Après la victoire du CSKA sur l’Anzhi en finale de coupe de Russie, victoire qui permet à l’équipe de l’armée de réaliser un joli doublé, je vous propose un bilan de la saison, un ressenti sur le parcours et l’avenir des équipes de RLP.

Que penser de cette saison 2012/2013 ? 

Pour la première saison avec un calendrier Ouest Européen, la RPL nous a offert un spectacle très inégal, d’un niveau de jeu insuffisant à mon goût. Jamais les meilleures équipes n’auront été en forme au même moment de la saison. Le titre du CSKA est mérité, mais peu flamboyant. En résumé, cette saison m’aura déçu et à l’heure du bilan il m’est bien difficile de trouver de vraies belles satisfactions. Ce calendrier Ouest-Européen est-il une si bonne idée ? Ne coupe-t-il pas trop le championnat en deux avec des performances très différentes entre les deux périodes ? Notons que les performances russes en Europe auront été (très) décevantes. Revenons un peu plus en détail sur le parcours des équipes de RPL.

CSKA

Un doublé coupe/championnat séduisant et mérité ! En y regardant de plus près, le titre du CSKA n’a pas de quoi faire soulever les foules. Après un début de saison difficile avec en point d’orgue une élimination surprise (et honteuse) en Europa League face aux suédois de l’AIK, combiné à la blessure de son meilleur buteur, Seydou Doumbia, le CSKA a su inversé la tendance et revenir petit à petit dans la course au titre. Profitant des problèmes du Zenit et surfant sur des performances très régulières, le CSKA a su prendre les devants avant la trêve et faire le plein de points dès la reprise pour prendre un avantage suffisant en dépit d’une fin de saison un peu plus compliquée.

Malgré les nombreuses blessures (Doumbia, Honda, Necid) et la suspension de Dzagoev, le CSKA a su faire face aux événements contraires grâce à un vrai collectif. Avec une défense centrale vieillissante, Akinfeev, en dernier rempart, a été l’un des artisans importants de ce titre, tout comme le retour probant de Vagner Love en 2013. Mais s’il y a bien un joueur à ressortir côté CSKA, il faut se tourner du côté du milieu de terrain et plus précisément de la paire suédoise Wernbloom/Elm. Récupération, organisation, l’association de deux anciens joueurs de l’AZ est à la base de la bonne saison du CSKA. Côté satisfaction, notons également la très bonne saison du jeune latéral droit brésilien Mario Fernandes, ou encore les bonnes performances de Musa en pointe de l’attaque.

Quel avenir ?

L’objectif principal de l’inter-saison sera de renouveler quelque peu l’effectif. Honda est sur la départ, Dzagoev ne va pas résister longtemps aux sirènes ouest-européennes, la défense centrale est à bousculer, à retravailler car vieillissante et trop lente. Engagé en Ligue des Champions, il est difficile d’envisager une qualification en 8ème de finale de cette compétition, l’Europa League restant pour moi la compétition européenne dans laquelle le CSKA peut briller.

                                                                                                         

ZENIT

Auteur d’un début de saison époustouflant sur le plan du jeu, le Zenit s’est sabordé. Les arrivées de Witsel, et surtout de Hulk, ont marqué un tournant dans la saison du Zenit. Tensions au sein de l’effectif, manque de repère et de complémentarité, Spaletti quelque peu dépassé par les événements (à lire l’itw de Igor Rabiner sur le sujet), le Z

enit a eu beaucoup de mal à terminer la saison. La différente en terme de jeu entre le début de saison et la période post transfert de Hulk/Witsel est abyssale. Hulk, notamment, a eu de grosses difficultés à s’intégrer à l’effectif, rejeté par de nombreux cadres. Au final, le brésilien a plutôt bien terminé la saison, contrairement à Kerzhakov, un de ses détracteurs, muet et très peu productif sur la fin de saison.  Au final, la saison est très décevante à l’image de l’élimination en Europa League face aux suisses du FC Bâle.

Quel avenir ?

