Cerisiers en fleurs, le Mont Fuji, les Temples Bouddhistes, Geishas, Manga et autres Kobe Beef et Sushi…Le Japon est un pays fascinant, teinté de vieilles coutumes et d’une culture sportive importante. Si les arts martiaux traditionnels tels que le judo, le kendo, le karaté et l’aïkido sont très populaires et ont un énorme succès, le football est aujourd’hui le deuxième sport collectif national, derrière le Base Ball. Le football n’est donc pas uniquement qu’un manga relatant les aventures d’Olivier Atton et Thomas Price au milieu des années 1980.

Jusque dans les années 90, le football japonais faisait « rire » quand la France baladait les nippons en coupe Kirin (victoire 4-1 en 1994) ou en en match amical (victoire 5-0 en 2001). Aujourd’hui, la sélection du pays du soleil levant ne suscite plus de moqueries mais de l’admiration au regard de ses progrès : Organisateur de la coupe du monde en 2002, le Japon parvient en 8ème de finale, défait contre la Turquie 1/0, futur demi-finaliste de la compétition. Emmené par le sélectionneur brésilien Arthur Antunes Coimbra, le Japon réussira un parcours honorable à la coupe du monde 2006, éliminé en phase de poule dans un groupe compliqué (Brésil, Australie et Croatie). Malgré un tirage au sort difficile, (Pays-Bas, Danemark, Cameroun), les hommes de Takeshi Okada terminent à la deuxième place du groupe derrière les bataves et doivent s’incliner en 8ème de finale contre le Paraguay aux tirs au but. Enfin, le Japon remporte la coupe d’Asie à trois reprise depuis 2000 (2000, 2004 et 2011). Son équipe nationale possède au moins deux joueurs que l’équipe de France n’a pas : Shinji Kagawa et Keisuke Honda. Emmenée par ces deux joueurs, le japon est venue s’imposer il y a tout juste un an au Stade de France sur un but du Mancunien. Si la sélection nationale est présente sur la scène internationale, le championnat japonais reste en revanche assez inconnu. Qu’en est-il de la J-League ? Comment le football se vit dans la Prusse de l’Asie ?

Tokyo, 15 Aout : Arrivée à Tokyo. Le lendemain de mon arrivée en terre nippone a lieu le derby entre le FC Tokyo et le Yokohama F Marinos. L’opportunité est trop tentante de découvrir le foot japonais. Après avoir convaincu ma femme, il s’agit désormais de trouver des places. Grâce à la gentillesse naturelle des japonais, nous achetons deux places à un prix correct sans être « cheap » en face de la tribune présidentielle pour l’équivalent de 35€. L’idée d’acheter un maillot m’a un temps traversé l’esprit. Mais une fois dans la boutique, stupeur : Il faut débourser entre 90 et 110€ pour acheter un maillot. Inutile de dire que j’ai rebroussé chemin assez vite.

La rencontre entre FC Tokyo et le Yokohama F Marinos a lieu à 18h, au stade Ajinomoto, un des stades de la coupe du monde 2002.FC Tokyo - Yokohama F Marinos (19)

Le FC Tokyo partage ce stade avec l’autre club de la ville Tokyo Verdy, évoluant en deuxième division. Pour ceux qui sont habitués aux ambiances chaudes et tendues d’un derby d’une division d’élite, le choc est assez terrible. Les supporters des deux équipes sont mélangés dans le métro, dans les rues et l’atmosphère est conviviale. En attendant avec hâte de pénétrer dans l’enceinte tokyoïte, je savoure cette belle ambiance d’avant-match de football et cette sensation de bien être assez rare qui règnent dans la ville.

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Le stade est rempli au ¾. La tribune présidentielle est la seule partie du stade vide. Les 35000 personnes réparties dans le reste du stade font énormément de bruit. Derrière les buts les supporters des deux équipes donnent beaucoup de voix et affichent les innombrables bannières. Un supporter situé derrière moi est complètement déchainé et se casse la voix à chaque fois que Tokyo est à l’attaque. Contre toute attente, je prends un pied fou et c’est assez déstabilisant. Les supporters vivent le foot pour le foot, sans animosité. A titre d’exemple, une anecdote m’a particulièrement marquée. Un père de famille situé à côté de moi laisse tout naturellement sa fille de 10 ans aller à la buvette. La petite fille revient tout sourire avec sa boisson et sa sucrerie. En France ou en Angleterre je n’ai personnellement jamais vu ça.

Revenons au terrain. Sur le jeu à proprement parlé, le match est assez décevant. Les visiteurs apparaissent supérieurs techniquement et collectivement. La domination des Marinos est telle que l’intérêt du match disparaît assez vite. Les équipes sont extrêmement joueuses : petits ponts, crochets, transversales pour le grand bonheur du public, friand des gestes techniques. Un joueur comme Ben Arfa ou Ménez seraient adulés ici. L’ouverture du score est superbe dans sa construction. Le deuxième but n’en est pas moins magnifique, avec une série de crochets aux abords de la surface suivis d’une grosse frappe qui vient se loger dans la lucarne du portier du FC Tokyo.

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Pendant le match, je crois reconnaître un joueur sur le côté du terrain. Après une pêche aux informations, je découvre qu’il s’agit de Lucas Severino, l’ancien joueur du Stade Rennais. Peu en vue dans la rencontre, l’ancien rennais est et le moins bon joueur de Yokohama au milieu de terrain.

Si nous assistons à un très bon moment, il est cependant difficile de jauger le niveau physique et l’intensité du championnat. En effet, il fait extrêmement chaud en été au Japon, l’air est particulièrement humide et les conditions météorologiques altèrent inévitablement le rythme de la rencontre. Durant la période estivale, la moyenne des buts en J-League baisse considérablement.

Le match se termine sur le score de 2/0 en faveur des visiteurs mais peu importe Les supporters quittent les tribunes dans le calme et la discipline après un vrai bon moment de foot à l’état pur C’est à se demander si ce n’est pas comme çà que nous aimerions le vivre en Europe.

The Swindler