Après leurs homologues ukrainiens la semaine dernière, c’est au tour des russes et de la RPL de reprendre du service. Avant de s’attarder sur les faits marquants de la 20ème journée, un bref retour sur le mercato hivernal et sur la coupe d’Europe s’imposent

Trêve hivernale et mercato

Hormis les tournois amicaux en Espagne ou tournées dans les pays du golfe, l’hiver est l’occasion pour les clubs russes de procéder à des retouches d’effectifs, voire à des chamboulements complets pour certaines équipes en mal de résultat. Le marché russe, ouvert jusqu’au 28 février a donc été particulièrement actif. Parmi les grands vainqueurs de cette période de transferts, on retrouve évidemment l’Anzhi qui, avec la signature de Willian (tout droit venu du Shakhtar pour 35M€) réussit là un coup énorme. On se souvient en effet de l’intérêt que portait un club comme Chelsea sur le milieu offensif brésilien de Donetsk. L’Anzhi enregistre également la signature d’Andrei Eschenko, venu du Lokomotiv pour occuper le poste de latéral droit et accessoirement pour remplir le quota de russes sur le terrain. Enfin, après avoir perdu Samba, vendu 15M€ à QPR, le club se devait de se renforcer en défense centrale. C’est chose faite avec le prêt avec option d’achat d’Emir Spahic du FC Séville.

Concernant les autres prétendants au titre, le retour de Vagner Love au CSKA et les arrivés de Neto (Sienne) et Rodic (OFK Belgrade) sont les principaux enseignements de ce mercato. Le CSKA n’a finalement pas enregistré la venue de Matias Suarez, pourtant tout proche de signer avec le club de l’armée. Le Spartak Moscou s’est, quant à lui montré particulièrement actif. Ainsi, le club s’est notamment séparé de Welliton (Gremio) et de De Zeuw (prêté à Anderlecht) mais a surtout réussi deux belles opérations avec les signatures de Movsisyan (Krasnodar) et Bocchetti (Rubin). L’arrivée en prêt de Vukojevic du Dynamo Kiev dans les derniers jours du mercato est également à signaler. Le Rubin, qui a donc perdu son défenseur italien, s’est également séparé de Nelson Valdez (Valence), Carlos Eduardo (Flamengo) et de Davydov (Dinamo). Côté arrivée, il m’est impossible de ne pas mentionner Yann M’Vila, arrivé du Stade Rennais pour 12M€.

Voilà à peu près les principaux transferts à retenir. Signalons également le dégraissage du Dinamo avec les départs de Schildenfeld, Misimovic, Ropotan  ou encore le départ de la légende du Lokomotiv Dmitry Sychev, prêté au Dinamo Minsk, l’arrivée de Charles Kaboré (OM) au Kuban Krasnodar et pour finir le gros mercato de l’Alania : arrivée entre autre de Renan Bressan, Vranjes, Drenthe, Georgi Gabulov, Prudnikov.

N’hésitez pas à laisser un commentaire si vous souhaitez des précisions quant aux transferts de certains joueurs et à certains oublis (volontaires ou non) de ma part.

Les clubs russes en Europe

Revenons maintenant sur la coupe d’Europe. Les clubs russes étant éliminés de la Ligue des Champions, c’est donc en Europa League que le Zenit, le Rubin et l’Anzhi doivent promouvoir la RPL. Au final, c’est un carton plein pour les 1/16ème finale. C’est une performance remarquable d’autant plus que les confrontations étaient plutôt corsées puisque le Zenit a du s’arracher pour éliminer Liverpool et que le Rubin est parvenu à sortir l’Atletico de Madrid, champion en titre. Il faut bien avouer que la qualification du Rubin relève du hold-up : victoire 2/0 à Madrid à l’aller en subissant tout le match et en marquant le 2ème but dans les arrêts de jeu alors que le gardien adverse, de manière parfaitement incompréhensible, était monté sur un corner. Toujours est-il qu’avec la qualification de l’Anzhi au dépend d’Hanovre, les clubs russes réalisent un 3 sur 3 assez surprenant et peuvent nourrir des ambitions dans cette compétition.

