Contrairement à d’habitude, je n’entrerai pas en détail dans les matchs du jour. Je vais livrer mon analyse globale, de ces 18 premières journées jouées.

L’équipe monstre : la Juventus

Les chiffres sont intraitables : leader avec 8 points d’avance sur son second, la Lazio. Mais aussi, la meilleure attaque, la meilleure défense. En résumé, cette Juventus est sur la lancée de son titre de la saison passée. Même mieux, car malgré le retour de la ligue des champions, la Juventus compte 6 points de plus que la saison dernière à la même époque. Cette équipe est une machine à gagner. Articulée autour de sa défense à 3, Bonucci-Chielini-Barzagli, son milieu Pirlo-Vidal-Marchisio, tous en grande forme et la créativité en attaque de Vucinic, cette équipe étouffe littéralement ses adversaires. En début de saison, on se disait que la Juventus était vraiment au dessus. Arrivé à la trêve,  on se dit que le scudetto est déjà gagné pour la Juventus. Cette équipe est solide (meilleure défense, rappelons le) mais surtout possède un magnifique jeu collectif, ultra-discipliné mais surtout, très bien rodé. Il manque un buteur (« tueur ») à cette équipe alors que l’équipe a déjà marqué 39 buts. Antonio Conte a dit que son équipe était encore plus forte, que la grande Juventus de Capello. Je suis d’accord avec lui, cette équipe dépend moins des individualités que celle de Capello, a une organisation collective redoutable. Et en plus, la Juventus a un effectif et déjà une avance au classement, qui va lui permettre de « gérer » sa course au titre, tout en espérant, aller loin en ligue des champions.

Rajoutons, que si un grand attaquant arrive durant le mercato (Llorente, Villa, Drogba ?), cette équipe peut rêver en grand….la Juve déjà championne ? Oui. La Juve un outsider à prendre très au sérieux pour le dernier carré en ligue des champions ? Sans le moindre doute. La Juventus se retrouve bien seule en Italie. En Europe, elle aura des adversaires dignes de son très haut niveau.

Les équipes révélations : La Lazio et la Fiorentina

La Lazio est seconde du championnat, à 8 points de la Juve, durant cette trêve. Etonnant ? Certes, lorsque l’on se souvient que le mercato du club romain avait été très calme (Ciani, Ederson…et c’est tout !), cela peut surprendre. Mais c’est justement cette stabilité d’effectif qui fait la réussite de la Lazio. N’oublions pas que cette équipe a terminé les deux dernières années aux portes de la ligue des champions (deux fois 4ème). Cette équipe se connaît et ça se voit. Klose, 9 buts, est la star et le patron de l’équipe. Hernanès, brille après 3 ans dans ce championnat. Ledesma, le capitaine de l’équipe, indispensable au milieu, comme Mauri. Et puis, on le sait, la Lazio, a connu des gros soucis défensifs les années précédentes…grâce à un grand Marchetti mais surtout, à l’organisation collective et tactique de l’équipe, la Lazio est dorénavant une des meilleures défenses du championnat. A l’image de l’arrivée en toute discrétion cet été et dans le sceptisisme, de Petkrovic, la Lazio est entrain de créer la surprise cette année. Peut-elle durer sur ce rythme là toute la saison ? Cette équipe a terminé cette année 2012 sur 11 matchs d’affilés sans défaite. N’oublions pas, que le club du président Lottito, a rapporté un nul de Turin, a battu le Milan, la Roma et l’Inter. Cette équipe n’est donc pas là par hasard. C’est évident que aucune équipe ne pourra aller chercher la Juventus, sauf en cas de cataclysme. Mais déloger cette équipe dans la course à la ligue des champions, il faudra être costaud !

La Fiorentina : 3ème de ce championnat. La révolution Viola, après 3 années passées très difficiles (13ème lors du dernier championnat) est une grande réussite. La Fiorentina est l’équipe qui joue le mieux dans ce championnat, avec la Roma. Le 3-5-2 de Montella, est un régal. Certes, quelques soucis d’équilibre défensif et des défaites lors des confrontations directes (Naples, Inter), ont empêché la Fiorentina d’être encore plus haut. Mais personne en Italie, malgré un recrutement séduisant (Valero, Pizarro, Gonzalo Rodriguez, Cuadrado), n’aurait pensé que cette équipe serait sur le podium à la trêve.

