Retour sur la 20ème journée de Liga

Real Sociedad/Barça 3-2

Et oui, c’est l’évènement de cette journée en Espagne : le Barça s’est incliné pour la première fois de la saison en Espagne. Après 19 journées incroyable (18 victoires, un nul), « un mauvais pas pouvait arriver » comme a déclara Xavi après le match. Disons que cette défaite, survient trois jours après une petite déception : le nul 2-2 contre Malaga, au Camp Nou, en ¼ de finale aller de la coupe d’Espagne. Le tout, en ayant encaissé un but à la 88ème et à 11 contre 10. Sans oublier l’épisode de la prolongation de contrat refusé par Victor Valdes. Inutile de dire, que cela a fait beaucoup de bruit en Catalogne.

Cette défaite contre la Real Sociedad permet de donner du grain à moudre aux medias madrilènes. Au-delà de la défaite, c’est surtout le scénario qui est une surprise : Barcelone menait 2-0 après 25 minutes de jeu. On ne peut réellement parler de relâchement. La première mi-temps des hommes de Tito Villanova a été quasiment parfaite. Comme d’habitude, une maitrise technique exceptionnelle, un collectif maitrisant le match à la perfection. On peut parler de manque de réussite (deux poteaux de Messi et surtout de Pedro à 2-0) et à une incapacité à tuer le match dès la première mi-temps. La réduction du score à la 41ème de Castro, était un petit miracle pour les Basques. Cette équipe de la Real Sociedad a eu le mérite de ne rien lâcher, de ne jamais fermer les espaces et de toujours jouer. Elle va être récompensée. Après un début de deuxième mi-temps tranquillement maitrisé par le Barça, Piqué va bêtement recevoir un second carton jaune à la 57ème minute.Une aubaine pour la Real Sociedad, qui sur un corner et une frappe détournée de Castro, par Mascherano tout juste entré en jeu à la place de Fabregas, va égaliser. Le stade Anoeta est en folie

Le Barça va tenter de retrouver ses esprits, tenter de gérer grâce à sa grande maitrise technique. La Real Sociedad continue à procéder en contre. Dans les dix dernières minutes, les contres des basques se font plus tranchants et on voit un Barça de plus en plus difficulté. Au point d’ailleurs, que Tito sort un attaquant (Pedro) et fait entrer un latéral (Adriano) à la 89ème . Deux minutes plus tard, c’est le coup de tonnerre. Martinez passe en force Alves et Busquet, centre et Agirretxe, qui venait de remplacer Vela, offre un incroyable succès aux hommes de Philippe Montanier.

J’aimerais d’ailleurs, revenir sur l’entraineur français. Il est très critiqué au pays Basque, a frôlé deux fois le licenciement, en deux ans. Les supporters ne se privent jamais de le critiquer. Mais que peut-il faire de plus ? Son équipe joue bien, offre des émotions, prend des buts (27 encaissés) mais en marque aussi (31). C’est une équipe typique espagnole. Des joueurs explosent avec lui : De la Bella, Carlos Martinez, Prieto qui confirme tout le bien que l’on pensait de lui, Griezmann prend une autre dimension, Vela est toujours décisif. Le coach français continue de lancer des joueurs du centre de formation, fidèle à la philosophie du club basque, comme son voisin de l’Athletic Bilbao. 9ème après 20 journées à 3 points de la 5ème place : il parait difficile d’espérer plus pour la Real Sociedad.

L’Atlético Madrid profitant de son succès revient à 8 points du Barça mais tout cela reste très franchement anecdotique, tant le titre pour le Barça ne fait pas l’ombre d’un. Jeudi prochain, match retour en quart de finale de la coupe d’Espagne, déplacement à Malaga : victoire obligatoire pour le Barça, si ils veulent rejoindre les ½ finale et affronter une nouvelle fois le grand rival, le Real, bien parti pour se qualifier après sa victoire 2-0 lors du match aller. On signalera que Tito Villanova est reparti pour une semaine à New-York, toujours pour des raisons médicales.

