Retour sur la 27ème et 28ème journée de Serie A

 

Bilan de la semaine juventina : 9 points d’avance sur son dauphin Naples. Après un nul mérité lors du choc à San Paulo face à Naples,  la Juve enchaîne avec une victoire acquise à l’arrachée à la 91ème contre Catania.

La Juventus était la grande favorite pour le scudetto 2012-2013 : à 10 journées de la fin, il faudrait un miracle pour que la Juventus perde ce titre de champion d’Italie qui lui tend les bras. La Juventus avait dû attendre la 37ème journée la saison passée pour remporter son titre. Cette année, cette officialisation du scudetto a de grande chance d’arriver bien plus tôt. Le paradoxe, c’est que ce scudetto s’annonçait plus difficile à acquérir que celui de la saison passée. En effet, la Juve était plus attendue que la saison passée et surtout jouait la ligue des champions (rappelons que la saison passée, elle n’a disputé aucune coupe européenne alors qu’aujourd’hui elle est encore qualifiée en ¼ de final de C1). Malgré une Juve moins brillante contre les gros avec 4 défaites cette saison pour les hommes d’Antonio Conte contre l’Inter, le Milan, la Roma cette saison (alors qu’elle était restée invaincue la saison passée en championnat), cette Juventus est plus forte que la saison passée.

Un banc plus large, une équipe qui se connaît mieux, plus cynique, costaude dans tous les sens du terme. Une équipe patiente, qui sait « tuer » l’adversaire et appuyer au moment opportun pour battre l’adversaire. Là où les concurrents de la Juventus doivent être à au moins 80% pour gagner un match, la Juventus peut se contenter d’être à 50 ou 60% de ses capacités pour l’emporter. En résumé, une équipe absolument redoutable, qui a des chances d’aller très loin en ligue des champions.

La Juventus peut s’attendre à une fin de saison magnifique : un titre de champion qui psychologiquement semble déjà acquis, sauf cataclysme, ce qui va lui permettre de pouvoir gérer ses forces en champions league, après sa facile qualification contre le Celtic en 1/8ème de finale. Enfin, on notera qu’un futur grand milieu de terrain français, parfaitement bien géré par Conte, est entrain d’exploser : Pogba, auteur encore d’un grand match contre Catania. Je vous invite à voir son contrôle sur l’action du but de la juventus contre Catania : absolument magnifique.

Le Napoli, rien ne va plus. 0 succès depuis le 2 février contre Catania. Son goleador Cavani ne marque plus depuis le 27 janvier, le symptôme d’une équipe en crise de résultat : 4 nuls, une défaite.  Le match contre la Juventus devait être le tournant de la saison, le match permettant au Napoli de passer du statut de « très bonne équipe » à celui grande équipe. Mais en dépit d’une très grosse seconde mi-temps, ce match a surtout montré l’écart entre la « folie » napolitaine et le sang-froid et la maîtrise de la Juventus. De plus, une atmosphère bizarre règne à Naples….Mazarri est en fin  de contrat et tout laisse à penser qu’il ne poursuivra pas l’aventure, Cavani semble perturbé par les rumeurs quotidiennes de départ vers un grand d’Europe (Real, Chelsea, City ? Rappelons que sa clause est de 60 millions). Improductif depuis le 27 janvier, Cavani a raté contre le Chievo son 7ème penalty depuis qu’il est en Italie.  Comme la saison passée, cette équipe ne semble pas supporter la pression des grands rendez-vous. L’attente est telle à Naples, qu’elle semble impossible à gérer pour une équipe beaucoup trop dépendante du duo Hamsik-Cavani. Naples peut s’inquiéter car depuis ce dimanche, le scudetto cette saison s’annonce totalement impossible. 9 points séparent Naples de la Juventus mais on peut même dire 10 points car en Italie en cas d’égalité de point, les résultats lors des confrontations directes font la différence. Quand on sait que Naples n’a pris qu’un point sur six contre la Juventus …  Au delà du scudetto, la seconde place qui semblait une formalité, est plus que jamais menacée : Milan est revenu à deux points (et il y aura un Milan/Naples dans quelques semaines) et la Fiorentina 4ème est à 5 points seulement. Attention à ne pas tout gâcher pour une équipe qui semble fatigué. La fin du cycle Mazarri pourrait se révéler plus triste que prévue

