Retour sur la journée de championnat

Pour son troisième déplacement consécutif depuis la reprise, le Lokomotiv se déplace à Kazan pour y affronter un Rubin particulièrement en forme, une forme qui contraste d’ailleurs avec les performances des hommes de Bilic depuis en 2013. Toujours dans le flou, le coach croate modifie une nouvelle fois son équipe et décide de proposer un 4-3-3 avec Pavlyuchenko avant centre, et Maicon et Grigoriev sur les côtés. Au milieu, on retrouve Glushakov pour mener le jeu et Tarasov et Tigoriev en milieu plus défensif. Côté Rubin, toujours pas de Yann M’Vila, ce qui n’est pas forcément une mauvaise nouvelle tant le milieu Natcho – Orbaiz, qui donne une plus grand liberté à Eremenko, est performant.

Ce match va parfaitement confirmer les tendances de 2013, à savoir que le Lokomotiv ne sait pas quoi faire, semble ne pas avoir de plan de jeu précis alors que le Rubin, sans être brillant étonne par sa maîtrise des évènements et la sérénité avec laquelle joue l’équipe. Résultat, le Rubin ne laisse aucune opportunité à son adversaire défensivement et se montre inspiré sur les quelques opportunités offensives qui s’offre à lui. On se dirige pourtant vers un score nul lorsque suite à un coup franc repoussé par le mur, Natcho reprend le ballon et trouve le chemin des filets pour permettre à son équipe de rentrer aux vestiaires avec un but d’avance.

Slaven Bilic ne va pas tarder à réagir et dès l’entame de la deuxième mi-temps, Obina fait son apparition à la place Tarasov, un choix résolument offensif qui ne va pas pourtant pas porter ses fruits. Le Lokomotiv continue d’être brouillon et le Rubin continue de maîtriser. Les entrées en jeu de Torbinsky puis de N’Doye vers l’heure de jeu ne changent pas grand-chose. Si le Lokomotiv parvient à se montrer dangereux sur quelques rares coups de pieds arrêtés, on reste plus proche d’un deuxième but du Rubin que d’une égalisation. Le dernier quart d’heure sera un peu plus indécis. Le Loko parvient enfin à s’installer dans le camp adverse et oblige Ryzhikov à sortir 2-3 ballons chauds. Le Rubin, habitué à bien défendre et à très bien contrer, ne va pas s’affoler pour autant. On sent d’ailleurs que sur un contre, ils peuvent plier le match. C’est ce qui va se passer à la 87ème minute. Cesar Navas récupère un ballon mal transmis, se projette quelque peu vers l’avant puis lance Dyadyun dans la profondeur. L’attaquant russe fonce vers le but de Guillerme et, ne rencontrant pas d’obstacle sur sa course, s’en va tromper le gardien brésilien.

Le Rubin s’impose assez logiquement 2/0 et confirme sa bonne forme en 2013. Avant de s’attaquer à Chelsea jeudi en Europa League, le Rubin met un petite pression sur le Zenit et l’Anzhi. Rien de bien inquiétant pour ces deux clubs pour l’instant, mais ils sont prévenus : mieux vaut ne plus laisser de points en route.

Pour le Lokomotiv en revanche, ce début d’année 2013 est terrible. Certes l’enchaînement Dinamo-Spartak-Rubin à l’extérieur était redoutable, mais au delà d’un point de vue comptable, c’est le niveau de jeu et la cohérence de l’équipe qui est à remettre en cause. A l’heure actuelle, Bilic est toujours l’entraîneur de l’équipe, mais il va devoir trouver des solutions s’il ne veut pas voir son expérience russe tourner court.

Dans la course au maintien, le Mordovia est allé gagner un match très important à Samara contre les Krylya Sovetov. Deux buts de Oprita et Ruslan Mukhametshin font le bonheur des joueurs de Saransk qui reviennent à 2 points de leurs adversaires et peuvent plus que jamais croire au maintien via les barrages.

