Cent quatre-vingts minutes et deux victoires à domicile face aux coriaces Bulgares et Tchèques séparaient la Nazionale de sa quatorzième participation consécutive à une phase finale d’une Coupe du Monde.

ITALIE – BULGARIE

Pour affronter la Bulgarie, Cesare Prandelli opte pour une de ses trois formules préférées : le 4-3-2-1 ou albero di natale. Malgré les absences de trois  rouages importants de l’animation offensive (Marchisio, Montolivo et Balotelli), La Nazionale produit un jeu léché avec Gilardino, aligné en pointe. Son jeu et ses appels favorisent les incursions d’Abate et Candreva à droite et Antonelli et Insigne à gauche, tous deux titulaires pour la première fois de leur carrière en sélection.

La première période est nettement à l’avantage de l’Italie. Les hommes de Prandelli sont récompensés par un but de « Gila »,  comme souvent plein d’opportunisme dans les six mètres adverses. L’attaquant de Bologne est à la réception d’un centre de Candreva (1-0,38ème) et permet à la Nazionale de rejoindre les vestiaires sous les applaudissements nourris du stade la Favorita de Palermo.

A la mi-temps, si la quasi totalité des commentateurs prédisait un scenario semblable à la première mi-temps, personne ne pouvait imaginer que la seconde période allait voir une domination totale des Bulgares. Les italiens souffrent physiquement comme en témoignent les blessures des latéraux Abate et Antonelli et l’Italie est en danger. A trois reprises (48ème,63ème,64ème), Buffon s’interpose pour sauver les siens devant les hommes de Luboslav Penev, qui auraient largement mérité d’égaliser. Le portier de la Juventus permet à son équipe de préserver l’essentiel et d’être à une victoire de la qualification mathématique au Mondial.

Quant à la Bulgarie, cette sélection est certes sans génie ni réelle vedette depuis la retraite internationale de Berbatov, mais son style de jeu ambitieux et tourné vers l’avant en fait une candidate sérieuse au barrage.

ITALIE – REPUBLIQUE TCHEQUE

Pour la première apparition de La Nazionale au Juventus Stadium, l’italie recevait la République Tchèque. L’occasion révée pour le groupe Azzurro de remercier son immense capitaine, prêt à féter sa 136ème sélection et ainsi égaler son ami de toujours, Fabio Cannavaro dans le stade qui le voit protagoniste depuis deux ans.

Le CT Azzurro choisit cette fois une défense à 3 avec De Rossi, sans pour autant renoncer à son arbre de noël. Candreva et Giaccherini accompagnent le toujours très attendu Balotelli. Après un premier quart d’heure d’excellente facture sans pour autant véritablement inquiéter Cech, La Nazionale est prise à revers par une merveille d’action initiée par Tomas Rosicky, excellent joueur lorsque son physique lui permet d’exercer son immense talent. Libor Kozak, fraichement transféré de la Lazio à Aston Villa. conclut l’action et permet à la république tchèque d’ouvrir le score (0-1,16ème).

Pris dans le dos de ses latéraux, Prandelli ordonne un rapide changement tactique pour revenir au schéma de jeu qui avait bien fonctionné durant le premier acte Palermitain. Le milieu De Rossi-Pirlo-Montolivo produit alors une demi-heure de très grande qualité. Par l’intermédiaire de dédoublements incessants sur les cotés, les coéquipiers de Buffon vont se procurer trois, quatre énormes occasions que Super Mario ne va inexplicablement transformer.

C’est alors qu’intervient le tournant à quelques secondes de la mi-temps. Le milieu Tchèque, orphelin après l’énième sortie sur blessure du « petit prince » d’Arsenal , amorce une contre-attaque rapide qui permet à l’ancien Laziale de se présenter seul à l’entrée de la surface de réparation Azzurra. Mais sa frappe effleure le poteau gauche de Buffon dans un silence de cathédrale.

Le retour des vestiaires marque un énième changement tactique avec le passage au « rombo »  ou 4-3-1-2, avec Candreva qui se positionne juste derrière Balotelli et Osvaldo, qui remplace un toujours volontaire Giaccherini. Dix minutes suffisent pour renverser les coéquipiers de Petr Cech, peu inspiré sur l’égalisation de Chiellini d’une tête rageuse sur corner.(1-1,50ème). Quelques minutes plus tard, Balotelli va enfin être décisif, obtenant puis transformant un pénalty sur une faute de Gebre Selassie. 20/20, pour Super-Mario, non en raison d’une prestation parfaite mais d’une propension à n’avoir pour l’instant jamais raté un pénalty de sa carrière

La dernière demi-heure voit les Azzurri « congeler » le résultat pour officialiser avec deux journées d’avance – fait inédit – leur présence, et par le même temps leur candidature à Brasil 2014.

EN ROUTE POUR LE BRESIL 2014

Un groupe déjà connu ?

A neuf mois du coup d’envoi du Mondial, Prandelli semble avoir les idées plus claires que jamais. Le schéma de base reste le 4-3-1-2 et tout semble aller vers la confirmation du milieu de l’euro 2012 et le retour de Giuseppe Rossi aux côtés de Mario Balotelli sur le front de l’attaque.

La défense à 3 semble être définitivement « réservée » à la confrontation avec le rival Espanol, seule sélection au Monde disposant d’un milieu de terrain à la qualité technique plus élevée.

Le « citti » de La Nazionale a déclaré ces derniers jours qu’il ne ferait aucun cadeau aux joueurs (mêmes jeunes) qui n’obtiendraient pas un temps de jeu satisfaisant en club. Si une bonne trentaine de joueurs peut rêver d’une place dans l’avion pour le Brésil, le Mister n’est pas loin d’avoir son groupe de 23 déjà en tête.

Sauf catastrophe les trois gardiens seront Buffon, Marchetti et Sirigu.

En défense Barzagli, Bonucci, Chiellini, Maggio, De Sciglio et Abate ont un pied et quatre orteils dans l’avion. C’est également le cas de Pirlo, De Rossi, Marchisio, Montolivo, Candreva et Giaccherini au milieu et de Balotelli, Rossi, Gilardino en attaque.

A moins d’une défection d’un lateral, la dernière place en défense se jouera probablement entre Astori et Ogbonna.

Verratti et El Shaarawy en danger ?

À cette heure, les deux espoirs sur toutes les lèvres il y a quelques mois risquent sensiblement – surtout le rossonero – de voir l’avion s’envoler s’ils ne se ressaisissent pas rapidement.

Le premier semble être en concurrence avec Motta, Florenzi et Diamanti pour deux places selon l’orientation de Prandelli. Le second est aujourd’hui derrière Osvaldo et Insigne dans la hierarchie du Mister. La Nazionale, qui sera tête de série, attend donc sereinement le tirage au sort du tableau final.

Affaire à suivre…

Mìrkø.