Ce menu de 4 jours à Valence se poursuit avec un trou champenois, le lundi avec le premier entraînement du PSG. Beaucoup de monde attend les joueurs à la sortie de l’entrainement. Entre autres, des supporters parisiens ayant fait le déplacement sans le pack proposé par le club, des « locaux », des fans de Valence venus pour voir Ibrahimovic, Lavezzi et même Verratti (c’est sûr que ce n’est pas pour Sakho, Chantôme ou Aréola)

A la sortie des joueurs et du staff, Carlo Ancelotti, mobile à l’oreille signe des autographes. Des dizaines de personne sont venues pour eux et certains des joueurs (Camara, Ménez, Armand, Matuidi pour ne citer qu’eux) rejoignent directement le bus sans adresser ne serait-ce qu’un geste.

Qui signe des autographes ? Verratti, Lucas, Lavezzi et la tripette Jallet-Ibrahimovic-Pastore vraiment très sympathique. Pastore est un des joueurs restés le plus longtemps avec Lucas. Mis à part Jallet, tous les français sont dans le bus. Je ne sais pas ce qu’ils ont ces français avec les bus. Dans un sens, c’est assez triste et significatif de l’approche qu’ils ont du métier.

Le Lendemain (jour de match), nous voila parti faire un petit tour devant l’hôtel des joueurs. Il est 14h et seulement trois fans du PSG sont présents. Les poids lourds de la direction française sortent. Leonardo, Jean-Claude Blanc et Olivier Létang. Pas un seul regard en direction des supporters ni même le classique pouce levé de Léonardo. Alors oui je suis candide, un peu fleur bleue. Il y avait trois personnes, pas de présence de caméra. Prendre le temps de discuter avec trois personnes, leur proposer de venir à l’hôtel pour prendre des photos avec les joueurs, ne serait-ce que quelques minutes me paraissait possible. Mais visiblement non. Le club gère parfaitement l’économique et le sportif. Il n’y a absolument rien à dire à ce sujet. Mais j’ai la sensation que le sujet supporter est mis de côté en pensant que si le sportif fonctionne (leader en l1, participation à l’Europe et les stars présentes) personne ne parlera d’un rapport avec les supporters plus que limite. Finalement, ils ont raison, du moins pour le moment.

Au départ de l’hôtel des joueurs, des centaines de badauds sont là, et pas uniquement des supporters du PSG. Des petites anglaise très mignonnes sont venues voir Beckham, des espagnols pour Ibrahimovic. Bref, ce PSG est à part. Peu importe qu’il s’agisse du PSG, de l’OL ou de l’OM. Ce qui compte, c’est la star bankable qui ne laisse pas indifférente. Ibrahimovic ou Beckham attireront toujours plus que Thiago Motta voir Thiago Silva. En route pour le stade à 200 mètres du 5 étoiles Westin où séjournent les adversaires de Valencia. De l’extérieur, l’impression laissée par l’Estadio Mestalla est étrange : Une sorte d’immense parking en plein cœur de la cité méditerranéenne. Une heure avant le coup d’envoi, je fais mon entrée au stade, dans la tribune centrale qui s’apparente à une tribune présidentielle. Pour info, la place la plus chère est à 60€.

A mon entrée, j’ai également la possibilité de me balader sur toute la tribune. Très rapidement, je tombe sur le plateau « BeIN Sport » en pleine interview de Manuel Llorente.

Le président de Valence est super abordable, calme, disponible et se prête au jeu des photos avec tout type de fans, Valencians ou Parisiens. Quel décalage avec le club de la capitale. A l’intérieur, le stade est assez impressionnant même s’il ne se remplira que très tardivement. Les joueurs du PSG sont les premiers à sortir s’échauffer et le stade compte beaucoup de sympathisants du club parisien. Étrangement  Menez est absent. Pas grand-chose à signaler sur les échauffements des deux équipes mis à part une certaine promiscuité Feghouli et Soldado ou encore une superbe maîtrise technique du latéral Joao Perreira.

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A l’entrée des deux équipes je suis émerveillé par l’ambiance et le cadre de ce stade avec un superbe Tifo déployé par les supporters. Nul doute que nous allons vivre une très belle soirée et un très bon match. Première surprise, et de taille, le nombre de supporters pro parisien est incroyable. L’expression « ICI C’EST PARIS » n’aura jamais été autant vérifiée pour un match de LDC à l’extérieur. Une expression qui a le don d’irriter fortement certains fans du FC Valence.