Pour les 1/8ème de finale, le tirage ne donnait, a priori, rien d’insurmontable pour nos trois équipes russes. Cependant, les matchs allers vont vite nous faire déchanter. L’Anzhi, qui recevait Newcastle, a fait un non match absolu face à une équipe qui n’avait guère mieux à proposer. Un piètre 0/0 qui oblige les hommes de Guus Hiddink à aller chercher la qualification à Saint James Park. Le Zenit, en déplacement à Bâle, s’est fait littéralement marché dessus et repart avec une défaite logique 2/0 et un homme en moins pour le match retour en la personne de Neto expulsé à la dernière minute (faute qui offre le penalty du 2/0 à Frei par ailleurs). Finalement, c’est le Rubin qui s’en sort le mieux avec un match nul 0/0 ramené de son déplacement à Levante dans la banlieue de Valence. Un match dans un premier temps dominé par les locaux en première mi-temps et qui aurait pu basculer d’un côté comme de l’autre en seconde période. Notons qu’une nouvelle fois, le Rubin termine la rencontre à 10 (c’était déjà le cas à l’aller comme au retour contre l’Atletico).

Rendez-vous jeudi prochain pour connaître le dénouement de ces 1/8ème de finale.

Retour de la RPL. La bonne affaire du CSKA

C’est donc le 8 mars, journée internationale de la femme, jour férié en Russie, que la RPL a repris son cours.

En ouverture de cette journée, le match  Volga/Kuban  a vu les nouveaux coéquipiers de Kaboré, titulaire pour l’occasion, l’emporter 2/0 grâce au duo arménien Pizzelli/Ozbiliz sur le premier but et à Tlitso dans les arrêts de jeu. Pour la reprise du championnat, le ville de Krasnodar était à la fête puisqu’un peu plus tard dans la journée, le FK Krasnodar est venu à bout de l’Amkar avec des buts de Mario Abreu et Wanderson, bien aidé par Gerus (portier de l’Amkar qui avait remplacé Narubin quelques minutes auparavant), alors que Burmistrov avait ouvert le score pour le club de Perm.

Un derby animé

La journée de samedi s’ouvrait par un derby moscovite entre le Dinamo et le Lokomotiv à l’Arena Khimki. Après un début de saison catastrophique, le Dinamo, qui fête ses 90 ans cette année, s’est bien repris et ambitionne une place européenne à la fin de saison. Côté Lokomotiv, c’est moins glorieux. L’équipe de Bilic manquait cruellement de continuité en 2012 et ne s’est pas vraiment renforcée cet hiver (arrivé de Denisov du Dnipro et retour de prêt de Yanbaev pour palier le départ de Eschenko). Pour ce match, Dan Petrescu choisit de faire confiance à la jeunesse russe de son effectif. Evidemment Kokorin est titulaire aux côtés de Kurayni sur le front de l’attaque, mais on retrouve également Yusupov, Granat Chicherin, Shunin (le gardien titulaire) ou encore Ivan Solovyev, qui fêtera ses 20 ans fin mars. Problème : l’espoir russe a signé cet hiver un contrat avec le Zenit et rejoindra le club de Sain Pétersbourg cet été, ce qui n’est pas vraiment du goût des supporters du Dinamo. Bilic a quant à lui choisir d’aligner une équipe résolument offensive avec trois attaquants (N’Doye, Caicedo, Maicon) épaulés par Torbinsky. Glushakov et Tarasov forme le duo de récupérateur/relayeur. Derrière, c’est du classique avec l’axe croato-slovaque Durica/Corluka, Shishkin à droite et Yanbaev à gauche. Guillerme prend quant à lui son poste dans les cages.

Le match commence assez fort avec tout de suite une énorme occasion pour le Lokomotiv et un sauvetage sur sa ligne du capitaine Fernandez. Jouée sur un bon rythme, la rencontre est agréable à suivre et le débat assez équilibré. N’Doye se procure une belle occasion sur coup franc notamment. C’est ce même N’Doye qu’on retrouve au duel quelques instants plus tard. Le Sénégalais se retrouve au sol, peine à se relever, mais ne semble en aucun cas touché. Plutôt que de venir presser ses adversaires, il se contente de râler. Mal lui en a pris puisque le Dinamo peut développer son action tranquillement. Dzsudzsak dépose Yanbaev, entre dans la surface et sert Kokorin qui place une frappe à ras de terre que Guillerme ne peut que détourner. Face à l’apathie de la défense du Loko, Solovyev est le plus prompt à réagir et vient ouvrir le score alors qu’on joue depuis 20 minutes. Le match se tend alors quelque peu et l’arbitre est contraint de sortir les cartons, notamment pour Caicedo qui, peu avant la mi-temps, s’en va bousculer Petrescu jugeant qu’il ne lui rendait pas le ballon assez rapidement. La deuxième mi-temps va voir le Lokomotiv prendre clairement le dessus. Mais, comme à son habitude, l’équipe se montre trop brouillonne, aussi bien devant que derrière où l’on sent que chaque action du Dinamo peut déboucher sur un but comme en témoigne la très belle frappe de Kokorin qui vient s’écraser sur la barre. Le Lokomotiv se montre donc très pressant et cette pression va s’accentuer après l’expulsion de Yusupov pour un deuxième carton jaune justifié. En supériorité numérique pour les 20 dernières minutes, le Lokomotiv va mettre toutes ses forces dans la bataille. Mais, globalement, le Loko ne se montre dangereux que sur coup de pied arrêté. Les protégés de Bilic vont pourtant plusieurs fois croire en l’égalisation mais rien n’y fait : N’Doye voit sa tête bien arrêtée par Shunin, tout comme le tir de Samedov, tout juste entré en jeu. Finalement, le match se termine comme il avait commencé, avec un sauvetage sur sa ligne d’un joueur du Dinamo, (Noboa) qui permet à son équipe de garder son avantage jusqu’au bout.

