Commençons par une petite présentation de notre hôte, sans qui cet article ne serait pas possible : John, 25 ans, supporter d’Arsenal depuis bientôt 15 ans. Il nous fait le plaisir de revenir sur son déplacement à Dortmund.

Quand et pourquoi suis-je devenu fan ? Il est très difficile d’en expliquer les raisons. J’ai cherché longtemps la réponse à cette question et je répondrais que je m’en suis rendu compte un certain 17 mai 2006 tellement cette défaite m’a fait mal…Passons ce cauchemar et enchaînons sur ce qui nous intéresse : Le match Dortmund Arsenal. Tout commence le 29 août dernier lors du tirage au sort. Arsenal rejoint Marseille, Dortmund et Naples dans le groupe de la mort. Que demander de mieux quand nous somme fans de beau football ?

Tout de suite, le téléphone fonctionne à plein régime pour savoir la date de cette fameuse affiche entre Dortmund et Arsenal. Nous passons commande pour obtenir des tickets auprès du secrétaire de l’ASCFR (Arsenal Supporter Club France). Il s’agit d’une association reconnue par le club et un très bon moyen d’avoir des billets pour les matchs http://www.ascfr.com.

Les abonnées étant prioritaires sur les associations, il est toujours difficile d’obtenir des places. L’attente fut longue mais les billets sont en poche. Le voyage débute le mardi à 22h pour retrouver le chauffeur, Axel (un passionné toujours là pour mettre l’ambiance et que les fans away adorent). Après deux heures de sommeil, nous voilà réveillé pour un départ à 5h pile. Nous sommes dans les temps, ce qui constitue un petit exploit. Six heures de voiture plus tard, quelques accidents évités en Belgique (mon dieu ce qu’ils conduisent mal), une station essence où les toilettes non inondés sont une denrée rare, nous arrivons à bon port. Le temps de savourer quelques bouteilles…

Nous nous précipitons au fast-food le plus proche et en direction du centre ville pour récupérer nos billets. En effet, les tickets ne nous sont pas envoyés, et il faut aller les retirer dans un hôtel pour les associations de supporters. Il est important de préciser que le déplacement en train est très compliqué quand on ne connait pas. A côté, le métro parisien est d’une simplicité déconcertante. Heureusement, nous rencontrons un fan du BVB, qui nous propose son aide… En échange, nous lui offrons une bière tout en discutant pendant une demi-heure du match à venir ainsi que du match aller disputé à Londres.

Il est 15h30, nous prenons la direction de la place principale de Dortmund afin de rejoindre les autres gooners. Un bon millier de fans est déjà présent sur la place et dans les pubs. Nous retrouvons des connaissances croisées lors de précédents déplacements…Des drapeaux et bannières sont affichés un peu partout.

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Des russes et des autrichiens m’ont même demandé de prendre une photo avec eux. J’ignore encore les raisons de cette requête…

Au passage, nous en profitons pour visiter la boutique du Borussia Dortmund. Ils ont vraiment un choix énorme de produits en tout genre. Le Gaufrier à l’écusson du club restera mon préféré.

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Les chants volent sur la place, un groupe d’une bonne centaine de fans enchaînent les pogos et une fois bien ivres, commencent à jeter en l’air des gobelets de bière à moitié pleins. Résultat, ils sont couvert de bière. Nous nous dirigeons vers le stade aux alentours de 19h. Les gooners sont bien présents même dans les transports publiques. L’occasion de nous chauffer la voix comme il se doit avant le match.

Quelques exemples de chants :

How does it feel to be Tottenham?
How does it feel to be small?
You sold Bale, we signed Mesut Özil, Mesut Özil!

And it’s Arsenal,
Arsenal FC,
We’re by far the greatest team,
The world has ever seen….

Big fucking German,
We’ve got a big fucking German,
Big fucking German,
We’ve got a big fucking German..

Nous rentrons dans le stade assez rapidement. Le stade se remplit petit à petit durant l’entraînement des joueurs. L’atmosphère durant la présentation des équipes est vraiment impressionnante. Des drapeaux sont agités dans la Südtribune ( le mur jaune), tambours et mégaphones sont en action.

