Quart de finaliste de la dernière édition de l’Europa League, éliminé par le futur vainqueur après avoir sorti, notamment, l’Atletico Madrid, le Rubin Kazan ne rééditera pas cette performance cette saison. Pour cause, le Rubin a subi la loi du Betis Seville, dernier de Liga. Une surprise a priori, mais rien d’étonnant au regard de la saison du club tatar.

Kurban Berdyev, le chapelet gagnant

Kurban Berdyev - Source [1]
Kurban Berdyev – Source [1]

Englué dans les divisions inférieures depuis toujours, l’arrivée de Kurban Berdyev en 2001 va changer le destin du Rubin. Dès 2002, le Turkmène permet à son équipe de remporter la FNL (l’équivalent de la L2) et d’accéder, pour la première fois de son histoire, à l’élite du football russe. Une entrée remarquée puisque pour sa première saison en RPL, le Rubin termine à la 3ème place du classement.

4 saisons s’écoulent, le Rubin alterne le bon et le moins bon (10ème, 4 ème, 5 ème, 10 ème). L’année 2008 va alors marquer l’histoire du club. Sortant d’une saison précédente plutôt quelconque, le Rubin surprend tous les observateurs et remporte le championnat, au nez et à la barbe du CSKA. On aurait pu penser à un one shot ? Que nenni ! Le Rubin remet ça dès la saison 2009, bien aidé par l’excellent Alejandro Dominguez greffé à un effectif parfaitement huilé. Parmi les joueurs emblématiques de cette équipe, impossible de passer à côté de Sergey Semak, l’homme qui bonifie ses équipes (excepté le PSG). Avec un noyau dur composé de Semak, Ansaldi, Sharonov, Karadeniz, Ryazantsev, Noboa, Bukharov, le club de la capitale du Tatarstan écrit une des belles pages histoire du football russe.

Non content du succès national, le Rubin sait aussi se faire remarquer à l’échelle européenne. 20 octobre 2009, Nou Camp, l’incroyable se produit. Un obscur club russe du Tatarstan, mené par un entraîneur turkmène obsédé par son chapelet, renverse le FC Barcelone. Une victoire 2-1, grâce à des buts de Ryazantsev et Karadeniz, pour le plus grand exploit de l’histoire du club. Malheureusement, le Rubin échouera à la 3ème place du groupe, derrière Barcelone et l’Inter, futur vainqueur de l’épreuve, mais devant le Dynamo Kiev.Reversé une nouvelle fois dans le groupe du Barça la saison suivante, l’exploit n’aura plus lieu, mais en 4 confrontations face à l’orge catalan, le Rubin n’aura perdu qu’une seule fois, pour 2 nuls et une victoire.

Gökdeniz Karadeniz
Gökdeniz Karadeniz – Source [2]

Ces performances européennes seront, malheureusement, restées sans lendemain en Europa League, jusqu’à la saison passée où le Rubin atteint les 1/4 de finale de la compétition pour la première fois de son histoire.

La fin d’un cycle

En championnat, la saison 2010 devient compliquée. Le club termine néanmoins sur le podium, à la 3ème place. En 2011-2012, le Rubin finit à une décevante 6ème place mais sauve sa saison en remportant la Coupe de Russie face au Dynamo Moscou. La saison suivante n’est guère plus reluisante : une 6ème place agrémentée d’une qualification en Europa League à la faveur de la victoire du CSKA en Coupe de Russie.

Petit à petit, le Rubin a perdu en qualités offensives. Berdyev se repose de plus en plus sur une défense ultra solide, capable de battre n’importe qui, mais surtout incapable d’enchaîner les victoires. Ainsi, sur l’exercice actuel, le Rubin perd peu de matchs (5 défaites en 19 journées), mais le Rubin ne gagne plus (seulement 5 victoires)*. Depuis quelques temps maintenant, regarder un match du Rubin est une punition et le début de saison 2013/2014 n’arrange pas les choses : 21 buts marqués pour 14 encaissés ! Il faut dire que la blessure et la longue absence de Salomon Rondon n’arrange pas les choses.

Sur le papier, ce Rubin aurait du jouer une place dans le Top 5. Aujourd’hui, le Rubin pointe à la 10ème place à 10 points d’une place européenne. Pour son retour à la compétition ce week-end, le Rubin s’est incliné 1-0 à Makhachkala contre l’Anzhi, et permet à l’Anzhi de remporter sa première victoire en 2014. De plus, l’aventure en Coupe de Russie a tourné court (élimination face à Luch Vladivostok). Toujours présent sur la scène européenne depuis la saison 2009/2010, le Rubin devrait regarder tout ça de loin la saison prochaine. Une situation devenue trop inquiétante pour les dirigeants qui, ingrats, ont décidé de se passer de Kurban Berdyev, l’homme sans qui Kazan n’existerait probablement pas sur le scène footballistique. Par cette décision, les dirigeants du Rubin entérine la fin du cycle Berdyev, fin de cycle déjà entamée par certains départs lors des récents mercato. On pense notamment, au départ de Noboa pour le Dinamo, Bocchetti au Spartak ou encore à celui d’Ansaldi pour le Zenit.

Non content de perdre son entraîneur emblématique, le Rubin laisse filer Ryazantsev (Zenit) et Natkho (PAOK) gratuitement cet hiver, prête Ivan Marcano à l’Olympiakos et vend son atout offensif majeur, Salomon Rondon pour 18M€ au Zenit. Si l’exode s’arrête là pour cet hiver, l’été prochain ne devrait pas arranger les choses, M’Vila et Eremenko étant, en effet, partants. Le Rubin est dépouillé et semble accepter sa situation actuelle.

L’espoir d’un nouveau cycle

Rinat Bilyaletdinov - Source [4]
Rinat Bilyaletdinov – Source [5]

Pour remplacer Berdyev à la tête de l’équipe, le club a choisi de nommé Rinat Bilyaletdinov, père de Diniyar, qui n’a aucune référence à ce niveau. Visiblement, après les matchs amicaux, mais surtout après l’élimination face au Betis en Europa League, Bilyaletdinov tâtonne et aura besoin de beaucoup de temps pour relancer cette équipe. Amputé de Rondon, il pourra néanmoins compter sur Marko Devic, arrivé du Metalist pour 5M€. Sur le terrain, le nouvel entraîneur pourra toujours se reposer sur Karadeniz, valeur sure et âme de cette équipe. Si l’effectif reste qualitatif, il s’agira de lui redonner confiance et d’instaurer un nouvel allant offensif.

Le maintien devrait être assuré sans trop de problème et cette fin de saison (il reste 10 matchs à jouer), doit permettre à Bilyaletdinov de faire des tests, de relancer la machine. En coulisse, les dirigeants doivent s’activer afin de cibler les joueurs qui viendront remplacer les départs non compensés de cet hiver et les futurs départs de l’été prochain. Le chantier est immense mais pas insurmontable. S’il semble difficile de croire en un Rubin fort dans les années à venir, l’espoir est bien là, matérialisé par la magnifique Kazan Arena qui devrait enfin être inaugurée.

Kazan Arena - Source [5]
Kazan Arena – Source [6]

Références

* statistiques à la trêve, avant la reprise du championnat et la défaite face à l’Anzhi ce weekend

1 – Kurban Berdyev

2 – Gökdeniz Karadeniz

3 – Bibras Natkho

4 – Rondon

5 – Rinat Bilyaletdinov

6 – Kazan Arena

The Woflman & Rusko