Épouvantail des barrages de LDC cet été, le Zenit cherchera à se qualifier pour la phase de groupe de la compétition. A priori, Spaletti reste au club mais peut d’ores et déjà se poser des questions. Comment réussir à développer un jeu collectif avec Hulk ? Le retour de blessure de Criscito en latéral gauche ne sera pas de trop, tant l’italien a semblé manquer à son équipe en 2013. Bruno Alves parti en Turquie, comment va s’organiser la défense centrale ? Qui pour accompagner Neto, titulaire ? Lombaerts ? Hubocan ? Côté droit, Anyukov est sur le déclin et on parle de Abate pour le remplacer. Kerzhakov a besoin d’un vrai concurrent pour le bousculer en attaque. Bref, l’inter-saison du Zenit devrait être mouvementée. Pour conclure sur le Zenit, rendons hommage à Sergei Semak qui arrête sa carrière et qui intègre le staff du club. Assurément son passage au PSG aura été un échec, mais sa carrière en Russie est une réussite totale. Grand respect à ce joueur talentueux et intelligent qui a encore un vrai avenir dans le foot, notamment au poste d’entraîneur.

                                                                                                         

ANZHI

Là encore, le bilan est très mitigé. Défait en finale de la Coupe de Russie, l’Anzhi visait le titre ou tout du moins une qualification en Ligue des Champions. Plutôt séduisant en première partie de saison, l’Anzhi a totalement raté son retour à la compétition en 2013 et s’est manqué également en Europa League. Trop friable défensivement, peu réaliste en attaque et ce malgré l’arrivée de Willian, les hommes de Guus Hiddink ont semblé terminer la saison en roue libre, restant focalisés sur la coupe.

Quel avenir ?

L’heure du changement semble être arrivée. Hiddink n’est pas sûr de continuer alors que Roberto Carlos, son adjoint, est déjà parti en Turquie. Côté terrain, il est impératif pour l’Anzhi de trouver un équilibre défensif. Offensivement, le club enregistre déjà l’arrivée de Ionov (Kuban) et n’a pas intérêt à bousculer l’effectif. Le chantier est uniquement défensif puisque aucun des titulaires n’a le niveau international.

                                                                                                         

SPARTAK

Décevante ! Je crois que c’est l’adjectif qui résume le mieux la saison du Spartak. Le gâchis Emery en première partie de saison (à lire l’itw de Igor Rabiner) n’a pas pu être inversé par Karpin. Trop de joueurs moyens forment cette équipe. Karpin a réussi a construire quelque chose de plus cohérent, mais d’un niveau global trop intermédiaire pour pouvoir lutter pour les premières places.

Quel avenir ?

Le Spartak a enfin trouvé un vrai bon défenseur central en la personne de Bocchetti et devra s’appuyer sur lui. Tino Costa (Valence) a officiellement rejoint le club et pourra apporter plus de fluidité dans le jeu. En attaque, Movsisyan va devoir confirmer sa bonne saison et Dzyuba devra s’affirmer encore un peu plus. McGeady a déjà dit qu’il ne renouvellerait pas son contrat. Karpin va-t-il continuer sur le banc ? La priorité reste, selon moi, de construire enfin un vrai effectif et de ne pas empiler les joueurs moyens.

                                                                                                         

KUBAN

Cette équipe est mon coup de cœur de la saison ! Équipe surprise la saison dernière, le Kuban a confirmé et s’est même affirmé comme une vraie bonne équipe de RPL. le Kuban a parfaitement su réagir au départ de Traoré pour l’Anzhi à l’inter-saison, puis au départ de Petrescu, son entraîneur, pour le Dinamo en début de saison. Toujours difficile à battre, l’équipe de Krasnodar a même su développer un jeu très attractif au fil de la saison. Le départ de Krasnozhan, le nouvel entraîneur, cet hiver, et son remplacement par Kuchuk n’ont rien changé, bien au contraire. La deuxième partie de saison du Kuban est assez exceptionnelle. Invaincu depuis le 30 novembre 2012, le Kuban a pris une autre dimension en 2013 et se qualifie en Europa League. Une juste récompense pour l’équipe la plus agréable à voir jouer avec notamment Ionov, Popov ou encore Ozbiliz.

Quel avenir ?

