NB : En raison de la volonté délibérée de ne pas bâcher mercredi soir, ce compte rendu personnel ne me verra citer aucun nom de Groupe ni encore moins de Capo(i)Gruppo(i) présent(s)…ou absent(s). Il reste principalement l’objet d’une narration.

Fin d’après midi passée aux alentours du San Paolo, entre un œil sur Zenit-Porto Piazza D’Annunzio où j’ai grandi et une bière avec un copain français venu depuis Rome pour des raisons professionnelles et pour assister au match, je prends ainsi la direction de la Curva A vers 19 heures. L’occasion de retrouver quelques amis, eux aussi habitués des Curve du San Paolo.

San Paolo
San Paolo

Le mardi soir allait donc être tendu. Au courant des quelques guet-apens préparés depuis la veille, j’ai suivi par messages interposés l’arrivée à Capodichino puis l’acheminement de nombreux tifosi Marseillais après quelques heures passées dans la zone Nord de la ville. D’ailleurs, le Settore Ospiti était déjà occupé par quelques Phocéens (Winners, Dodgers, Yankee) depuis plus d’une heure à mon arrivée dans la Curva.

Différents contacts m’ont fait savoir dans la journée que l’UEFA a tapé du poing sur la table ces derniers jours et a menacé via, ses délégués, de graves sanctions en cas d’incidents le matin même lors d’une réunion Piazzale Tecchio avec les 2 clubs. La SSCN, par l’intermédiaire de son Présidentissimo, avait d’ailleurs tenu à rappeler la veille via la radio officielle Kiss Kiss Napoli, que le San Paolo était sous le risque d’une suspension –sotto diffida- contre Arsenal en cas de graves incidents.

Dès la fin de matinée, le quartier est entièrement quadrillé. Plus d’un milliers de représentants de l’ordre seront chargés de la sécurité et de l’acheminement des visiteurs. Nous prenons donc place au milieu d’une Curva déjà pleine une grosse heure avant le début de la rencontre. Cependant, dans le virage connu et reconnu pour être le plus organisé et puissant partout en Italie, une ambiance peu commune règne. Plusieurs centaines de personnes importantes pour l’organisation de chants et autres animations dans la tribune manquent à l’appel.

San Paolo - Intérieur
San Paolo – Intérieur

Les directifs des principaux groupes ne sont pas présents dans le stade et n’entreront pour une partie d’entre eux qu’en fin de première période. Les autres n’assisteront même pas à la rencontre, inutile d’en donner les (évidentes) raisons.

L’absence de Berhami et Hamsik parmi les titulaires finit d’instaurer un climat d’incertitude. La rencontre commence après un vacarme assourdissant après le “The Champions” puis “Devi Vincere”. Très rapidement, la Curva s’assoupit. En effet, personne n’ose vraiment prendre en main les opérations dirigées habituellement de main de maître par des CapiGruppo aussi craints que respectés pour des raisons malheureusement évidentes.

Les Marseillais, pourtant toujours privés du Commando Ultra et de leurs vieux amis Doriani s’en donnent à coeur joie. Après l’ouverture du score d’André Ayew, la Curva A, timide jusqu’à présent, comprend que comme bien souvent, le pou des Onze Azzurri devra battre au rythme des encouragements de son stade. “Ovunque tu vada” d’habitude toujours entonné après le coup d’envoi retentit enfin et précède de quelques minutes le double chaos façon San Paolo, ceux où mêmes les journalistes présents en Tribuna Stampa ou les notables présents en Tribuna sont debout sur leurs sièges.

Inler et Higuain, déjà deux des meilleurs joueurs contre le Borussia, permettent aux hommes de Don Rafè de prendre tant bien que mal les opérations malgré une première mi temps inégale et peu rassurante.

La curva B confirme les très belles dispositions qu’elle a reprises ces derniers temps et que je m’étais chargé de constater samedi passé contre Catania. Quelques minutes avant la mi-temps, des renforts significatifs nous rejoignent. A quelques mètres de là, CU et Doriani entrent eux aussi main dans la main et bâchent dans le Settore Ospiti. Là encore, plus qu’une coincidence.

La mi-temps sera certes le théâtre de quelques jets d’objets, mais en toute honnétété bien bien loin de l’Apocalypse que semblent avoir vécu quelques Marseillais dans le stade pendant la rencontre.

Le deuxième acte est tendu, crispé. Deux des chants les plus significatifs, “Nella Mia vita” ,“In un Mondo che” retentissent par intermittence. La rencontre est sommes toute vécue avec une certaine confiance, comme si le Maître qui siège aujourd’hui sur le banc de touche Partenopeo suffisait à rassurer tout le monde .

L’Olympique de Marseille, vaillant sur le terrain à l’image de son petit millier de supporters en tribunes, égalise peu après l’heure de jeu. Le connaisseur public du San Paolo a bien compris que l’apathie de quelques éléments dont Pablo Armero pourraient compromettre le parcours de la SSCN en Ligue des Champions. L’entrée de Marechiaro Hamsik rassure en partie une Curva inquiète. El Pipita, encore lui, parachève une merveille de combinaison Fernandez-Mertens et délivre Fuorigrotta à un quart d’heure de la fin de la partie. Plus rien de ne sera marqué.

Le résultat en provenance de Dortmund laisse tout le monde bouche bée et la fin de la partie est paradoxalement une douche froide. À moins d’une courte défaite 2-1 ou 3-2 en Allemagne, la finale annoncée pour la deuxième place n’aura sans doute pas lieu.

Si le déplacement à Dortmund s’annonce paisible en dehors du terrain (étant donné le communiqué de la SudKurve avant le match aller), il s’apparente sur le terrain à un 16ème de finale retour. Les Olympiens, fidèles à eux-même, sont loin d’être abattus par le résultat et continuent de chanter.

J’étais présent dans le stade de 19h30 à 23 h environ et donc ne peut évoquer avec précision les très violents affrontements entre Ultras et forces de l’ordre advenus entre 20h30 et 21h30. Je suis cependant très surpris par les commentaires d’auto-célébration, principalement lus sur twitter, de la part de Tifosi Marseillais. Loin d’être candide, j’avoue avoir été le premier surpris par autant d’inconscience : que dire de la cinquantaine de fatiguées venus tout droit de Provence armés jusqu’aux dents ? Pensaient-t-ils vraiment défier une ville entière avec une camionnette façon “Bûcherons”  sans être massacrés en cas d’affrontements à grande échelle ?

Heureusement, la très forte présence policière – grosse surprise pour ma part vu mes précédents (notamment Napoli-Roma de Coppa Italia 2005) – a empêché becs et ongles des affrontements à très large échelle et un bain de sang qui aurait marqué l’histoire récente des deux villes, des deux pays.

Quand on connait le calendrier des rencontres prévues principalement au San Paolo avec l’arrivée de nombreux fans d’Arsenal, le plus que probable retour des Romanisti en ville depuis 2005 grâce à un escamotage anti-tessera del tifoso qui permet aux ultras giallorossi de se déplacer depuis le début de la saison, sans parler du Napoli-Juventus de fin mars et du grand retour des Veronesi du Hellas (jumelés avec plusieurs groupes en sommeil du ….PSG) lors de la dernière journée… cette soirée pourrait en toute objectivité être le prélude d’ affrontements encore bien plus violents.

  Mìrkø