Nous sommes situé dans le virage nord, côté est. Les tribunes est et ouest sont très calmes, les gens sont assis, ne chantent pas. On les aura entendu 3 minutes avant le match, 10 secondes par ci par là durant le match et durant les 3-4 minutes d’arrêt de jeu. J’avoue être un peu déçu. On m’avait promis un stade entier derrière son équipe et ce n’était pas vraiment le cas sur ce match1.

La tribune away est assez calme en ce début de match, le froid, la pluie et le jeu plus que moyen ayant raison de nous. Nous entendons le mur jaune, une partie de la Südtribune plus précisément car en réalité seul un petit millier de fans de Dortmund bougent, chantent tout au long de la rencontre. Ayant revu le match à la télévision, c’est effectivement impressionnant, mais la position des commentateurs (juste à côté du mur) favorise ce ressenti.

Côté terrain, nous assistions à une rencontre assez moyenne. Dortmund se crée deux belles occasions et Arsenal ne semble pas au top. Notre ami Bully (une légende chez les fans d’Arsenal que vous avez pu voir dans l’Equipe du Dimanche du 3 novembre) est au premier rang avec nous et semble bien dépité, fait assez rare le concernant.

La seconde mi-temps change de ton. Les chants commencent à se faire entendre côté gooners alors que le millier de fans de Dortmund continuent de chanter dans la Südtribune. Vient alors le but de Ramsey sur un centre d’Ozil et une passe de la tête de Giroud. La folie s’empare de la tribune et le chant d’Aaron Ramsey est scandé en boucle.

Seul bémol : les joueurs n’ont pas pu venir fêter le but avec nous, des grilles nous séparant. Si l’ambiance n’était pas folle en début de match, le but a eu le mérite de réveiller les troupes. Les 5000 fans sont en délire. Dans le stade, nous n’entendons presque plus les 1000 fans de Dortmund qui font de la résistance pendant vingt bonnes minutes. Les tribunes tremblent, les stewards s’accumulent autour de nous.

Dortmund pousse en cette fin de match et le stade entier se met enfin à chanter. L’ambiance est exceptionnelle, impressionnante… Impossible de rivaliser. Arsenal tient bon alors qu’un certain nombre de spectateurs présents dans les tribunes est et ouest commencent à partir 5-10 minutes avant la fin du match…

Le coup de sifflet retentit, synonyme de soulagement et de première place du groupe accompagnés. Les  » we are top of the league » raisonnent dans le Signal Iduna Park.

Les joueurs viennent nous remercier de leur soutien mais ne peuvent nous lancer leurs maillots à cause des grillages. Nous prenons quelques dernières photos dans le stade dont une avec Bully. Et Axel immortalise le moment avec les stewards.

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Certains stadiers nous chambrent en allemand. Malheureusement pour eux, un des gooners parle parfaitement la langue de Goethe et leur répond à son tour. La tête des stadiers vaut vraiment le détour…Nous quittons le stade en chantant, peut-être un peu trop… Perdu dans le métro, nous finirons la route en taxi.

Après une bonne nuit de sommeil, nous repartons pour six heures de voiture. La route sera bien plus calme qu’à l’aller, la voix ayant disparue dans le Signal Iduna Park. Durant le retour, j’ai pu échanger sur les réseaux sociaux avec quelques fans du BVB présent au stade. Ils m’ont tous fait part de la belle performance des supporters d’arsenal. Rarement les supporters adverses n’avaient fait autant de bruit.

1 : L’explication de la non ambiance d’une grosse partie du stade vient du fait que certains supporters choisissent leur matchs : Une dizaine par an en général contre Schalke, Munich… et les 1/4 ou 1/2 de coupe.

John.

A noter que vous pouvez retrouver John tous les lundis à 21h pour une heure d’analyse sur les matchs d’Arsenal de la semaine passée et la présentation des matchs à venir dans la semaine sur http://www.ascfr.com/index.php?/pages/39-ascfr-podcast).