Une équipe surprise suscite toujours l’intérêt de clubs plus huppés et certains joueurs auront du mal à résister à l’appel des clubs plus puissants et ambitieux. Pizzelli, beaucoup moins utilisé cette saison, mais intéressant dans la rotation, rejoint l’autre club de Krasnodar, alors que Kulik, le capitaine de l’équipe, a déjà signé au Rubin. Ionov, pour sa part, rejoint les rangs de l’Anzhi. La saison de la confirmation sera certainement compliquée pour la Kuban. Mais le club semble bien travailler et la qualification en Europa League est un élément important qui pourrait permettre au Kuban de continuer à grandir.

                                                                                                         

RUBIN

C’est une saison en demi-teinte pour le Rubin. Le Rubin a réalisé de bonnes performances en Europe mais enchaîné trop de résultats mitigés en RPL, avec un jeu souvent ennuyeux. Capable de battre n’importe quelle équipe, le Rubin est également capable de perdre contre n’importe quel adversaire. Cette régularité dans l’irrégularité est le principal problème de l’équipe de Kazan. Passé tout près de ne pas jouer l’Europa League la saison prochaine, le Rubin s’en sort finalement plutôt bien.

Quel avenir ?

Habitué à jouer l’Europe, le Rubin cherchera à renouveler ses bonnes performances sur la scène européenne. De nombreux départs, comme ceux de Eremenko ou Natcho, sont évoqués. Comment va réagir le club face à ses départs ? Qui rejoindra le Rubin ?

 

DINAMO

Le début de saison catastrophique de l’équipe aura donc été fatal et le Dinamo se retrouve sans compétition européenne. Dan Petrescu aura pourtant tout changé. L’arrivée de l’entraîneur roumain a redonné un nouveau souffle à une équipe qui semblait totalement perdue. Beaucoup trop de joueurs moyens composent cet effectif et d’un match à l’autre le Dinamo peut présenter deux visages très différents. Korokin est indéniablement l’homme de la saison pour la Dinamo. L’arrivée de Petrescu a également libéré Dzsudzsak qui a enfin montré un bon niveau de jeu. Les forces déployées pour se sortir dans un premier temps des dernières places, puis pour retrouver la lutte aux places européennes, auront certainement manqué au Dinamo à l’approche du sprint final.

Quel avenir ?

Sans compétition européenne, il sera difficile de conserver la star de l’équipe, Aleksandr Kokorin (suspendu encore pour 6 journées) qui devrait recevoir quelques offres intéressantes d’autres clubs russes. Petrescu a semble-t-il parfaitement pris la mesure du club et de son effectif mais devrait, sans doute, dégraisser son effectif et à se séparer des joueurs moyens qui composent l’effectif.

 

TEREK

Comme prévu, l’équipe (très) surprise du début de saison, est rentrée dans le rang petit à petit pour terminer à une honorable 8ème place. Rien de bien flamboyant à signaler pour une équipe capable de coups d’éclat de temps en temps.

Quel avenir ?

Que veut faire Kadyrov de son Terek ? Rien ne semble aller dans le sens d’un développement plus approfondi. Le Terek devrait continuer son chemin en RPL, faisant parler de lui uniquement par sa situation géographique et son président fantasque et toujours controversé.

 

LOKOMOTIV

Le lokomotiv est l’énorme déception de la saison. Bilic, arrivé cet été avec pour ambition de redonner au Lokomotiv une importance sur la scène russe. Il s’agit clairement d’un échec cuisant. Aucune continuité, aucune vraie grosse performance, le Lokomotiv a traversé la saison dans l’anonymat le plus total. Bilic n’a jamais trouvé son système, son équipe, ses joueurs, malgré de nombreuses tentatives. Glushakov, meilleur joueur de l’effectif, n’est pas le meneur qui va fluidifier et éclairer le jeu. Les attaquants ont presque tous le même profil et manquent cruellement de qualités techniques et d’intelligence de jeu. Si on rajoute à ça, un secteur défensif, très friable…

Quel avenir ?

