Après deux bilans sur la première partie de saison Russe et Ukrainienne, l’heure est également au bilan en L1 après un premier acte plutôt animé.

Un trio PSG, Monaco et Lille

Comme on pouvait l’imaginer, le PSG pointe à la première place avec 44 points et trois points d’avance sur son dauphin Monaco à la mi-saison. Si la nomination de Laurent Blanc à la tête du club de la capitale a suscité quelques interrogations, le coach parisien a dissipé les doutes et constitue une des belles surprises du PSG. En effet, l’ancien sélectionneur français a rapidement trouvé ses marques, et propose un jeu bien plus attractif que son prédécesseur Italien. Le natif d’Alès profite de l’apport précieux de Motta, beaucoup moins blessé que la saison passée, du toujours rayonnant Verrati et du travail de sape de Matuidi au milieu. Van der Wiel bénéficie d’un nouveau plan de jeu pour se montrer à son aise, dans une défense où Silva est toujours le patron technique. Il est à souligner le très bon niveau du discret Alex, indispensable en défense et certainement le meilleur défenseur parisien depuis le début de saison. Si Digne montre des choses intéressantes, il reste toutefois très loin du niveau de l’international Brésilien Maxwell. En attaque, Ibrahimovic rayonne. Meilleur buteur de la L1 (15 réalisations), le buteur suédois étonne par son investissement, son implication collective et son entente avec Cavani. Avec 12 buts en championnat, l’Uruguayen éclate de tout son talent de buteur, quelque soit son positionnement sur le terrain et fait preuve d’une générosité et d’un comportement à faire pâlir certains parisiens sur le banc de touche, notamment Pastore et Menez. L’argentin traine son mal-être et ne parvient pas à saisir sa chance. Au-delà d’un problème de positionnement, Pastore ne semble pas épanoui et ne parvient pas à s’inscrire dans l’exigence du PSG. Il en est de même de Ménez, dont le futur s’inscrit de plus en plus en pointillé au PSG. Au rayon des déceptions, on retrouve également Lucas et Lavezzi, aux performances insuffisantes au regard du jeu du PSG. En dépit de bonne volonté, l’argentin montre des limites techniques dans l’organisation de Blanc et semblait davantage à l’aise dans le jeu en contre d’Ancelotti l’année dernière. Le brésilien souffre, quant à lui, de lacunes tactiques, d’un jeu assez stéréotypé et de statistiques insuffisantes à son poste (3 buts, 4 passes décisives) pour le moment. Enfin, un mot sur l’état d’esprit général dégagé par les Parisiens sur le terrain. Si Verratti a considérablement progressé et amélioré son comportement envers le corps arbitral, Ibrahimovic a semble-t-il contaminé certains joueurs parisiens comme Matuidi. L’ancien stéphanois apparait extrêmement nerveux sur le terrain depuis le début de saison.

A trois longueurs du PSG, l’autre équipe étrangère en L1 ravit tous les observateurs. L’AS Monaco est auteur d’un excellent bilan pour un promu qui a énormément évolué depuis l’intersaison. Après un début de saison en 4-4-2, Ranieri a su s’adapter et changer de système pour évoluer dans deux systèmes. James est un joueur comme on voit peu et Falcao est un joueur de classe mondiale, auteur de 9 buts en 14 titularisations. La blessure du colombien a permis au jeune Martial de s’exprimer et de montrer ses qualités. Le milieu de terrain est l’autre point fort de cette équipe avec l’indispensable Toulalan, qui laisse très peu de place à Kondogbia pour le moment L’ancien joueur de Séville n’a été titularisé qu’à 4 reprises par Ranieri. En effet, Mounir Obbadi brille et est devenu un élément essentiel et auteur de deux bijoux contre Nantes et Lyon. Moutinho est aujourd’hui le milieu le plus en retrait de James mais le portugais participe dans l’ombre au jeu monégasque afin d’apporter le ballon au colombien. La défense de Monaco est en revanche le point faible de cette équipe, avec à sa tête, Abidal qui dégage une fausse sérénité avec son compère Carvalho. L’axe central n’est pas aidé par des latéraux, assez offensifs, dans une équipe constamment attirée par un jeu sans calcul et caractéristique des équipes sud-américaines