La course à la C1 : Le Milan , la Fiorentina revient, la Lazio et l’Inter s’écroulent

Milan 3-0 Lazio , Genoa 0-2 Milan, Fiorentina 2-1 Chievo, Lazio 0 – 2Fiorentina, Catania 2-3 Inter, Inter 0-1 Bologne

Ce Milan est vraiment incroyable. Bien évidemment, on est très loin du grand Milan, des équipes du Milan ayant remportés des champions league. Mais on a est en présnce d’un Milan avec un état d’esprit et un mental de fer. Comme souvent mentionné, le Milan après 8 journées a réalisé le pire début de saison de son histoire. Allegri était menacé, critiqué de toute part, l’ensemble des observateurs évoquaient le pire Milan de l’histoire. 20 matches plus tard, Milan est 3ème, à deux points de la deuxième place. Le grand mérite revient à Allegri qui a su bâtir une équipe, à défaut d’être géniale, très costaude, redoutablement organisée et mettant en valeur ces individualités : Pazzini (3 buts en une semaine pour l’ex joueur de l’Inter), El-Sharaawy et Balotelli (5ème but pour lui, contre le Genoa, à peine 40 jours après son arrivée). Ce Milan a longtemps semblé dépendant du rendement de El-Sharaawy, lui qui a maintenu l’équipe à flot. Et puis, le retour de la confiance, le réveil de Pazzini et surtout, l’arrivée de Balotelli ont véritablement redonné un second souffle à ce Milan. Même la charnière centrale Zapata-Méxès, terriblement friable sur le papier et durant les premiers mois de la saison, semble être une forteresse imprenable. Le caractère de ce Milan est fort et ce qui devait être une année « 0 », comme définie par Adriano Galliani, l’administreur délégué du Milan, l’homme qui gère au quotidien le club du président Berlusconi,  est entrain de se révéler comme une saison très positive. La 3ème place, objectif minimum de la saison, tend les bras aux hommes de Galliani et le Milan rêve plus que jamais de la deuxième place, à seulement 2 points du Napoli, en attendant la confrontation directe à San Siro. Milan a frappé très fort, la Lazio réduite à 10 dès la 16ème minute a explosé à San Siro. Bien aidé par un super Pazzini, le Milan gagne 3 points au mental contre une accrocheuse et rugueuse équipe du Genoa vendredi. N’oublions pas l’énorme match retour à jouer contre le Barça, en ligue des champions. Le Milan ira défendre ses deux buts d’avance acquis au match aller. Barcelone semble très confiant pour cette remontée. Je crois que les catalans sous-estiment vraiment ce Milan (le 0-2 de l’aller aurait dû pourtant refroidir cette confiance). Je suis persuadé que le club Lombard, même privé de Balotelli (non qualifié) et de Pazzini (blessé) a fait le plus dur au match aller et va donc se qualifier au Nou Camp. On prend les paris ?

