Très agitée en coulisse, la RPL reprenait ses droits ce weekend après la trêve internationale qui a permis à la Russie de se ridiculiser en Irlande du Nord (défaite 1-0).

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Anzhi new look

Au cœur de l’actualité suite à l’annonce de la restructuration et de la mise en vente de tous ses joueurs (nous y reviendrons en détail dans un prochain article), l’Anzhi se déplaçait à Saint-Pétersbourg pour y affronter le Zenit.

Denisov, Zhirkov et Kokorin partis au Dinamo, Shatov au Zenit, Boussoufa au Lokomotiv, Gabulov, Willian, Samba et Diarra en instance de départ, Gadzhiev a du faire avec les moyens du bord pour sa nouvelle première fois avec l’Anzhi. L’équipe tient globalement la route. Eto’o est titulaire en attaque, Ionov et Carcela sur les côtés, Jucilei et Akhmetov au milieu. Le problème se situe bien derrière où la charnière Ewerton/Joao Carlos, déjà fébrile, ne va pas être aidée par des latéraux particulièrement faibles (Gadzhibekov et Tagirbekov)

Côté Zenit, Ansaldi fait ses débuts sous ses nouvelles couleurs, au même titre que Smolnikov sur le côté droit de la défense. Devant, Bukharov est préféré à Kerzhakov, auteur d’une bien piètre prestation en équipe nationale.

Comme nous pouvions nous y attendre, le suspens fut de courte durée. Malgré leur bonne volonté, les hommes de Gadzhiev se sont faits balader. Beaucoup trop faibles défensivement, ils ont subi la loi d’un Zenit qui se retrouve petit à petit. Un premier but de Shirokov, un second très joli but Hulk tout en finesse juste avant la pause, et un dernier d’Ansaldi pour conclure. Victoire nette et sans appel. Seule ombre au tableau, la blessure de Hulk qui, bien qu’exaspérant, commence réellement à s’imposer au Zenit.

Fin de série pour le Kuban

Invaincu depuis le 30 novembre 2012, le Kuban est tombé ce week-end à Khimki face au CSKA. Archi dominateurs en début de match, les moscovites ont su faire la différence par l’intermédiaire d’Ahmed Musa. Servi par Honda, le Nigérian se joue de la défense centrale adverse et place une frappe puissante sur laquelle Belenov n’est pas irréprochable.Après ce début de match presque parfait, le CSKA recule et le Kuban en profite pour enfin entrer dans la rencontre. Plus pressant, les hommes de Munteanu parviennent à se montrer dangereux à plusieurs reprises, en vain.

La deuxième mi-temps n’est que le prolongement de la fin du premier acte. Le Kuban se heurte à la défense du CSKA et fait preuve de maladresse, à l’image d’une tête immanquable de Cissé alors qu’en contre, le CSKA ne parvient pas à se mettre à l’abri. Le CSKA s’impose au final sur ce score de 1 but à 0.

Cette première défaite depuis novembre dernier est à mettre en rapport avec la perte de nombreux joueurs clés du Kuban ainsi que de l’Europa League. On peut, en effet, facilement imaginer que Baldé était préservé en vu du match face à Feyernoord jeudi prochain. De son côté, le CSKA se replace en haut du classement et semble lancer pour de bon à la quête du titre.

Made in Kazan

Autre affiche entre équipes invaincues, Spartak/Rubin. Le Luzhniki étant occupé par les mondiaux d’athlétisme, le match était donc délocalisé du côté de Cherkizovo, au Lokomotiv stadium. Pour son premier match à domicile, le Spartak a fort à faire. Quoi de plus redoutable, en effet, que la réception du Rubin ?

Toujours extrêmement compliqué à gérer, le Rubin entre parfaitement dans son match et empêche le milieu du Spartak de prendre le jeu à son compte. Les deux milieux s’annihilent et les défenses prennent largement le pas sur les timides attaques. Rondon est livré à lui-même, malgré l’apport éphémère d’Eremenko et l’activité de Ryazantsev et Karadeniz, alors que de l’autre côté les arméniens Movsisyan et Ozbiliz sont invisibles et tout repose sur Jurado et Glushakov, les milieux les plus créatifs. La seule grosse occasion de cette première période vient d’ailleurs d’un tir de Glushakov que Ryzhikov détourne sur le poteau. Le score nul et vierge et donc tout à fait logique lorsque l’arbitre renvoie les deux équipes aux vestiaires.