Derrière ces deux équipes, nous retrouvons le LOSC à la 3ème place et auteur d’une première partie de saison solide à l’image de son gardien de but, aux performances exceptionnelles. Souvent sollicités, le portier des Dogues et sa défense n’ont concédé que 8 buts et forment la meilleure défense du championnat avec 1062 minutes d’invincibilité. René Girard peut s’appuyer sur un effectif intéressant, avec Mavuba en vrai leader d’équipe, des bons joueurs de L1 (Balmont, Beria, Roux) et d’une touche étrangère (Enyeama, une défense centrale Basa-Kjaer et Kalou). Au milieu, Gueye grandit dans les pas de Mavuba et Balmont et prend une autre dimension de saison en saison. Enfin, un mot sur l’entraîneur René Girard. L’ancien coach de Montpellier est souvent décrié en raison de son comportement et a souffre de son image qui a tendance à faire passer sous silence le travail réalisé. René Girard est un bon entraîneur de L1, qu’on se le dise, capable de prendre la mesure de son groupe et de lui forger une très grosse force de caractère.

Derrière le trio de tête, nous retrouvons Bordeaux, le mystère de la L1. Relégables au soir de la 7ème journée, les Girondins ont alors expédié l’Europa League, qui n’intéresse personne selon son entraîneur, et pointent désormais à la 4ème place avec 31 points. En coulisse, les langues se délient facilement et la passion semble avoir quitté le club. Pourtant, sur le terrain, Bordeaux possède un bon gardien, quelques joueurs de qualité comme Sertic, Obraniak et N’guemo, des latéraux intéressants (Mariano et Orban). En revanche, le club n’a pas de réelles solutions offensives mis à part Diabaté (7 buts), capable de rater l’immanquable et réussir l’improbable. A quelle place termineront les Girondins ? Bien malin qui pourrait y répondre…

Avec 30 points et un match en retard (contre Evian le 8 Janvier), l’ASSE occupe la 5ème place. Les départs d’Aubameyang et Guilavogui ont permis à certains joueurs de s’affirmer, à l’image de Lemoine et Hamouma, probablement les deux meilleurs joueurs depuis le début de saison. Les verts peuvent toujours compter sur Loïc Perrin, capitaine exemplaire et leader de la défense, Ghoulam qui retrouve une place de titulaire et un niveau conforme à son potentiel. Si Saint-Etienne a perdu son meilleur buteur, Christophe Galtier possède désormais des joueurs polyvalents, capables d’inscrire entre 6 et 8 buts par saison, à l’image d’Erding (5 buts), Hamouma (6 buts) et Corgnet (5 buts). Avec un effectif au complet, l’ASSE a les capacités pour jouer les 5 premières places et faire un bon parcours en coupe de France. Au rayon des déceptions, l’élimination prématurée en Europa League contre Ebsjerg constitue le gros point noir de la saison. Enfin, le club a pris la mauvaise habitude de faire la une des journaux pour des problèmes extra-sportifs (altercation entre supporters nicois et stéphanois, derby contre Lyon)… A méditer.

L’OM et les deux surprises Nantes et Reims

A la 6ème place, on retrouve l’OM. Bien digérer la saison dernière et capitaliser sur la 2nde place en championnat. Tels étaient les enjeux de cette saison olympienne. Malheureusement, le jeu de l’OM et l’image renvoyée en Ligue des Champions ont eu raison d’Elie Baup, remplacé provisoirement par José Anigo. L’ancien directeur sportif espère sauver ce qui est peut encore l’être d’une saison déjà compliquée. Sceptique sur le projet marseillais évoqué cet été, nos doutes se sont confirmés de journées en journées. En dépit d’un mercato à 36m€, l’effectif de l’OM est faible, basé sur des joueurs comme Lemina, Mendy, Thauvin, Khalifa provenant essentiellement de petits clubs (Evian, Bastia, Lorient, Guingamp). Les quelques cadres sont sortis émoussés physiquement et mentalement par la saison passée et peinent à retrouver leur niveau à l’image de Fanni, Valbuena et Ayew. Nkoulou est devenu l’ombre du joueur qu’il était. Arrivé cet été après un imbroglio avec le LOSC, Thauvin apparaît aujourd’hui comme un joueur important et un motif d’espoir pour les supporters marseillais. C’est dans une moindre mesure, ce qu’a connu son coéquipier Imbula en début de saison, avant de traverser une grosse zone de turbulences. Méfiance donc… En pleine confiance et décisif, Gignac auteur de 8 buts, se révèle comme une des satisfactions du club phocéen. Nul doute que José Anigo aura besoin de lui, et de ses cadres (Ayew, Valbuena, Diawara, Mandanda) pour relever la pente

