Buenos Aires accueille de nombreuses équipes de Première Division. L’occasion était donc belle d’assister à d’autre match de championnat argentin. Se rendre au stade Julio Humberto Grondona n’est pas chose aisée lorsqu’on n’est pas encore très bien familiarisé avec les colectivos (bus). Le stade Grondona, à Avellaneda, en très proche banlieue de Buenos Aires, est la résidence de l’Arsenal de Sarandi, équipe classée dans le haut de milieu de tableau. Mais plus que pour Arsenal, je me rends au stade pour voir les Newell’s Old Boys,  leaders avant cette journée mais désormais second, Lanus ayant gagné son match. Les Newell’s de l’excellent entraîneur Gerardo Martino, ancien sélectionneur du Paraguay, compte dans ses rangs plusieurs joueurs ayant évolués en Europe : Heinze, Maxi Rodriguez ou encore Lucas Bernardi.

Afin d’être sûr de bien avoir ma place et de me rendre au stade dans les temps, je décide de partir très tôt, près de 3h avant le coup d’envoi. Evidemment, je ne descends pas à l’arrêt adéquat et me retrouve très loin du stade, dans une zone assez pauvre, sombre, la rue étant déserte. Après avoir demandé de l’aide dans le premier magasin rencontré, je peux tranquillement reprendre le bus dans le sens inverse en demandant bien au chauffeur de me préciser l’arrêt où je suis censé descendre. Finalement, je trouve le stade assez facilement. Je décide de rester et d’acheter ma place en tribune populaire avec les supporters de Newell’s. Il est tôt et le match est dans un peu plus de 2h, j’engage la discussion avec deux jeunes supporters des NOB (Newell’s Old Boys) qui vivent dans le quartier Avellaneda. On discute de foot argentin, de foot européen. Ils m’expliquent qu’Arsenal est un club qui n’a pas beaucoup de supporters, que les tribunes seront les leurs ce soir et qu’un match nul leur suffit à reprendre la première place.

Après quelques longues minutes de discussion, on peut enfin acheter nos places et se diriger vers les tribunes où la hinchada de NOB a déjà disposé ses banderoles et commence à chanter. Le stade, comme Nacho et Guillerme me l’avait mentionné, n’est pas terrible du tout. La vue est gâchée par un grillage et des fils barbelés en haut de ce grillage. Les supporters d’Arsenal ne sont toujours pas arrivés et feront leur entrée en tribune bien plus tard.

Le match va pouvoir commencer, l’ambiance est au rendez-vous. Evidemment, étant parmi la hinchada de NOB, il m’est impossible d’entendre les supporters d’Arsenal. Newell’s entre mieux dans le match et semble vouloir imposer son jeu. Cependant, la défense, emmenée par Heinze, a beaucoup de mal à contrôler l’avant centre adverse Dario Benedetto qui, dès la 7ème minute, enchaîne un contrôle, pivot, frappe imparable. Le ballon part en lucarne, heurte le poteau mais entre bel et bien. Durant 2-3 secondes, on entend la hinchada d’Arsenal, mais très vite les supporters de Newell’s redonnent de la voix. Cette première mi-temps est paradoxale. Dans le jeu, Newell’s semble supérieur et va se créer pas loin de 4 occasions très franches, notamment 2 barres, un sauvetage sur la ligne et un face à face de Scocco parfaitement détourné par le gardien. Mais Benedetto leur fait très mal et une nouvelle frappe de loin suffit pour faire le break Sur cette frappe, Guzman, le portier de NOB, n’est pas irréprochable. 2/0 après à peine 20 minutes. Malgré une autre très belle frappe du même Benedetto, cette fois détournée par Guzman, on en reste là à la mi-temps.

La deuxième mi-temps sera beaucoup moins intéressante. Arsenal contrôle plutôt bien, gagne du temps autant que possible et Newell’s n’arrive pas à mettre en difficulté la défense adversaire. C’est même Benedetto qui aura, par deux fois, l’occasion d’alourdir l’addition. Cette situation va particulièrement frustrer les joueurs de NOB et plus encore ses dirigeants. Après que l’un des leurs se soit déjà fait renvoyé aux vestiaires, c’est au tour de Martino de péter un boulon. L’entraîneur, furieux après plusieurs décisions arbitrales à l’encontre de son équipe, entre dans une colère noire et, alors que l’arbitre se dirige vers lui, fait quelque pas en sa direction en entrant sur le terrain. Leur rencontre est inévitable, les deux se poussent. Après un attroupement de plusieurs minutes, Martino, qui ne décolère pas, doit, à son tour, rejoindre les vestiaires. Côté football, rien d’intéressant à signaler en cette fin de match. Trahi par son gardien et en grande difficulté face à Benedetto, le club de Rosario repart avec une défaite et énormément de frustration. On a assisté à un vrai match de passionnés, avec un engagement de la part de tous les acteurs qui caractérise assez bien le football ici.

Après le match, Nacho et Guillerme me raccompagnent à l’arrêt de bus. J’attends près d’une heure que le colectivo, qui doit me ramener dans le quartier de la Boca, daigne passer. Une interminable attente, comblée par l’arrivée d’un socio d’Independiente. J’engage alors la discussion, autour du football argentin, sur la situation en argentine. Avant de nous séparer, il m’indiquera un colectivo, qui me ramènera chez moi plus rapidement que prévu. Une belle soirée de football s’achève.