Tahiti 3 – 5 Russie

L’exploit était proche, très proche même, mais Tahiti a craqué sur la fin. Un but teinté de roublardise et de génie de Shishin a fait la différence pour donner l’avantage à des russes qui n’en menaient pas large. Car, oui, c’est bien Tahiti qui a fait le jeu, qui a fait briller Bukhlinsky. Menés au score à deux reprises, les Tiki Toa n’ont jamais lâché et sont même passés devant au tableau d’affichage en tout début de troisième tiers-temps avant de concéder l’égalisation à moins de 4 minutes de la fin et de s’écrouler par la suite.

L’expérience et le cynisme ont frappé. Sans jamais s’affoler, les Russes ont su inverser la tendance et profiter des failles adverses. Alors que Tahiti a fait beaucoup de progrès dans la gestion globale du match  par rapport aux premiers matchs, le manque de discipline leur aura été fatal. En effet, l’expulsion de Tepa (synonyme de 2 minutes à jouer en infériorité numérique) suite à deux simulations mais aussi les nombreuses contestations, le tout venant s’ajouter aux suspensions de Li Fung Kuee et Taiarui, ont coûté cher aux polynésiens. En face, sans être brillants, les Russes sont restés lucides. Malgré l’atmosphère tendue sur le banc, sur le terrain les protégés de Likhachev ont su garder leur sang froid.

Si jusqu’à présent, il était difficile de ressortir une individualité du collectif russe, cette demi-finale a consacré Dmitri Shishin. Déjà auteur du but victorieux face à l’Iran, Shishin a fait très mal aux Tiki Toa, inscrivant un triplé décisif et démontrant une palette ultra complète du joueur de Beach Soccer. La Russie est donc toujours en lice pour défendre son titre de championne du monde. Pour Tahiti, la déception est grande et à la hauteur de la fierté d’une Coupe du Monde réussie. En dehors de l’organisation et de l’engouement admirable autour de la compétition, Tahiti aura été l’équipe la plus agréable à voir jouer.

Espagne 2-1 Brésil (ap)

Pour la première fois de son histoire, la Roja jouera la finale de la Coupe du Monde de Beach Soccer. Ironie du sort, cet exploit est réalisé sans le meilleur joueur espagnol de l’histoire de ce sport, j’ai nommé Amarelle. Faut-il y voir un signe du destin ? Rapprocher cet élément avec son illustre compère du football, Raul ? On n’ira pas jusque là.

Toujours est-il que l’Espagne signe là un exploit auquel peu de personnes croyaient. Cependant, le début de compétition des deux équipes laissaient à penser que ce match était beaucoup plus équilibré que sur le papier. Le Brésil se repose essentiellement sur ses individualités et sur sa capacité à mettre de la folie dans le match. Si l’inévitable Bruno Xavier a réussi à ouvrir le score très rapidement, derrière, l’organisation espagnole a mis à mal ce Brésil. Dans les buts, Dona a réalisé le match quasi parfait alors que Juanma égalisait pour les siens au cœur du deuxième tiers-temps. En face, Mao n’était pas en reste et la réussite fuyait les attaquants auriverdes qui voyaient le ballon heurter le poteau à plusieurs reprises.

Un excellent niveau de jeu pour une rencontre âpre et tendue qui a finalement tourné à l’avantage des espagnols en prolongation. Une frappe de Nico qui rebondit juste devant Mao, touche la transversale et passe de peu la ligne de but et voilà la Roja en finale.

Pour le Brésil, la désillusion est énorme. Après avoir perdu son titre il y a deux ans, la Seleçao ne parvient même pas à se hisser en finale et a surtout montré de vraies limites face à des équipes bien organisées.

Finale : Russie – Espagne

Remake de la finale du tournoi qualificatif à la Coupe du Monde qui avait vu l’Espagne s’imposer à Moscou, cette finale 100% européenne s’annonce très serrée. La Russie n’écrase plus ses adversaires comme elle pouvait le faire encore récemment. En face, l’Espagne est prête, la Selección n’avait jamais atteint ce niveau de la compétition et semble plus déterminée que jamais.

L’état de fraîcheur des deux équipes pourraient faire la différence. Malgré les blessures de Gorchinski et Leonov (ce dernier, qui avait rejouer en ¼ de finale, n’a pas pris part à la demi-finale), la Russie tourne avec plus de joueurs que la Roja. L’état de fatigue des espagnols à la fin du match face au Brésil était assez révélateur. Juanma étant rouge écarlate dès la fin du deuxième tiers-temps.

De plus, par rapport au tournoi de Moscou d’il y a un an, l’équipe d’Espagne a quelque peu changé. Outre Amarelle, c’est également les frères jumeaux Cristian et Javi Torres qui sont absents, soit 3 joueurs déterminants lors de ce tournoi. D’ailleurs, cet été, en Espagne, la Russie était venue prendre sa revanche sur l’Espagne, en l’écartant du chemin vers la finale de l’Euro de Beach Soccer (sorte de championnat d’Europe) au cours d’un match serré mais maîtrisé par les russes.

Champions du monde en titre, les Russes partent donc favoris de cette finale. Aux Espagnols de faire déjouer les pronostics.

Rusko, Wolfman