En clôture de la 24ème journée, Monaco, 49 points, recevait le leader Parisien, pointant à 5 longueurs du club de président Rybolovlev. Ranieri peut compter sur sa nouvelle recrue hivernale Berbatov, venue suppléer l’absence de Falcao. Blanc doit, quant à lui, faire sans Cavani, blessé à la cuisse. Malgré l’absence de ceux deux grands joueurs, rarement la l1 nous a offert deux équipes aux effectifs aussi riches et avec de telles individualités

Une communication à la « Française »

Si Ranieri ne maîtrise pas complètement la langue française, il a déjà adopté la forme de communication. « Paris a gagné le titre avant le début de saison » « Qui fait la course au titre ? Nous ? Non ! Le Paris SG, ce sont des extra-terrestres…Donc, c’est comme un match amical ». Une manière pour le coach italien de mettre la pression sur l’équipe adversaire et de dédramatiser l’évènement. Cette forme de communication est souvent présente et assez décriée chez les entraîneurs français pour ne pas la souligner quand il s’agit d’un entraîneur de la trempe de Ranieri.

Mais l’italien n’a évidemment trompé personne et aborde ce match avec ambitions. L’entraîneur Monégasque est revenu à son schéma de début de saison, en 4-4-2, avec Ocampos et James sur les ailes, accompagnés au milieu de Toulalan et Moutinho. Raggi, le meilleur latéral de L1, laisse sa place à Fabinho et constitue le seul changement du secteur défensif. Enfin, le tandem Rivière – Germain, performant depuis quelques semaines, est reconduit en attaque.

Du côté parisien, Blanc fait dans un schéma classique en 4-3-3. Pastore occupe le côté gauche à la place Lavezzi, peu en vue depuis des semaines.


1ère mi temps rythmée de haut niveau

Monaco démarre la rencontre assez timidement. Est-ce une conséquence des déclarations de Ranieri avant le match ? Toujours est-il que le PSG a la possession et fait tourner le ballon comme à son habitude. Sur un corner frappé par Motta, Alex dévie le ballon de la tête (détournée par Carvalho) et offre à Pastore l’ouverture du score. On joue à peine depuis 8 minutes et le PSG mène 1/0. C’est le moment que choisit Monaco pour enfin entrer dans son match, à l’image des petites équipes qui se mettent à jouer une fois qu’elles sont menées. Avec un pressing haut, l’ASM oblige le PSG à défendre et fait reculer Lucas et Pastore, venant en aide à Maxwell et Van der Wiel. Le milieu de terrain est pressé, bénéficie de moins de temps pour s’organiser et Verrati perd des ballons faciles, ce qui n’est pas au goût de Silva, furieux. Offensivement, Monaco se crée des occasions et est tout proche d’égaliser par l’intermédiaire de Rivière. Le PSG est bousculé mais laisse planer la menace, dès que les joueurs du PSG se détachent du pressing monégasque, initié par Toulalan mais pas toujours suivi par ses partenaires. La mi-temps est sifflée au terme de 45 premières minutes intenses et rythmées.

2ème mi temps : La mauvaise gestion de Laurent Blanc

Ranieri a montré depuis le début de saison qu’il pouvait changer rapidement d’organisation dans un match. C’est le parti pris du coach italien dans cette rencontre, en passant à un 4-4-2 en losange. Toulalan passe devant la défense, Moutinho et Kondogbia au milieu et James dans l’axe en 9 ½ derrière les deux attaquants. Ranieri veut stabiliser son milieu, mettre James à un poste qui lui convient davantage. Le choix de l’Italien a le mérite d’exister mais le PSG retrouve néanmoins la circulation du ballon. Il reste 30 minutes lorsque Ranieri lance sa dernière recrue, Berbatov. Monaco ne semble pas réellement plus dangereux mais n’est pas loin de revenir dans la rencontre sur une action confuse. Sur un rebond très haut, Sirigu est lobé. Rivière pense se saisir du ballon mais est grossièrement bousculé par Thiago Silva à deux reprises. Le portier parisien se rattrape et se saisit du ballon devant l’ex toulousain et sous les yeux de l’arbitre.

