Après avoir assisté à un match de championnat peu reluisant et à plusieurs matchs de Copa Libertadores, je décide de retourner au stade pour le championnat. Caracas reçoit le Deportivo Anzoategui. Ce nom ne vous dit certainement rien. Rassurez-vous, je suis dans le même cas. Un rapide coup d’œil au classement nous montre que Anzoategui, vainqueur du tournoi d’ouverture devant Caracas, est actuellement en tête du tournoi de clôture. Caracas de son côté, est placé en milieu de tableau mais possède deux matchs en retard sur quasiment toutes les autres équipes, dont le match du soir. Les deux équipes ont pourtant le même nombre de défaites : une seule. Mais Caracas se montre incapable de gagner et concède beaucoup trop de matchs nuls. Cette rencontre entre Caracas et le Deportivo Anzoategui est un gros match de championnat. En ce jour de fête du travail et de transport gratuit à Caracas, le trafic est parfait et j’arrive au stade bien en avance, le temps d’acheter mon billet et, la saison des pluies étant arrivée, d’aller me mettre à l’abri en tribune.

La tribuna (tribune latérale couverte par le toit) est loin d’être pleine, tout comme les gradas (tribunes où se situent les supporters : la barra de Caracas) qui commencent cependant à se faire entendre. Un hommage est rendu aux 7 jeunes U17 de la cantera (centre de formation) qui ont participé à la qualification du Vénézuéla pour la Coupe du Monde U17. Il s’agit d’un véritable exploit, fêté comme il se doit. À la mi-temps, les jeunes recevront chacun une plaquette de félicitions et de nombreux applaudissements de la part des supporters.

Côté terrain, il n’y pas grand-chose à signaler. La première mi-temps est d’une pauvreté sans nom. Anzoategui met des coups mais semble plus à l’aise techniquement et tactiquement que les locaux. Caracas n’utilise pas assez les côtés, notamment le côté droit délaissé par Peña qui repique beaucoup trop dans l’axe. Finalement el Rojo aura quand même l’occasion la plus franche avec ce coup franc qui touche la base du poteau du portier du Deportivo. C’est tout pour cette mi-temps bien terne.

Le début de deuxième mi-temps va être bien plus animé. Malheureusement, je ne parle toujours pas du terrain. Ce sont bien les feux d’artifice lancés depuis les gradas qui nous gardent éveillés. Le match va, en fait, prendre un vrai tournant à la 55ème minute. Lors d’un duel entre Peraza et l’avant centre du Deportivo, l’attaquant reste à terre. Dans un premier temps, l’arbitre donne coup franc pour Caracas pour un jeu dangereux adverse puis s’approche du joueur au sol et sort finalement le carton rouge pour Peraza. De ce que j’ai pu voir, Peraza a bien laissé trainé son poing dans la figure de son adversaire. Paradoxalement cette expulsion va réveiller les joueurs de Caracas qui vont se montrer plus conquérants et plus solidaires. Quelques minutes plus tard, Farias, sur un centre venu de la droite, place une tête imparable, du moins, c’est ce que l’on croit puisque Morales va parfaitement chercher le ballon. L’action se poursuit, le ballon revient sur ce côté droit, une passe dosée pour le capitaine Jimenez qui arrive lancé et enroule parfaitement sa frappe pour ouvrir le score. 1/0. Caracas commence déjà alors à reculer. À force de subir, les défenseurs commettent des erreurs. Il s’agit parfois simplement de faute de relance et parfois, plus grave, de faute à la limite de la surface. On joue la 70ème minute et l’arbitre désigne le point de pénalty.  Hernandez a la possibilité de relancer mais envoie le ballon dans les gradas. Tout le stade exulte, comme si Caracas venait de marquer à nouveau.

Dès lors, rien ne change vraiment. Un attaque/défense se met en place. Jimenez (Edgar) au milieu est assez énorme et soulage beaucoup son équipe. Après un nouveau changement, Febles, entré pour jouer latéral gauche, monte d’un cran. Ce changement va faire beaucoup de mal au Deportivo. La vivacité et les dribbles de Febles vont permettre à Caracas de respirer quelque peu. La défense adverse ne peut se livrer complètement et laisser Febles et Farias partir en contre. Au final, la défense de Caracas tient plutôt bien et Vega est très rassurant dans les cages. C’est alors que le miracle va se produire. Febles profite d’un contre pour s’enfoncer côté droit de la défense du DANZ et, réussit un geste génal, un extérieur pied gauche qui contourne le défenseur et file à ras du poteau : imparable. 2/0. A 10 contre 11, Caracas a donc frappé par deux fois et mis KO le leader.

La fin de match est néanmoins toujours aussi crispante, Anzoategui continue d’y croire et de pousser. Les Rojos joue parfois beaucoup trop facilement et tentent des dribbles pour chambrer l’adversaire, à l’image de Febles qui se manque totalement. Finalement le DANZ sera récompensé de ses efforts à la 93ème, suite à une percée dans axe d’un défenseur, qui ne rencontre aucun obstacle, le ballon est décalé côté droit pour un centre à ras de terre repris victorieusement par Hernandez.

On en reste là, Caracas remporte ce choc 2/1. Même si le titre pour le tournoi de clôture est déjà à oublier, Caracas se replace au classement combiné* des tournois d’ouverture et de clôture, classement important en vu d’une qualification pour une coupe continentale. Aujourd’hui, si tout se passe comme prévu, je retourne au Stade Olimpique de la UCV, cette fois pour voir le Deportivo Petare (Petare étant un « barrio » de Caracas) contre le Deportivo Lara (qui a joué la phase de poule de la Copa Libertadores).

* Le vainqueur du tournoi d’ouverture et le vainqueur du tournoi de clôture se rencontrent dans une sorte de super finale pour désigner le vainqueur du championnat. Si une même équipe a gagné les 2 tournois, il n’y a pas de finale.

Les places en Copa Libertadores sont attribuées aux vainqueurs des tournois d’ouverture et de clôture qui sont directement qualifiés pour la phase de poule. L’équipe ayant obtenu le plus de points au classement cumulé des deux tournois (exceptés les deux vainqueurs des tournois) se qualifie pour la première phase de la Copa Libertadores (sorte de match de barrage à élimination directe en aller/retour).

Si une même équipe gagne les deux tournois, elle se qualifie pour la phase de poule de la Copa Libertadores. La meilleure équipe au classement cumulé (excepté le vainqueur des deux tournois) se qualifie également pour la phase de groupe, alors que la deuxième meilleure équipe se qualifie pour la première phase.

Rusko