme, Cohade adresse un centre au premier poteau. Lopes se couche sur le ballon, mais relâche le cuir. Gradel, tout juste entré à la place d’Erding, reprend le ballon et redonne l’avantage à Saint-Etienne.

Dans la foulée, l’OL manque l’égalisation. Gomis se présente sur le côté droit et déclenche une frappe croisée. La tentative de Gomis est repoussée sur Briand, qui bute encore sur le portier stéphanois. Les lyonnais ont laissé passer leur chance et l’A.S.S.E s’impose à Gerland pour la deuxième fois en 30 rencontres, mais surtout la deuxième fois lors des 4 dernières rencontres à Gerland. Cette victoire ravit les supporters des verts mais peut laisser les amateurs de football neutres sur leur faim.

Débats d’arbitrage inutiles qui masquent la réalité

L’A.S.S.E réalise la bonne opération de la soirée et assume plus que jamais être toujours dans le course pour la 3ème place. Pour l’OL, les chances s’envolent. A la fin de la rencontre, Remi Garde accompagné de quelques joueurs blessés pour l’occasion (Grenier, Umtiti) ont jugé utile d’aller agresser verbalement l’arbitre dans les couloirs qui mènent aux vestiaires. Je pensais qu’il faisait référence au tacle de Cohade sur Gourcuff qui méritait rouge, d’autant plus que Gourcuff ne reviendra pas. Il n’en est rien. La raison ? On joue l’heure de jeu, lorsque le centre de Briand est contré par Bayal Sall de la main. Cette action divise les consultants et spécialiste du football et est un cas typique qui prouve de l’inefficacité de la vidéo. Enfin, elle montre à quel point les règles de football (cf. la loi 12 de la FIFA à laquelle Monsieur Buquet se rapporte) sont mal connues par les professionnels. La colère à chaud des lyonnais peut se comprendre mais devient ridicule, quand on remarque que l’égalisation des Gones est entachée d’une main de Gomis au départ de l’action.

Les critiques sur l’homme en noir sont devenues des exutoires et masquent, si ce ne sont des erreurs, des choix plutôt étranges. Je pense à la gestion de Gomis et Briand à l’intersaison et à la décision de Garde de ne pas les faire jouer contre la Real Sociedad à Gerland en tour préliminaire de ligue des champions. On pourrait évoquer les blessures en cascade qui s’accumulent depuis années, malgré le départ de Puel, le bouc-émissaire de l’époque. Nul doute que nous devrions entendre parler de ces deux dossiers prochainement…

Références

[1] – Site furania-photos

[2] – Site du Progrès

[3] – Site Olympique et Lyonnais

The Woflman