Blanc décide alors d’effectuer des changements. Cabaye remplace Verrati et Pastore sort au profit de Jérémy Ménez. Si la sortie du prodige italien peut paraître surprenante, Verrati est déjà averti, auteur de perte de balle dangereuse et fortement recadré par Silva. A l’image des matches contre Saint-Etienne, Montpellier (Coupe de France), Nantes (Coupe de la ligue), Anderlecht (Ligue des Champions), la sortie de Verrati modifie sérieusement le jeu et la création du club de la capitale.  Cabaye a du mal à trouver sa place dans ce milieu. L’ancien joueur de Newcastle semble perdu et le milieu de terrain parisien souffre.

En revanche, il est difficile d’expliquer la sortie de Javier Pastore. Buteur, appliqué offensivement et défensivement, l’argentin n’a pas déçu. Blanc semble être entré dans une gestion du 1/0, et son coaching témoigne d’une forme de prévision des prochains matches, en concernant l’ensemble de son groupe. Et que dire de la prestation de Jérémy Menez ? Les choix de Laurent Blanc s’avèreront perdant. Fabinho pourtant discret offensivement sur son côté droit, profite d’une belle passe de James et d’un côté gauche parisien absent pour centrer fort. La balle contrée par le capitaine parisien termine dans la lucarne de Sirigu et permet aux hommes de Ranieri de revenir à égalité. L’attitude de Silva, frappant du poing la pelouse de Louis II, est assez symptomatique de l’état d’esprit parisien… Dans d’autres circonstances, le capitaine du PSG aurait fait preuve de plus de calme. Après tout, il reste 10 minutes pour l’emporter…ou pour le perdre. Sur une occasion similaire à l’égalisation, Fabinho aura la balle du 2/1 mais Sirigu détourne la lourde frappe en corner. Le PSG aura également l’occasion d’arracher la victoire dans les dernières minutes, mais Subasic remportera son duel face à Ibrahimovic.

Au final, les deux équipes se quittent sur un match nul, assez logique. Mais l’image renvoyée par les deux coachs est aux antipodes. Ranieri a semble-t-il gagné la bataille du banc et permis à son équipe de ne pas perdre à domicile. Laurent Blanc a perdu trois points qui lui tendaient les bras et la possibilité de tuer le suspens, en laissant Monaco à 8 longueurs. 

Les choses sérieuses commencent

L’entraîneur français va être confronté à la liberté du coach, la justification du transfert de Cabaye et aux avis des cadres parisiens. N’oublions pas que lors du match face à l’Olympiakos, le coaching de Laurent Blanc (entrée de Marquinhos) avait été dicté par Thiago Silva. Par ailleurs, Laurent Blanc traîne dans le milieu du football l’image d’un entraîneur qui ne travaille pas beaucoup. Les récentes déclarations de Van Der Wiel1 sur le football français peuvent aussi mettre un doute sur la gestion du PSG avec les jeunes joueurs (Ongenda). A quelques jours du 8ème de finale aller de la Ligue des Champions contre Leverkusen, Laurent Blanc apparaît moins à l’aise et agacé en conférence de presse. A n’en pas douter, les choses sérieuses commencent pour le natif d’Alès…

The Wolfman

1- Van der Wiel au Journal du Dimanche « Les jeunes aux Pays-Bas sont beaucoup plus consciencieux qu’en France (…)A l’entraînement, tu dois être concentré du début à la fin. Une minute de retard et tu as une amende. A Paris, une fois, je suis arrivé deux minutes en retard. Je stressais. Dix minutes après, je vois débarquer des mecs, tranquilles, en train de rigoler. Je n’arrivais pas à y croire ! Les jeunes sont toujours en train de se marrer, de s’interpeller à voix haute. C’est sympa, mais je comprends pourquoi les jeunes sont bien meilleurs aux Pays-Bas. Ici, c’est comme s’ils n’en ont pas grand-chose à faire du foot. On ne les voit pas souvent en salle de gym, alors qu’un gars comme Thiago Silva y est tout le temps. Je ne vois pas quoi faire pour changer leur état d’esprit »