De retour au Stade Olympique de la UCV, pour voir l’hôte du jour, le Deportivo Petare, l’équipe d’un des barrio les plus dangereux de Caracas. Ce club semble plutôt familial et a, d’après ce que j’ai lu, un vrai projet social (je vais me renseigner un peu plus sur ce projet). Le Deportivo Petare reçoit un autre Deportivo, celui de Lara, l’autre équipe vénézuélienne présente en phase de poule de la Copa Libertadores et, comme Caracas, éliminée et dernière de son groupe. Le Deportivo Lara est plutôt bien placé au classement et peut, en cas de victoire, revenir à deux points des leaders. Petare est, quant à lui, bien plus bas, et se trouve à l’avant dernière place de ce tournoi de clôture, avec deux match en retard, dont celui du soir.

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Je ne savais pas trop à quoi m’attendre. J’ai vite été fixé. Je me suis cru à un match du dimanche du championnat de Division d’Honneur local : entrée gratuite, tribunes dégarnies et très familiale avec les femmes et enfants, les jeunes qui s’amusent sur le terrain avant le match et pendant la mi-temps. Bref, rien ne me fait penser à un match de championnat de football professionnel. Sur le terrain, l’impression est vite confirmée. Petare a beaucoup de mal, joue bas, et surtout se limite à quelques percées individuelles, pendant que Lara essaie de développer un jeu cohérent. Lara est donc largement supérieur mais Petare résiste au courage. Les deux milieux, les numéros 8 et 15 doivent courir de partout, l’avant centre est sevré de bon ballon. Malgré de très grosses opportunités pour Lara, le score est bel et bien nul et vierge à la mi-temps.

La deuxième mi-temps reprend avec un changement de physionomie. Lara ne domine plus. Petare reste très limité mais Lara semble s’être mis au niveau de son adversaire. Par son engagement et son courage, Petare prend les choses en main et se procure plusieurs belles occasions ou plutôt belles situations, souvent gâchées par un mauvais choix ou une erreur technique. Lara est en difficulté, Petare prend confiance, trop certainement. On joue la 86ème minute : Partis à l’abordage, les milieux ont du mal à revenir, la défense est apathique et Valoyes, très maladroit jusque là, en profite pour battre le gardien adverse d’un tir puissant à ras de terre depuis l’entrée de la surface. Les joueurs de Lara exultent, l’entraîneur encore plus. C’est dire l’importance de ce but et l’impasse dans laquelle se trouvait le Deportivo Lara avant cette ouverture du score. Petare ne s’en relèvera pas. Pire, le numéro 8, très bon jusque là, va se faire expulser suite à un coup de sang et un à pied au niveau du ventre de son adverse.

Au final, les gens applaudissent, Petare, qui n’a pas grand-chose à craindre pour son maintien, s’incline face à plus fort que lui. Lara fait donc une très bonne opération et rejoint Trujillanos à la 3ème place du classement, à deux points des leaders Zamora et Anzoategui.

Mon prochain et dernier match de championnat vénézuélien aura lieu le 12 mai et il ne s’agira ni plus ni moins que du Clasico entre Caracas et Tachira.

Rusko