Dans un match a priori fort déséquilibré, le Dinamo a tenu son rang et a repris sa marche en avant après son match nul assez heureux chez le Kuban avant la trêve internationale. Un tête de Kuranyi sur un corner de Dzsdzak auront suffi aux hommes de Petrescu pour venir à bout d’une équipe de Rostov accrocheuse. Le match n’a pas été d’un très grand intérêt mais le Dinamo a le mérite d’avoir fait le boulot, sans convaincre pour autant. Avec ce résultat le Dinamo reste à 1 point du Rubin et continue également de rêver à une place européenne

La leçon de réalisme de Krasnodar

Privé de son capitaine Samuel Eto’o, blessé, l’Anzhi a sombré à Krasnodar. En difficulté en championnat depuis la reprise, l’Anzhi se montre conquérant en début de rencontre. Boussoufa puis Traoré se créent tour à tour deux grosses opportuntiés mais butent sur Filtsov. Ce que montre l’Anzhi offensivement est intéressant, mais derrière les lacunes sont trop importantes. Krasnodar parvient à se créer des occasions beaucoup trop facilement et, suite à une belle action collective, Pereira trouve Ignatyev sur le côté, ce dernier centre à ras de terre pour Wanderson qui, seul devant Gabulov, ne se fait pas prier et ouvre le score. 1/0 à la mi-temps, mais tout reste à faire. L’Anzhi a montré qu’il pouvait bouger la défense adverse mais devra se montrer beaucoup plus réaliste.

C’est tout le contraire qui va se produire. Sur la première action de la seconde période, Ignatyev trouve Joaozinho qui double la mise. La défense de l’Anzhi est à la rue et ça ne va pas en s’arrangeant. Une dizaine de minutes plus tard, c’est Joaozinho qui offre le doublé à son compère brésilient Wanderson. L’Anzhi parvient cependant à se montrer dangereux. Traoré manque encore deux énormes occasions, l’Anzhi presse mais manque cruellement de réalisme. Un pied adverse, le gardien ou tout simplement la maladresse, l’Anzhi ne parviendra pas à marquer ce but qui aurait pu les relancer. En fin de match, Wanderson va s’offrir un triplé suite à un centre d’Andelkovic. 4/0 ! L’addition est lourde. Pas inintéressant offensivement, l’Anzhi s’est pris une leçon de réalisme. Visiblement le départ de Samba cet hiver n’est pas digéré et l’animation défensive fait peine à voi. Alors que fin 2012 le titre semblait plus que jouable, l’Anzhi est en train de tout perdre et va devoir vite se reprendre pour conserver une chance de disputer la LDC la saison prochaine

Cette défaite de l’Anzhi pouvait faire le bonheur du Zenit qui se déplaçait à Makhachkala pour y affronter le Terek privé de match à domicile suite aux insultes de Kadyrov envers l’arbitre du match contre le Rubin. Malgré un bon début de match de joueurs de Grozny, c’est le Zenit qui va ouvrir le score par l’intermédiaire de Witsel, laissé bien seul aux 6 mètres sur un corner de Hulk. Le match n’est pas flamboyant mais on retrouve un Zenit qui semble enfin maîtriser les évènements  Sur deux actions collectives intéressantes, Shirokov va trouver Kerzhakov. Sur la première, l’attaquant russe se fait faucher par le gardien et voit son penalty repoussé par ce dernier. Sur la deuxième, Kerzhakov provoque la faute de Kudryashov, l’arbitre n’hésite pas et revoit le défenseur aux vestiaires juste avant la mi-temps. Le Zenit va parfaitement gérer cette deuxième période en supériorité numérique. Alves se permet même une percée offensive décisive suite à un relais avec Faizulin. Dans les arrêts de jeu, Zyryanov vient donner un peu plus d’ampleur au score. Profitant de la méforme de l’Anzhi, le Zenit s’empare de la seconde place qualificative pour les barrages de la Ligue des Champions et s’octroie le droit de croire encore au titre, même si pour cela, il faut avant tout compter sur des contres performances du CSKA.

Un macth nul logique et agréable

Pour son troisième match à domicile consécutif, le Spartak recevait donc l’étonnant Kuban auteur d’un excellent match la semaine passée face au Dinamo. Le début de match est vivant et après deux occasions pour le Spartak, le Kuban réplique par l’intermédiaire de Baldé. Le Spartak, jouant très haut, laisse des espaces dans son dos et le Kuban parvient à trouver les passes justes qui font mal aux moscovites. Le match est vivant et très agréable à suivre et chaque équipe peut marquer à tout moment. A ce petit jeu, c’est le Spartak qui s’en sort le mieux. En effet, suite à un centre anodin, Kulik tacle le ballon qui heurte Kaboré et qui finit au fond des filets. Face à ce coup du sort, et comme la semaine passée, le Kuban est loin de se montrer abattu et repart de l’avant. On en reste là pour cette première période mais tout reste à faire.

