Comme le championnat argentin, la Primera Division se joue en deux parties : le championnat d’ouverture (Apertura) qui est l’équivalent des matchs allers, puis le championnat de clôture (Clausura), équivalent des matchs retours.

Cette saison, c’est le DeportivoAnzoategui qui a remporté le championnat d’ouverture devant le FC Caracas, club le plus connu du pays. Ne connaissant pas encore grand-chose de ce championnat, je ne peux pas encore vous parler du niveau des équipes et du football au Venezuela. Ce qui est certain en revanche, c’est que le football n’est pas le sport national ici puisque le baseball a une place plus importante auprès de la population. Cependant, les bonnes performances de la Vinotinto et la possibilité de se qualifier pour la Coupe du Monde au Brésil, ce qui serait une première pour le pays, laissent paraître un engouement croissant pour le football.

Tout comme Moscou, Caracas accueille 4 équipes de l’élite : FC Caracas, Atletico Venezuela, Real ESPPOR, DeportivoPetare, ce qui me laissera l’occasion de découvrir les deux stades de la ville (EstadioNacionalBrigido Iriarte et EstadioOlimpico de la UCV), plusieurs équipes du championnat, mais également quelques derbys, à commencer par le match du jour Atletico Venezuela / FC Caracas. Pour mon premier rendez-vous avec le football vénézuélien, je m’offre donc un des derbys de Caracas. Rien de bien exceptionnel sur le papier puisque le FC Caracas est, supposément, le grand favori de la rencontre. Cependant, depuis le début du championnat d’ouverture, les « Rojos » n’ont pu faire mieux que 3 matchs nuls, alors que l’Atletico a enchaîné 2 victoires (le FC Caracas a joué un match de plus afin de se préparer pour son match de CopaLibertadores contre Fluminense).

J’arrive relativement tard au stade Brigido Iriarte. L’attente aux caisses semblent très longue et très vite on nous (je suis allé au stade avec un ami polonais) propose d’acheter un place au marché noir. Après négociations, nous arrivons à ne payer que 10 bolivares de plus que le prix initial (soit 50 bolivares chacun, environ 2€). Une fois à l’intérieur du petit stade Iriarte, qui ne présente que deux tribunes latérales, nous comprenons pourquoi nous avons dû acheter nos places au marché noir. En effet, nous étions du côté de la tribune des supporters du FC Caracas, le club de la ville qui a le plus de supporters. De l’autre côté, la tribune est loin d’être pleine.

Le match n’a pas encore commencé que les barra bravas du « Rojo » chantent déjà. A l’entrée des joueurs, les papiers volent, les chants redoublent d’intensité, les pétards explosent. Les équipes se présentent, l’hymne national est chanté par un seul homme et le match peut commencer après une minute de silence très peu respectée dans les gradins. Pour être honnête, je ne connais absolument aucun joueur présent sur le terrain. La première mi-temps est ennuyeuse, il fait très chaud, il y a peu d’espace. Globalement le FC Caracas domine, possède le ballon mais ne se crée pas d’occasion. Côté tribune, nous devons être les seuls à ne pas connaître les paroles des chants à la gloire du « Rojo » et presque toutes les personnes présentes dans la tribune donnent de la voix pour encourager leur équipe.

La deuxième mi-temps sera tout aussi vivante dans les tribunes et s’anime sur le terrain. Les espaces s’ouvrent de part et d’autres et chaque équipe aura l’opportunité de marquer. Le « Rojo » garde la maîtrise du ballon et se crée plusieurs occasions sur des phases de jeu construite pendant que l’Atletico se contente de contrer de manière tout aussi efficace. L’arbitre va alors jouer un rôle primordial dans cette fin de match en refusant de siffler un penalty plus qu’évident pour le FC Caracas suite à une faute sur le très remuant RomuloOtero, certainement le joueur le plus en vue dans cette partie. Pire encore, l’arbitre donne un carton au joueur en estimant qu’il a simulé. Autant vous dire que les supporters n’ont pas hésité à exprimer leur colère.

Finalement, on en reste à ce 0/0. Les supporters restent un peu après le coup de sifflet final pour continuer à chanter et en profitent pour insulter une nouvelle fois l’arbitre qui, il faut bien l’avouer, n’a pas vraiment été clément avec le FC Caracas. Quatrième match nul en autant de rencontres pour l’équipe phare de la capitale, voilà un début de Clausura bien mauvais pour un des favoris pour le titre.

De son côté, l’Atletico Venezuela profite de ce match nul pour s’installer aux premières places du classement. Mais le championnat ne fait que commencer et bien des choses auront changé d’ici la fin de la Clausura. Prochain rendez-vous : FC Caracas/Fluminense en CopaLibertadores, à moins que je n’aille voir le prochain match du FC Caracas à domicile le weekend prochain, juste avant ce match de Libertadores.

Rusko