Les débats autour de la Marseillaise se font de plus en plus présents et montrent aujourd’hui à quel point les supporters semblent attendre de la part des joueurs, un signe d’amour et de patriotisme. Paradoxal quand-on est français ? Pas tant que cela. Ce débat en France est assez récent et effectivement, « L’équipe de France de Platini des années 1980 ne la chantait pas … ». Dans les années 80/90, chanter l’hymne n’était pas monnaie courante même à l’étranger. En France, une génération a grandi avec l’impression que chanter la Marseillaise et sortir le Drapeau Français étaient une honte voire même un signe d’appartenance à l’extrême droite.

Progressivement, les choses semblent évoluer autour de nous. Les joueurs Italiens, Anglais ont beaucoup fait vibrer les cordes vocales pendant l’Euro. Mais au delà du fait de chanter, n’est-ce pas l’évolution du football qui provoque ce débat ? Baignant dans un monde sans réelle frontière, chaque joueur est libre de s’engager dans un club étranger après 15 matchs en première division à peine, parfois même poussé par les clubs en difficultés finanicères. Formés en France, beaucoup sont partis très tôt à l’étranger, chercher la gloire, le succès et l’argent en devenant des élites mondialisées. Mais que représente la France pour ces joueurs ? Un bout de terre qu’ils ont quitté très tôt pour atteindre des objectifs personnels, sportifs et financiers. Et que représentent ces joueurs pour la France ? Qu’est ce que ces joueurs ont fait vivre aux français et supporters de clubs en France ? Quelles émotions a fait vivre Nasri aux supporters marseillais ? Anelka avec le PSG ?

Si on fait la comparaison avec les générations antérieures : Fernandez, Tigana et Platini ont marqué le PSG, Bordeaux, Nancy. De la même manière, Zidane, Lizarazu et Dugarry ont touché les gens avec le parcours Européen de Bordeaux en 1996. Deschamps et Barthez ont écrit l’histoire de l’OM avec 1993. Finalement, ces joueurs n’avaient pas besoin de chanter la Marseillaise, pouvaient même se permettre des fous-rires (Barthez, Liza). Ces joueurs, nous les connaissions, ils avaient marqué des générations de footeux, touchés les supporters en D1 et en parcours Européen. Nasri et Anelka auront juste touché le porte-monnaie respectif de l’Olympique de Marseille et du PSG.

Pour l’Euro 20212, la sélection italienne était composée de trois joueurs évoluant à l’étranger (Motta, Sirigu et Balotelli). En Angleterre, tous les joueurs sélectionnés jouaient en Premier League. En Allemagne, seuls Mertesacker, Ozil, Kedira et Klose évoluaient hors Bundesliga. En Espagne, seuls Silva, Torres, Matta et Reina jouaient ailleurs qu’en Liga. Est-ce que ce débat autour de la Marseillaise en Foot ne retranscrit pas la sensation pour les supporters français que les joueurs de foot actuels n’ont pas suffisamment « servi »‘ la L1 et la France contrairement aux générations précédentes ?

The Wolfman