La Fiorentina, on l’a souvent dit cette saison, est probablement l’équipe qui joue le mieux au foot en Italie. Jeu, « copié » sur le modèle espagnol : Jeu haut et surtout, basé sur une conservation de balle qui use l’adversaire, voilà grosso modo la philosophie de la Fiorentina de Montella. Mais la plus grande faiblesse de la Fiorentina, outre une défense friable est ce manque de continuité, capable de mettre 4-1 à l’Inter et de chuter une semaine plus tard à Bologne, après avoir pourtant mené 1-0. Sur cette semaine, la Fiorentina a semblé retenir les leçons du passé : victoire à domicile dans la douleur et sans briller contre le Chievo mais surtout, une démonstration toute en tranquillité sur la pelouse de la Lazio, 2-0, avec encore un joli but de Jovetic. La Fiorentina est 4ème à 3 points du Milan 3ème et à 5 de la deuxième place : plus que jamais la Viola rêve d’une qualification en C1. L’équipe révélation de la saison semble avoir définitivement lancé sa saison. Ce serait une très belle récompense pour sa philosophie de jeu, son mercato et son excellent coach, Montella, de voir cette équipe se qualifier pour la ligue des champions. Une 4ème place serait déjà synonyme d’une très bonne saison pour un club en totale reconstruction l’été dernier (13 arrivées, 10 départs, changement d’entraineur, de directeur sportif ).

La Lazio : le cauchemar recommence pour les tifosi de la Lazio. Bon, le terme est probablement trop fort pour une équipe 5ème et encore à 4 points d’une 3ème place toujours jouable. Mais, comme c’est le cas depuis 2-3 ans, quand la 3ème place tend les bras à cette équipe, elle s’écroule. Le début de la fin pour la Lazio est intervenu lorsqu’elle est revenue à 3 points de la Juventus début janvier. Il a suffi que le mot « scudetto » soit évoqué pour que la Lazio lâche mentalement. Et cette semaine a été désastreuse pour la Lazio en championnat. Lors de deux confrontations directes contre deux concurrents pour la course à la 3ème place, le bilan est sans appel : une déroute contre le Milan 3-0 (rappelons le, une Lazio réduite à 10 dès la 16ème minute) et surtout, une prestation d’une grande médiocrité au stade Olimpico contre la Fiorentina, 0-2 . La Lazio risque une nouvelle fois de voir la champions league à la télévision l’année prochaine. Pire, la Roma à la rue depuis le début de saison, n’est plus « qu’à » 3 points. Alors comment expliquer cet écroulement ? La Lazio est encore engagée sur 3 compétitions : en finale de la coupe d’Italie (soit contre la Roma, soit contre l’Inter, match retour mi-avril, match aller, rappelons, emporté 2-1 par la Roma) et virtuellement qualifiée en quart de finale d’Europa League, après sa victoire 2-0 sur la pelouse de Stuttgart. La fin de saison peut donc encore s’annoncer très « sympa » pour la Lazio. Chose rare en Italie, la Lazio prend très au sérieux l’Europa League et est donc à un match de remporter la coupe d’Italie. En contrepartie, l’effectif, beaucoup trop mince, est entrain de lâcher physiquement et mentalement en championnat, après avoir pourtant été 3ème pratiquement toute la saison.