A égalité de points avec l’OM, Nantes et Reims font office de bonnes surprises de la saison. Ce classement à la trêve vient récompenser deux clubs, entraînés par deux bons coachs, animés d’un bon état d’esprit et régulièrement tournés vers le jeu. Il est à souligner l’audace du recrutement du FC Nantes teinté d’Amérique du sud avec les vénézuéliens Cichero et Vizcarrondo et Aristeguieta ou encore de l’américain Bedoya. Soulignons également la bonne saison de Djilobodji, du bon milieu de terrain Deaux, ainsi que de Djordjevic. Auteur de 8 buts, l’attaquant Serbe est déjà très sollicité et pourrait filer au mercato hivernal. Comment le FC Nantes gérerait ce coup dur ? Affaire à suivre…

Du côté rémois, Hubert Fournier prouve qu’il est possible de bien jouer au football avec un recrutement intelligent et un groupe stable. Cet effectif est composé de jeune joueurs qui ont brillé en L2 (Oniangue, De Preville, Diego, Charbonnier) et mis en valeur par le collectif et l’expérience de joueurs comme Devaux, Tacalfred ou encore Signorino. Mention spéciale à Krychowiak au milieu de terrain.

Lorient et l’OL comblent le top 10

Avec Bordeaux, Lorient est également l’autre anomalie de la l1. Malgré l’altercation entre Gourcuff et Fery, au sujet du transfert de Lemina à l’OM au mercato estival, malgré une place de relégable au soir de la 9ème journée, Lorient pointe à la 9ème place, avec 13 points d’avance sur le premier relégable. Aboubakar, auteur de 11 buts, est l’une des grosses satisfactions de ces 5 premiers mois et supplée parfaitement Jérémie Aliadière, blessé et peu utilisé. Si sportivement, la situation du club est saine et permet d’imaginer un bon maintien, l’avenir de Christian Gourcuff est en question. En effet, le contrat du coach breton se termine en juin. De là à envisager un départ ?

Dernière équipe du top 10, l’Olympique Lyonnais réalise un parcours toujours aussi flou. A 5 points de la 5ème place et à 15 points de la 3ème place, l’OL n’a pas réussi à atteindre la 5ème place à la trêve, objectif avoué par Bernard Lacombe. C’est une des première fois qu’Aulas semble subir la situation et ne pas avoir la main sur certains dossiers. Tout a commencé cet été avec la gestion du cas Gomis. Après avoir été poussé vers la sortie lors de la préparation estivale, l’ancien stéphanois a fait son retour dans l’effectif, tout en affirmant cet hiver sa volonté d’aller au bout de son contrat et partir libre…Sportivement, l’équipe de l’OL subit son projet, faussement basé autour du grand stade et autour du centre de formation. Au complet, l’OL a un effectif intéressant et un milieu de qualité mais n’a pas la capacité à intégrer autant de jeunes. Par ailleurs, l’OL a des carences à certains postes, notamment en défense et au poste de gardien. Autre point inquiétant : l’équipe fait apparaître des lacunes mentales en lâchant beaucoup de points alors qu’elle a le match en main (contre l’OM, contre Lorient, contre Valenciennes, Toulouse). Remi Garde est paradoxalement assez épargné par les critiques, que ce soit tactiquement, ou dans la gestion de l’effectif (blessures, joueur ne jouant pas à leur poste). Cependant, cette première partie de saison réserve quelques motifs de satisfaction. En jouant enfin à son poste, Lacazette montre de vrais signes de progrès et est une des réussites de ce début de saison. Autre motif de satisfaction : L’OL tient son rang sur la scène européenne et est qualifié pour les 16ème de finale d’Europa League. En France, c’est assez rare pour être souligné

Toulouse partage la 10ème place du classement avec l’OL. Le TFC est de plus en plus agréable à voir jouer, avec une organisation tactique en 3-5-2, déjà mise en place l’année dernière par Casanova. On notera également le recrutement et les idées nouvelles du club toulousain : Spajic, Chantôme mais surtout Trejo et Braithwaite

Guingamp et Bastia se partagent la 12ème place. Le club entraîné par Gourvennec compte déjà 10 points d’avance sur le premier relégable et ne devrait pas être inquiété par le maintien. Si Monaco est un promu atypique, Nantes et Guingamp s’en sortent vraiment bien et déjouent les pronostics de début de saison. Très actif sur le marché des transferts cet été avec pas moins de 13 arrivées (Ba, Keserü, Romaric, Diakité, André, Modesto, Raspentino, Bruno, Leca, Genest, Krasic, Boudebouz et Squillaci), le Sporting Club de Bastia enregistre l’arrivée de Djibril Cissé cet hiver. Emmené par le très bon Whabi Khazri, le club corse ne devrait pas être concerné par la relégation, à la différence de son voisin Ajaccio. Ironie du sort, c’est au cours du match Bastia – Ajaccio à huis clos que le portier bastiais, Mickaël Landreau, a battu le record du nombre de matchs disputés en L1. Assurément un des faits marquant de cette première partie de saison.

