Trêve internationale oblige, revenons sur les matchs éliminatoires de la coupe du monde 2014 au Brésil.

VENDREDI

Vendredi, aucun match d’une soit disant grande nation ne semblait intéressant. Nous avons opté pour un cocktail d’Europe de l’Est, plutôt agréable.

ZONE EUROPE

Commençons par le match qui s’annonçait comme le plus bouillant de cette journée de qualification, non pour des questions footballistiques mais bien pour des questions historiques entre les deux pays : Croatie/Serbie. Dispositif policier imposant, serbes interdits de stade, la police qui prévient qu’elle peut arrêter le match à tout moment en cas de débordement de la part des supporters.

Finalement, tout s’est très bien passé et sur le terrain la Croatie a fait valoir sa supériorité actuelle. Il faut dire que Kolarov n’a pas vraiment aidé ses coéquipiers. Mandzukic puis Olic en ont profité : 2/0 à la mi-temps, c’était plié, le score n’évoluera plus. Dans ce groupe A, la lutte s’annonce particulièrement féroce entre la Belgique qui voit enfin sa nouvelle génération arriver à maturité, et cette redoutable équipe croate emmenée par le talentueux Luka Modric.

Hasard du tirage au sort, le groupe H voit s’affronter les deux pays organisateurs de l’euro 2012. Après un match nul prometteur en Angleterre, l’Ukraine, qui a subi le contrecoup du départ de Blokhin, n’a pu enchainer et est à la peine dans ce groupe. La Pologne n’est guère mieux et doit s’imposer à domicile pour croire encore en ses chances. Là encore, tout va se jouer en première période. Des attaques inspirées face à des défenses fébriles, ça offre des buts et à ce petit jeu, c’est l’Ukraine qui s’est montrée la plus habile. 3/1 score final. On ne verra très probablement aucune de ces deux équipes au Brésil. Mais nous reviendrons sur la lutte à la qualification un peu plus tard.

Dans le même temps se jouait le match qui s’apparente à la finale du groupe G entre la Bosnie-Herzégovine et la Grèce. Alors que la Slovaquie peine à confirmer sa performance lors de la coupe du monde 2010, la Grèce continue d’être bien présente et de lutter pour la qualification. Mais face aux grecs, la Bosnie est bien décidée à ne pas laisser passer sa chance. Victime de groupes relevés lors des dernières phases de qualifications (que ce soit pour l’euro ou pour la CDM) et à chaque fois éliminée lors des barrages, pas question de prendre le risque cette fois. Dans un match plutôt pauvre, les coups de pied arrêtés vont faire la différence. Deux têtes de Dzeko sur coup franc, un but d’Ibisevic qui reprend le penalty de Misimovic repoussé par le gardien, et la Bosnie assure la victoire. Le but de Gekas dans les dernières minutes vient cependant quelque peu ternir la belle soirée des hommes de Safet Susic. En cas de parcours similaire pour ces deux équipes, une victoire grecque 2/0 au retour pourrait suffire pour s’emparer de la première place. Mais nous y sommes encore loin et pour l’instant, la Bosnie a bel et bien trois points d’avance sur son adversaire direct.

Voilà pour mon programme européen.

ZONE AMERIQUE DU SUD

Bien évidemment, dans la soirée, j’ai suivi avec attention le match entre l’Argentine et le Vénézuéla. Victorieux à l’aller, les partenaires de Juan Arango n’ont rien pu faire cette fois. Dépassés tout au long de la première mi-temps, les vénézuéliens vont relever la tête en seconde période mais rien n’y fera et assez logiquement l’Argentine s’imposera 3/0. C’est certainement la meilleure performance de l’Albiceleste dans ces qualifications. Un Messi particulièrement en forme et dans tous les bons coup, une entente parfaite avec Higuain et on en oublierait même les absences de Kun Aguero et de Di Maria, même si, selon moi, l’absence du madrilène était plutôt une bonne nouvelle pour le jeu argentin. Bref, l’Argentine se dirige tranquillement vers le Brésil. Pour le Vénézuéla, c’est plus compliqué, mais j’y reviendrai plus tard.

MARDI

ZONE ASIE

Place aux matchs de mardi avec pour commencer la zone Asie, une zone qui n’intéresse que peu de monde dans notre microcosme occidentale mais qui est absolument passionnante. À ce petit jeu, j’ai bien évidemment mon chouchou, l’équipe que j’essaie de suivre depuis bientôt plus d’un an. Évidemment, je ne connais pas grand-chose de cette équipe, mais les performances de ses jeunes m’ont intrigué et l’évolution générale du foot de ce pays m’intéresse. Ce pays c’est l’Ouzbékistan.

Leader de son groupe (dernière phase des qualifs, 2 groupes de 5 équipes, les 2 premiers de chaque groupe sont directement qualifiés, les 3ème s’affrontent en barrage et le vainqueur joue un autre barrage contre une nation d’un autre continent) avant la réception de Liban, l’Ouzbékistan n’a jamais été aussi proche d’une qualification en Coupe du Monde. Pour cela il fallait absolument battre le Liban à domicile.

