Après l’étrange épisode Coupe de Russie qui a vu 10 des 16 équipes de RPL se faire éliminer par des équipes de divisions inférieures, le championnat reprenait ses droits ce weekend, avec à l’affiche un derby moscovite entre le Spartak et le Lokomotiv.

Derby à huis clos

Chers supporters, veuillez nous excusez, mais le match "Spartak Moscou" - "Lokomotiv" se déroule sans spectateurs. L'entrée au stade est fermée. Cordialement, FK "Spartak Moscou"
Chers supporters, veuillez nous excusez, mais le match « Spartak Moscou » – « Lokomotiv » se déroule sans spectateurs. L’entrée au stade est fermée. Cordialement, FK « Spartak Moscou »

C’est donc à huis clos, dans le stade Lokomotiv que le Spartak recevait … le Lokomotiv. Pourquoi à huis clos ? Tout simplement parce que la bêtise de certains supporters du Spartak a encore frappé. Lors du déplacement à Yaroslav en Coupe de Russie, le parcage du Spartak a mis un bordel pas possible au sein même de l’enceinte de Shinnik, avec entre autre de nombreux affrontements avec la police. Mais ce qui a le plus choqué reste, sans doute, les drapeaux nazis arborés fièrement par certains « supporters ». Quand on connaît l’histoire récente de la Russie et la fierté russe d’avoir vaincu l’ennemi nazi, voir de tels actes laisse pantois. Face à cette honte, la fédération n’a pas tardé à réagir. Une légère amende pour les 2 clubs (Shinnik et Spartak) mais surtout 2 matchs à huis clos pour le Spartak (3 matchs pour Shinnik). Aussitôt prise, aussitôt appliquée, la décision prenait donc effet dès ce weekend pour la réception du Lokomotiv.

Spartak 1 – 3 Lokomotiv

Movsisyan (27′) / N’doye (8′, 77′), Samedov (17′)

C’est donc dans un stade vide que les deux équipes se présentaient pour déterminer qui du Spartak ou du Lokomotiv allait s’emparer seul de la deuxième place. Si, comme à son habitude, l’équipe de Karpin s’est attachée à bien faire circuler le ballon, la maîtrise globale du match est à mettre au crédit du Lokomotiv. Bien présents défensivement, les hommes de Kuchuk savaient pertinemment ce qu’ils avaient à faire et ont exécuté à merveille le plan de leur entraîneur.

Toujours aussi fébrile en défense, le Spartak va craquer dès la première occasion adverse. Parti à la limite du hors-jeu, Maicon résiste au retour du défenseur et sert N’Doye qui n’a plus qu’à marquer. A peine 10 minutes plus tard, c’est ce même Pesyakov qui permet à Samedov de doubler la mise pour le Loko. Début de match parfait pour le Loko qui peut déjà se contenter de gérer son avance et de placer des contres meurtriers. C’était sans compter sur Movsisyan. L’arménien prouve qu’il est en grande réussite en ce moment et permet aux siens de revenir à 1-2, score qui n’évoluera plus jusqu’à la mi-temps.

Le match ne change pas de physionomie en seconde période. Si c’est le Spartak qui a le ballon, on a quand même du mal à envisager une égalisation des rouge et blanc. Le Loko maîtrise parfaitement la rencontre. Au milieu, Diarra réalise son meilleur match sous les couleurs du club des cheminots, bien aidé par un très bon Tarasov. Derrière, la charnière Corluka-Durica a pris ses marques depuis bien longtemps maintenant et parvient presque à faire oublier les quelques errements d’Abaev dans les buts.

Et ce qui devait arriver arriva. Sur une action rapide, N’Doye contrôle parfaitement le ballon, résiste au retour de Makeev et trompe tranquillement Pesyakov. Plus rien de changera, le Lokomotiv s’impose logiquement 3-1 et s’empare seul de la deuxième place du classement.

Pour le Spartak, il faudra vite digérer cette défaite avant de recevoir, toujours à huis clos, le Zenit la semaine prochaine.

Un héros nommé Phibel

 Zenit 1 – 1 Amkar

Danny (38′) / Phibel (26′)

Thomas Phibel, défenseur central français de 27 ans, arrivé de Pologne cet été, fait les beaux jours de l’Amkar depuis plusieurs semaines maintenant.

Avec Belorukov, il forme l’une des meilleures charnières centrales de RPL. Oublier le déroute face au Lokomotiv, l’Amkar a repris sa marche en avant et ce n’est pas la défaite de Coupe de Russie qui semble pouvoir déstabilisé les hommes de Stalislav Cherchesov. L’entraîneur russe mène parfaitement sa barque et les joueurs sont en pleine confiance.

Face au leader incontesté du championnat, l’Amkar a, une nouvelle fois, démontré toutes ses qualités collectives ses qualités de courage et d’abnégation dans la difficulté. Oui, l’Amkar a souffert lorsque la domination du leader était à son zénith, l’équipe de Perm a plié, mais n’a pas rompu. Mieux, l’Amkar s’est même payé le luxe d’ouvrir le score en première période, Thomas Phibel catapultant le ballon dans le filets de Lodygin suite à un corner. A ce moment-là, le Zenit n’était pas bien, n’arrivait pas à faire de différence. L’égalisation de Danny ne changera pas beaucoup les choses au cours de ce premier acte.

La deuxième période sera encore plus enlevée. Le Zenit domine assez outrageusement, mais ne parvient pas à marquer, la faute à une solide défense adverse mais aussi à un cruel manque d’efficacité devant le but. A force de dominer, le Zenit aurait bien pu se faire surprendre en contre ou sur attaque rapide d’un Vassiljev, Peev ou encore Jakubko.

