Ce weekend de RPL était une purge sans nom, un bien piètre spectacle pour un championnat qui se veut conquérant et ambitieux.

Tout avait pourtant pas trop mal commencé vendredi avec un Rostov/Volga qui, sans être incontournable se laissait regarder sans trop de difficultés. Ce match opposait donc l’équipe de Volga intéressante à voir évoluer malgré l’absence de son buteur vedette Aleksey Sapogov, à une équipe de Rostov qui a une attaque intéressante (Holenda, Sinama Pongolle ou encore Lazovic). Plus précis et mieux organisé, notamment devant, c’est Volga qui va sortir vainqueur de ce duel de bas de classement. Sarkisov, encore un arménien, par deux fois va tromper Pletikosa, avant que Kirichenko ne réduise l’écart en fin de match.

Spartak/Lokomotiv – L’affligeant derby

Le samedi s’annonçait prometteur avec pour débuter un derby de Moscou. Ça l’était encore plus si on se souvient du match aller qui avait vu le Lokomotiv réaliser un très bon match et l’emporter, ou encore si on se remémore le dernier match de la saison passée au Lokomotiv Stadium. On se contentera de ses souvenirs … Rassuré par la sortie de son équipe face au Terek, Karpin décide de reconduire le même onze initial. Bilic, de son côté, décide de changer son animation offensive. Maicon et Torbinski en font les frais au profit de Samedov et Tigoriev pour un profil collectif plus défensif. En revanche, on se demande encore pourquoi Bilic a décidé d’exiler N’Doye sur le côté gauche et de laisser Caicedo en pointe. Un système à deux attaquants n’est pas interdit il me semble. Le sénégalais était tout simplement perdu sur le terrain pendant toute la première mi-temps. Mais il n’était pas le seul, loin de là. La première mi-temps du Lokomotiv fut d’un niveau technique indigent. Que de passes manquées, rendues directement à l’adversaire ou expédiées en touche, des contrôles manqués à la pelle. Face à ce marasme du Loko, le Spartak ne propose guère mieux. Disons que le Spartak est un peu moins médiocre et profite de la bonne forme de Kombarov sur le côté gauche et de Dzyuba devant mais qui manque cependant cruellement de qualité dans la finition. En fait, Dzyuba est parfait lorsqu’il a un buteur avec lui. Samedi, Movsisyan n’était pas dans un très bon jour.

La deuxième mi-temps sera  le Spartak va bien se créer quelques opportunités, toujours par l’intermédiaire de Dzyuba qui a mis au supplice Durica et Corluka, ou encore en fin de match sur une frappe de Bilyaletdinov qui viendra s’écraser sur la barre. Notons également le nouveau bon match de Bocchetti en défense centrale. Très rassurant, certes face au néant du Lokomotiv, l’italien s’intègre parfaitement dans sa nouvelle équipe et s’installe déjà comme le patron incontournable de la défense. Pour un derby qui pouvait servir de vitrine du championnat (le match étant diffusé en France sur Ma Chaîne Sport par exemple), c’est un sale coup envoyé au football russe, une très mauvaise publicité.

Après un tel match, rien de tel qu’un Amkar/Alania non ?:) J’en ri, mais mal m’en a pris de ne pas regarder ce match de bas de tableau. L’Alania, qui avec un recrutement important, nourrit de grosses ambitions en cette fin de saison (enfin, ambitionne le maintien qui semble impossible à première vue) s’est pris une vilaine claque à Perm. 5/1 pour l’Amkar qui, par la même occasion, prend 10 points d’avance sur son adversaire et continue son chemin vers le maintien. L’Alania, en revanche, se complique un peu plus la tâche après son match nul à domicile contre Rostov la semaine passée. Ne serait-ce que la place de barragiste sera très difficile à aller chercher.