Dans un match plutôt dominé par l’Ouzbékistan, c’est le capitaine Server Djeparov qui va délivrer les siens et offrir une précieuse victoire à son pays. L’Ouzbékistan reste donc leader de son groupe devant la Corée du Sud (qui a un match en retard) et possède 4 points d’avance sur ses principaux rivaux : le Qatar, défait dans les arrêts de jeu par la Corée, et l’Iran qui compte également un match en moins. Tout reste à faire, mais c’est plutôt bien embarqué pour l’Ouzbékistan.

Dans l’autre groupe, c’est encore plus serré. Le Japon qui a pratiquement son billet en poche, est allé s’incliner 2/1 en Jordanie. Si ce résultat ne change rien pour le Japon c’est une mauvais nouvelle pour l’Australie. Incapable de battre l’Oman de Paul Le Guen (2/2 après avoir été menée 2/0 à domicile), l’Australie n’est que 3ème du groupe pour l’instant, derrière la Jordanie mais avec un match de moins que ces derniers. Mais l’Oman est à égalité de points avec l’Australie (un match en plus) et l’Irak n’a qu’un point de retard (même nombre de match). De plus, l’Australie se rendra au Japon lors du prochain match pour y affronter une équipe qui pourrait se qualifier en cas de bon résultat et donc se laisser aller lors du match suivant contre l’Irak. Il ne s’agit là que d’hypothèse bien évidemment. Mais les choses semblent mal engagées pour l’Australie

ZONE EUROPE

Retour en Europe, avec un match qui n’a pas du intéressé grand monde : Arménie/République Tchèque.

Suivant le championnat russe et ukrainien, j’ai souvent l’occasion de voir à l’œuvre de bons joueurs arméniens. Mkhitaryan est le meilleur buteur du championnat ukrainien, Movsisyan le meilleur buteur du championnat russe, Ozbiliz et Pizzelli sont des pièces maitresses de l’étonnant Kuban. De plus, souvenons-nous des qualifications pour l’euro 2012 où l’Arménie était passée tout près d’une qualification pour les barrages (Lors du fameux Eire/Arménie, le gardien arménien se fait expulser en début de match alors qu’il n’a pas commis de faute). Le match de l’Arménie contre l’Italie m’avait conforté dans l’idée de suivre cette équipe.

Obligée de gagner pour espérer un éventuel barrage, l’Arménie commence le match très fort, Movsisyan est très présent mais trop brouillon. Les tchèques laissent passer l’orage et prennent peu à peu le jeu à leur compte alors que l’Arménie reste dangereuse sur les actions rapides emmenées par Mkhitaryan. Mais, c’est bien la République Tchèque qui va ouvrir le score. Bien plus réaliste et surtout beaucoup moins fébrile derrière, les tchèques vont parfaitement gérer le match. Le score final de 3/0 est très sévère pour l’Arménie qui n’a pas démérité et qui a prouvé qu’elle avait de bons joueurs à certains postes mais qui manquent cruellement de précision dans les zones de vérité.

Dans ce groupe, l’Italie file vers la qualification, alors que la deuxième place se jouera entre la Bulgarie, la République Tchèque et le Danemark.

La suite du programme : Les premiers de groupe recevaient les second avec deux rencontres : France/Espagne et Monténégro/Angleterre.

Ai-je besoin de revenir sur France/Espagne ? La France n’a pas à rougir et a même fait douter l’Espagne en fin de match. Mais la supériorité espagnole ne souffre d’aucune contestation. Xabi Alonso a fait souffrir l’équipe de France par ses passes verticales, Valdes et Arbeloa, deux joueurs supposés maillon faible de l’équipe ont encore été à la hauteur. Le portier barcelonais a d’ailleurs prouvé à tous ceux qui en doutaient qu’il s’agissait bien d’un grand gardien, alors qu’Arbeloa, dans son style particulier, a plutôt bien maîtrisé et réduit l’influence de Ribéry. Notons d’ailleurs qu’au match aller, c’est suite à la sortie d’Arbeloa que Ribéry avait commencé à pointer le bout de son nez et que l’équipe de France avait pris le dessus. Bref, si tout se passe comme prévu, l’Espagne sera au Brésil et la  France en barrage.

L’autre gros match de la soirée avait donc lieu à Podgorica, là où Wayne Rooney avait eu son coup de sang qui l’avait privé des deux premiers matchs de l’euro 2012. Pleine de certitudes après sa démonstration face à San Marin, l’Angleterre entame parfaitement la rencontre. Dès la deuxième minute, Rooney fait parler son talent. Le gardien, légèrement avancé voit la balle de Rooney s’écraser sur son poteau. Quelques minutes plus tard, Cole oblige le portier adverse à détourner sa lourde frappe sur la transversale. Sur le corner qui suit, Rooney place sa tête et ouvre le score. Le Monténégro n’est pas rentré dans son match et l’Angleterre semble vraiment supérieure.