Contre toute attente, Bilic devrait rester en place (un licenciement serait beaucoup trop coûteux). Glushakov est annoncé avec insistance du côté du Spartak. Où est le projet ? Que veut faire Bilic ? Le chantier semble immense.

 

KRASNODAR

L’autre équipe de Krasnodar a également confirmé sa bonne saison précédente. Maintenu sans problème, Krasnodar a su gagner les matchs à sa portée et poser quelques difficultés aux grosses écuries. Avec le meilleur passeur de la saison (Joaozinho) et le meilleur buteur (Wanderson) à égalité avec Movsisyan qui a passé la plus grande partie de la saison avec Krasnodar, le club a su sortir du lot par l’intermédiaire de ses individualités.

Quel avenir ?

Beaucoup moins populaire que le Kuban, et sans Europe, il sera difficile de travailler dans la stabilité. Les individualités qui se sont distinguées cette saison devraient recevoir quelques appels.

 

AMKAR

Comme prévu, la saison de l’Amkar aura été compliquée. L’équipe a cependant réussi à éviter les barrages grâce à la différence particulière (classement avec Volga et Rostov)

Quel avenir ?

Les saisons se suivent et devraient se ressembler pour l’Amkar qui cherchera à éviter la relégation la saison prochaine.

 

VOLGA

Même commentaire que pour l’Amkar, même si Volga me semble avoir plus de perspectives et terme de jeu.

Quel avenir ?

Le club de Nizhny Novgorod se doit de faire mieux et de parvenir à se sauver plus facilement.

 

ROSTOV

Vainqueur sans difficulté du SKA Energya en barrage, Rostov se maintient assez logiquement dans l’élite russe. A vrai dire, la présence de cette équipe en barrage était une surprise étant donné le niveau de jeu affiché, supérieure à Volga et Amkar. Notons, la très bonne fin de saison de Guelor Kanga. Le gabonais a impressionné plus d’un observateur.

Quel avenir ?

Sur le papier, l’équipe tient la route et peut/doit bien mieux faire en terme de résultats.

 

KRYLYA SOVETOV

Tout comme Rostov, les retrouver en barrage fut une surprise. Auteur d’une première partie de saison tout à fait honorable, Krylya Sovetov s’est effondré en 2013 et s’est finalement maintenu en disposant du Spartak Nalchik en barrage.

Quel avenir ?

La saison prochaine n’offre que peu de perspectives heureuses et l’équipe de Samara devrait continuer de lutter contre la relégation.

 

MORDOVIA

Jamais le promu n’aura été en mesure d’envisager un maintien. Le coup d’éclat contre l’Anzhi et quelques bonnes performances en 2013, avec à la baguette un bon Ruslan Mukhametshin, auront néanmoins donné un peu de bonheur aux joueurs de Saransk.

Quel avenir ?

Une relégation est toujours difficile à gérer. Cependant, en surfant sur les performances de l’année 2013, le Mordovia devrait pouvoir lutter pour les premières places en FNL la saison prochaine.

 

ALANIA

À la rue toute la première partie de saison, les dirigeants ont essayé de tout chambouler cet hiver. De nombreuses arrivées, notamment de Drenthe ou encore de Bressan, n’auront eu l’effet escompté, malgré une résistance plus prononcée.

Quel avenir ?

Que vont devenir tous les joueurs achetés cet hiver ? Qui va rester ? Comment va réagir le club à cette relégation ? Beaucoup d’interrogations demeurent.

 

LES PROMUS : Ural (Etakerinburg) et Tom Tomsk auront fort à faire la saison prochaine pour se maintenir. La différence de niveau entre la FNL et la RPL est très importante. Ural, étant situé dans une des grandes villes du pays, aura peut être moins de difficultés que Tom qui devrait, selon toute vraisemblance, végéter au fond du classement la saison prochaine.

En résumé

Équipe de la saison : CSKA

Meilleur joueur: Welmbloom*

Meilleur gardien: Akinfeev

Meilleur jeune : Kokorin

Meilleur entraîneur : Petrescu

Équipe coup de cœur : Kuban

Déception de la saison : Bilic et son Lokomotiv

*Wernbloom et Elm

Equipe type de la saison 12/13