Montella a construis en quelques mois une équipe absolument redoutable. Jovetic est toujours le patron de cette équipe. Le trio Aquilani-Pizarro-Valero épate. Toni est entrain de revivre une deuxième jeunesse. Cette équipe est belle et en confiance, les automatismes se sont vite réglés. La Fiorentina aurait signé en début de saison pour une place dans le top 6. Après 4 mois de compétition, la Viola rêve de C1. Sans coupe d’Europe, cette ambition est tout à fait légitime !

Les semis-déceptions : Naples, Roma

Mettre Naples 5ème, comme une petite déception parait sévère d’autant que que sans les deux points de pénalité, Naples serait second. Oui mais sans les deux points de pénalité, Naples serait aussi loin de la Juventus (8 points de retard, au lieu des 10 actuellement). Voir Naples déjà lâché pour le scudetto est une surprise. On pensait Naples capable de réduire, en parti, le fossé avec la Juventus. Pourquoi ? Parce que c’est une équipe qui se connaît bien, un club stable, ayant terminé 3ème il y a deux saisons, 5ème la saison passée (mais en ayant participé à la ligue des champions) et surtout, pour avoir conservé les deux stars Cavani et Hamsik. Naples a brillé contre les petites équipes…mais est passé pratiquement à chaque fois au travers lors des grands rendez-vous : défaite à Turin, contre la Juve, défaite contre l’Inter, nul contre le Milan à domicile…sans oublier des contre-performances à domicile, qui coûtent cher (nul concédé contre le Torino à la 93ème, défaite contre Bologne, alors que les napolitains menaient 2-1 à la 85ème). Oui, on attendait clairement plus du club populaire du sud de l’Italie. Indépendamment des deux points de pénalité. Naples, sera proche du podium en fin de saison. Mais à priori, loin de la Juventus. Et çà, c’est une déception.

La Roma ? 6ème. A 4 points de son rival, la Lazio, dauphin de la Juventus. Difficile de juger cette Roma. Capable du meilleur comme pire. Son championnat est d’ailleurs résumé par la dernière semaine de compétition en 2012 : défaite à Vérone…puis démonstration contre le Milan (4-2). La Roma n’est « que » 6ème car elle paye un début de championnat très moyen, la faute à des erreurs défensives grotesques, à un manque d’équilibre. Mais grâce à un dernier mois de compétition quasiment parfait (5 victoires, une défaite), la Roma a remonté la pente et peut espérer se qualifier pour la ligue des champions. On retiendra un Francesco Totti toujours aussi fabuleux, des joueurs comme Marquinho (en défense centrale) ou Bradley, s’imposant comme de véritables patrons dans cette équipe. Pjanic, sur qui Zeman ne comptait absolument pas en début de saison, s’impose comme un patron technique de l’équipe et surtout, comme un exemple en terme de mentalité. Et puis, la Roma régale, il faut bien l’avouer. Il se passe toujours quelque chose dans cette équipe : meilleure attaque du championnat mais aussi, une des 3 plus mauvaises défenses. Une équipe typique « Zeman ». Pourquoi je ne mets pas la Roma comme une déception ? Car son dernier mois de compétition laisse penser que cette équipe a enfin trouvé la régularité nécessaire pour être un protagoniste de la seconde partie de saison dans la course à la Ligue des champions. 

