Les tirages au sort des huitièmes de finale de la « Liga des Campeones » ont offert au Paris-Saint-Germain le FC-Valence, tirage intéressant à tout point de vue. Ces deux rencontres aller/retour donnent l’occasion au PSG de se mesurer à une équipe importante de la liga BBVA, au jeu souvent apprécié des spécialistes. Ce PSG, version Qatari, dont on ne connait finalement pas grand chose au très haut niveau, passera assurément un vrai test dans un contexte attendu et difficile.

Mais Valence n’est pas uniquement la ville des pensionnaires de Mestalla. En effet, c’est aussi celle de Levante, club lui aussi européen et qualifié pour les 1/16 de finale de l’Europa League contre l’Olympiakos le Pirée. L’occasion était donc belle pour nous de faire le déplacement à Valence, afin d’humer l’odeur de cette ville de football du Sud de l’Espagne, d’aller à la rencontre de ces deux clubs et découvrir deux stades et deux ambiances.

Commençons notre repas « entrée/plat » avec une belle entrée Levante vs Malaga.

Le stade de la communauté de Valence est juxtaposé à un imposant centre commercial et donne lieu à une scène assez sympathique à 1h30 du coup d’envoi. Les premiers groupes de supporters de Levante se retrouvent autour du classique bière-sandwich que propose l’enseigne Montaditos. Très rapidement, les supporters de Malaga les rejoignent. Je ne parle pas espagnol, mais on comprend aisément ce qui se passe entre les supporters de deux clubs, adversaires d’un soir : Séance de chambrage dans une atmosphère bon enfant et plutôt agréable quand on est neutre.

A une heure du début du match, je prends la direction du stade et en fait le tour. A vrai dire, le look général de l’extérieur s’apparente à une arène, digne de celle du Grau du Roi. Une fois à l’intérieur, l’enceinte est une belle surprise et vient balayer les première impressions. Je suis surpris de pouvoir me balader sur toute la tribune. Le stade est petit, certes, mais reste un vrai stade de football. La pelouse est proche des tribunes, sans filet derrière les buts, un micro toit couvre une partie de la tribune présidentielle. On dirait un vieux stade d’un club moyen sud-américain. A 30 minutes du coup d’envoi, je me dirige vers ma place et m’attends à une grosse ambiance. Surprise…Peu de supporters sont installés. En effet, l’espagnol ne fait pas que manger tard. Il va également au stade très tardivement et zappe généralement l’entrainement des joueurs.

Les supporters s’installent progressivement et certains d’entre eux rejoignent leur place jusqu’à 15 minutes après le coup d’envoi. L’atmosphère est très champêtre. Je précise de suite que cela n’est en rien péjoratif. L’ambiance est un peu « à l’ancienne » où toutes les catégories socio professionnelles sont présentes. A côté de moi, une petite fille de 6 ou 8 ans chantonne des chants. Niveau ambiance, on est assez loin de Dortmund, mais plusproche d’une ambiance du Parc des Princes lors du premier match du plan Leproux ou celle du vélodrome (petite coucou à nos amis marseillais). Comme partout, le début de match est emballant dans les tribunes. On pousse, on crie, on met la pression sur l’arbitre et si on peut insulter l’ancien joueur de Valence Joaquin, c’est encore mieux. Et si en plus les locaux ouvrent le score alors là c’est « Champomy » pour tout le monde (et oui c’est aussi la crise en Espagne). Comme souvent, dès que le match change de tournure, tout retombe comme un soufflet. Il y a aura quand même une belle pression des supporters en fin de match pour revenir au score… En vain.

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D’un point de vue sportif, Levante est en mode pré-coupe d’Europe, avant un match en Europa League jeudi prochain. Est ce que cette rencontre a eu beaucoup d’influence dans les têtes locales ? No sé. Le club de Malaga joue quant à lui son huitième de Ligue des Champions la semaine suivante.

Le début de match est clairement à l’avantage de Levante. Le jeu sur les côté est très bien huilé, le pressing haut gêne Malaga. Juanfran donne l’impression d’être un joueur de 20 ans. Chris de l’autre côté est bien en place. En 15 minutes, Malaga prend l’eau de tous les côtés et c’est sur un travail au niveau des flancs que Levante obtient un penalty  bien aidé par l’axe central Andalou, peu inspiré sur le coup. Bizarrement cet avantage va stopper Levante dans son élan et débloquer Malaga. La prestation sans saveur des visiteurs est assez décevante et Malaga doit obligatoiremenet faire plus pour bousculer le petit club de Valence. Trois joueurs sortent néanmoins la tête de l’eau : Isco, Toulalan et Willy le Gardien. Isco, fait absolument tout : En électron libre, il offre des solutions, se rend disponible, décroche devant les attentistes Saviola et Baptista. On peut regretter que Malaga ne joue pas la profondeur. A ce rythme, on se demande comment Malaga va pouvoir revenir au score. La réponse viendra sur un penalty, très gentiment accordé par l’arbitre (ok Chris n’est pas très malin à moins que Baptista joue bien le coup) et transformé par Isco. 1-1 à la mi-temps.

Au retour des vestiaires, Toulalan (en mode nantais) offre à Isco la balle du 2-1. Malaga mène alors au score sans avoir montré grand-chose si ce n’est un esprit « punisher » diaboliquement efficace. A noter le bel enchaînement du maître à jouer de Malaga et un sang-froid incroyable. Le score ne changera plus malgré deux ou trois opportunités pour Levante.

Je ne sais pas si ce match est significatif du niveau de jeu des deux équipes. Malaga a surtout géré le match et ne s’est jamais affolé, même en étant mené à la marque. Levante a été décevant hormis lors des 15-20 premières minutes. La qualité de cette équipe de Levante réside dans la préparation sur les côtés et le jeu en profondeur pour Martins. Une approche intéressante mais néanmoins très rudimentaire et finalement assez simple à contrer. Malaga a contrôlé les deux tiers du match et n’a pas eu à forcer son talent pour l’emporter. Nul doute que le visage ne sera pas le même en ligue des champions.

Globalement ce fût une très belle soirée pour le fan de football que je suis. Une entrée agréable, légère, avec du goût. A venir, un prometteur Valence / PSG.

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