L’Atletico réduit l’écart, le Real explose Valence

Bon week-end pour les deux grands clubs de Madrid.

Tout d’abord, honneur à l’Atlético, solide deuxième de cette Liga, 12ème succès d’affilés à domicile, 19 matches consécutifs sans prendre de but au Calderon. Une performance et une régularité incroyable des hommes de Diego Simeone. Victoire 2-0 contre Levante, équipe surprise depuis deux saisons et toujours difficile à jouer. Falcao n’a pas marqué, il est même légèrement sorti blessé à l’heure de jeu. Justement, cet Atlético a une nouvelle fois démontré pouvoir marquer sans son international colombien. Un premier but, après 30 minutes de jeu, sur une superbe action collective, ponctué par Adrian (formé au club et révélation de la saison passée mais souvent blessé et sur le banc cette saison). Le score à la pause est de 1-0 pour l’Atlético, malgré deux belles opportunités pour Levante.

Lors de la seconde période, l’Atlético va gérer et plier le match grâce à un autre joueur formé au club, le jeune Koke (21 ans), d’une superbe frappe enroulée en lucarne. Les socios continuent de rêver : le Betis Seville, Valence, le Real et le Barça se déplaceront au Calderon pendant cette seconde partie de saison. Ajoutons que l’Atlético est qualifié pour le prochain tour d’Europa League et peut toujours défendre son titre. Le club madrilène est aussi en passe de se qualifier pour la ½ finale de la coupe d’Espagne, après sa belle victoire 2-0 à l’aller, contre le Betis. Retour, ce jeudi à Seville. Une grande fin de saison attend les hommes de Diego Simeone.

Le voisin du nord, de l’Atlético, le Real, enfoncé dans une nouvelle polémique (Cristiano Ronaldo et Mourinho, ont failli en venir aux mains à la suite du ¼ de finale aller de la coupe contre Valence) a frappé très fort : 5-0 sur la pelouse de Valence.

C’était le score à la mi-temps ! Entre la 34ème et la 45ème, les hommes de Mourinho ont marqué 4 buts. Ce large succès a fait rêver les socios du Real et la presse madridiste, au point où certains ont osé franchir le (très) grand pas : le titre est encore possible ! Bon, on va leur rafraichir la mémoire : il y a 15 points d’écart entre le Barça et le Real. Cela étant, il s’agit d’une belle démonstration de force des hommes de Mourinho. Ce Real a rappelé la machine à gagner de la saison passée (champion avec plus de 100 points). Le Real a excellé dans sa force principale sous l’ère Mourinho : les contres. Cristiano Ronaldo (meilleur joueur et auteur d’un doublé), Di Maria se sont régalés sur les ailes, Ozil a été proche de son meilleur niveau de la saison passée, Higuain a retrouvé confiance en marquant, sur une belle passe de Di Maria. Et puis, en ce moment, un joueur sous-médiatisé crève l’écran au milieu du Real : Khedira, il a étouffé le milieu de Valence et « ratissé » les ballons sur la pelouse de Mestalla.

Vous savez ce que je dis depuis quelques mois : Cette saison reste catastrophique pour le moment, seulement 3ème après 20 journées. Sans oublier, les problèmes de vestiaires et les tensions qui sortent quotidiennement avec un nouveau « cas ». Mais il ne faut pas oublier une chose : la grandissime priorité du Real cette saison et ce depuis le début : remporter la 10ème champions league de son histoire. Mourinho a été recruté pour cela. Et quand on voit le Real de cette dernière semaine (1/4 de finale aller de coupe d’Espagne et donc, ce déplacement à Mestalla en championnat, à chaque fois contre le même adversaire, Valence), on se dit que Mourinho a au moins le mérite d’avoir gardé une équipe. En attendant le retour de sa charnière centrale blessée (Pepe-Ramos, Varane en profitant pour enchainer les matches titulaires), le Real contre Valence fait peur. Pas un hasard que le Real qui a explosé Valence dimanche soir, soit exactement l’équipe type de la saison passée, en dehors des blessures en défense. Le Real jouera sa saison contre Manchester United en 8ème de finale de la C1. Ce n’est pas gagné d’avance pour le plus grand club anglais, croyez-moi. Mourinho a encore fait sa spéciale : se mettre tout le monde à dos pour ressouder le groupe. Certes, ces tensions ont déjà coûté le titre et ce n’est pas rien ! Mais le Real est bel et bien vivant.