Les déceptions : les clubs milanais

Mettre l’Inter et le Milan dans le même panier, alors que l’Inter, 4ème, à 7 points de plus que son cousin milanais, 7ème ? Et oui. L’Inter a déjà 9 points de retard sur la Juventus, 4ème, à égalité de point avec le 3ème, la Fiorentina et à un point de la Lazio, 2ème. Déception ? Soyons honnête, après la saison désastreuse de la saison passée (6ème) et la révolution de cet été (départ des joueurs emblématiques du triplé Julio César, Maicon, Lucio), l’Inter s’attendait à vivre une saison pas facile. Oui mais voilà, l’appétit vient en mangeant et c’est justement lorsque le meilleur est arrivé, que l’Inter a fait une indigestion. Après sa belle victoire de Turin, contre la Juventus, le 3 novembre dernier, l’Inter était tranquillement 2ème du championnat (4 points d’avance sur le 3ème) et surtout, à un petit point de la Juventus, leader. Pratiquement deux mois plus tard, l’Inter a été éjecté du podium, le rêve du scudetto, un lointain souvenir. Pire, sans les deux points de pénalité de Naples, l’Inter serait 5ème. La faute à ? Un manque de régularité, de continuité, à un fond de jeu et un effectif, limité. Cette équipe a fait tomber le Milan, la Juventus, la Fiorentina, Naples…mais a perdu contre la lanterne rouge Sienne, Bergame, Parme, a été tenue en échec à domicile par Cagliari, le Genoa (17ème et 19ème !).

C’est tout le problème de l’Inter : la continuité, la régularité. L’Inter a espéré le scudetto après sa victoire de Turin. Aujourd’hui, elle n’aspire plus qu’à une chose : arracher une place en ligue des champions, dans le top 3. La spirale n’est pas très positive et la concurrence est bien revenue. La trêve arrive à bon point, au moment où l’Inter était entrain de lâcher mentalement et physiquement (2 victoires en 50 jours). Il va falloir, enfin, régler le cas Sneijder et vite, afin de pouvoir recruter.

Le Milan ? Le scudetto est de l’histoire ancienne, à peine le championnat commencé. En effet, le Milan a réalisé le pire début de saison de son histoire. Certains observateurs d’ailleurs envisageaient une course au maintien pour le Milan ! Donc, voir le Milan 7ème, fin décembre, n’est finalement pas une si mauvaise performance. Rappelons en plus, que Milan a perdu Ibra, Silva, Seedorf, Gattuso, Nesta cet été. En résumé : toute la colonne vertébrale de l’équipe. Mais le constat est cruel, sans l’étincelante forme de El-Sharawaay (13 buts et meilleur but du championnat), le Milan serait probablement en bas de tableau. La défense des hommes d’Allegri est une catastrophe (Zapata, Méxès, Yepes, Acerbi, 26 buts encaissés). Le dernier match de l’année 2012 contre la Rom, a été une honte défensivement (3-0 à la mi-temps et des erreurs plus grotesques les unes que les autres). Cette équipe manque de fond de jeu et doit sa place en haut de tableau, uniquement grâce à un mois quasiment parfait (5 victoires, une défaite). Ne nous leurrons pas, le Milan risque de ne disputer aucune coupe d’Europe la saison passée. Il manque des joueurs partout dans cet effectif : au moins un grand défenseur, un grand milieu, un grand attaquant voir un grand gardien…La Juventus est à 17 points, la Lazio à 9, la 3ème place à 8 points…à moins d’un grand mercato (et on peut douter que Milan fera des folies, ce qui apparaît pourtant nécessaire), imaginer le Milan terminer dans le top 3 du championnat (objectif avoué par Galliani après la défaite de Rome de samedi) semble clairement utopique. La concurrence est grande devant. Pour couronner le tout, le Milan a hérité du pire tirage en 8ème de finale de la ligue des champions : le Barça. Les tifosi du Milan tremblent déjà à l’évocation de ce match.

Les bonnes surprises du milieu de tableau :

Parme, sur la belle lancée de sa fin de saison passée (7ème, après avoir changé entraineur en course de saison) est en 8ème position. Et ce, malgré la perte de son meilleur joueur de la saison passée : Giovinco. Roberto Donadoni grâce à l’étonnant duo français Babiany (ex-Inter) et Belfodil (révélation de cette première partie de saison en championnat, déjà 5 buts !) est une équipe redoutable en contre. Tranquillement, sans folie et avec une gestion parfaitement saine, Parme va se maintenir tranquillement (déjà 11 points d’avance sur le premier relégable) et terminer dans le haut de tableau.