Kuban/Dinamo – Un rayon de soleil dans une journée bien maussade

Deux outsiders et prétendants aux places européennes s’affrontaient à Krasnodar : le Kuban qui confirme sa bonne saison dernière, et le Dinamo sur une dynamique exceptionnelle. Privé d’Ozbiliz, Kuchuk peut compter sur le retour de Popov pour donner vie à son animation offensive avec Pizzelli, Ionov ou encore Baldé. Pour sa part, Petrescu doit procéder à quelques remaniements. Lomic et Jantscher occupent le côté gauche en lieu et place de Granat, qui prend la place de Fernandez dans l’axe, et Solovyev. Epureanu remplace Yusupov au milieu et Rykov prend sa place en défense centrale. Enfin, Ignatovich est préféré à Kuranyi pour épauler Kokorin devant.

Tous ces changements par rapport au dernier match vont se faire ressentir au début de match. Si en plus, on les combine à une très bonne entame de match du Kuban, ça donne un Dinamo en souffrance et un Shunin qui voit les ballons lui arriver avec beaucoup trop de facilité. Popov est excellent et Baldé très en jambe fait beaucoup de mal à la défense centrale du Dinamo. Shunin garde en vie son équipe, qui paraît bien nerveuse, et, comme souvent dans ces cas là, sur une attaque rapide, le Dinamo va ouvrir le score. Le ballon parvient à Jantscher sur le côté gauche, l’autrichien voit son centre parfaitement coupé par l’inévitable Kokorin qui trompe Belenov d’une tête croisée imparable. Contre le cour du jeu, le Dinamo ouvre le score. Loin de se laisser abattre par ce coup du sort, le Kuban repart de plus belle. Pas le temps de douter que le Kuban revient déjà à égalité. Une action initiée par Kaboré qui trouve Popov dans l’axe. Le bulgare, très inspiré, transmet en une touche de balle le cuire à Ionov qui contrôle et voit parfaitement Baldé entre les deux centraux. L’avant centre croise sa frappe et remet les deux équipes à égalité et c’est plus que mérité. D’ailleurs, le Kuban va poursuivre sur sa lancée et continuer de mettre en danger l’arrière garde du Dinamo, sans parvenir à doubler la mise.

La deuxième mi-temps sera de moins bonne facture, mais restera tout à fait agréable à suivre. On sent bien le Kuban supérieur. Popov, Ionov et Baldé survolent les débats alors que Kokorin laisse toujours planer le doute et représente surtout le seul danger pour le défense du Kuban bien menée par Dealbert. On en restera à ce score de 1/1 et surtout à cette très bonne impression dégagée par le Kuban. Ce samedi se termine bien mieux qu’il n’avait commencé. De bonne augure ?

Un trèèès long dimanche sans éclat (ou presque)

Tout est dit. Peu d’affiche et peu de bonnes choses à se mettre sous la dent pour ce dimanche qui vient clôturer cette 21ème journée. En ouverture, le CSKA est venu à bout assez facilement de Krasnodar. Un but de Dzagoev suffit au bonheur des hommes de Slutsky qui, sans génie, font une nouvelle fois le job. La paire suédoise Elm-Wernbloom est toujours aussi intéressante, et l’apport de Vagner Love est incontestable, d’autant plus que le CSKA souffre de l’absence de Honda et de Doumbia. Malgré une domination d’ensemble, le CSKA s’est fait peur à quelques reprises, mais ni Wanderson ni Joaozinho ne sont parvenus à tromper Akinfeev. Le CSKA conforte donc un peu plus sa place de leader et met la pression sur l’Anzhi et le Zenit.