Le Dinamo l’emporte donc sur ce score de 1/0 et se lance parfaitement dans cette courte deuxième partie de saison. Le Lokomotiv, quant à lui, voit son adversaire du jour lui passer devant et, bien que toutes ces équipes en lutte pour les places européennes se tiennent en très peu de points, je vois mal ce Lokomotiv aller chercher quelque chose en fin de saison.

Ce samedi se poursuit avec le déplacement du leader CSKA à Samara pour y affronter le Krylya Sovetov. Rien de bien transcendant à signaler au cour de ce match. Sur un terrain très difficile le CSKA a fait le boulot. Un but de Wernbloom sur un corner de Dzagoev en première mi-temps, puis un but de Musa bien servi par Vagner Love (titulaire pour son retour en Russie) auront suffi aux hommes de Slutsky pour repartir avec les trois points et surtout mettre la pression sur le Zenit, relégué à 8 points avant son déplacement à Kazan, et l’Anzhi.

En fin de journée, l’Alania lancé dans une course au maintien improbable avec ses nouveaux joueurs, n’a pu faire mieux que 0/0 sur sa pelouse face au Rostov de Sinama Pongolle.

Movsisyan force 3

Avant le choc du weekend, nous avons le droit à un apéritif assez appétissant entre deux prétendants aux places européennes: le Spartak et le Terek. Pour ce match, Karpin peut d’ores et déjà s’appuyer sur ses deux recrues phares : Movsisyan en attaque et Bocchetti en défense centrale. Et ça part très fort puisque dès la 2ème minute, l’arménien profite d’un bon travail de Dzyuba suite à une longue touche pour inscrire son premier but sous ses nouvelles couleurs. Le match est parfaitement lancé et le Spartak ne compte pas s’arrêter en si bon chemin, d’autant plus que le Terek a beaucoup de mal à entrer dans le match. Sans être flamboyant, le Spartak réalise un match sérieux et d’une frappe limpide depuis l’extérieur de la surface, Movsisyan trompe une nouvelle fois Godzyur. 2/0 à la mi-temps.

En deuxième période, le Terek revient avec de biens meilleurs intentions. Mauricio est plus en vue et l’entrée de Kanu apporte un nouveau dynamisme aux protégés de Cherchesov. Mais le Spartak s’est enfin trouvé un vrai bon défenseur central avec Bocchetti et rien ne semble pouvoir perturber l’arrière garde moscovite. Sensation renforcée quand Movsisyan vient inscrire le troisième but de la rencontre. C’est la première fois dans l’histoire du Spartak qu’un joueur inscrit un triplé pour ses débuts. 3/0, on devrait se diriger vers une fin de match tranquille.

Pourtant, deux minutes après ce troisième but, Mauricio, bien aidé par un Pesjakov peu inspiré, relance son équipe grâce à un coup franc direct. Sur l’action suivante, N’Douassel, entré en jeu avant la réduction du score, part seul au but, évite la sortie de Pesjakov mais tergiverse et ne peut inscrire le but qui aurait enflammé un peu plus cette fin de match. Finalement, le Spartak l’emporte 3/1, et semble s’être trouvé un vrai bon attaquant et surtout un défenseur central compétent. Nénamoins, le Spartak ne pourra se permettre ce genre d’absence en fin de match. Le Terek commence mal cette deuxième partie de saison et devra se reprendre à domicile lors des deux prochaines gros rendez-vous contre le Rubin et contre le Zenit.

Zenit, Anzhi l’adieu au titre ?

Rubin/Zenit justement ! Un match qui se déroule … à Grozny ! En effet, afin de préserver la pelouse de Kazan, tout juste semée pour l’Universiade de cet été, ce choc de la 20ème journée entre deux équipes encore en lice en Europa League a été délocalisé dans la capitale Tchétchène.