Sentant le manque de point offensif de son équipe et le manque de danger adverse, Karpin n’hésite pas à lancer Yakovlev à la place de Makeev dès la mi-temps. Carioca descend alors d’un cran au niveau de la défense centrale. Ce remplacement n’apporte pas les effets escomptés. M’Vila et Natcho règnent parfaitement au milieu de terrain et le Spartak a beaucoup de mal à s’approcher des buts de Ryzhikov. Cette deuxième période est, cependant un peu plus animée et rythmée. Les entrée combinées de Barrios, tout juste arrivé dans sa nouvelle équipe et de Bilyaletdinov ne changent pas le cours du match, on se dirige irrémédiablement vers un 0-0. Et pourtant, Marcano croit bien offrir la victoire au sien, et par la même occasion un mini hold-up, reprenant de la tête un centre au second poteau. C’était sans compter sur Carioca qui, bien placé, contre le ballon et permet au Spartak de conserver son invincibilité.

Quatrième match nul de la saison pour le Rubin et troisième 0-0 consécutif ! Rarement flamboyante, cette équipe est une des plus dures à battre en RPL. Berdyev maitrise son sujet à merveille et, même si les résultats bruts sont décevants pour le moment, le Rubin a déjà rencontré CSKA, Spartak, Zenit et Kuban et peut donc voir la suite avec ambition.

Pour le Spartak il s’agit d’un nouveau coup d’arrêt, après le match nul ramené de Krasnodar, face au Kuban. Mais ce coup d’arrêt n’est rien à côté de la blessure de Salvatore Bocchetti. Victime d’une rupture des ligaments extérieurs du genou droit., l’Italien sera éloigné des terrains pour 6 mois environ. Valeri Karpin et son staff sont d’ores et déjà à la recherche d’un remplaçant. Cette blessure pourrait coûter très cher au Spartak qui avait enfin trouvé un patron en défense.

Deux points perdus ou un point gagné ?

L’autre gros match de la journée avait lieu du côté de Krasnodar qui recevait le Dinamo.

Pour sa première sortie à la tête de Krasnodar*, Oleg Kononov (ex Sevastopol) ne fait pas dans l’innovation. Seul Mamaev, prêté par le CSKA, trouve une place de titulaire.

Avec 45M€ dépensés en une seule journée pour la triplette de l’Anzhi, Denisov, Zhirkov, Kokorin, le Dinamo a envoyé un message clair et se positionne dans la course au titre, ou tout au moins aux places européennes. Seul Denisov est lancé dès le coup d’envoi. Devant, Petrescu accorde sa confiance à Smolov et laisse Voronin sur le banc. Yusupov est reconduit au milieu, tout comme Noboa, et la défense reste immuable. Dans les buts, Shunin a fait les frais de la déroute face au Spartak et prend place, pour la deuxième fois consécutive sur le banc au profit de Berezovski.

Sans être un grand match, on se laisse emporter par la rencontre. Après à peine 10 minutes de jeu, Wanderson fait de Fernandez sa chose et s’en va tromper Berezovski. Le capitaine argentin du Dinamo connaît un début de saison pour le moins chaotique. Le rythme est suffisamment élevé et les attaques prennent le pas sur les défenses Seule la maladresse des attaquants permet au score de ne pas évoluer.

La deuxième période est du même acabit. Krasnodar se procure d’énormes occasions mais ne parvient pas à faire le break. Le match avançant, le Dinamo se fait de plus en plus pressant et les situations chaudes devant les buts de Filtsov s’accumulent. Finalement, c’est le jeune Andrei Panyukov, tout juste entré en jeu à la place de Smolov, qui égalise pour son équipe en reprenant de la tête un centre de Lomic. Une fois de plus, l’insouciante jeunesse du Dinamo se fait remarquer, et il faut en profiter tant que Zhirkov et Kokorin ne sont pas opérationnels. Deux points de perdus ou un point de gagné ? C’est plus ou moins le sentiment et la question que doivent se poser les deux techniciens à l’issue de la rencontre.

Au classement, Krasnodar, qui vient de faire signer Ari (Spartak) ne décolle pas, mais les qualités sont là et Kononov devrait s’imposer assez rapidement au sein de sa nouvelle équipe.

Côté Dinamo, le début de saison est moyen. Rien de flamboyant, une déroute face au Spartak et les hommes de Petrescu restent bien placé, mais ne devront surtout pas traîner. La réception du Zenit lors de la prochaine journée s’annonce des plus palpitantes.