L’Inter, cela devait être l’année permettant de construire un nouveau cycle gagnant après la fin du cycle Inter 2010 et les départs cette années des « tauliers » Maicon, Julio César, Lucio, Sneijder (en plus des départs des autres tauliers les années précédentes de ces triomphes les Eto’o, Motta, Pandev…). Malgré une victoire « folle » à Catania (mené 2-0 et au fond du trou à la mi-temps, l’Inter l’a emporté finalement 3-2 à la 92ème), l’Inter a littéralement explosé cette semaine. Humiliation en match aller d’Europa League contre les spurs 3-0, probablement le pire Inter depuis plus de 10 ans et défaite, le jour des 105 ans d’histoire de l’Inter, 1-0 à domicile contre Bologne, très belle équipe, avec Diamanti (annoncé à l’Inter la saison prochaine), Gilardino auteur d’un très joli but et Taider très bon technicien ou encore du très prometteur Gabbiadini. L’Inter est au fond du trou, un an après sa pire saison des 10 dernières années (6ème). Ce qui devait être l’année de la reconstruction, symbolisée par un retour en champions league, est entrain de virer au fiasco. Malgré 10 arrivées depuis l’été dernier, l’Inter est 6ème après 28 journées et à 4 points de son objectif de la saison : la 3ème place. Stramacionni coule, enchaîne les choix hasardeux mais les principaux responsables sont surtout les dirigeants qui ont construit une équipe indigne d’une équipe du standing de l’Inter. Tout un symbole, au moins 3 joueurs de Bologne seraient titulaires indiscutables dans cette équipe de l’Inter ( Gilardino, Taider, Diamanti….). Autre symbole : il y a encore quelques temps, quand il y avait un coup franc à l’Inter, c’était la « bataille » pour le tirer : Recoba, Veron, Figo, Mihajlovic, Sneijder voulaient prendre leurs responsabilités…..hier, un seul joueur s’est approché pour le tirer : Gargano, un milieu récupérateur. San Siro a grondé hier, cet Inter est en pleine confusion, n’a toujours pas fait le deuil du triplé de 2010 et du départ de Mourinho. L’Inter s’apprête à enchainer, sauf miracle, une deuxième saison de suite sans ligue des champions. Les finances du club sont au plus mal et 30 millions d’euros devraient manquer pour la saison prochaine. Bref, l’Inter n’est pas prêt de retrouver le plus haut niveau et de lutter pour le scudetto. Pour la plus grande tristesse de ses tifosi, après pratiquement 6 ans de succès entre 2005 et 2010, Moratti risque de remplacer en fin de saison un Stramaccioni complètement perdu (et entrain de se cramer pour le futur). Après avoir changé d’entraineur déjà 4 fois depuis le départ de Mourinho, la question de la compétence des dirigeants, en particulier du directeur sportif Branca, va devoir vite se poser. Les mêmes qui ont construit l’Inter du triplé, sont entrain de détruire l’Inter aujourd’hui, la faute à des recrues catastrophiques et à un projet qui ne semble avoir aucune cohérence. Difficile d’imaginer comment l’Inter va retrouver la clé du succès. Les erreurs de stratégies et la confusion sont telles, que le tifoso de l’Inter peut encore s’attendre à des lendemains difficiles.

Que retenir d’autre ?

4 points pour la Roma, victoire contre le Genoa 3-1, nul 1-1 à Udinese (et une occasion incroyablement vendangée par Osvaldo à la 89ème). La Roma est 7ème mais toujours dans le coup pour une qualification en coupe d’Europe, le 4ème, la Fiorentina, étant à 4 points. La champions league paraît, en revanche, un rêve inaccessible, le Milan étant à 7 points, à 10 journées de la fin. On notera le triplé de Ibarbo pour Cagliari contre la Sampdoria, qui subit sa première défaite de l’année 2013, le réveil de Parme qui décroche son premier succès de cette année 2013, contre le Torino, grâce au triplé d’Amauri. Le doublé du buteur argentin de l’Atalanta, Dernis contre Pescara, 19ème et qui fonce en Serie B.

Et puis, comment ne pas évoquer le cirque palermitain. Palerme dernier, qui s’est incliné à domicile contre Sienne, 18ème (mais qui a 6 points de pénalités, sinon le club toscan serait 17ème et donc premier non relégable). Résumons nous : Sanino a débuté la saison et a été viré après une journée, à la suite d’un nul contre Cagliari. Remplacé par Gasparini, ce dernier a tenu quelques mois et a été à son tour viré, remplacé par Malesani. Malesani a tenu 3 matches, après 3 nuls et remplacé à son tour par celui qu’il avait remplacé, à savoir Gasparini. Oui, je sais c’est compliqué. Gasparini, après un nul et une défaite, va être dans les prochaines heures une nouvelle fois limogé et remplacé par….Sanino (celui viré donc après la première journée). La meilleure solution, serait que Zamparini, le président fou de Palerme, se limoge lui-même. Palerme est dernier, à 5 points du premier non relégable et nul doute que le grand club de la Sicile a déjà son billet pour la Serie B.

KarimJ