La deuxième mi-temps est quelque peu moins rythmée. Globalement le Kuban domine mais c’est très stérile. Il faut donc un éclair de génie pour relancer cette partie et cet éclair vient d’Aras Ozbiliz . A près de 30 mètres des buts adverses, l’arménien reçoit le ballon, contrôle et enchaîne d’une frappe plongeante magnifique qui laisse Pesyakov pantois. Galvanisés par cette égalisation, les hommes de Kuchuk continuent d’aller de l’avant. Un bon décalage de Kaboré, un Bucur qui se joue facilement de Kirill Kombarov et qui enroule sa frappe et voilà le Kuban devant au tableau d’affichage. On voit mal le Spartak capable de revenir dans la partie. D’autant que, comme souvent cette saison, une fois mené au score, certains joueurs pètent les plombs. Cette fois c’est Kirill Kombarov qui n’est pas loin d’envoyer Bucur à l’hôpital. Certes il se retire au dernier moment mais le geste est là et je me demande encore comment l’arbitre n’a pas sorti de carton pour cette énorme faute.

Petit à petit, le Kuban recule et le Spartak reprend une marche en avant qui va finir par payer. McGeady, de retour de blessure et entré en jeu à la place d’un Waris peu en vu, centre pour Ari qui remet en une touche pour Jurado. L’espagnol ne se pose pas de question, reprend le ballon de volée et voit son tir partir en lucarne. 2/2 à un peu moins de 10 minutes de la fin, voilà qui annonce une fin de match très palpitante. Cette fin de match sera à l’avantage du Spartak qui va réussir à se procurer quelques occasions et à semer le doute dans la défense du Kuban. Mais on en restera là. 2/2 logique, des buts, des occasions, un bon match de RPL avec un résultat conforme à la physionomie du match et deux équipes qui ne méritaient pas de perdre. Au classement, c’est le statut quo, Spartak et Kuban ne se lâchent pas mais voient le Dinamo revenir à leur hauteur alors que le Rubin est passé devant, pour un petit point. La lutte pour les places européennes s’annonce passionnante.

Maîtrise totale, en route vers le titre

Malgré un début de match poussif au cours duquel l’Alania va les bousculer, jamais le CSKA n’aura trembler. Petit à petit l’équipe va entrer dans le match et mettre un peu plus de pression dans le camp adverse et suite un à bon travail de Vagner Love, excellent depuis son retour, Dzagoev, seul au second poteau, ouvre le score. Notons qu’ayant passé ses jeunes années de footballeur du côté de Vladikavkaz et « supporter » de l’Alania, Dzagoev ne célèbre pas le but.

Encore une fois, il n’y a pas grand-chose à signaler sur ce match du CSKA. Les hommes de Slutsky maîtrise parfaitement leur match et vont très vite se mettre à l’abri en seconde période. Sur une frappe de Musa repoussée par le gardien, Vagner Love suit parfaitement et double la mise. Quelques minutes plus tard, le match semble définitivement plié lorsque Wellinton se voit renvoyer aux vestiaires prématurément. En supériorité numérique, le CSKA va en profiter pour ajouter un troisième but. Suite à une faute de Vranjes dans la surface, Vagner Love se fait justice lui-même et donne plus d’ampleur à la victoire du CSKA. La fin de match sera l’occasion de voir Doumbia refoulé la pelouse après sa longue blessure. Mieux, l’ivoirien va y aller de son but dans les arrêts de jeu.

Victoire tranquille et match parfaitement maîtrisé par le CSKA qui fait un pas de plus vers le titre de champion. D’ailleurs, on ne voit pas ce qui pourrait les empêcher de fêter ce titre en fin de saison. Pour l’Alania, en revanche, le maintien s’éloigne encore un peu plus et le club devrait retrouver la FNL la saison prochaine.

Rusko