Nice et Rennes, les deux déceptions

A Nice, les saisons se suivent mais ne se ressemblent pas. Eliminé rapidement en Europa League contre Limassol, le 4ème de l’ancien exercice se retrouve dans une position délicate et en est réduit à jouer le maintien. L’effectif nicois comprend des joueurs de qualité (Pejcinovic, Brüls, Bruins, Cvitanich, Digard, Bauthéac, Eysseric) mais manque de profondeur de banc à chaque ligne pour faire face aux blessures. Malgré une incroyable série de 7 défaites consécutives, les dirigeants Nicois ont gardé confiance en Claude Puel. Le coach niçois peut toujours compter sur la révélation de l’année dernière, Cvitanich, auteur de 7 buts. Mais pour combien de temps ?

Du côté Rennais, le changement d’entraîneur n’a pas fait de miracle et on s’ennuie toujours autant en regardant les « rouge et noir ». Si Alessandrini et Féret étaient les deux hommes forts de la saison dernière, le premier n’a pas réellement le cœur à Rennes depuis son transfert raté cet été. Quant au second, il a totalement disparu de la circulation et a perdu sa place au profit de Kadir. Mais n’oublions pas que Montanier a mis près d’un an et demi à s’imposer à la Real Sociedad et n’est pas passé loin de la porte à plusieurs reprises. Il avait, en revanche, d’autres joueurs à sa disposition. Je crains qu’il faille être patient chez les supporters du stade de la route de Lorient

Une lutte à 5 entre Evian, Montpellier, Valenciennes, Sochaux et Ajaccio

Nul doute que les trois clubs relégués en fin de saison se trouvent parmi ces 5 clubs. A 6 points du premier relégable Valenciennes, Evian-TG va certainement lutter jusqu’au bout. Le club au 16ème budget de l1 (28m€) se retrouve à la 16ème place et fait une saison à sa mesure. Emmené par un très bon Daniel Wass, Evian-TG peut se targuer d’être le premier club à avoir battu le PSG (2/0). Pascal Dupraz est un entraîneur atypique, un homme de caractère et sans langue de bois qui détonne dans le panorama médiatique français.

Premier non relégable, Montpellier a raté son intersaison, Nicollin avouant s’être trompé sur le remplacement de René Girard par Jean Fernandez. Le président Héraultais a finalement fait appel à un ancien du club, Rolland Courbis, pour sauver les meubles. Plus inquiétants, les propos de Jourdren au terme du match perdu contre Saint-Etienne 1/0, estimant que l’effectif n’était pas de qualité et que le club devait recruter. Le milanais Niang a rejoint le club sous forme de prêt pour épauler l’attaque montpelliéraine. En espérant que cela suffise

Premier relégable, Valenciennes vit une saison difficile. Mais quoi de plus normal quand saison après saison, les meilleurs joueurs quittent le club. A titre d’exemple : Cohade, Danic, Aboubakar, Isimat-Mirin, Gomis, Bong, Sanchez. Daniel Sanchez a été limogé et remplacé par Ariël Jacobs. Si la situation comptable peut entretenir l’espoir, on voit mal comment Valenciennes pourrait s’en sortir sans recruter.

A 6 points du premier non relégable, les choses sont mal engagées pour Sochaux. En poste à Sochaux depuis le début du mois d’octobre, Hervé Renard amène un vrai coup de fraîcheur à cette ligue 1. Mais que faire avec cet effectif ? Sochaux semble destiné à être dans la charrette : groupe limité, décisions arbitrales contraires. Comment imaginer Sochaux en L1 l’année prochaine ?

Il en est de même pour Ajaccio. Avec 9 points, une seule victoire en 19 matchs, Ajaccio jouera en deuxième division l’année prochaine. Quel était le projet d’Orsoni avec Ravanelli ? Les méthodes de travail du jeune entraîneur italien étaient-elle compatibles avec un club luttant pour le maintien ? En attendant, Christian Bracconi terminera la saison sur le banc afin de préparer déjà l’année prochaine

The Wolfman