Pour l’inauguration de son nouveau stade, l’Anzhi Arena, les hommes de Guus Hiddink recevaient Krylya Sovetov. Après la déconvenue de la semaine passée, les coéquipiers de Samuel Eto’o n’ont plus le droit à l’erreur et devront faire un parcours quasi sans faute jusqu’à la fin de saison. L’enjeu est là, mais le jeu lui est absent. Face à cet Anzhi sans génie, Krylya Sovetov se bat avec ses armes et son courage. Rien de bien transcendant donc à signaler dans ce match et même l’expulsion de Amisulashvili, le défenseur de Samara, dès la 36ème minute, ne viendra perturber la sieste des spectateurs. L’entrée de Traoré en début de seconde période apporte un peu plus de poids devant, mais Krylya Sovetov continue de résister assez tranquillement. Le français Steeve Joseph-Reinette est impérial en défense centrale et, lorsque celle-ci est dépassée, c’est Veremko qui s’impose face aux attaquants adverses. Impuissant, imprécis, maladroit, l’Anzhi n’y arrive pas. Pire encore, sur un contre, Kornilenko vient crucifier Gabulov. A 10 contre 11, Krylya Sovetov ouvre le score et n’est toujours pas acculé dans sa surface. L’Anzhi va enfin se décider à agir et à se bouger. Les centres vont se multiplier, les actions devant le but également, mais rien n’y fait, l’arrière garde, Joseph-Reinette en tête d’affiche, tient bon. Veremko ne pourra cependant pas empêcher l’égalisation des locaux. Sur un nouveau débordement de Zhirkov côté gauche, Joao Carlos place sa tête, le portier biélorusse la repousse mais Traoré a suivi et égalise. Il reste 10 minutes et on voit mal Krylya Sovetov tenir face à ce qui devrait être une furia jaune sur ses buts. De furia jaune il n’y eu point. L’Anzhi abandonne deux nouveaux points dans la course au titre et se trouve relégué à 7 points du CSKA. Après l’Europe cette semaine, le titre vient très certainement de leur échapper.

Emmené par un Joseph-Reinette héroique, Krylya Sovetov prend un point précieux au courage et reste garde ses distances avec le Mordovia et l’Alania, tout en restant à la portée de Volga, Rostov ou l’Amkar afin d’éviter le barrage.

Non loin du Daguestan, en Tchétchénie, le Terek reçoit le Rubin, futur adversaire de Chelsea en Europa League. Les deux plus mauvaises attaques des 10 premières équipes qui s’affrontent, ça ne pouvait donner que 0/0. On ne s’est pas régalé au cours de ce match, mais chaque équipe a eu des occasions de l’emporter et les gardiens se sont montrés particulièrement à leur avantage. Avec plus de rythme, le match aurait même pu être agréable à suivre. Bref, le 0/0 attendu a bien eu lieu.

Pour terminer cette journée, le Zenit reçevait le Mordovia qui une semaine après son exploit face à l’Anzhi rêve de jouer un mauvais tour à un Zenit toujours en crise, éliminer cette semaine par Bâle en Europa League. Spalletti est sur la sellette, l’ambiance ne s’est pas améliorée depuis les arrivées de Hulk et Witsel. Tout le travail du coach italien ces 2 dernières saisons s’est envolé en quelques mois. On ne reconnaît plus le Zenit chatoyant du début de saison. Dorénavant, on a droit à un Zenit ennuyant, sans vie, qui subit les évènements  Et comme si tout n’allait pas encore assez mal, Zhevnov, le gardien remplaçant de Malafeev, se blesse en début de match et doit laissé sa place à Baburin, 3ème gardien du club. Alors, au final le Zenit va s’en sortir grâce à un but de Hulk, mais encore une fois on ne peut rien retirer de bien de cette victoire. Le résultat brut nous indique que le Zenit revient à 1 point de la 2nd place, qui serait un moindre mal compte tenue de la tournure qu’est en train de prendre cette saison.

En tout cas, les performances de l’Anzhi et du Zenit ont de quoi motiver des équipes comme le Spartak, le Kuban ou encore le Dinamo et le Rubin qui ont un coup à jouer si l’Anzhi et le Zenit ne se reprennent pas lors des prochains matchs.

Rusko