Valence, j’expliquais la semaine passée, que l’arrivée de Valverde avait relancé l’équipe. L’équipe de Jérémy Mathieu m’avait fait bonne impression au Bernabéu en coupe d’Espagne. Ce 5-0 remet forcement des choses en place. Valence a voulu jouer, trop jouer et les joueurs du Real se sont régalés en contre. Enfin, le milieu et l’arrière droit de la défense Guardado ont laissé des espaces énormes. Quelle idée de Valverde d’avoir reconverti ce milieu offensif de formation en latéral ? Enfin la défense fût d’une lenteur inouïe dans l’axe (coucou Rami). On ne reviendra pas sur la seconde mi-temps, que je n’ai pas eu le courage de regarder. A 5-0 à la mi-temps, on ne m’en voudra pas. Un nouveau Valence/Real se joue ce mercredi en ¼ de finale de la coupe d’Espagne. Valence doit remonter 2-0. Autant le dire, que la mission s’annonce compliquée. Après ce match, sauf rencontre improbable en ligue des champions, ils ne rejoueront plus le Real d’ici la fin de la saison.

Que retenir des autres matches ?

Un agréable Betis Seville/Bilbao. Le Betis a confirmé ses difficultés à domicile, contre des équipes « moyennes » et qui se régale en contre. Bilbao, j’avoue avoir assez peu suivi les déboires de cette équipe cette saison mais elle m’a fait très bonne impression sur ce match. Aduriz a encore marqué et est la révélation de la saison pour les basques, Herrera a régalé et le Betis, s’en sort très très bien avec ce 1-1. Ses supporters ont d’ailleurs sifflé la prestation de l’équipe à la fin du match. On peut juger cela sévère dans la mesure ou le Betis est toujours 4ème avec 2 points d’avance sur le 5 ème, Malaga.

Malaga justement, à l’image du Betis, souffre cruellement à domicile lorsqu’il s’agit de faire le jeu contre des « petites » équipes. Contre un Celta Vigo qui lutte pour se sauver, le club andalou peut s’estimer heureux avec ce nul. Sans un grand match du portier argentin Caballero, meilleur gardien du moment en Liga, le Celta aurait dû rapporter 3 points précieux et amplement mérité. Mais le buteur Aspas a vendangé les nombreux contres et Vigo a failli perdre ce match. Ce qui aurait été un petit hold-up. Ce point reste malgré tout précieux pour le club galicien pour la course au maintien.

On notera enfin, la remontée de l’Espanyol à la 14ème place. Le maintien n’est plus un mirage et le choc « psychologique » a eu lieu depuis l’arrivée de Aguirre à la place de Mauricio Pochettino, nouveau coach de Southampton. Osasuna (18ème) a remporté le choc du bas de tableau contre La Corogne (20ème ). Enfin, le Rayo Vallecano, révélation de cette Liga, s’est inclinée à Grenade. L’équipe d’Anquella empoche 3 points précieux pour se sauver. Le FC Seville, malgré le changement d’entraineur, n’avance toujours pas et doit se contenter du nul à Getafe. Le Fc Seville jouera sa saison en ¼ de finale retour cette semaine en coupe d’Espagne, à domicile contre Saragosse, après le 0-0 du match aller.

KarimJ