Cette impression va totalement s’inverser en seconde période. On voit de plus en plus Vucinic et Jovetic et les occasions monténégrines se multiplient sur les cages de Joe Hart. A force de plier, l’Angleterre va finir par rompre. Et c’est sur un corner, suite à un gros cafouillage que Damjanovic vient pousser le ballon au fond des filets et égaliser. La fin de match sera tout aussi débridée que l’a été la seconde période, chaque équipe aura l’opportunité de l’emporter mais on en restera là. L’Angleterre réalise malgré tout une assez bonne performance puisqu’elle garde son destin en main. Le Monténégro garde la première place d’un groupe particulièrement relevé. L’Ukraine et la Pologne ayant gagné, respectivement contre la Moldavie et San Marin, l’écart s’est quelque peu resserré et les deux équipes ne comptent plus que 4 points de retard sur l’Angleterre avec un match de moins au compteur. Même si on n’imagine pas l’Ukraine ou la Pologne venir titiller l’Angleterre ou le Monténégro pour les 2 premières places, ces deux nations sont parfaitement capables de les embêter de jouer en quelque sorte le rôle d’arbitre dans le duel à distance entre anglais et monténégrins. Bref, ce groupe s’annonce passionnant jusqu’au bout.

ZONE AMERIQUE DU SUD

La journée n’est pas finie. Tournons-nous vers l’Amérique du Sud où le Vénézuela recevait la Colombie voisine. L’Argentine n’ayant pu faire mieux que 1/1 en Bolivie et que l’Equateur ayant battu le Paraguay, la Colombie se devait de ramener un bon résultat de Puerto Ordaz pour retrouver sa seconde place et se rapprocher des argentins. Côté Vénézuela, difficile d’envisager un résultat très favorable quelques jours après l’énorme claque reçue à Buenos Aires, qui plus est à l’heure d’affronter une Colombie est pleine bourre.

Pourtant, c’est bien le Vénézuela qui entame le mieux cette rencontre et, bien servi par Arango, Rondon résiste à Perea et fusille Ospina à la 13ème minute. Dès lors, la Colombie va enfin entrer dans son match. Cuadrado est impressionnant notamment alors que Falcao se fait discret. Du côté des locaux, l’activité de Rincon est intéressante, tout comme le travail ingrat effectué par le nantais Ariteguieta mais c’est Arango et Rondon qui sortent de lot. La Colombie a la maitrise mais n’inquiète que très peu Daniel Hernandez.

On se dit que la deuxième mi-temps sera tout autre et que la Colombie va pousser les vénézuéliens à la faute. C’est d’ailleurs ce qui se trame. Malgré une énorme occasion pour Aristeguieta, dès le début de la seconde période, on sent que la Colombie a la mainmise sur le jeu et que les coéquipiers d’Arango vont avoir du mal à tenir jusqu’au bout. Mais ce match, c’est le match de Salomon Rondon. Le joueur du Rubin va tout simplement être extraordinaire : il revient défendre, repart aussi tôt en contre attaque et surtout fait très mal à l’arrière garde colombienne. Aristeguieta sort pour laisser sa place à Miku et ce changement va donner un second souffle aux hommes de Farias. Dans la minute qui suit son entrée, Miku se procure une énorme occasion. La Colombie tente bien de reprendre le dessus mais toutes les occasions sont vénézuéliennes. Sur chaque accélération de Rondon, Ospina est en danger. Une nouvelle occasion pour Miku, une occasion pour Viscarrondo, ça commence à faire beaucoup. A force de ne pas faire le break, le Vénézuéla pourrait le regretter. L’occasion est bel et bien venue, un superbe centre de Bacca que Falcao reprend du pied, Hernandez est battu mais la barre vient s’interposer. La fin de match est assez folle, Rondon est absolument partout, il termine le match lessivé, le Vénézuéla rate une nouvelle occasion, mais on en reste là. La Vinotinto s’impose fort logiquement 1/0 et continuer de rêver à la qualification.

Le Chili ayant battu l’Uruguay, c’est la Celeste qui fait la très mauvaise opération de la soirée. Passés 6ème, les coéquipiers de Lugano seront exempts lors de la prochaine journée et viendront jouer au Vénézuéla alors que la Vinotinto aura joué auparavant en Bolivie. Ces deux matchs sont cruciaux pour le Vénézuéla. Deux bons résultats et l’Uruguay serait mis hors course. Mais dans la lutte à la 4ème place (et à la 5ème qui est qualificative pour un barrage), il faudra également se défaire du Chili et du Pérou. Tout reste à faire , la lutte s’annonce passionnante.

ZONE CONCACAF

Pour finir, la zone CONCACAF nous offrait un alléchant Mexique/USA. Auteurs de deux piètres résultats nuls lors des deux premiers matchs de groupe, le Mexique était dans l’obligation de gagner. Dominateur tout le match, le Mexique ne va pas parvenir à trouver le chemin des filets. Un troisième match nul en autant de rencontre et voici le Mexique à la 5ème place du groupe (3 premiers qualifiés directement et le 4ème joue un barrage). Évidemment rien n’est joué et tout reste très serré entre le Panama, premier avec 5 points et la Jamaïque, dernière avec 2 points