Catania : Comme parme, cette équipe surprend chaque année. Autour de sa colonie d’argentin (Andujar, Almiron, Bergessio, Gomez, Barrientos) et de son incroyable tireur de coup-franc et capitaine (Lodi), Catania squatte le milieu de tableau et fait trembler tous ses adversaires qui se déplacent en Sicile. Malgré le départ de Montella, cette équipe de Catania continue de gérer tranquillement son championnat, malgré sa frilosité à l’extérieur ( 1 victoire en 9 matchs).

L’Atalanta Bergame : encore pénalisée (2 points cette année, 9 points la saison passée), le club lombard  occupe une 11ème place en toute tranquillité. Grâce à son buteur argentin Dernis 7 buts) et son virevoltant ailier : Moralez, sans grand moyen, l’Atalanta continue de surprendre et d’être redoutée puisque Naples et l’Inter ont perdu sur son terrain. Cette équipe manie en plus le contre à la perfection et est agréable à regarder.

Le Chievo : Je vais être honnête, je n’aime pas ce club. Terrain toujours pourri, stade toujours vide (le vrai club de Verone étant l’Hellas), équipe qui se contente de défendre, de verrouiller avant de jouer….et pourtant, sans moyen, le petit poucet de la Serie A termine toujours au milieu de tableau. 12ème après 18 journées, le maintien est bien parti (6 points d’avance sur le premier relégable). La recette est toujours la même : bien défendre et miser sur le réalisme de son buteur et capitaine, inépuisable : Pelissier (4 buts comme son compère en attaque, l’étonnant Cyril Théréau).

Les bides de la saison : Genoa-Palerme

Ces deux clubs ont la même particularité : avoir des présidents qui pensent plus à faire du business et à voir partir les meilleurs joueurs lors de chaque mercato, qu’à construire des équipes compétitives. Le résultat ? Comme chaque année, ces présidents ont déjà viré un entraîneur et le maintien s’annonce très compliqué (Genoa 19ème, sans le moindre fond de jeu, Palerme 18ème, avec des manques partout dans cet effectif…). La chance de ces deux clubs ? De ne pas être encore largués dans la course au maintien et espérer que des équipes faibles (Pescara, Cagliari ou la Sampdoria) s’écroulent et soient dans la charrette en fin de saison.  En résumé, il n’est pas impossible d’avoir ces deux clubs emblématiques descendre en Serie B la saison passée….la faute à des gestions absolument sidérantes.

Un championnat agréable, avalanche de but mais la Juve seule au monde

C’est le paradoxe de ce championnat. Des matchs serrés, équilibrés…et des buts !

 28 buts marqués lors de la dernière journée,  33 lors de la 17ème journée,  29 buts lors de la 16ème, on continue ? Et oui, les clichés sur la Serie A hyper défensive, sont totalement obsolètes. Ce sont dorénavant les attaques qui prennent le pas sur les défenses en Italie : les temps changent. On assiste à des superbes matches, le Roma/Fiorentina, le Inter/Naples, le Fiorentina/Juventus, le Naples/Milan, Lazio/Roma ou Juventus/Inter ont été des superbes matchs. En plus, pour ne rien gâcher au plaisir, des entraîneurs comme Conte, Montella, Stramaccioni prennent tous les risques pour gagner. Et on ne parle même pas de Zeman ! Le point noir ? Cette équipe de la Juventus est trop forte pour la concurrence. La Juventus a pour moi, toutes se chances de briller en C1 et de faire briller le foot italien en Europe. Néanmoins, en championnat, aucune équipe ne s’est dégagée pour la place de dauphin, Naples, l’Inter, la Lazio, s’échangeant les places à tour de rôle. C’est bien là le problème : la Juventus n’a pas de rival. Résultat ? Le scudetto semble déjà être dans la poche, après 18 journées, pour les champions en titre : c’est bien dommage. Pour se consoler, une course « folle » s’annonce pour les places en ligue des champions (entre la Lazio deuxième et la Roma, 6ème, 5 équipes se tiennent en 4 points !)

KarimJ