Rostov et Dzyuba inarrêtables

Ce match était très loin d’être LE match du weekend avant le coup d’envoi,

Après une première période insipide, malgré les bonnes intentions générales, au cours de laquelle seul Kalachev aura su faire frissonner le Stadion Olimp 2 plutôt bien rempli pour un lundi et pour une telle affiche, RostovVolga va changer de dimension en seconde période dès le retour des vestiaires. Les lignes sont plus étirées, le rythme est plus élevé et surtout les attaquants parviennent enfin à entrer dans la surface adverse. L’équipe de Rostov est transfigurée. Kanga est omniprésent et crée de nombreuses brèches au sein de la défense de Volga. Cinq minutes suffisent aux hommes de Bozovic pour trouver le chemin des filets. A l’entrée de la surface, Kanga manque complètement sa frappe, Ananidze, étrangement seul et peut-être hors-jeu, se trouve sur la trajectoire du ballon. Le Géorgien ne se pose pas de question et frappe sans contrôle. Nigmatulin ne peut rien faire, Rostov mène 1-0. Euphoriques, les locaux ne comptent pas en rester là et continuent d’attaquer. Mais cette volonté offensive a un coût défensif et à plusieurs reprises. Volga sème la panique au cœur de la défense de Rostov. Cependant, Sychev manque de précision, Mulumba et Shelton sont trop peu visibles et Putilo ne pèse pas assez sur le jeu. Derrière, Dyakov assure l’essentiel pour Rostov et Pletikosa ne doit, finalement, pas s’employer outre mesure. En tout cas, le rythme est élevé et, même si la qualité globale reste limitée, le match est très agréable à suivre. On passe d’une surface à une autre et à ce petit jeu, Rostov va faire la différence. Ananidze adresse un centre/passe parfait pour Kalachev. Le Biélorrusse reprend de volée, laissant Nigmatulin sans réaction. Rostov est en feu, plus rien ne semble pouvoir arrêter les partenaires de Pletikosa. Ananidze est sur un nuage et, à un quart d’heure de la fin, trouve Dzyuba qui inscrit de la tête son 7ème but de la saison après avoir reçu le trophée de joueur du mois de juillet avant le coup d’envoi. L’avant centre russe a des statistiques ahurissantes : 13 tirs, 9 cadrés, 7 buts en 5 matchs !

La fin de match vire au cauchemar pour les joueurs de Nizhny Novgorod. Kolodin récolte un deuxième carton jaune et laisse ses coéquipiers à 10. Histoire de ravir un peu plus ses supporters, Rostov va ajouter un nouveau but. A la conclusion d’un excellent mouvement collectif, le Sud-Coréen Byung-Soo Yoo vient clore les débats.

Une deuxième période parfaite, une victoire 4-0, un avant-centre en feu et voilà Rostov seul leader de RPL avec 13 points en 5 matchs. Et ce capital point ne sera pas de trop à la veille d’une série effrayante avec trois déplacements consécutifs à Moscou pour y affronter Lokomotiv, Dinamo puis CSKA, le tout avant de recevoir le Zenit.

Pour Volga, la défaite est lourde et pourrait laisser des traces. L’Anzhi ne devrait pas rester en bas de classement toute la saison et la réception d’un Terek en plein doute la semaine prochaine pourrait orienter la suite de la saison des hommes de Kalytvyntsev.

Dans les autres matchs de la journée, le Terek nous a offert une nouvelle purge avec une cruelle défaite dans les arrêts de jeu à la clé face au Lokomotiv. Avec 2 points au compteur, Krasnozhan n’a plus beaucoup de droit à l’erreur. Sans faire de bruit et en assurant l’essentiel, le Lokomotiv se positionne dans le haut du classement. 10 points en 5 matchs et de nets progrès à prévoir (enfin, à espérer surtout), voilà qui devrait donner le sourire du côté de Cherkizovo.

Dans le match des très mal classés, Krylia Sovetov est venu à bout de Tom. Un but de Tsallagov à l’heure de jeu puis une résistance à 10 contre 11 face aux assauts de Panchenko et Portnyagin font le bonheur des joueurs de Samara et du nouvel entraîneur Aleksandr Tsygankov qui remplace Gadzhiev parti à l’Anzhi. Pour Tom, en revanche, ce résultat est des plus cruels. Les hommes de Davydov n’ont toujours pas le moindre point au compteur.

Enfin, samedi, en ouverture de la journée, Ural et Amkar n’ont pu se départager. Après une première période plutôt agréable, le rythme est retombé et aucune des deux équipes n’est parvenue à faire la différence.

*Muslin (entraîneur) et Galitsky (président) ayant décidé de cesser leur collaboration à l’amiable

Récompenses de la semaine :

L’homme de la journée : Zhano Ananidze. Auteur d’un but et de deux passes décisives, le Géorgien a mis Rostov sur orbite face à Volga

Le but de la journée : Pour une fois, Hulk choisir la finesse plutôt que la force et ça lui réussit

L’arrêt de la journée: Ryzhikov détourne la frappe de Glushakov sur le poteau

La purge de la journée : Terek-Lokomotiv : le mot purge n’est pas assez puissant pour qualifier ce match

Le coup de cœur de la journée : L’affluence et les bons chiffres du weekend. Mentions particulières à l’Ural et Krylia Sovetov qui ont respectivement rassemblé 21 323 et 16 074 spectateurs face à l’Amkar et à Tom (très loin d’être les affiches du siècle)

Rusko