Dès le début du match, je suis désagréablement surpris par Valence, certainement par manque de suivi ou d’analyse du jeu de cette équipe. Je m’attendais à un gros pressing capable de mettre en danger les rouge et bleu mais il n’en sera rien. C’est même l’impression inverse qui se dégage. Le PSG contrôle comme un gros match de L1 et semble être super bien préparée. Malgré sa grosse entorse, Lucas prend très bien les côtés et fait énormément de mal sur les ailes, Pastore est en mode « Ligue des champions ». Mieux, Ibra est devenu un joueur lambda de l1 en ce sens que son jeu est complètement dédié au collectif. Mon impression d’une forte présence de supporters parisien est confirmée au premier but parisien. Plus la mi-temps avance, plus l’agacement des supporter locaux de voir autant de conquistadors se fait ressentir et se confirme avec le second but. A la mi-temps, l’argument du budget et des 250 millions d’euros dépensés en deux ans revient sur toutes les lèvres. La légende du public de Mestalla sur sa dureté et son exigence s’avère quand bien même les Curva du stade remplis d’ultras locaux ne cessent de mettre l’ambiance et se muent en chef d’orchestre du stade.

La deuxième mi-temps démarre sous les yeux de David Beckham

Valence - PSG (14)
Valence – PSG (14)

Cette seconde mi-temps sera un mélange subtile de plaisir à voir le PSG mais aussi de frustration de ne pas voir le PSG « humilier » les espagnols chez eux. Il faut noter une chose très importante. Au coup d’envoi, une victoire du PSG aurait été perçue comme un exploit. Le PSG jouaient sans le recrutement Ligue des Champions (T.Silva, T. Motta, Beckham), avec peu de joueurs expérimentés et habitués aux joutes européennes mis à part Maxwell, Alex, et Ibrahimovic. Lavezzi ayant juste une brève expérience … Si on rajoute qu’Ibrahimovic a toujours déçu dans cette compétition, voir ce qu’ont réalisé Verratti, Matuidi, et la charnière Sakho-Alex est assez fort à ce niveau. Le jeune italien a juste été merveilleux, accompagné par Matuidi, bien meilleur en deuxième période et Pastore bien plus entreprenant lors du premier acte.

Avec les loupés du duo Lavezzi-Ibrahimovic, bon nombre de fans du PSG craignaient le but en fin de match. Un sentiment augmenté par le choix plus que curieux, non pas de faire entrer Armand, mais de mettre ce dernier en défense et replacer Maxwell au milieu alors que tout était contrôlé. Finalement, le but de Rami est venu confirmer les peurs profondes. Cependant, une victoire 2-1 à Valence est un excellent résultat. C’est la superbe prestation de cette équipe qui donne le droit d’avoir quelques regrets. Incroyable non ?Dans ce concert de louanges, deux bémols sont à signaler. La prestation assez moyenne des latéraux (particulièrement du côté de Jallet) et surtout l’entrée en jeu insipide de Ménez. J’ai toujours pensé qu’avec l’arrivée de Lucas, Jérémy serait le plus en danger. Non pas en raison d’un déficit de qualité intrinsèque mais par rapport à ce qu’il veut faire de sa carrière et devenir en tant que footballeur. Il ferait bien de s’inspirer de l’approche professionnelle de Gameiro, qui mine de rien a une grosse carte à jouer dans ce PSG. Du côté de Valence, Feghouli a été le plus remuant, Valverde a essayé un système à deux attaquants en seconde mi-temps. Un choix intelligent et efficace qui aurait pu s’avérer payant sans la belle prestation des deux centraux et de Matuidi.

Une superbe soirée se termine ainsi que la découverte du football Valencian. Un séjour footballistique des plus enrichissants à tous les niveaux. J’espère que ce PSG ira en quart de final. Pour la suite de la compétition, j’aimerais un duel inédit face à Manchester United même si je pense que le Real Madrid reste ultra favori malgré le 1-1 à domicile. Quant à Levante, le club du Stade de la communauté a battu l’ogre Olympiakos Le Pirée 3-0, le même club grec qui a éliminé le champion de France en titre Montpellier de toutes coupes d’Europe

The Swindler