Spalletti, privé de Criscito blessé pour le reste de la saison décide, pour ce match, de réitérer l’expérience Semak ailier gauche. Choix curieux s’il en est. D’autant plus que Faizulin est bien présent sur la pelouse et qu’il pourrait parfaitement occupé ce poste. Witsel sur le banc, le milieu est complété par Denisov et Shirokov. Derrière, Neto et Bruno Alves s’installent en défense centrale, Rodic côté gauche et Hubocan côté droit. Devant, Kerzhakov sera épaulé par Hulk côté droit. Côté Rubin, l’équipe est toujours privée de sa nouvelle recrue Yann M’Vila, blessé. En défense centrale, Marcano prend la place laissée vacante par Bocchetti et forme avec Cesar Navas une charnière 100% espagnole. Orbaiz en milieu défensif vient renforcer cette complémentarité.

Le début de match est pour le moins laborieux. Le rythme est lent, les deux équipes se jaugent et rien ne se passe. Cependant, à la sortie de ce round d’observation, le match va prendre une tournure des plus intéressantes. Le Zenit se procure une première énorme occasion par l’intermédiaire de Semak. Par moment, on retrouve même le Zenit du début de saison, celui qui marchait sur tous ses adversaires. Mais cela reste une impression et, malgré les occasions que se procurent le Zenit, le Rubin n’est pas acculé et laisse peser une menace permanente sur l’arrière garde du Zenit. Le problème du Zenit, c’est Hulk ! Pas encore vraiment intégré à l’effectif et encore moins au jeu de l’équipe, Hulk est capable de fulgurances, mais il est aussi capable de perdre un ballon bêtement au milieu de terrain. Et c’est cette deuxième option qui va se vérifier sur ce match. Suite à une perte du balle du brésilien, Natcho récupère le ballon et ajuste une ouverture parfaite pour Rondon. Alves est au fraise, Rondon, plein de sang froid, lobe Malafeev. Le retour de Neto n’y fait rien, le Rubin ouvre le score, contre le cours du jeu. Après une première mi-temps encourageante, le Zenit va se heurter au bloc défensif proposé par Berdyev en seconde période. Incapables de créer, d’imaginer une solution collective ou individuelle, les hommes de Spalletti ne parviendront pas à inverser la tendance. Malgré une domination d’ensemble du Zenit, on est plus proche d’un deuxième but du Rubin que d’une égalisation. Les contres emmenés par Eremenko ou Karadeniz particulièrement inspirés font très mal à la défense du Zenit. Mais Eremenko, puis Rondon ne parviendront pas à libérer leur équipe.

Le dernier mot revient à Bystrov qui, bien placé dans la surface, envoie sa frappe juste à côté des buts gardés par Ryzhikov. On en reste là. Le Rubin s’impose à l’Ahmat Arena de Grozny et revient par la même occasion à 4 points de son adversaire du jour. Le Zenit réalise une très mauvaise opération et voit le CSKA s’envoler en tête du classement avec déjà 8 points de retard pour le club de Saint-Pétersbourg.

Enfin, le dernier match de cette 20ème journée opposait la lanterne rouge, Mordovia, au prétendant au titre, Anzhi. Une rencontre a priori très déséquilibrée donc. Et pourtant … Suite à un corner cafouillé dans la surface de l’Anzhi, Perendija fusille Gabulov et donne l’avantage au Mordovia. Quelle minute glorieuse pour les supporters du CSKA qui voient leurs deux principaux rivaux menés au score ! Après son non match contre Newcastle en Europa League jeudi dernier, l’Anzhi passe une nouvelle fois au travers. Peu de mouvements, pas de création, rien ne se passe et quand bien même une occasion se présente, elle est gâchée par Lacina Traoré. Le Mordovia résiste et commence à y croire. Du courage, mais également de l’audace et du talent sur certains contres emmenés par les hommes de Dorinel Munteanu, l’ex international roumain. Ne pas se laisser acculer sur ses buts, telle est la clé de la réussite. Un nouveau corner et cette fois c’est Rustem Mukhametshin qui, d’une tête puissante, trompe Gabulov. Plus rien ne sera inscrit. A la surprise générale, le Mordovia l’emporte 2/0 et se donne le droit d’espérer un maintien inespéré.

Pour les hommes de Guus Hiddink, c’est la désillusion. Incapable de renverser la situation, c’est surtout l’apathie générale qui est assez préoccupante et il faudra un tout autre Anzhi jeudi prochain pour aller chercher une qualification pour les ¼ de finale de l’EL. En championnat, avec désormais 5 points de retard sur le CSKA, l’Anzhi n’a plus le droit à l’erreur et devra réaliser un parcours quasi sans faute pour pouvoir espérer être sacré champion en mai prochain

Rusko