Au final, le match nul est peut-être sévère pour le Zenit mais tellement mérité pour l’Amkar. Plus que le résultat brut, ce match est tout simplement un des meilleurs matchs de RPL de la saison.

L’Amkar reste donc au contact des places européennes et devrait encore bousculer la hiérarchie lors des prochains matchs.

Pour le Zenit, ce match nul est un petit coup d’arrêt au sein d’une période faste. Il vient également sanctionner des performances moins sereines et moins maîtrisées lors des dernières sorties, avec notamment une élimination en Coupe de Russie sur le terrain de Tyumen. Quoiqu’il en soit, pas le temps de tergiverser, il faudra se reprendre dès mercredi avec la réception de Porto en Ligue des Champions. Une victoire permettrait au Zenit d’envisager une qualification pour la suite de la compétition.

Volga 1 – 2 CSKA

Shelton (30′) / Doumbia (24′), Tosic (73′)

Samedi, en ouverture de cette 15ème journée, qui marque la fin des matchs aller, le CSKA était allé s’imposer à Nizhny Novgorod, face à un Volga toujours aussi accrocheur et sympathique. Menés au score, les joueurs du CSKA ont su vite revenir dans la partie grâce à un but de Doumbia avant de s’en remettre au meilleur joueur du club actuellement, Zoran Tosic.

Après l’éclatante victoire face à Krasnodar, le CSKA confirme son redressement, retrouve la 4ème place et surtout n’est qu’à 3 points du Spartak et à 6 points du Lokomotiv.

Pour Volga, la défaite a un goût amer, mais ce que montre l’équipe sur le terrain laisse présager de bonnes choses pour la suite de la saison.

Dinamo 1 – 0 Tom

Bordachev (csc, 42′)

Aleksandr Kokorin peut en sourire, Bordachev a tiré une belle épine du pied des hommes de Petrescu. Auteur d’un match indigne d’un prétendant aux places européennes, le Dinamo s’en sort sur un but contre son camp aussi inattendu qu’extra ordinaire. Insipides, manquant cruellement de liant, de cohésion, de continuité, bref manquant de tout, seuls les trois points seront à retenir côté Dinamo.

En face, perdre de cette manière ne doit pas inciter à l’optimisme du côté de Tomsk.

Krasnodar 1 – 2 Kuban

Gohou (93′) / Bucur (64′), Popov (91′)

La déroute face au CSKA ne semble pas encore digérée du côté de Krasnodar. A priori favoris de ce derby, les hommes de Kononov n’ont jamais été en mesure de mettre le Kuban en difficulté, comme s’ils avaient peur de leurs adversaires.

A l’inverse, les joueurs du Kuban semblent sur une toute nouvelle dynamique depuis l’arrivée de Goncharenko à la tête de l’équipe. Le match nul arraché dans les derniers instants à Swansea sera peut être l’acte fondateur du renouveau du Kuban. S’il est encore beaucoup trop tôt pour l’affirmer, on peut dire qu’il y a un réel effet Goncharenko. Plus accrocheur, le Kuban presse plus haut, étouffe son adversaire et parvient enfin à mettre son adversaire en difficulté. Au final, la victoire du Kuban ne souffre d’aucune contestation possible tant les partenaires de l’excellent Popov auront maîtrisé le match de bout en bout.

Avec cette victoire, le Kuban remonte à la 8ème place du classement. Si les places européennes sont encore loin, une bonne série leur permettant de revenir dans la course à l’Europe n’est pas à écarter.

Pour le rival Krasnodar, cette deuxième défaite consécutive en championnat est bien plus inquiétante que la précédente. On attendra les prochains matchs pour tirer des conclusions, mais une réaction est attendue. Il ne faudrait pas gâcher tout le travail réalisé jusqu’à présent.

Rostov 0 – 0 Rubin

Depuis que Rostov s’était installé à la première place du classement au soir de la 5ème journée, plus aucune victoire n’est à signaler. Face à un Rubin ridicule en milieu de semaine du côté de Vladivostok en Coupe de Russie, difficile d’attendre autre chose que ce match nul et vierge.

Le Rubin ne décolle toujours pas alors que Rostov est retombé dans dans l’anonymat depuis plusieurs journées maintenant.

Caucase en danger

Même score, même scenario ou presque. Les deux équipes caucasiennes de cette RPL sont en grande difficulté.

Anzhi 0 – 1 Ural

Acevedo (93′)

Plutôt dominateur tout au long de la rencontre, l’Anzhi s’est incliné en toute fin de match sur une frappe magnifique d’Acevedo. Un résultat des plus cruels pour l’Anzhi, incapable de convertir la moindre occasion, qui reste donc scotché à cette dernière place avec 6 petits points et 0 victoire à l’issu des matchs allers.

Terek 0 – 1 Krylia Sovetov

Kornilenko (36′)

Cruel, c’est également l’adjectif à employer pour qualifier la défaite du Terek. Un contre de Goreux conclu par Kornilenko alors que le Terek multipliait les offensives devant les buts de Mucha, et Krylia Sovetov remporte une victoire qui les éloigne un peu plus de la zone dangereuse.

Pour le Terek, le départ de Kranozhan peut-il sauver l’équipe ? Rien n’est moins sûr

Récompenses de la journée

L’homme du week-end : Thomas Phibel (Amkar), auteur d’une excellente prestation face au Zenit

Le but du week-end : Acevedo (Ural) crucifie l’Anzhi dans les arrêts de jeu

Le csc du week-end : Le malheureux Bordachev (Tom) offre la victoire au Dinamo. Kokorin en rit encore.

Le gardien du week-end : Pesyakov (Spartak) permet à Samedov d’inscrire le deuxième but du Lokomotiv

L’image du week-end : Ballon perdu au milieu des sièges vides pour le derby moscovite du week-end.

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Résultats et classements

Rusko